LETTRE AU RÉDACTEUR
QU£^'E peu7k:^tvai!vcre les portes de l'ewfer(I)? Avez-vous des promesses que n*ait pas le successeur thi prince des apùlres? voire aiilorilc doit-elle remporter sur la sienne? Laissez , laissez -nous croire ce que croit celui à qui Jésus-Christ a dit : Tai prié pour toi, afin que la foi ne défaille point; laissez les brebis et les agneaux suivre celui qui a reçu de Dieu la charge de les guider : et , 8*il vous jdall d'être vous-même votre guide, votre docteur, votre mailre, n*accusez pas au moins de rcrolte ceux qui. soumis pleinementà la conduitedu premier pasteur, n'ont d*autre principe que de lui obéir.
« La Société de Saint-Sulpice, dites-vous, enseigne «( dans ses écoles les quatre articles. CVst rhérilage «( que lui ont transmis ses pères... Tous les supé- «( rieurs généraux de cette Société n'ont cessé de « dire aux maîtres et aux disciples : JS'e renversez « pas les bornes anciennes; suivez , sur la con- « troverse du pape et de P Église j les doctrines « de la Sor bonne, »
Doue, lorsqu'il s*agit des plus hautes questions, et , comme le reconnaît M. levèque d'Hermopolis lui-même, de la constitution divine de l'Église y ce ne sera ni TÉglise ni son chef que nous devrons écouter , mais la Sorbonne ! La Sorbonne est , en ces matières, au-detisus du pape, au-dessus des conciles et de l'Église universelle! Voilà ce que les supérieurs généraux de Saint-Sulpice n'ont cessé de dire aux martres et aux disciples ! Où en serait-on si de pareilles maximes venaient A prévaloir? Nous connai.^son8 , pour nous , des bnrnos plus anciennes, une règle de ioi dictée, dit Hossut l, par le pape Uormisdas , reçue par tous 1rs évéquesd Orient et d'Occident , proclamée dans le huitième concile œcuménique, approuvée de toute V Eglise catholique ; et celle règle est de suivre en tout les sentiments du siège apostolique, dans lequel réside l'entière et vraie solidité de la religion chrétienne. Si TÉglise gallicane a posé des priîicipes contraires , nous répudions ce trisle et funeste héritage ; cl nous rabandoiinons à ceux qui, à la face du monde callu)Ii<|ue, en présence de Dieu et de son (Christ, oseront dire : .Nous l'acceptons ici) !
(Ij s. ylwjust. i;i Pctnlm. cont. pari. Doiint.
(2; M. Claiiiiol de Cou8»crj;iies a nvaiirO que " \cs ^^ phorismes i\o « M. rahbôdc La M(Min;iiMrav:iienl imaoïtlrcc dan» Ics^Oiiiinaircs w de la Cuniii.i^nie de Saint-.Sutpice j i»u\is priiie d'cxcUinion X f royard de reux qui propaufiaieiil crt On it ( l les aulit-s oummti gChdeM. l'ahhé de l.a Mciiiiais oii 1) inriiic duclriiie est Oiix'i- « gnc^e. »y'\Ç)uotiitietmc du 28 juin lS2o.;Cc' lait, s\ ou le siipposail \ rai, serait telicuienl craveque uou • u.tus eiojous. encourt Uiice, oblit^é de le nier au^hi l(iiii;icui|i:i que l.i Coiiii>a^uic tie Saiiit-^ttl- |)iee ne l'aura pasexpre^sOuieut avuuO. Qu'une con};rO(;ailiiu reiilîitu»el»lerdiselV;j/r<'edesN(:niinaire»qu'rlledhij;rauxouvra}ies où la doctrine t\\v «alul-siOije est profe9>0e, et paiee que eeile fiocirine y e.sl proles^ée ,- qu'elle exclue du sacerdtKWî de Ji'riusr.hri:t ICN Jeunes lOvIlcs dont runiquo ciimr vf*\ d'wbt^ir a reii«ei-
Afin de nous mettre en conlradiction apparente avec nous-mème au sujet des quatre articles , oo a rappelé quelques lignes d'un écrit que nous pabliâmes en 1818. Nous avions prévu cette objection; ei nous y avions répondu d'avance, dans notre tolume de la Religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil. L'explication que nous en donnons en ce lieu ne saurait être suspecte d'avoir été arrangée pour les circonstances, puisque nous avons, en 18â0, exposé les mêmes seotinients en rendant compte du bel ouvrage de M. le comte de Maislre , sur le Pape (3). Que si néanmoins on ne voulait pas admctlre cette explication , il en résulterait seulement ({ue de mûres réflexions nous auraient conduit à nous réformer nous-même;il en résulterait (pi'ayant reconnu la vérité catholique, nous aurions aussitôt quitté pour elle l'erreur qui nous préoccu[)ait , et qu'à l'exemple de saint Augustin nous n'aurions pas hésité un moment i rétracter ce qui pouvait nous être échappé de contraire à la doctrine de l'Église et de son chef. Dans ce cas , tout notre désir serait que nos adversaires nous imitassent en cela. Avec quelle joie nous nous verrions uni a eux aux pieds du père commun !
On nous reproche encore d'avoir omis ces mois : soit directement y soit indirectement y en citant h déclaration des évêques d'Irlande, dans une lettre à la Quotidienne. Le passage se trouvait tel que nous l'avons transcrit dans l'article de VÉioi/e^ auquel nous répondions. En le vérifiant depuis dans un aulre journal, nous avons reconnu qu'en effet les évè((ues irlantlais ajoulent : soit tiirectement, soit indirectement, .Mais alors nous ne dirons plus qu'?7 7i' est pas un catholique qui ne fût prêta signer cette déctaratioîi; car, pour nous borner à une raison que tout le monde sentira, certainement plus d'un calliolique répugnerait ix signer une proposition aussi fausse de fait. Quand l'Église aj)|»Obe au mariage des eni|>èchemcnts dirimants, quand elle élahlil ou supprime des fêtes, quaudclle consacre des vœux de i)auvreté el de chasteté, quand un simple prclre eonunande, dans le tribunal delà pénitence , à un voleur de resliluer ; dans toutes ces occasions , el en bcaucou]> d'autres , il y a manifes-
Rueuient du vicaire de Jt'.sus-Chrlst : un pareU cxci^* de hardie-^. jnsqn'A |)ré.-.enl inouï dans rÉj'.il^e , ne .«-aurait ôlrc aduih P'iT ctnihlanl 5Ur le »eul lOniol|;nai',edr M. riausel de Cou^sergur.» «in ne prO.>u.ne point le xchi>uie, et li nou". fcenible qu'il s'esl Uâ'.C b(ancoui> d'eu accuser trne con(;r('-t;alioii re>peciatile que aui>5 aimons h tlOfeinlre coulie lui. Il ajinilc quf,<- dau-i le» ^OlnnulM* « tlinjje-» par U'> dhcijiUs ilc Saint- l'inccnt de Peinte, apptlrs a CoiiiinnnOinriit y-«z«;7f/ojr, la ii.ènie excluaiou c>l prontK-.ci»- «■ conlu; k-.- jt unis tliOoloj;icu» qui piO|>a);eiaieiil la docUiiiC'U» " ytphortru.cr. ». Il esl pre.M{ue >uperflu d'avertir que cet te aitserliou fî.1 eiiiieiciuent fausse. Le* disciple» dt* SaiitL-Mnccnt «le Panle }.eronl,au contraire, loujoui * !e« premier» à duni.crlVxcu.pie du respccl el de rulK^i<>»ai;ce dus A l'eusi i^'iienienr du |H)n.iu' romain.— (.1 V. MétangcM reliijirux rt pttilofoyhiqucs.
DU MÉMORIAL
«ment uo pouvoir au moins indirect exercé sur les eboses civiles et temporelles , et ce pouvoir ap- [Mrtient à FEglise essentiellement : nos adversaires mêmes ne le contesteront pas.
11 était nécessaire que nous donnassions nousmême ces éclaircissements a monseigneur révc^quc lie Chartres. Le reste de sa lettre ne demeurera pas non plus sans réponse; et, pour ce qui tient au fond (tes doctrines touchant le pouvoir spirituel, ses fonctions et son étendue, nous espérons pouvoir répandre dans un autre ouvrage quehiues nouvelles lumières sur ce sujet, un des plus importants à traiter aujourd*hui.
Ce n'est pas qu*on puisse se flatter de vaincre une certaine opposition qui a existé , qui existera toujours , parce qu'ayant sa cause plutôt dans la corruption de la nature que dans raveuglement de la raison , la raison ne peut rien contre elle ; et c'est ce qu'il faut bien comprendre. Un secret principe de révolte caché au fond du cœur humain , et que la ?ertu même n'étoulfi* jamais entièrement, combat sans cesse au dedans de nous tout ce qui semble menacer notre indépendance. On se soumet le moins possible ; et , comme la volonté y selon la remarque profonde de Pascal, est une des principales pièces de notre créance , elle incline la pensée à tout ce qui plait. Il n'y a donc pas lieu de l'étonner si Ton dispute des choses les plus claires. Telle est même la faiblesse de l'homme , qu'on le rerra repousser la vérité manifeste , non par aucun intérêt puissant , par aucune haine violente , mais par un motif souvent si léger qu'à peine lui-même i'apercevra-t-il ; quelque ancienne prévention , des iffections particulières , des liens de parenté , une certaine position publique, un engagement pris, (pie sais-je enfin ? un simple caprice : et cependant la ?érité , c'est Dieu !
Dans tous les siècles il s'est rencontré de ces esprits superbes que l'obéissance fatigue. Tantôt ils DDt opposé leurs opinions à la foi de TÉglise; tant6t ils ont attaqué son pouvoir de gouvernement cl la souveraineté de sun chef : établi par JJsus- Christ le suprême défenseur du droit et de la fuslice sur la terre (1), nécessairement son autorité doit sembler pesante à toute puissance qui redoute la règle. ¥A , comme il y a toujours dans Thomme quelque chose qui se précipite du côté de la puissance; comme il est peu de regards assez fermes pour n'être pas éblouis de son éclat : lorsqu'elle s'égare, il ne manque jamais (rnpolugisles de SCS actes; et les gens de bien mêmes, devenus flatteurs en croyant n'être que soumis , s'efforcent
(I) lomanus ponUfci qucm SalvAtoret Dominus nustcr seqiii bonique •upremiim asscrlorem In terris contUtuit.-. BuUe tir Clément XI itu 10 <#«# ralendet rie mars 1714.
par respect de justifier ses prétentions les moins soutenables.
Ainsi naissent et se perpétuent les maximes d'indépendance qui détachent les nations du centre commun et relâchent les liens de la société universelle. L'Église et la cité se séparant de plus en plus, la vraie notion de l'une et de l'autre s'altère dans les esprits. Aux doctrines professées unanimement, peu à peu l'on substitue des doctrines arbitraires créées pour le besoin qu'on en a ; et , comme on ne saurait s'écarter en un seul point de l'enseignement du premier pasteur , sans être forcé de combattre le principe même de son autorité , tùl ou tard on est conduit a ébranler dogmatiquement les bases de la monarchie spirituelle et de la constitution divine de l'Église.
Telle a été la marche de toutes les erreurs , et en particulier du gallicanisme. Il a pu sans doute être soutenu d'abord par des hommes de bonne foi; il peut même l'être encore, quoique plus difficilement aujourd'hui qu'on en a vu les terribles conséquences. Des maximes au nom desquelles fut proclamée la déplorable constitution cirile du clergé, au nom desquelles le pontife 7'omain fut persécuté y dépouillé y Jeté dans les fers, et notre Église bouleversée de fond en co//i^/e(2), ne sont guère propres à inspirer beaucoup de confiance aux catholiques. Cependant, que quelques hommes , malgré ces tristes expériences , tiennent encore à ces maximes avec une sorte de sincérité, à toute force cela se conçoit. N'y a-t-il pas aussi des protestants sincères? A quelque degré que Ton proteste contre l'Église et contre son chef, il serait donc téméraire d'assurer que l'on ne proteste pas sincèrement. Un doit néanmoins avouer que les injures , l'emportement , les lâches délations , ne prouvent pas bien clairement cette bonne foi qui semble être , en quelques circonstances , une sorte d'excuse de l'erreur même.
Que si , du reste, des opinions regardées comme nationales à une époque encore récente, accréditées par un grand nom et ])rotégées parla politique, étaient attaquées ouvertement dans un ouvrage consacré à la défense de toutes les doctrines catholiifues, il serait impos.^ible qu*un pareil ouvraf,e n'éprouvât pas une vive opposition , et de la [)arl des ennemis de l'Église catholique, et de la part de ceux qui, en lui demeurant d'ailleurs attachés, ne laissent pas de soutenir des sentiments qui ne sont pas les siens, et même qu'elle réprouve. On ne peut guère espérer de trouver cette candeur d'esprit qui cède d'abord à l'évidence du raisonnement humain.
12) Les vrais principes de rÉglhe gallicane. AvorU««cnifiit , troisième édition.
LETTRB AU RÉDACTSDll
U où muMiiie cette eamleur de foi qui
hésiter à l'autorité diviile , afaut même qu'elle eu
ait iUt un de?oir absolu.
Aussi nous attendions-nous, en publiant nos réfleiions sur les rapports es la religion avec Pordre poiiiiçMe et civil, à tout ce qui a suivi ; nous n'ignorions pas qu'il Aiudrait rendre compte de cet écrit aux passions et am pnyugés. Les passions, comme il était naturel, ont parlé les premières , et l'on croûraiC encore les entôidre en écoutant kspr^ugés.
Il en devait être ainsi, c'est l'ordre de la terre ; et. Jusqu'à la fin des siècles, quiconque défendra l'Église de Dieu, toute sa doctrine et tous ses droits, aura la même destinée. Kais k chrétien ne se trouÛe pu de ces tempêtes, de ce bruit du temps qai gronde autour de l'édifice étemel; il ne craint point, il ne doute point, il sait à qui la victoire restera.
Lorsque la Vérité Tivante parut dans k monde qu'elle venait sauver, elle eut i subir trois grandes épreuves : l'épreuve de k calomnk , l'épreuve de la dérision, et l'épreuve de k violence. L'orgudl blessé chercha contre elle, de tous c6tés, de feux témoignages; les accusateurs accoururent, mais leurs dépo^ siUons ne s'accordaient pas (1), dit l'historien sacré. Alors k prince des prêtres l'interroge au nom de Dieu : Qui êtcs-vous? EDe dit ce qu'elle est, die prockme la puissance qui lui a été donnée ; et i l'instant un cri s'élève : « £lk a blasphémé; « qtt'avons*nou8 encore besoin de témoins? Vous « venez d*enCendre le blasphème : que vous en K semble? » Tous coaclurent qu'elle était digue de mort (3).
Bientôt s'ouvre une autre scène : on voit le pouvoir temporel environné de ses courtisans. La Vérité comparait devant eux : /eji princes des prêtres et les scribes persistent opiniâtrement à l'accuser (li). On lui fait plusieurs questions , mais elle ne répond rien (4). Elle n'inspire à cette assemblée que du mépris (5) ; ses ennemis même déclarent quW/e n'est plus dangereuse à force de paraître ridicule (6) : on la revêt d'une robe blanche, et en cet état on la livre à la populace.
Elle la traîne en présence du magistrat romain ; faible et non aveuglé , il résiste au crime qu'on lui demande, u Qu'a-t-elle fait? Je ne trouve rien en u elle qui mérite la mort. Je vais donc la faire « châtier, et puis je la renverrai. Mais la multitude X redouble ses clameurs : Crucifiez-la ! qu'elle soit « crucifiée (7) ! »
On sait le reste : une croix est plantée sur le Golgotha; les préjugés, les passions triomphent. Cela
(I) MarC'f XIV,36. — C2i/rf., X\VI,63c /.wc, XXHl, 10. —(4} Ibtd.t 9. — {fi)
X\VI,63et66.
- /Wrf., Il
se passait k vellk du Jour où tmaà ka peuples Isa» bêrent au pied de cette croii et do k Térité.
L'abbé F. n La. MnmAis.
LETTRE
AU RÉDACTEUB DU MÉMORIAL CATTOUQDI
nu TRIBUNAL DE POUCE GOUlECTIOlliaUXE
•AIISUI
PEOCtES DE M. OE LA MBHlfàlS.
Monskur,
J'ai lu dans k demio* numéro du Mémoriatf àh suite de l'admiraUe pkidof er de M. Berrycr, k JIp gement du tribunal de police eorrectioniiéh ém l'affûre de M. Fabbé de La Mennak. Pononne, f ass k dire, ne respecte plus que moi k ougkCraCmt; cependant , comme je cherche aussi à entendre é que je lis, ce qui m'a jusqu'à présent empèdié d'IUi gallican, je serais bien aise, Monsknr, d'uHtifc quelques éckircissemenU sur pluskurs points di l'arrêt que je me suis vainement eflbreé do eoaprendre. U j est dit : « 1* que l'édit de mars 1M, (c enregistré au parlement de Paris le 23 du mèae «( mois, proclame la Déclaration du clergé de France K de 168â loi générale de TÉtat , et que les quatre u propositions qu'elle établit forment labasefott tt damentale de nos institutions politiques etds « notre droit public en cette matière; ^ que le (( clergé de France a été seul juge des propositions (( établies dans celte Déclaration. »
Tout cela peut être très-vrai ; mais tout cela ne laisse pas d'être prodigieusement difiBcile à concevoir, au moins pour moi qui n'ai , pour me l'expliquer, d'autre secours que le simple bon sens. Permettei que je soumette, par la voie de votre journal, aux jurisconsultes gallicans les difficultés qui m'embarrassent.
Comment a-t-on pu poser en 1682 , sous la monarchie absolue de Louis XIV, labase fondamental de nos institutions politiques et de notre droit public constitutionnel?
Quel rapport y a-t-il entre nos institutions poli* tiques actuelles et les institutions politiques delà France en 1682?
(6) Voyei le Moniteur du 29 mal 1828.
(T) Luc., XXIII, 22,23. MoiOi., XXVII,33.iirartf., XV,U.
DE LA Qlil
AvaiL-on eo 1682 le gouvernemenl représentatif? vu avons-Dous en 1836 le tjouverncment absolu? ou enfin, s'il est iléiruit de fait, devons-noits y rcvrnir comme » une instiliilion fondamcnlaie qui n'a pai cessé d'exister lie droit?
Commentleclcrgëa-t-ilpiiètrej'eu/jv^ef/eA/i/'o positions qui formeut la baae fondamentale de nox inititulions politiqueaetdenalridroilpublic?
El , s'il l'a été légitimement , comment ose-l soutenir <(iie i'ÉgUge n'a reçu d'autorité de Dieu que sur les choses spirituelles et non point sur les choses lemporelles et civiles, et conilamner Itl. lie I,a Mennais sous le prêtente ({u'il établit en (lolnl de droit ce que le tribunal reconnaît en point défait?
Le clergé a-t-il été seul Juge des propositions qui forment la base fondamentale de nos institutions politiques et de notre droit public : ou il l'a été k|;alcmcnt, et la première des quatre propositions est évidemment fausse ; ou il l'a été illégalement , et alors on ne viole aucune loi en attaquant cr [le proposition illégale.
El, ijuanl aux trois autres articles, je demande comment et en quel sens celte iiroposiltou ; <> Les
■ décrets des IV et V» 8<;ssion8 du concile de Con- ■■ staocc ne doivent pas être restreints au temps de
■ schisme , » est la base fondamentale de nos inslilutions politiques;
Comment et en quel sens cette autre proposition ; " Le pape doit gouverner l'Église de Dieu selon les " canons , » est la bas« fondamentale de nos instiluiions politiques;
tlommeni cl en quel sens cette troisième proposition : " Aucun jugement du pape, en matière de ' doctrine , n'est trréforraable , si le cousenlement ' de l'Église n'intervient, n est la base fondameni.dc de nos institutions politiques 7
J*avoue que cette buse fondamentale me décon- ' < rie eulrèmemenl. 11 ne m'avait pas semblé jusijii'ici que le pape et l'Eglise, les conciles et les 'nnona , tinssent dans la Charte une place si dislinif'e, qu'ils fussent le vrai fondement, la base
< iilicUe du gouvernement représentatif. Il faut
n pourtant qu'il en soit ainsi , puisqu'on s'expose
' irc repris en police correctionnelle lorsqu'on a la hardiesse ou le malheur d'en douter. Je ne doute donc pas. Dieu m'en préserve! Seulement je ne comprends pas; ce qui est permis, à ce que je crois. Ah ! que de grâces , Monsieur , je vous rendrais si «oaa fouliei m'aider â comprendre! car il est bien dur rff ne rien entendre à nos institutions poli-
«cw et à noire droit public en relie matière. J'ai l'honneur d'tlre , etc.
LETTRE
AU RÉDACTEin IIK LA (.)UOTlDIEfiNE.
Monsieur ,
Les journaux révolutionnaires et le journal gallican de M, de Yillèle ont attaqué violemment mon dernier ouvrage, et cela me semble très-naturel : aucun d'eux n'a essayé ni n'essaiera de le réfuter , et cela me parait naturel encore. Je n'aurais donc rien i répondre et j'attendrais en repos le jugement de l'avenir, si un adversaire plus imposant, et aussi plus inattendu, n'élail venu joindre sa voix i celle de la Gazette, du Constitutionnel et du Courrier. M. l'arcbevËque de Paris, dans son mandement sur la mort à jamais déplorable de Léon XII , a cru de son devoir, sans doute , d'essayer de Bétrir les doctrines que j'ai soutenues , ou qu'on lui a dit que je soutenais: car, en voyant ce dont il m'accuse, il est difficile de se persuader qu'il ail lu le livre contre lequel s'enRamme son zèle pastoral.
Et d'abord il me reproche Vesprit de syatème, chose difficile k concevoir dans un auteur qui fait profession de s'en tenir rigoureusement , sur tous les points , au pur enseignement du saint-siége, de sorte que , loin de vouloir ériger en dogmes ses propres opinions, il n'a pas même, en théologie, d'opinions qui lui soient propres.
M. l'archevêque se plaint ensuite que nous l'accusons , sans justice , de dépasser les bornes de ce qui a été défini par l'autorité infaillible de l'Église. Je défie de montrer dans mon ouvrage un seul mot qu'on puisse appliquer à M. l'archevêque personnellement. Que s'il s'enveloppe lui-mCme dans l'universalité des gallicans : comme leur doctrine est , de leur propre aveu , opposée â celle du pape , et que l'Église ne saurait avoir à la Fois deux doctrines contraires, il faut bien nécessairement que, soit le pape, soit les gallicans, tiennent , sur le point fondamental qui fait le sujet de la discussion, une doctrine qui n'est pas celle de l'Église. Pour moi, je dis avec saint Anibroise: Ubi Petrus, ibi Kcclesia.
Vient après cela l'apologie de Louis \IV et de Bossuet, dont je me fais hardiment le détracteur. Je crois , en vérité . n'avoir été i(l détracteur ni hardi. J'ai dit , comme Fénélon et comme l'histoire , que Louis XIV avait substitué le despotisme à l'ancienne constitution monarchique ; et j'ai répété après le saint-siégc que Bossuet s'était trompé sur des questions de théologie: ainsi la hardiesse, s'il y en a, appartient aux pontifes romains. Mais voici, certes, des accusations plus graves.