COUPLETS
Premier couplet.
Je n'ai guère d'attraits.
Et n'ai point de richesse :
C'est pour ça qu'il m' délaisse.
Ah ! comm' je m' vengerais !...
Si j'avais d' la fortune, Et qu'il n'en eût aucune, C'est lui que je prendrais.
ALPHONSE
Et dites-moi, cet amoureux-là, Taimez-vous autant que moi, qui suis en titre ?
ZOE, embarraitée.
Mais...
Deuxième couplet.
On le trouve un peu niais,
Et vous ét's ben aimable ;
n n'est guère agréable.
Et vous èt's des mieux faits.
Pourtant si, d'un air tendre,
Il m' disait : « Veux-tu m' prendre ? »
C'est lui que je prendrais.
ALPHONSE, à part.
Pauvre petite 1 Ah ! si Emostine pensait comme elle !
ZOÉ OU l'amant prêté
ZOE.
Kst-ce que ça vous fâche, monsieur?
ALPHONSE, badinant.
Mais certainement. Il est fort désagréable de penser que tu t'occupes d*un autre.
ZOÉ
Oh ! oui, ça fait mal, n'est-ce pas ? Vous en savez quelque chose, vous qui aimez tant mademoiselle Ernestine, et qui êtes loin d'elle. Aussi, j'ai presque regret de vous avoir choisi y car je n'aime pas à faire de la peine, et si vous voulez, je vous rends votre parole. Allez, monsieur, allez la retrouver.
ALPHONSE, Tivemeat.
Non, non vraiment, tu mérites que l'on s'intéresse à toi ; et puisque tu m*as donné la préférence, c*est à moi de te protéger, d'assurer ton bonheur.
ZOE.
C'est difficile.
ALPHONSE, la cajolant.
Pas tant que tu crois. On peut ramener ton amant ; et puis, si ce n'est pas lui, il y en a tant d'autres... C'est qu'elle est charmante, d'honneur 1
AIR : Pour lui, c'to faveur nouvelle. {ÉpUode de 1812.)
Aimable, douce et gentille, Chacun voudra sécher tes pleurs ; Et jamais une jeune fille N'a manqué de consolateurs.
ZOÉ
Vous croyez ?
ALPHONSE
Moi-même, d'avance Je m'offre, me voilà.
S88 COMÉUIKS-VAU DKVILLES
ZOB.
Grand merci de votre obligeaQce.
(il Teat l'embrasser.) Mais, monsieur, que faitos-votts là?
ALPHONSE, soarlaot.
Je remplis en conscience L'emploi que Toa me donna.
coé.
y vois qu*il a de la eonsoienee, ' Car il u'q$\ 1^,.. que pour ça.
Enaembie^ ZOÉ.
Mais de tant d'obligeance, Monsieur, Je vous dispense :
Sur ma reoonnaissaiiee Comptei, malgré eela ; Car ce service-là Jamais ne s'oublira.
ALPHONSE
Quelle aimable innocence !
De ta reconnaissance
Ici }« te dispense ;
Car j'y prends goût dôjà :
Et de ce baiser-là
Mon cœur se souviendra.
(il rembraste et apep^oif Pierre.)