‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 149 sur 226 · CONTRE M. DE LA MENNAIS · texte numérisé non relu

CONTRE M. DE LA MENNAIS

A l'occasion de son ouvrage : De la Religion conndérëe dans ses rapports avec l'ordre politique et civil,

JuUlei 183S.

Monsieur,

Le zèle de la polémique ayant tout à coup saisi h famille de M. l'évêque d'Uermopolis , je me suis n attaqué presque i la fois par M. Clausel de Montais, cvêque de Chartres , par M. l'abbé Clausel de Coutsergues, conseiller de l'université , par M. Clausd de Coussergues , conseiller à la cour de cassalkm , et par M. l'abbé Royer, directeur au séminaire de Saint-Sulpice , tous compatriotes et parents de l'illustre auteur des Frais principes de rÉglite gallicane . Ainsi , par le seul dévouement des tieni, monseigneur d'Hermopolis a pu s'entourer d'une sorte de concile domestique, dans lequel M. de Coussergues , en sa double qualité de député et de magistrat , représente sans doute l'évêque du debon. Je ne nie pas (]ue cette autorité n'offre quelque chose de fort imposant. Toutefois, comme j'ai le malheur de ne pas croire extrêmement à la souveraineté du concile séparé du pape , encore moins du concile opposé au pape , j'oserai résister aux décisions de celui dont j'éprouve les rigueurs, jusqu'à ce que le consentement du saini-siége intervienne; car, pour moi , c'est là mon quatrième article.

Très-affermi dans ce sentiment, je me proposais, comme vous l'avez annoncé. Monsieur, de répondre à la lettre de M. l'évêque de Chartres. J'avais même interrompu à ce dessein un ouvrage plus étendu sur les grandes questions traitées dans mon dernier écrit , lorsque j'ai appris qu'un ecclésiastique plein de science et de talent s'occupait de défendre la doctrine de l'Église romaine contre les attaques de MM. Clausel et de M. rabl>é Royer. Je nie suis alors décidé à reprendre mon premier travail , d'autant plus que cette controverse avec des hommes respectables, mais préoccupés exclusivement de quelques idées de famille , ne m'aurait pas fourni une seule fois l'occasion d'entrer dans le fond du sujet que j'ai à cœur d'éclaircir autant ({u'il me sera possible. Si on retranchait de leurs

DLf MÉUOtllAr. CiTHOLlODE.

écrits les améniUs gallicanes qui ea oraent presque toutes les pages , il nf resterait guère que de vieux sophisiDfs réfutés Ucpuis des siècles, et trois ou quatre suppositions fausses sur lesquelles ils misonnent constant ment avec une confiance impcr- (urtialile.

Ainsi, quoique nous eussions dit. dans une lettre connue de H. l'évèque de Charire», puisqu'il la cite : " Il y a donc nianifeslemeni une ignorance « profonde ou une insigne mauvaise foi dans le re-

■ proche qu'on adresse au pape de s'arroger sur le - temporel i]e» rois un pouvoirque Jésus-Christ ne « leur a pas donné. Ils ne s'attribuent d'autre pou- ■: voir que le pouvoir spirituel, qui leur appartient ' dr droit divin, et que nul catholique ne leur con- ' leste. La question agitée aujourd'hui avec tant de

■ chaleur consiste uniquement à savoir jusqu'où " s'êleod ce pouvoir spirituel, dans ses rapports ■' 3vec la société politique chrétienne et la souve- . ratnelé qui la constitue (1); " malgré, dis-je, des paroles si claires. M, l'évèque de Chartres n'en persiste pas moins â nous attribuer un sentiment tout (lifTcrenl, parce qu'enfln nous devons aroir dit ce qn'it lui convient que nous ayons dit : c'est sa méthode de réfutation. Il eût été plus utile peut-être d'examiner un petit nombre de questions simples telles que celles-ci :

Le droit de commander a-t-il, comme le devoir d'ttirfir, «on fondement dans la loi divine?

Si le souverain n'a le droit de commander, et si les sujets ne sont tenus d'obéir, qu'en vertu de la lui divine, par qui doivent Être résolus, chez les peuples chrétiens , les dotilcs qui peuvent naître sur ce droit et sur ce devoir?

Est-ce par le souverain? est-ce par le peuple? ou par l'autorité ù qui Jésus-Cbrîst a conHé la garde de la loi divine, et qu'il a chargée de la maintenir et de l'interpréter?

La souveraineté peut-elle se perdre? Si elle |>eut se perdre, comment sait-on certainement qu'elle est perdue? Sont-ee les ér^nements qui décident? Mais qu'est-ce que 1rs événements, sinon des faits qui constatent dcquelcôlé est la plus grande force? La force et le droit, est-ce une même chose? (,lue si la force ne suffit pas pour savoir quand un droit est réellement éteint, et . pour créer un autre droit, s'il faut encore un jugement certain, qui rendra ce jugement? qui déterminera pour la conscience le moment oîi il est permis d'obéir â un souverain nouveau ? etc.

Dca réponses précises à ces questions eussent été plus instructives qu'un commentaire sur des passages de l'Évangile, que tout (e monde connaît.

dont personne assurément ne conteste l'autorité, mais que H . l'évèque de Chartres se fiatte de mieux comprendre que les souverains pontifes et tatme que les conciles œcuméniques.

A l'entendre, il semblerait que nous eussions déclaré hérétique de fait quiconque professe les maximes de 1683; et il montre très-doctement qu'un simple prêtre n'est pas l'Église universelle, n'est pas le vicaire de Jésus-Christ : qu'il n'a le pouvoir, ni de prononcer une sentence infaillible, ni Ae porter j iridiquement des censures contreaucune doctrine. En vérité, nous nous en doutions. Hais où avonsnom donc annoncé ces prétentions extravagantes? sur quelle preuve nous accuse-t-on d'une pareille fuite? Y aurait-il aussi une justice gallicane qui permit, pour combattre plus aisément ses adversaires, de [leur prêter des absurdités auxquelles ils ne «songèrent jamais? Nous avons dit et nous répétons que les maximes de 168ïi renferment des conséquences hérétiques et schismatiques, qu'elles contiennent substantiellement des propositions déjà condamnées ; en un mot, nous avons dit ce que tout théologien a le droit de dire : et , au lieu de dénaturer nos paroles, il edt mieux valu réfuter nos raisonnements; mais on ne l'a pas même essaye : c'était, en effet, plus difficile.

Dès qu'on s'écarte île la droite voie , Dieu ûte le sens; on ne saJt où l'on va, on marche au hasard, afin qu'il soit visible à tous que cet aveugle s'égare. Ce n'est pas sans douleur que nous transcrivons ce passage de VAntitiote, rappelé par M. Clausel de Coussergues, dans la Quotidienne du 28 juin : •I L'Église gallicane pose des principes contraires u aux vôtres... D'où vous vient le droit de souffler ■• le feu de la révolte dans la maison de Dieu , d'y " soulever les enfants contre les pères, les jeunes ■I élèves du sanctuaire contre leurs évèques? »

A celte violente Interpellation du professeur de Saint-Sulpice , voici ma réponse : Ce que vous appelei mes principes, comme si j'avais dans l'Église de Dieu des sentiments particuliers, ce sont les principes de mon c/ie/'el du vôtre, les principis constants du saint-siège et de toutes les ésliscs, une seule exceptée, ou plutôt excepté un iielit nombre d'hommes dans une seule église. C'est donc à vous qui combattez la doctrine de l'Église universelle et du pontife romain, c'est à tous que nous demandons de guit droit vous soufflez le feu de la révolte dans la maison de Dii-u, de queldroil vous soulevez les enfants contre le perb oti peuple cnnÉriEn |2), les jeunes éléres du sanctuaire ctinire le sovVEBAin poxtife des évÉques (3) .

FONDKMENT IMHOniLEDEL\ Fut (4); CVnf/'e/a PIERRE

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