‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 121 sur 226 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Suilei prochalnei de la perifcutiDD ce

-e rEc1i*e.

Quelques modifications qu'on apporte à l'exécution des ordonnances qui ont excité les réclamations de l'épiscopat français , elles n'en demeureront pas moins pernicieuses en soi ; et les secrètes facilité* qui en atténuent les effets immédiats , loin de remédier au mal , l'augmentent au contraire , comme on ne lardera pas à le reconnaître, parce que les principes sur lesquels reposent ces actes de la puissance civile , supposés admis ou tolérés , deviendront beaucoup plus difficiles à contester , lorsque bienldt on en tirera des consé<]uences nouvelles : et c'est ainsi que, presque toujours, dans ce siècle de faiblesse , on sacri^c le présent ù l'avenir. Les concessions faites aux évéqucs ne scronl , jiuur le gouvernement , que des faveurs qui ne l'obligent point, qui ne dérogent point à ses maximes , tandis que le libéralisme affectera de n'y voir qu'une prévarication, un criminel abus de la confiance du prince. Ce sont les droits surtout , ce sont les doctrines , qu'il g'agissail de i^auver. Il'aulrcs soins oui distrait de celui-là. Au nom de l'Église condamnée à mort, on a ou l'on semble avoir accepté la senlcnce . sur la promesse ministérielle de surseoir à l'exéculion. ,\ïanl qu'une aimécs'écoule, on pourra pleinement apprécier cette politique condescendante, A nulle époque on ne prévit moins, et cejtendanl à nulle époque il ne fut plus aisé de prévoir : mais on craint de lever les yeux, de peur de rencontrer ce qui consterne les esprits timides et fait palpiter de joie les âmes fortes , un grand devoir.

Quiconque ne s'aveugle pas soi-même, ne saurait se faire ilhision sur les événemenlsquî se préparent.

(1) Vedcrallcscnli ilolonue

ch'Mnno perduto II beu dell' Intelttcto. Ikmte, Imfir. Canl- lli.

DES PROGRÈS DE LA RÉVOLUTION

Le inonde intellectuel et moral a ses lois aussi inflexibles que celles du monde physique ; et, selon ces lois, toute idée, tout principe, tout système en action dans la société , tend incessamment à réaliser ses dernières conséquences. Nulle volonté humaine , si puissante qu'elle soit , ne peut arrêter ce développement. Il est donc nécessaire , en ce sens , que les théories libérales pénètrent de plus en plus Tordre politique , dominent de plus en plus le pouvoir. Or, croit-on que le libéralisme , satisfait d*un premier triomphe, n'ait désormais rien à vouloir, rien à désirer? Ce qu'il a obtenu n'est que bien i>eu de . chose, comparé à ce qu'il lui reste à exiger encorey

/' On n'a fait qu'un pas vers le but où il marche forcément. Et quel est ce but? Nous le répétons, l'abolition du catholicisme. 11 ne s'en cache pas, il l'avoue

■^ nettement et sans détour.

« L'état de malaise où Ton s'est plu à jeter la «c France , les attaques successives portées à l'édifice « constitutionnel , soit par la déception , soit par K la violence ; le décroissement rapide de la proie spérité publique , la domination flétrissante du « jésuitisme , le dégoût du présent et la perte de >c toute espérance d'un meilleur avenir : tant de « causes d'inquiétude et de mécontentement ont du u moins, sous un rapport, produit un résultat heu- « reux ; c'est de faire connaître aux moins clairu voyants la cause unique du mal. Cette cause est <c l'influence politique du clergé catholique. Vous (( voulez un gouvernement représentatif, des insli- •c tulions protectrices des droits de tous , un comte mercc actif, une industrie florissante : eh bien! «t tout cela est incompatible arec l'influence du •« clergé catholique. Ce clergé est renne/ni- ne des •t institutions libres (1), des garanties socia- « les (2) , de tout ce qui émancipe l'intelligence « humaine (3), de tout ce qui domine à V homme «i le sentiment de sa dignité (i). Dans un pays où u il existera des institutions semblables, le clergé, « si on ne sait pas le renfermer dans le cercle de son «t ministère, se mettra en hostilité permanente con- (( tre elles , sans s'inquiéter des malheurs qui pour- «t ront en résulter pour le pays; il ne connaît <( d'autre intérêt que celui de sa domination. Si celte « vérité avait jamais pu être méconnue, elle devien- « drait aujourd'hui évidente pour les esprits les « moins éclairés... Dès qu'une déplorable crédulité u ou de perfides combinaisons ont soumis le gou-

( 1) Témoin Ici pellU cantom suIiugs, VcnUe , Gênes , etc. , etc.

(2) Témoin la grande charte que les \niilals, confédérés sous le nom û'armée de Dieu et de sa sainte Église, contraignirent Jean sans Terre â leur octroyer.— (3) Témoin le siècle de Léon X.

{A} De la déesse Raison, par exemple, et du bonnet rouge : car il est bien clair qu'auparavant Fhomme n'a eu nuUe part le sentiment de sa dignité.

(r>) Courrier rrançaisdw 14 décembre 1826.

tf verncment à l'influence du clergé, neTOUsétonnei u plus que la Charte soit mise en lambeaux, que la «I liberté de la presse soit proscrite , que de nou- <( veaux trésors soient chaque année prodigués à « l'Église, qu'on songe à faire voter le budget pour » plusieurs années, qu'on soit disposé à sacrifier à u des guerres impies l'existence du commerce et de u Tindustrie : tout cela n'est qu'une conséquence K rigoureuse de l'état des choses, et il doit en arriu ver bien pis encore. La liberté constftulionnei/e, « la prospérité publique f sont en présence avec u la domination du clergé catholique. Un ma- « gistrat vient de nous démontrer qu'il y a inr « compatibilité entre ces deux intérêts , que ce « sont deux systèmes inconciliables par leur « nature. Y a-l-il à hésiter dans le choix (5)? »

On sait assez ce qu'on entend par V influence^ la domination du clergé , et comment le libéralisme, maître du pouvoir, se délivrerait <le cette influence incompatible avec la liberté constitutionnelle et la prospérité publique. Suivant un autre journal du parti, la question est de savoir si le pays peut se passer d'étéques (6). Mais des moyens si expédilifs ne sauraient être employés encore : il fiaut, pour en venir là, que la révolution politique dont la France est menacée se soit accomplie. Le gouvernement, sans force morale, et contraint dès-lors, pour défendre son existence, d'opposer, sinon de i«t, au moins de droit, le despotisme à l'anarchie, résiste, autant qu'il l'ose, au libéralisme qui le pousse à une j)crsérution violente. Il n'a ni les mêmes doctrines ni les mêmes intérêts; ce qui oblige momentanément Ie1il)éralisme1uiraême à modifier sesattaques conli'e l'Église, en se rapprochant sur ce point des maximes du pouvoir, maximes de servitude et de tyrannie, regardées comme fondamentales sous la monarchie despotique de Louis XIV.

On le verra donc bientôt, afl^ectant un vif intérêt pour les droits de la royauté, se plaindre amèrement de rinexéculion des ordonnances, ou de leur exécution incomplète. 11 accusera les ministresde faiblesse, de trahison même, et particulièrement M. Feulrier: digne salaire des services rendus par lui à l'impiété. On dira que , pour soumettre le clergé à Vordre légal ^ des hommes plus fermes sont nécessaires, des hommes surtout qui ne tiennent pas eux-mêmes â ce clergé par des liens d'état (7). On ajoutera que, l'expérience ayant prouvé que les mesures prises

(6) Constitutionnel du 2 septembre 1828.

(7) Il u'élalt pas certes difficile de prévoir ce que dirait le libéralisme, mais il est toujours bon de constater que Ton avait bleo prévu. Voici donc ce qu'on lit dans le Courrier du 22 novembre :

■ Tant que l'on aura pour ministre un évéque, le clergé se mettra « au-dessus des lois; Il se servira de l'Ovéque pour obtenir de

■ nouvelles faveurs , ci s'Insurgera contre le ministre , s'il Teut «t en retour exiger quelque soumission. »

ET DE LA GUERRE CONTRE L'EGLISE

sont inefficaces, on doit se hâter d'en assurer l'effet, a l'aide de moyens nouveaux et de dispositions plus sévères. Après avoir pressé l'administration sur ce point, cl obtenu d'elle la ruine des écoles ecclésiastiques, on attaquera les grands séminaires. Un évèque passionné pour tout ce qui émancipe VintcUigetwe humainey et tout ce qui donne à V homme le senliment de sa dignité^ n'a pas manqué déjà de provoquer cette autre destruction, indispensable d'ailleurs \yont arriver à la fin qu'on se propose , comme l'a montré un magistrat que nous nous affligeons d'autant plus d'avoir à citer ici, que nous honorons davantage son noble caractère et son rare courage politique. «< Ce n'est point encore, dit-il, avoir suffiu samment pourvu à Texécution de l'édit de 1G8â, Il que d'avoir interdit aux jésuites l'enseignement « dans les maisons dépendantes de l'uni vcr$i(é et «( dans les écoles secondaires ecclésiastiques. Il faut <: le leur interdire surtout dans les grands séminaii: res; car c'est là que leurs doctrines peuvent proi: duire les plus grands ravages, en préparant à la «! France un clergé ennemi de la religion de l'État, ti et propagateur de la religion de Rome (1). »

Bien qu'on puisse quelquefois déplorer ses opinions , il y a du moins toujours à gagner avec un honnête homme qui s'exprime franchement. An lieu d'éluder, de biaiser, M. Cottii prononce hardiment le mot qui expire sur les lèvres ministérielles. Il avoue que la religion de l'État, telle qu'on Tentend et qu'on veut l'établir, est si opposée à la religion de RomCj que quiconque admet et propage la religion de Rome se déclare par cela seul ennemi do la religion de l'État, C'est donc pour propager celleci , et pour repousser celle-là , que le pouvoir, ])artant du principe que ses lois peuvent se mêler dans tout ce qui se produit sous des formes terrestres^ étend ses influences et ses surveillances sur les écoles ecclésiastiques, et les étendra bientôt jusque sur les grands séminaires , qu'il est si important de réformer, selon M. de Pradt.

Mais on ne s'arrêtera pas là ; on le voudrait vainement , la force des choses entraînera plus loin. En effet , « comment espérer que toutes les ordon-

{1} Dci moyens de mettre la Charte en harmonie avec la rcgreiuté , par H. CoUu, conseiller à la cour ro) aie de Paib, p.lft».

[Tf Bcmarqiiez que let points de doctrine dC'Cidéit par la DC'cIaraUon loiicbenl . ainii que l'a reconnu M. Fiayisinous luI-inOinc, aui fontlemenU de la constilutlon divine de l'Église , eldèN-lurs apparUenncnt i la roi. Voila donc In fui dcsévèc|ucM|ui sera d^îleroilDée par le» édiU du roi, devenu l'aulorUé i«uu\e>;iinc dans rtgllie ; et. comme on r^(;lait sescroyancex sur les dOcUlouH du poiillfe,on formera ses convictions sur Icè ordonnance* du prince : ce qui aéra «Ingullèrenient propre A exalter dans l'iionime le tenttment de sa dignité.

{%", 8era-l-clie toujours catholique défait, et schismatique par ses prineipes? ?lou« croyon*, nous, qu'elle a diïji sacrifié ses prinrJpes a la coni'Crvation de sa Tui, et qn'aiii*! Vetonnant contraste netubsUtepiut.

Tnvr 11

» nances que l'on pourra faire sur renseignement t( de la Déclaration de 1G8â soient jamais exécutées <c de bonne foi , tant que les évêifucs ne seront pas <( eux-mêmes pénétrés de la doctrine énoncée dans » ces propositions? L'édit de 1G8â, (jui leur enjoint <c d'emjdoyer toute leur autorité pour faire enseî- «« gner celte doctrine , ne suppose-t-il pas nécesu sairement ({u'ils y auront adhéré eux-mêmes de <( toute la plénitude de leur conviction (2) ? Pour- « quoi donc tarder plus longtemps à exiger d'eux « cette adhésion formelle? Je conçois que l'on res- « pecte l'opinion des évêques et des curés actuclle- <( ment en exercice , puisque aucune condition ne «( leur a été imposée ; mais peut-on se dispenser à «( l'avenir de s'assurer des sentiments de chacun «( des prêtres qui solliciteront un évêché ou une « cure ? Quelle est cette contradiction de procla- <c mer telle doctrine pour être celle de l'Église gai- (c licane , et de choisir des évêques (|ui y soient « opposés ? Notre France oifrira-t-elle toujours à (( l'Europe cet étonnant contraste entre ses prin- «c cipes et sa conduite (5) ?

<( On ne pourra donc compter sur la franche (( exécution de l'édit de 1682 , que lorsque aucun <( évêque ne pourra prendre possession de son (( siège , aucun curé de sa cure , aucun professeur n de sa chaire , qu'il n'ait préalablement justifié de (( son adhésion positive à la Déclaration de 1682; «( savoir : les évêques, à la cour royale dans le res- « sort de laquelle est situé leur évêché ; et les curés <: et autres ecclésiastiques, au tribunal de première u instance dans le ressort duquel est située leur « cure, leiu' paroisse, ou leur collège (1). »

Ainsi donc , pour substituer au clergé actuel ennemi de la religion de T État, et propagateur de la religion de Rome , un clergé ennemi de la religion de Rome , et propagateur de la religion de rfUat, c'est-à-dire un clergé pleinement schismatiquc et séparé , sous tous les rapports , de la catholicité, il suffit, ne l'oubliez pas, de trouver des évêques , des curés et des professeurs , qui adhèrent à la Déclaration de 1682 , de toute la plénitude de leur conviction. Nous voilà, je pense,

(4) Moyens de mettre la Charte en harmonie avec ta royauté, p. 187.— M. de Xoiiilo»ier , plus pressé d'en finir avec le catholicisme, veut qu'on aille bien autrement vite. « S'il plait,dit-lU aux •( Jeunes gens qui se dcatlneul A la prurc^tiou ecclésiastique, do <« ne pus adopter les quatre articles que rÉ|;llAe de France (une « asïcz i>cl)e auloiilé pour eux;- a conKacré»cn 1G82, libre â eux, « Assurément on peut y consentir : mais alors que raul-ll faire 7 w les censurer amèrement? ^on : il faut qu'ils ne soient pas orw lionnes prêtres ; Il fjut qu'ils »oionl déclarés incapablesd'aucun u cnsci);nemenl, d'aucun office ecclésiastique- Il en sera de même * pour la uiA^Ulrature, dans les parties de renseignement qui se M rapportent aux éludes du droit.» renonciation aux cours ro.ralrSf p. 24'). — Ces il faut de M. le comte ont un nerr de persécution, et un natuiei de tyrannie, que H(nrl viu et cet autre monstre eu sous-ordre , Cromwell , «on ministre, auraient ein lés au Dénonciateur,

DES PROGRÈS DE LA RÉVOLUTION

assez averlis ; cl Ton doit comprendre mainlenant , ou jamais , s*il était , comme ou Ta dit , inutile et Imprudent de prémunir les catholiques contre des doctrines dont les partisans d*unc É{fl\se nationale font le symbole même du sciiisme quMls préparent. Le temps n*est pas loin oii Ton exigera , d^une partie au moins du clergé , la signature des quatre articles , qui deviendront ainsi , parmi nous , un Téritalde serment du TesL II est difficile de croire qu*aujourd'hui la conscience puisse se méprendre sur la nature d*un pareil acte. Le motif en vue duquel on essaiera de contraindre les évèqiies , les curés , les professeurs , d*adbérer à la Déclaration de 168â , suffirait seul pour rendre celte adhésion illicite. Elle ne serait, d*ailleurs, qu'un honteux mensonge : car il est vrai de dire qu'aujourd'hui le clergé français s'accorde presque unanimement à rejeter les erreurs contenues dans les trois derniers articles. Mais, comme il existe encore quelques dissentiments sur le premier, dont les funestes conséquences n'ont pas été aperçues de tout le monde aussi clairement , il convient de montrer qu'il ne renferme pas une doctrine moins fausse ni moins dangereuse que les autres. Nous tâcherons d'être court, autant que le permet une discussion si importante.

Véritable protestation contre le principe fondamental de la société chrétienne et de toute société , cet article, qui , en séparant d'une manière absolue Tordre temporel de l'ordre spirituel, consacre toutes les tyrannies, et fonde au sein du christianisme, laî parfaite de liberté {\) , une servitude clerncHe, est t'iinsi conçu :

«( Nous , arclicvê(iurs , et évèqiies assemblés à «; Paris par ordre du roi , avec les autres dépulcs, <i qui représentons l'Église gallicane (â), avons jugé « convenable , après une nuire délibération , d'éu tablir et de déclarer :

« Que saint Pierre et ses successeurs , vicaires de « Jésus-Christ, et que toute l'Église même, n'ont <( reçu de puissance de Dieu que sur les choses <( spirituelles et qui concernent le salut , et non (( point sur les clioses temporelles et civiles , Jésus- «( (Christ nous apprenant lui-même que sou royaume «t n^est pas de ce moTidey et, en un autre endroit , «'. qu'il faut rendre à César ce qui est à César y « cl à Dieu ce qui est à Dieu ; et qu'ainsi le pré- •^ ceple d(; Tapùlre saint Paul ne peut en rien être il altéré ou ébranlé : que toiite personne est sou-

{\) Jacob , î, 23.

\'2\ Rien de moins vrai : les trentc-buit évoques dont «c compo- •aIL l'asftembléc de 1682, ne représenta ienl réellement et ne pou- ^. -lient représenter qu'eux-mêmes.

[3' Le cardinal Lit ta, si peu enclin à qualIQer sévèrement les doctrines mêmes qu'il combat, cl dont les galiicans reconnaissent eux-mêmes rexlrômc réserve, remarque, au sujet de cette partie du premier article , « que celle proposition est trop uênéralc

» mise aux puissances supérieures ; car il n*ff «( a point de puissance qui ne vienne de Dieu^ » et c'est lui qui ordonne celles qui sont sur la K terre : celui donc qui s^oppose aux puissances^ <( résiste à l'ordre de Dieu, Nous déclarons , en <( conséquence , que les rois et les souverains ne (c sont soumis à aucune puissance ecclésiastique , <c par l'ordre de Dieu , dans les choses temporelles; <c qu'ils ne peuvent être déposés ni directement ni M indirectement par l'autorité des clefs de l'Église ; « que leurs sujets ne peuvent être dispensés de la « soumission et de l'obéissance qu'ils leur doivent, « ni absous du serment de fidélité , et que cette <( doctrine , nécessaire pour la tranquillité publî- « que , et non moins avantageuse à l'Église qu'à <t rÉlat , doit être inviolablement suivie , comme u conforme à la parole de Dieu , à la tradition des <( saints Pères , et aux exemples <ies saints. »

Quelle que fût la pensée intérieure de Bossoet en écrivant celte espèce de formule Ihéologîque: comme , en matière de religion , on n'adhère point à une pensée inconnue, mais à une doctrine nettement exprimée ; pour savoir si l'on peut adhérer en conscience à la déclaration qu'on vient de Ure, il faut examiner le sens qu'elle exprime, suivant la signification naturelle et rigoureuse des termes. Or, nous n'hésitons pas à soutenir qu'à moins de foire violence aux mots pour en tirer un sens opposé k celui qu'ils offrent dans le langage humain ordinaire ; à moins de modifier ce sens, comme les gallicans y sont obligés , par des interprétations arbitraires , celui qu'elle présente d'abord n'est pas seulement erroné, mais hérétique, quoique rien ne fill pins opposé à l'intention du pieux évèque qui la rédigea et des prélats qui la souscrivirent. En effet, elle enseigne que saint Pierre et ses successeurs ^ vicaires de Jésus-Christ , et que toute r Église fnôme^ n'ont reçu de puissance de Dieu que sur les choses spirituelles et qui concernent le salut, et non point sur les choses temporelles et civiles (3). Si donc il est de foi que l'Église a reçu de Dieu une vraie puissance sur des choses temporelles et civiles, il est évident qu'on ne peut nier, sans encourir la note d^hérésiCy qu'elle ait reçu une pareille puissance. Or, nous demanderons si le mariage , fondement de la sociélé civile , est une chose civile , une chose de la terre et du temps ? Si on répond oui , la conclusion est que

M et trop illimitée; qu'on ne peut dire simplement, et sans aucune CI explication, que Dieu n'a donné aucun pouvoir i TÈglise sur les Il clioses temporelles; que c'est Verreur de ceux qui , abusaul de (I la dlKlincUon du spirituel et du temporel, réf/M<f en/ le pouvoir •« fte l'Eglise aux actions purement spirituelle* et intérttures :* erreur qui a été censurée comme hir^Uque dans U bulle Âucio» rem fltteif proposil.iv.

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