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r(»re, s*il se peut, plus pressante sous un autre rap- |K>rt; et ici c'est à vous surtout que nous nous adressons , évéques de France, à vous qui êtes tout ù la fois et nos chefs et nos pères , à vous sur qui reposent nos espérances , et près de qui , en ces jours mauvais , nous sentons plus vivement le besoin de nous presser avec amour. Qui aurez-vous pour successeurs? A mesure que la mort vous moissonnera, à qui vos troupeaux seront-ils confiés? £st-il une âme chrétienne qui ne frissonne à la seule pensée que les évéques pourront être choisis par les abatteurs de croix, par les persécuteurs de renseignement ecclésiastique, par les usurpateurs de vos droits, par ceux enfin que les catholiques considèrent, avec trop de raison, comme les ennemis de leur foi? La ruine de cette foi , la mort du catholicisme parmi nous, ne serait-elle pas la conséquence certaine, inévitable, d*un état de choses qui rendrait le gouvernement maître des nominations épiscopales? Comptez après combien de temps il ne resterait plus en France qu*une Église entièrement asservie, un simulacre de ministère pastoral , un vil mannequin de sacerdoce aveugle, sourd, sans autre mouvement que celui qu'en se jouant lui imprimeraient les derniers commis de Tadminislration. Voila ce qui nous menace, voilà l'avenir qui est devant nous. Mais cet avenir peut être détourné. Pour qu'il se réalisât , il faudrait que nous souffrissions qu'on violât contre nous la Loi fondamentale, qui nous garantit, avec la liberté de conscience , tout ce qu'impliijuo celte liberté, tout ce ijui en est inséparable, et par consé(iiieiit la libre élection de nos premiers pasteurs. Le pouvoir n'a aucun droit de nous imposer ses eboix : le tenter serait un acte d'arbitraire et de despotisme , un acte oi)i)osé à ses serments. On ne «loit donc sup]>oser de sa part rien de semblable, et eu tout cas il rencontrerait , nous n'en doutons point, une invincible résistance dans tous les catholiques dijjnes de ce nom. ÉvOqucs de France, ne l'oubliez pas , si la Charte , comme nous devons le croire, est une vérité y elle a brisé les liens qui attachaient rÉglise à l'État, elle vous a rendu votre indéj)endance, et dès-lors c'est à vous de pourvoir, sans obstacle et sans contrôle, à la perpétuité de l'épiscopat dans notre patrie. Kt c'est pourquoi nous vous conjurons de recourir de concert, et sans perdre \\x\ moment, au pontife qui gouverne, comme parle Uossuet. la (ii.scipiine, afin (ju'il donne à notre É^jlise la forme qu'il jugera la plus appropriée à ses besoins, et détermine le mode d'après lequel il sera pourvu aux sict;es >acauts. Toutes les questions particulières >ienne!il se résoudre dans cette grande (pieslion. C'est à vous, i\ vous seuls (ju'il ap- |)artieut de s'en saisir, |)our assurer la conservation (lu sacré dépôt qui vous est confié. Les destinées
de la foi, le salul ou la perte des génératioDi futures , sont entre tos malus : décidez.
PROFESSIO!! DE FOI DE L*ÉCUSE CATDOLIOUE FBANÇJUSE, PRÉCÉDÉE DE l' ESPRIT DE l'ÉGLISE ROMAINE y OV DE l'ÉDL'CAT10.*1 A?iTlKATIO!<iALE DES SÉMINAIRES.
19 avril 1S3I.
La plupart des religions de raulîquitc n*élaifnt que des sectes plus ou moins corrompues de la religion primitive, dont l'origine remonte jusqu'au ber ceau du genre humain , et qui, conservée sous sa forme pure chez les patriarches et chez le peuple juif, reçut son accomplissement en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Depuis cette époque , il d> cesié de naître de nouvelles sectes au sein de FEglise chrétienne , parce qu'elles ont une cause ici-bas indestructible , un germe toiy ours vivant daus la nature dégradée de l'homme, dans ses passions , daos son orgueil, dans sa curiosité insatiable combinée avec rattachement à son propre sens ; et quelques* unes, favorisées par certaines dispositions générales des esprits et par des circonstances extérieures , ont eu , comme le mahométisme , une immense influence sur les destinées sociales.
On ne doit pas confondre avec ces puissances irréjjulières et perturl>atrices du inonde intellectuel , nécessaires en un sens pour y entretenir la vie par le mouvement, et pour y provoquer le développement de la vérité par le combat , ces innombrables défections, en quelque sorte individuelles, qui ne correspondent à aucune idée, n'ont |X>ur principes aucunes convictions , plates révoltes de la bêtise, de l'amour-propre ou de l'inlértl, qui sont aux premières ce que le brigandage tics grands chemins est à la guerre proprement dite.
Un boiniue est blessé personnellement : il s'irrite, soit contre la règle, soit contre celui qui applique la règle; alors il injurie, se mutine, se sépare : tel est le schisme de M. Chàtel. Il n'a pas fallu, certes , beaucoup de frais d'esprit et d'imagination pour enrichir le répertoire des extravagances humaines de celte ridicule et scandaleuse parade.
Par la profession de foi que nous annonçons, il est fait à savoir au monde qu'il existe une Église catholique française, c'est-à-dire t//7c Église universelle gui n\'st pas universelle. Celle Ejjlisese compose île M. (Chàtel, son fondateur : à ce niuii se borne jusqu'à présent son unirersali/é ceriaiuC'
DANS LE JOURNAL L'AVENIR
ment connue. On parle cependant île quelques aumôniers de régiment qui se seraient , dil-on , joints à M. Châlel , et d*un nommé Foulard , ancien éréque constitutionnel , qui se prêterait à recevoir d'eux le titre de patriarche. Voilà pour le personnel.
Quant à la doctrine et à la hiérarchie , VÉglise catholique française n'est, à très-peu de chose près, que le pur anglicanisme. Puisque M. Châtel se sentait du goAt pour cette variété du protestantisme , il a bien fait de chercher à la propager sur le continent, car elle est morte, et morte à jamais, sur son sol natal.
A l'époque où naquit l'Église anglicane, on n'aurait pas encore osé établir dogmatiquement le principe fondamental de toute erreur et de toute hérésie. Quoique supposé partout, il ne se trouve nulle part, en termes explicites, dans les trente-neuf articles. Venu trois siècles plus tard , le fondateur de V Église catholique française est plus hardi. 11 déclare donc :
« 1« Que la raison de chacun doit être la règle « fondamentale de ses croyances ;
« i» Qu'on doit suivre sa propre conviction , lors « même qu'elle se trouve en opposition avec les u croyances générales ; si on se trompe en agissant « de la sorte , la faute n'est que matérielle, »
II y a encore ici et la , dans certaines écoles catholiques, quelques théologiens que ces deux propositions n'eifraieront guère; et n'était la conséquence, fort juste pourtant , qu'en tire M. Châtel, ils ne verraient pas tant à dire au symbole de la Douvelle Église gallicane. Cette conséquence , au reste , la voici :
« Les opinions des hommes étant toujours variait bles et incertaines , nous croyons qu'aucune so- « ciété sur la terre n'a le droit d'imposer ses doc- « trines comme infaillibles , et que c'est insulter « à Dieu que de prétendre à l'infaillibilité, apanage « distinctif de celui-là seul qui était hier , qui sera « demain et au delà des siècles. ( Hebr. xiii , 8. )
« Nous estimons donc que le même orgueil , qui « porta les mauvais anges à s'assimiler au Très- « Haut, a pu seul inspirer dans l'Église romaine la « croyance impie de l'infaillibilité du pape, ou même « des évêques rassemblés en concile général. »
D'où il suit qu'à moins d'être impie, on doit tenir que le christianisme tout entier est une doctrine rariable et incertaine; car, si elle n'était pas incertaine , il faudrait bien que sa vérité fût infailliblement connue. Toute foi quelconque est donc impossible dans V Église catholique française. Elle a cependant une règle de foi, ce qui serait merveille
(IJ ■ Dieu, quand 11 créa rhamme, lui Ot une compagne, disant « qa*ir n'Hait pas bon que r homme fui tetti; ailleurs, il dit â Adam