ET DE LA GUERRE
réglise D*a reçu de Dieu aucune puissance sur le mariage : proposition frappée d*anathème par le saint concile de Trente (1). Que si , au contraire , on nie que le mariage soit une chose civile et temporelle, il s'ensuivra que la société civile a son fondement dans la société religieuse et en dépend sous ce rapport , ce qui lie plus étroitement que jamais ce que Ton voulait séparer. Tordre spirituel et Tordre temporel.
11 n*est pas moins certain que les vœux monastiques, la cessation du travail à certains jours fixés, Tobligation imposée dans le tribunal de la pénitence de restituer le bien mal acquis, tous les préceptes, toutes les décisions relatives aux devoirs deThomme en société , ont pour terme immédiat des choses temporelles et civiles ; et qu'ainsi déclarer, d'une manière générale et absolue , que TÉglise n*a reçu de Dieu aucune puissance sur les choses civiles et temporelles , c'est au moins donner lieu à lui contester ses droits les plus essentiels et sa juridiction divine tout entière.
Mous avons prouvé ailleurs (2), et dans cet ouvrage même (3), que celte maxime une fois admise : ijes rois et les souverains ne sont soumis à aucune puissance ecclésiastique, par V ordre de Dieu, dans les choses temporelles y il s'ensuivrait que les rois et les souverains sont affranchis de toute loi divine obligatoire dans Tordre temporel , et que, par conséquent, adhérer au premier article, c'était adhérer à cette proposition : Le souverain doiij par l'ordre de Dieu, être athée en tant que souverain. Mais il faut montrer, de plus , que le même article renverse par sa base I autorité de TÉglise, et conduit directement au protestantisme.
Le calvinisme , encore très-pui^antau commencement du règne de Louis XI H, essaya de faire adopter par les étals {{généraux, en 1613, comme loi fondamentale de TEtat, un article insidieux (|ue le clergé et la noblesse rejetèrent d'un commun accord.
Il s'agissait, ainsi qu'en 1682, »de déclarer le pouToir temporel absolument indépendant de la puissance spirituelle. Le cardinal du Perron, parlant au nom de tout le corps de l'ordre ecclésiastique, et de tout celui de la noblesse (1), établit (pie la doctrine contraire , admise par toutes les autres parties de l'Église catholique , voire même de
(I) il<iuItdlierU,EccIeslam non potulMe consiitucre impodimcoU matrlmonlum dlrlnienlla, vel lu Us coii^UiucikIIs eriM^ic, aulhcma «U. Sets. XXIV, co/i. iv.
(3j De ta rtUgfon contidtrte dant tes rapports avec l'ordre poUitqme et efvil.
fS) Cliap. net III.
(4) Œuvres du cardinal du Perron, p . 601 .
(5) Ibtd., p. ft99.
'7J iMtf., p. 601.— Voyez le* Pièces JnHfficaUves,n.l.—\.t\\mlu