‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 86 sur 115 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Premier couplet.

Je n'ai guère d'attraits.

Et n'ai point de richesse :

C'est pour ça qu'il m' délaisse.

Ah ! comm' je m' vengerais !...

Si j'avais d' la fortune, Et qu'il n'en eût aucune, C'est lui que je prendrais.

ALPHONSE

Et dites-moi, cet amoureux-là, Taimez-vous autant que moi, qui suis en titre ?

ZOE, embarraitée.

Mais...

Deuxième couplet.

On le trouve un peu niais,

Et vous ét's ben aimable ;

n n'est guère agréable.

Et vous èt's des mieux faits.

Pourtant si, d'un air tendre,

Il m' disait : « Veux-tu m' prendre ? »

C'est lui que je prendrais.

ALPHONSE, à part.

Pauvre petite 1 Ah ! si Emostine pensait comme elle !

ZOÉ OU l'amant prêté

ZOE.

Kst-ce que ça vous fâche, monsieur?

ALPHONSE, badinant.

Mais certainement. Il est fort désagréable de penser que tu t'occupes d*un autre.

ZOÉ

Oh ! oui, ça fait mal, n'est-ce pas ? Vous en savez quelque chose, vous qui aimez tant mademoiselle Ernestine, et qui êtes loin d'elle. Aussi, j'ai presque regret de vous avoir choisi y car je n'aime pas à faire de la peine, et si vous voulez, je vous rends votre parole. Allez, monsieur, allez la retrouver.

ALPHONSE, Tivemeat.

Non, non vraiment, tu mérites que l'on s'intéresse à toi ; et puisque tu m*as donné la préférence, c*est à moi de te protéger, d'assurer ton bonheur.

ZOE.

C'est difficile.

ALPHONSE, la cajolant.

Pas tant que tu crois. On peut ramener ton amant ; et puis, si ce n'est pas lui, il y en a tant d'autres... C'est qu'elle est charmante, d'honneur 1

AIR : Pour lui, c'to faveur nouvelle. {ÉpUode de 1812.)

Aimable, douce et gentille, Chacun voudra sécher tes pleurs ; Et jamais une jeune fille N'a manqué de consolateurs.

ZOÉ

Vous croyez ?

ALPHONSE

Moi-même, d'avance Je m'offre, me voilà.

S88 COMÉUIKS-VAU DKVILLES

ZOB.

Grand merci de votre obligeaQce.

(il Teat l'embrasser.) Mais, monsieur, que faitos-votts là?

ALPHONSE, soarlaot.

Je remplis en conscience L'emploi que Toa me donna.

coé.

y vois qu*il a de la eonsoienee, ' Car il u'q$\ 1^,.. que pour ça.

Enaembie^ ZOÉ.

Mais de tant d'obligeance, Monsieur, Je vous dispense :

Sur ma reoonnaissaiiee Comptei, malgré eela ; Car ce service-là Jamais ne s'oublira.

ALPHONSE

Quelle aimable innocence !

De ta reconnaissance

Ici }« te dispense ;

Car j'y prends goût dôjà :

Et de ce baiser-là

Mon cœur se souviendra.

(il rembraste et apep^oif Pierre.)

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