‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 45 sur 176 · MARGUERITE, NEUBOROUG, WALPOLE, HENRI · texte numérisé non relu

MARGUERITE, NEUBOROUG, WALPOLE, HENRI

NEUBOROUG, cherchant à se dégager des bras de Walpole.

Ah ! c'est malgré moi... Je n'ai pas été maître de mon premier mouvement I Mais je ne pardonne pas... Je t'en veux toujours...

Mon père I... vous vous vantez 1

NEUBOROUG.

Non, mademoiselle I...

WALPOLE

Et moi, j'en suis sûr... Du reste, je sais le moyen de le désarmer... Williams, j'ai besoin de toi.

NEUBOROUG.

Que dis-tu ?

l'ambitieux 123

WALPOLB.

J'ai un important service à te demander...

NEUBOROUG.

Et tu es venu à moi ?

WALPOLB.

Sans hésiter.., et sans rougir 1

NEUBOROUG, arec sentiment.

Tu es donc encore mon amiî...

WALPOLB, lentement et le regardant.

Pour toi du moins, je crois que c'en est une preuve...

NEUBOROUG, lui serrant les mains.

Et tu as raison... tu as bien fait... Tout est oublié... Tu as besoin de moi?... (Arec chaleur.) Voyons, Robert, dis-moi ce que tu veux; parle vite... dépêche-toi... il me tarde de me venger !„.

WALPOLB.

Rien ne presse... nous avQns le temps de causer... car je viens passer la soirée avec toi, -et te demander à souper.

NEUBOROUG, hors de lui.

A souper !... est-il possible I... un trait comme celui-là!... (Avec attendrissement.) Je pardonne... je pardonne tout... j'ai retrouvé mon ami... Ma fille... tu l'entends?... C'est lord Walpole... c'est le premier ministre de l'Angleterre qui vient nous demander à souper...

WALPOLE

Eh I non... c'est ton vieux camarade.

NEUBOROUG.

C'est ce que je voulais dire.

WALPOLB.

Entre nous... en petit comité... rien que des amis.

NEUBOROUG.

Tu as raison... cela te changera...

WALPOLB.

Et surtout sans cérc^monie, sans façons...

Certainement, (a Marguerite.) Passe chez le fournisseur de la cour.

MARGUERITE

Y pensez-vous ? il va se croire chez lui !

NEUBOROUG.

C'est juste... Eh bien ! notre ordinaire... tu comprends... notre ordinaire des grands jours...

MARGUERITE

Oui, mon père.

NEUBOROUG.

Lord Henri... sera des nôtres... je l'espère.

HENRI

Et moi j*y compte bien I... Je retourne au palais, où je suis de service, et je reviens...

MARGUERITE, rivement.

Le plus tôt possible... (se reprenant.) pour ne pas faire attendre milord votre oncle.

HENRI

Je serai exact au rendez-vous.

(U sort.) MARGUERITE, â Walpole.

Si d'ici là Votre Seigneurie voulait une tasse de thé ?

WALPOLE

Merci, ma belle enfant, (a Neuboroug.) Elle est jolie, ta fille.

Je crois bien !

WALPOLE

Je ne Taurais pas reconnue.

l'ambitieux 125

NBUBOBOUG.

Parbleu I... depuis dix ans... Mais j'ai tort... je ne dois plus parler de cela.

WALPOLE, bas à Nenboroag.

Si j'osais... je te demanderais à l'embrasser.

NEUBOROUG.

Eh bien ! qui est-ce qui t'arrête ?

(Walpole embrasse Marguerite.) MARGUERITE.

Quel bonheur I... j'ai embrassé le ministre !

(Elle fort par la porte A droite.)

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