SUR UNE EXPOSITION DES SENTIMENTS DES CATHOLIQUES BELGES
sans cela ; car , du reste , de quoi la religion pourrait-elle se plaindre? qu*a-t-elle à redouter? ({u'at-elle à réclamer , « lorsque notre église cathédrale «( ressent aujourd'hui les effets de cette bienfaisance t( royale , et qu'elle va voir le maitre-hôtel rétabli <( avec une magnificence digne du premier temple u du diocèse (1)? n La béatitude épiscopale de monseigneur Le Groing serait donc complète sans les opinions antiroyalistes. Toutefois il ne veut pas qu*on s'inquiète beaucoup ; et la preuve qu'on a tort de craindre une révolution , c'est qu'il y a déjà eu une révolution , que la Providence y a mis fin^ et que dès-lors il est impossible qu'on en revoie jamais une autre, h Pour riez-vous , s'écrie-t-il , ou- •c blier les merveilles qu'elle fit éclater quand elle «( mit fin , dans le dernier siècle , à l'horrible persé- « cution qui avait fait proscrire tout le clergé cau tholique, et périr sur Téchafaud le roi, tout ce u qu'il y avait de grands, de riches et surtout <( d'hommes religieux (S) ? »
Eh ! bon Dieu , Monseigneur , que dites-vous donc là? Nous connaissions bien les horreurs de l'épouvantable persécution dont vous parlez : mais qu'elle ait fait périr s^ur Vécliafaud tous les hommes religieux et vertueux; en vérité , avant votre mandement , nous ne Pavions jamais ouT dire. Permettez-nous au moins de faire une exception , sans quoi il y aurait trop à plaindre le diocèse de Saint- Brieuc, qui assurément lest assez déjà.
Monseigneur Le Groing n'a ])as des raisons moins fortes pour tranquilliser ses diocésains sur le sort futur de la religion (:alhoii<|ue en France. D'abord, toute alarme à ce sujet C6t tiaiblcmcnt un piège du de mon (3) ; car qui peut, si ce n'est le démon .s'iiiquiéler des attaques renouvelées clia<iue jour avec plus d'astuce et de fureur contre le royaume de Jksus-Chiust? Et puis, ajoute lrès-ju<licieusement le prélat, que pouvez-vous craindre? vous n'avez qu'à conserver la foi , vous ne la i)erdrcz jamais. Chrétiens i)usillanimes, rassurez-vous donc. Souvenez-vous du prophète Èlie , du Dieu de Clovis et du Dieu de saint Louis; et ne douiez pas un seul moment que , «i si vous persévérez dans l'altache- « ment à la foi que vous avez montré constamment « dans le temps de la persécution, et qui s'est réu veillé plus que jamais pendant le dernier jubile,
(nP.4. -[2 P.O.
(c aucune puissance ne parviendra à tous 6ter le u précieux trésor de votre religion (4). »
Plein de sécurité sur tout le reste , Punique souci de monseigneur Le Groing de La Romagère , c'est qu'on se départe du premier article de la Déclaration de 168â. Nous ferons grâce à nos lecteurs de toutes les pauvretés qu'il entasse , à ce sujet , dans dix grandes pages de son mandement. Cela est trop audessous de toute réfutation. 11 n'a pas même lapr^ niière idée de Pimportante question qu'il discute avec une si rare ignorance , et qu*il décide , le croirait-on? par l'autorité <le PÉglise romaine , qu'il a l'audace de rendre complice de ses dangereuses erreurs, Romalocuta est, causa finila est, dit-il; et nous le disons avec lui , mais dans un autre seos, et appuyé sur une suite non interrompue d'actes et de constitutions du siège apostolique , qui depuis cent cinquante ans , ne cesse de réprouver , casser, annuler la Déclaration tout entière de 1682.
Et veut-on voir la consé<iuence que monseigneur Le Groing tire lui-même de la doctrine qu'il soutient si savamment : a Fidèles à Dieu , dit-il , ainsi que (( vous le fûtes toujours, vous continuer iezd'obdr, u dans l'ordre civil, à celui qui tiendrait du ciel la t( puissance souveraine, quelque déréglées que fiu- H sent ses mœurs , quelle que fût sa croyance relit( gieuse , quels que pussent être les abus apparents (c ou réels de son gouvernement , quelque impies u enfin et tyranniques que fussent les lois qu'il diète terait pour vous pervertir...» Se peu t-ii qu'il y lit dans le monde , je ne dis pas un chrétien, mais un homme croyant en Dieu , dont l'àme ne se soulève pas d'indignation en entendant de semblables paroles!
yi ces causes, conclut le prélat, nous permettons i'usago des œufs. Mais de quel droit, s'il vous plall? Est-ce que les œufs ne sont pas un(? chose temporelle et civile ?
iNous aurions cru peut-être devoir nous étendre un j>eu davantage sur cette dernière partie du mandemeni de monseigneur Le Groing, si nous n'avions, dirons-nous, la triste ou consolante certitude que dans son diocèse , un des plus catholiques de France, tout le monde sait (]uc les soins dont aurait besoin la tète de ce vieillard ne sont nullement du ressort de la théologie : et c'est là , nous aimons à le reconnaître , ce qui le rend excusable.
(3, r.7. — C4j Jbld.
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