‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 102 sur 115 · PHILIPPE, M'" D'HARVILLE, BEAUVOISIS · texte numérisé non relu

PHILIPPE, M'" D'HARVILLE, BEAUVOISIS

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droiM. Ella iljn* da tain aa loin daa papisn qna Philîppa diipaia tôt

Je suis TBDu VOUS demander à déjeuner en famille; d'abord, mon aimable tante, pour vous présenter mes hommages, et puis pour vous remercier. Vous avez vu Aaron î m"' d 'bar ville.

Je le vois beaucoup trop souvent.

DEAUVOISIS.

Ce n'est pas ma làutc, les chevaux anglais sont hors de prix. Moi, les chevaux et l'Opéra, voilà ce qui me ruine.

PHILIPPE

Monsieur change si souvent 1

BBAUVOISIS.

C'est vrai, c'est ce que je me dis tous les jours; je dépense un argent fou, à moi et à ma tanle ; mais que voulezvous?

L'argent n'est ricD, il faut qu'on brille.

Que dans Paris on soit cité;

Pour faire honneur à ma famille,

Je dépense avec digailé.

Sous des lilres comme les ndlres.

Il est noble, il est de bon goût

De ne jamais compter...

Stt

GOMÉDIES-'VAUDKVILLBS

PHILlBPEy à pwt. y

Surtout Quand c'est l'argent des autres.

BEAUVOISIS

C'est le seul moyen de se faire remarquer. Si nous avions une bonne guerre, ce serait bien plus économique. Je ferais parler de moi, ou je me ferais tuer ; et cela ne vous coûterait pas 8t cher.

u^^^ d'harvillb.

Exposer vos jours ! vous, le dernier des d'Harville ! Non, mon neveu, et puisque nous en sommes sur ce chapitre, je vous dirai que vous vous devez à vous-même et à votre famille plus de tenue, plus de modération. Qu'est-ce que cette aventure dont on parlait hier dans les salons?

BEAUVOISIS

Quoi! vous sauriez? Cela vous a inquiétée?

m"* D*HAaVILLE.

Beaucoup.

Vous connaissez cependant mon adresse, et puis, cette fois, je tf avais pas tort. J'avais remarqué à TOpéra... car je suis un fidèle... Nous sommes toujours là, moi, ou ma lorgnette, en gants blancs, balcon des premières, à droite, c'est mon côté, vous savez. J'avais remarqué une jeune élève de Terpsichore, ohl une taille 1 un regard céleste, ufl €oude-pied ravissant!

m"® d'harville.

Mon neveu!...

SEAUVOaSIS«

N'ayez donc pas peun, j'ai -du tact, je sak gazer. Autrefois, nous dansions sans déroger; par conséquent les danseuses, ça nous revient; ce n'est pas noble, mais c'est gentil ; par malheur, c'est léger, et on voulut me persuader que j'avais un rival.

PJiILLPPJB 28$

Pas possible!

BEAUVOISIS

Je fus comme Philippe, je ne voulus pas le croire ; mais de ce temps-ci, il y a tant d^in vraisemblances... Je cours chez ma divinité, qui était, dit-on, dans son boudoir. Je veux tourner le bouton, votre seirviteur; la porte était fermée en dedans, et f entends une voix de basse-tailk qui me crie : « Qui est là? »

4hJ m<mDâ«Ll

BEAUVOISIS

Il n*y avait plus moyen d*en douter ; un autre aurait fait du bruit, de Téclat; moi, pas du tout, et, ne pouvant remettre ma carte à ce monsieur, je me suis contenté d'écrire au crayon sur la porte : « L'amant de ma maîtresse est un fat ; « je Fttttends au Bois... Signé : d'Hah ville de Bsau-

«TOISIS. »

m"* d*harvillb.

Et il est venu?

BEAUVOISIS

Mieux que ça, il en est Tenu trois. Il parait qu'ils avaient tous pris connaissance de mon -épître, «qui, par k fait, est devenue une circulaire.

m}^ d'hARYIULE, «e Urant.

fit V0US vous êtes battu?

«EAUVOISIS.

Sur-le-champ, avec mes trois partners. Tai blessé l'un, désarmé l'autre, et j'ai déjetroé avec le troisième, un aimable jeune homme, le .fils d'un pair de l^'rance, qui n'a pas ▼•■Im me quitter^ car les duels, c'est charmant : on se fait des amis 4 la vie et à la mort, Ceiui-ci m'a conduit le soir dans une société sdéUcieuse, un raout, un cercle, comme cm

î%\ COMÉDIKft-yAUDBYILLKS

voudra, où, par parenthèse, j'ai trouvé votre ami Frédéric.

PHILIPPE

Frédéric?

Qu'est-ce que vous dites là?

PHILIPPE

Monsieur le vicomte se trompe, ça ne se peut pas.

BEAUVOISIS

Je me trompe si peu que je lui ai parlé, parce que j*ai été fort étonné de le trouver là, et quand je suis sorti, à six heures du malin, il y était encore.

PHILIPPE, è part.

Que le ciel le confonde !

m'^" d'hARVILLB, regardant PàUlppe.

Ah! il était sorti, ce matin, pour travailler, pour... (M»»- Têment de PhiUppe.) G*est bien, (a BeauToi^it ) Et Cette maisoû est-elle convenable?

BEAUVOISIS

Huml hum! tout au plus.

PHILIPPE

Monsieur le vicomte y était.

BEAUVOISIS

Oh! moi, mon cher, c*est différent, noQs allons partout; mais un pauvre diable qui n*a pas un sou à lui, ça peut devenir très-inquiétant ! voilà tout ce que je dirai, je ne veux pas lui faire du tort.

PHIUPPE.

£hl mon Dieu! parlez, et n*en laissez point croire plus qu'il n'y en a. Quand il serait allé dans cette maison pour son plaisir, pour une danseuse, (MoaTWDMt de BMaToîMi.) que sais-je?... eh! pourquoi pas? ma foi, à son âge...

PUILIPPB 9fiSi

M^" D'hARVILLE.

Philippe, monsieur le vicomte ne vous a point adressé la parole.

BBAUVOISIS.

C*est vrai; mais monsieur Philippe la prend assez volontiers. Il a de Téloquence, ce qui est du luxe dans un intendant ; cela doit vous coûter bien plus cher,

PHILIPPE

Morbleu!...

m"* D*HARV1LLB.

Philippe, taisez-vous, vous vous oubliez, (a BaMToitU.) Venez, mon neveu ; et surtout, devant Mathilde, pas de récit, pas d'aventure ; au moment de. lui faire part de nos projets, vos folies...

BEAUVOISIS

Bah! qu*est-ce que cela lui fait, tant que je suis garçon? une fois marié...

m1i« d*harville.

Vous serez plus sage, j'espère.

Certainement, je ne les dirai plus.

M^^^ d'hAB VILLE, bat à Philippe.

Je suis mécontente, (a Beauroisis.) Mon neveu, vôtre bras.

(En t'en aUant, à PkiUppe.) TrèS-méCOntentC.

(Elle tort arec Beaatoitia par |e fond.)

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