‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 85 sur 115 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ALPHONSE, ZOÉ

ALPHONSE, d'un cdté et à part.

Celui-ci vaut tous les autres. Impossible de la corriger ! Ah I si je ne Taimais pas comme un fou...

ZOE, de r autre cdté, et le regardant.

C'est qu'il est bien, mon amoureux !

ALPHONSE, de même.

Et pendant qu'elle m'impose ôette ridicule condition, elle court au salon où les autres vont lui parler de leur amour. Ce M. Gustave surtout, un fat que je ne puis souffrir.

Je suis curieuse de voir comment ils font la cour aux belles dames ; ils doivent leur dire de jolies choses.

ALPHONSE, de même.

Ma foi, j'ai envie de laisser là cette petite, et de retourner... Oh ! elle ne me le pardonnerait jamais.

ZOÉ, Â part.

Ah çà I qu'est-ce qu'il a donc ? il ne fait pas plus d'at- Icntion à moi... (Haut.) Dites donc, monsieur...

ALPHONSE, sans la regarder.

C'est bien, c'est bien, ma petite.

ZOE) pi^taée.

Mais du tout ; c'est que c'est très-mal. D'abord, monsieur, si vous ôtes distrait comme ça, j'irai me plaindre à raam'zelle.

ALPHONSE

Ceitti-là est un peu fort.

ZOÉ

Certainement que je me plaindrai!... Faut convenir que j'ai bien du malheur ; même ceux qui y sont obligés y renoncent.

AIR Au vaudeville du Piège.

Sans me r'garder, il reste là ;

Voyez un peu V bel avantage!

Des amoureux comme cela,

On n'en manque pas au village.

Et pour tomber sur un amant

Qui n* dit rien, et reste immobile,..

ZOÉ OU L*AMANT PnÊTÊ 235

C n'était pas la peines yraiinent, De r iaire venir de la ville I

ALPHONSE, loariant nlalgré la!.

Elle a raison. J*aurai plus tôt fait de la mettre dans mes intérêts... (Se rapprochant.) £h bien ! mon enfant?

ZOÉ

A la bonne heure I On vous a dit d'étfe aimftbie et galant. Venez là, près de moi.

ALPHONSE, la regardant.

Au fait, je ne Tarais pas remarquée; elle n*est pas mal, cette petite... (Haut et s'approchent d'elle.) Yoyons, mademoiselle Zoé, puisque je suis votre amoureux provisoire, nous devons avoir Tun pour Tautre une confiance sans bornes. (Avec douceur.) Comment! vous n'en avea pas d'autre que moi... bien vrai?

ZOÉ

Ah ! dame!

ALPHONSE^ li dotgl sur la bouche.

Ne îûétitez jias ; c'est dans votre intérêt. Je ne setai pas toujours votre amoureux, et je puiâ toujours être votre ami.

ZOÉ

Quelle drôle de question I Mais, après tout, vous avez Tair si bon, que ce serait bien mal de vous tromper.

ALPHONSE

A merveille ! Nous avons donc un amant t

JBOÉ, baliBotit leâ yeuk»

C'est selon. Qu'est-ce que vous entendez par là ? C'est-y quelqu'un que nous aimons, ou quelqu'un qui nous aime ?

ALPHONSE

Quelqu*ûii qui ttôiis aime.

ZOE, fonpiraiit.

Alors, comme je vous le disais, je n'en ai pas. Il n'y a que moi qui pense à lui, et lui ne pense pas à moi.

ALPHONSE

Est-il possible !

ZOÉ

Que voule3>vous...

AIR de la Promtte du Poitou. (M«<i Pauline Dochambgk.)

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