‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 152 sur 226 · SUR DEUX MANDEMENTS ÉPISGOPÀUX · texte numérisé non relu

SUR DEUX MANDEMENTS ÉPISGOPÀUX

Bévue Catholique. — 15 man ISSl.

Il n'est pas aujourd'hui un seul catholique éclairé qui ne voie évidemment que le salut de la foi et la conservation du christianisme en Europe sont désormais attachés à la pleine indépendance de FÉglise; qu*étoulfee sous les fers dont les gouvernemenUFoot chargée, elle ne peut ni proclamer le dogme avec b liberté qui lui appartient de droit divin, ni maintenir la pureté et la vigueur de sa discipline sur laquelle l'autorilé civile s*arroge un pouvoir usurpé,

lA) Les principaux points de la far de l'Église eaiholt^ défendus contre l'écrit adressé au roy par tes quatre mMsirts de Charenton — ^5; Journal des Déàaie da 22 fSfrler 1838.

DES CATllOI-KJCES BELGES.

ni iléTflopper dans son propre sein, par une éducalion e^iempte ilVntravcs. la science si nécessaire pour renilre au sacerdoce, atec cet éclat qui ne pro- Tixiuc atii-une haine jalouse, son ascendant sur les esprits. Mais comment arriver à cette indépendance salutaire? comment briser des liens si arlistement tissus depuis plusieurs siècles , et resserrés chaqur jour daïonlage? En atlcndant que le sourerajn ponlifc, diiinement assisté dans le gouTernement de la société cbrétienne, juge que le temps est venu de renoncer aux systèmes (les concordats, dont le danger devient, d'année en année, plus yisilile et pIusgraTe.ct de soustraire l'Église à toute influence séculière ; en attendant , dis-je , ce moment , peut- Hrt moins éloigné qu'on ne pense. deuxdeToirs sont imposés au clergé et particulièrement aux évéqucs : séparer entièrement la religion de la politique, et réclamer sans reUchc, pour les calliuliques , la litirrlé dont prestgue jartout les lois consacrent le principe, mais que partout aussi l'ad mini si ration s'efforce de leur ravir. C'est ce qu'on a senli parfaitement en Belgique ; et de là ce ma[;niliquc mouvement de tout un peuple, se levant comme un seul homme et marchant, au nom de tout ce qu'il y a de sacré sur la terre, à la conquête de ses droits les plus précieux. Les dissentiments d'opinion , cédant i des intérêts plus pressants et plus hauts, ont disparu itans l'unitë de la grande cause nalionale. Plus de lihrraux , plus de royalistes : un seul tiut, un seul cri; l'Ioua voulons vivre et mourir libre»! Vuilù comme les peuples se sauvent. El, â la tète de celle nohie et sainte entreprise, qui voyons-nous? les vieux noms qui jadis tirent tremUler la tyrannie; tout ce qui rappelle des souvenirs glorieus et cliers au p»ys; le clergé tout entier, et le petit nombre d'évh)ues qu'un despotisme perscculeur n'a pu refuser à quslre millions de catholiques résolus à défendre leur foi jusqu'à la mort. Mais II faut les entendre eux-mËmes exposer leurs sentiments :

" Dans la crise Irès-grave oii la religion et la lilierté se trouvent dans ce royaume, il nous a paru utile de contre- balancer, autant qu'il est en nous, par une expoKition franche des senlimenls du clergé et des Trais catholiipies . les efforts tenlés pour noircir aux yeux de l'Europe enlitre les Belges qui veulent la religion cl la liberté, qui veulent leurs

■ Depuis plusieurs années , les journaux officiels et ministériels établis par le gouvernement dans nos villrs prinnijules ne cessent de les calomnier et de les représenter sous les couleurs les plus fuusses et les plus odieuses. La plupart des rédacteurs de ces jotimaux sont des réfugiés français et ausstquelques Allemands ; aucun Belge indépendant ne voudrait y prendre part. Personne n'ignore par qui et de

quels fonds ils sont soutenus. La plus éhontée de ces feuilles est dirigée par un Italien condamné deux fois aux galères en France, et marqué d'un fer rouge par le bourreau . Cet homme a une part plus spéciale aux faveurs du gouvernement et en a reçu des sommes très-considériililes.

" Mais le but qu'on se propose ne saurait être atteint si l'on se bornait à dénigrer uniquement dans le |iays le clergé. In noblesse et les citoyens les plus recommandables de toutes les classes, catholiques et libéraux; aussi plusieurs de ces journaux sont envoyés graliiitement à des lieux de réunion publique dans les pays étrangers. El, comme le hollandais n'est 1h nulle part, cl le français point imi- Tcrsellement, on a su se procurer l'appui de feuilles étrangères, soit pour parler dans un sens indiqué, soit pour ne pas publier nos réclamations, soit pour se taire entièrement. Enfin des écrivains sol soldés pour écrire avec autant de perfidie dans d'autres journaux étrangers.

u Ces faits , dont toute la Belgique connaît la vérité, ne mériteraient-ils point de fixer un instant l'intérêt des étrangers mêmes sur ce que nous allons réponilre à tant de calomnies?

•I Nous reconnaissons que de bons évéques ont été obtenus pour une partie des sièges désignés, que l'uuverlure des séminaires a enfin été [lermise. ' que de bons catholiques ont enlin élé nommés à la dlreclion des affaires du culte catholique, que la suppression du collège philosophique est promise pour la fin de l'année académique ; mais ces actes mfmes ont été accompagnés et suivis de circonstances qui prouvent clairement que les wnliments et les desseins du gouvernement à l'égard de la religion catholique ne sont nullement changés, et qu'il persiste avec la même opiniâtreté dans la résolution de ruiner entièrement la liberté , ^uj e^^ tferenue ici tndigpensabln à la religion. Voilà la généalogie des deux projets de loi sur l'instruction et sur la presse, suffisant s eux seuls pour détruire la religion et la liberté chez tout peuple qui aurait assez peu de foi et asseï de Idchelé pour ne pas aïoir en soi le remède à ces maux, Voili^ la généalogie des deux inquisilionsdu gouvernement , l'une occulte , l'autre publique , et de tout ce qui se passe d'inouï depuis quelque temps.

a En réclamant, atec toute l'énergie de nosilmcs, contre les griefo énoncés dans les pétitions que nous avons signées, et notamment en réclamanl la liberté de la presse et la liberté pleine et entière de l'instruction sans aucune reslriction quelconque, nous avons élé conduits par le plus vif attachement it la foi de nos pères, par une profonde aversion de l'anarchie anssi bien que do despotisme, par un amour égal de l'onlrc et de la liberté.

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