SUR UNE EXPOSITION DES SENTIKENTS
tt II proclame, sans autorité comme sans mission, tt au nom du ciel, des doctrines subversives de Foru dre que Jésus-Christ a établi sur la terre en parti tageant son pouvoir souverain entre deux puis- « sauces distinctes, indépendantes l'une de Tautre, u chacune dans Tordre des choses qui lui ont été N confiées. »
Je regrette profondément que M. Tarchevèque soit , en cette occasion , si aflBÎrmatif. Voici ce que chacun peut lire dans les seuls ouvrages que j*aîe publiés sur ces matières.
u L'Église dit aux peuples : II y a deux puissan- « ces, divines toutes deux par leur origine : car
« toute puissance est de Dieu L'obéissance est
« due â chacune dans son ordre : Rendez à César te ce qui est à César ^ et à Dieu ce qui est à « Dieu (1). »
« Tout chef de femille possède, dans sa famille , tt la plénitude de l'autorité domestique, comme le « roi possède, dans son royaume, làpléniiude de «I rautorité temporelle (2). »
« La puissance spirituelle exerce ainsi , suivant « l'institution de Jésus-Christ, une double fonction : «( elle maintient l'ordre en prescrivant , au nom de « Dieu fFobéissance au pouvoir qui vient de lui ; elle « maintient k liberté , en obligeant ce même pouvoir « à régner selon la justice : elle le déclare soumis, « sous ce rapport, aux mêmes devoirs que tous les tt hommes, e/y du reste ^ libre etindépendant (3).
Je soutiens donc précisément la doctrine que M. Tarchevèque me reproche de renverser , à cela près que j*ajoute , avec l'Église, que le prince est soumis, comme les autres /tommes et en tant que prince, à la loi universelle de justice,
M. l'arche vèque rejette ce système pour deux raisons :
La première, parce qu'il le juge dangereux pour les princes et pour les peuples. Je ne conçois pas très-bien le danger pour ceux-ci. Quant aux princes, ce fut le prétexte qu'alléguèrent les auteurs de l'article proposé aux étals de 1615, et adopté enfin en 1682. Mais il est permis, je crois, de penser à ce sujet comme le cardinal de Richelieu , dont voici les paroles :
u Le clergé mesme d'une Église particulière, u comme de la France, ne pouvoit décider ce point, ic puisqu'il n'appartient qu'à l'Église de définir des «( articles de foy ; parce enfin que la décision de ce i: point estoit non-seulement inutile au bien et à la «t seurelé des roys, qui estoit cependant l'unique «( fin de la question, mais de plus leur estoit préju- «t diciabie (4). »
(I ) Delà religion eontidérée dans set rapports, etc.
(2) Ibfd.
(3; Des progrés de la révolution poUttque, etc.
La seconde, porceque cesdttctrinm n*9nipetpr elles ni rauioriié de VierUure^ ni œOedik tradition. Il est toujoun triste d'eiitendre tt», surtout par un évèque, que les doctrinei ptmuà' guées par le saint-siége , consiicrées par kt adfBi de conciles cecuméniquet, et auxquellet , co ijMS, le cardinal du Perron attribuait une perpétuité de ane siècles, n^ontpour elles mi PautorUé dePÉcrfture, ni celle de la tradition* Si celte asaertioa et M. Parchevèque était exacte, elle aurait de graics conséquences. Et c'est pourquoi nous nous eapgeons â montrer prochîdoement, par de» pmfts incontestables, qu'il n'est point, an coDtrabe,di tradition plus constante et mieux éldilîe. Reos croyons qu'alors M. l'archevêque, a*!! Teat Ihb prendre la peine de nous lire , éprouvera qod^ regret de s'être si fort Ulté de chercher à létrir h foi d'un prêtre catholique dans Teaprit des Idjîn de son diocèse. Ce prêtre , du moina , en ae. et en défendant la doctrine de l'Église et dm siège, ne s'éloignera jamais des ëgarda dus à un premier pasteur, i VAomme es V homme de son temps (5).
Je vous prie. Monsieur, de Touloir bin cette lettre dans ,1a Quotidienne, et d'agréei rance de la considération très-distinguée avee th quelle j'ai l'honneur d'être votre trèa-hiifliibk d très-obéissant serviteur ,
F. Dt La KmjLia»