‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 182 sur 226 · TOME IT · texte numérisé non relu

TOME IT

coreligionnaires de penser comme vous , et alors ils auront comme vous le droit de réclamer leur liberté.

Cette question n'avait donc pas été remuée arbitrairement ; il fallait se taire ou la traiter. De plus , à qui proposait-on de refuser le budget ? Était-ce au gouvernement? Non; les défenseurs de la liberté de l'Église disaient au gouvernement : Le budget est sacré, c'est une dette, le résultat d'un traité; vous seriez parjure en le supprimant. La proposition ne s*adressait qu'au clergé , maître de renoncer à une indemnité devenue oppressive , maître aussi de la conserver ; et, loin que ses droits fussent compromis par cette discussion publique, elle était le plus sûr moyen de les affermir. Jamais le budget ecclésiastique n'a été mieux garanti contre les tentatives du gouvernement que depuis cette époque. Ni les journaux, ni les orateurs ministériels, n'ont plus essayé de faire peur au clergé en lui parlant de supprimer son salaire ; et il règne en France une persuasion si intime que la chute du budget ecclésiastique serait la fin de la domination du pouvoir sur les choses spirituelles , que , si le clergé venait à le refuser en effet , le gouvernement essaierait , par tous les moyens possibles , d'ébranler sa résolution ; et cette position est aujourd'hui la plus forte barrière de l'Église contre les entreprises du pouvoir. Outre cet avantage immense et présent, acquis à la religion par la controverse sur le budget , il en est un autre qui regarde l'avenir. Tôt ou tard , l'état déplorable des finances en Europe , la complication toujours croissante des dépenses nécessaires pour maintenir l'ordre dans cette société si mal constituée, parce qu'elle n'est pas constituée chrétiennement, forceront les gouvernements, et particulièrement le gouvernement français , de supprimer la partie du budget la moins nécessaire matériellement et la plus réprouvée de l'opinion publique. Ils feront avec regret ce sacrifice, mais ils le feront, et l'Église se trouvera, par la force des choses , affranchie du salaire. Alors on se souviendra qu'elle avait elle-même désiré cet affranchissement ; elle pourra porter avec honneur sa pauvreté : et, de plus, il se trouvera établi dans l'opinion que par la même elle est pleinement dégagée de tous les liens qui l'assujettissaient à l'État.

S VI. Si le schisme peut être réalisé en France.

Tant qu'il y a eu en France des rois puissants et un clergé imbu des maximes gallicanes , le schisme a été possible ; c'était la position de l'Angleterre quand elle s'est séparée de l'unité catholique. Aujourd'hui la France n'a plus de rois puissants, et rimmense majorité du clergé tient à l'Église romaine

AFFAIRES DE BOIE

pv une coiiTielioD d*tt|Mit inébranlable et par nn amour aans boniei*(Le8 condifiont du sèbûme n'existent donc paii Si le gouTemement songeait i opérer un scbisme pour se Tenger de la séparation de rÉglise, Toid queUe serait sa position : il aurait à détruire la liberté des cultes, à fermer les édifices catholiques dans toute retendue de la France, i persécuter trente mille prêtres, qui n'auraient rien à perdre , et devenus populaires de deux feçons ^ par la persécution même et par la séparation de l'église et de l'État. Il aurait, en outre, i créer une religion pour la mettre à la place de Pancienne , c*est4-dire qu'un gou?emeni(nt qui n'a point de puissance réelle taiterait ce que la République n'a pu acconiplir avec une puissance morak et militaire immense , avec les dépouilles de la noblesse et du dergé , et dans le trouble qu'apporte aux esiNîts une première rérolution.

Quand les choses seraient préparées polir un sddsme en France, il suffirait que le goufemement tentât de Popérer pour le rendre impossible, parce que cette tynnnie exercée sur les consciences ré?olteraît toutes les opinions et tous les partis sans distinction ; cette oraire admipistratire apparaîtrait à tous comme une tentatire risible et comme une odieuse oppression. Toutefois, ce qui est impossible ai^ourd'hui pourrait, plus tard, cesser de rètre,par les changements progressife que rinlluence du gouremement sur le clergé apporterait dans les sentiments qui l'animent et dans les doctrines dont il est pénétré. C'est ce que safent ceux qui trairaillent à la ruine du catholicisme. Ils espèrent avec le temps, avec l'argent du budget, avec de mauvais évèques, corrompre peu à peu l'esprit actuel du clergé de France. La religion et le saint-siége n'ont pas d'autres dangers à craindre.

S VII. Du journal V Avenir et de V Agence générale pour la dé fente de la liberté religieuse.

Il ne suffisait pas d'avoir adopté un syslème pour la défense de la religion contre les conséquences naturelles de la révolution de 1830, il fallait le mettre à exécution et se servir des seuls moyens d'agir qui fussent en rapport avec l'état de la société en France. Un journal quotidien et une association furent créés à peu d'intervalle , vers la fin de l'année 1830. On donna au journal le nom de V Avenir. C'était la première feuille quotidenne fon- ^dée en Europe dans les intérêts du catholicisme. Les statuts de l'association furent publiés sous le litre d!' Agence générale pour la défense de la liberté religieuse. Nous exposerons brièvement, mais avec fidélité, ce qui fut fait par ces deux moyens (l'action.

i^ir,

Le proqwetns de ee Joamal anit élé Usai « publie dans les preniara Jours dn mia da a^^ tembre 1850. Il commença à parallra k 16mIér auifant. Les rédadeora étalent m. Fabbé f .* La Mennaia , Faiibé n. Gerbet, lUbé BafaMhv, Fabbé H. Ucordaire, Cai.de Govz,4d*Barlils^ h comte Ch. de Montalembçrt, llagiiem, cl #Aaft- Duménfl. Ib déTdoMièrent auoeeaslTaManl fcs daa trinea dont Peipositioa nrrnmpaym en et, appuyés de Itautoiité qn'ellea lavr rapidenient sur les espiita, ila déHendirak, Jour et sans rdâche, b rçllgioQ contra la hostHes du ffoufemenaDt, coatrc^ccns éea rites particnlièrea , et contre tOBtca IccnltaiÉ passions indifidudiea. Chaqiia.fpia terent Tioléea, les croix abattsea, k» dbolla * l'Eglise outragés, qnd que AU Itecar de IM#tat, ib ékrèrent bar ToU. IbFdèfeBt intçplfcii pour ae défendre em-nèBiea, et cTeat poÔEiMll doit leur être permbde rappebr c Un moba'élail à peine éeoidé dt^oh bpmdèn

Ammhr^lanip/tlt

d^ conpabb d'une i ^ ,

l'Elbe, cca nommer M. Fabbé G. m aMgc dr* VJvemiTf ^nt jrtrt un f ri d'ahrmf rt rinaiÉl aw f érêques de France Ica pina doulomwaaB an|pM cations, fût saisie b poste denxjmm. da aaksJ MM. Fabbé de La Mennab et Fabbé I^aeordaik; auteurs des articles incriminés, furent traduibd^ vaut la cour d'assises, arec le rédacteur gérant da journal ; ils j parurent le 31 janvier 1831. Daas l'intervalle de la saisie au jugement , une fbub de catholiques donnèrent aux accusés, ou plutAt i b cause qu'ils défendaient , des témoignages de sympathie qui en imposèrent au pouvoir, parce qu'ils révélèrent l'union et la force des catholiques. Uoe souscription ouverte au bureau du journal pour les frais du procès produisit plus de "vingt mille francs, quoique la grande majorité des donateurs n'eût souscrit que pour cinq centimes, ou pour une somme très-modique. Des paroisses tout entières , le curé à leur tète , envoyèrent leurs dons. Des évèques de France donnèrent aussi aux rédacteurs de V Avenir cette marque d'encouragement. Celui de Pamiers seul souscrivit pour trob cati francs, et il consacra trois cents francs à des aumônes, dans le but, disait-il, d'attirer la bénédiction de Dieu sur la cause que les accusés défèndaleoL Chacun était surpris de voir b religion relerer h tète , quatre mois après une révolution qui ravait menacée d'une ruine entière.

Nous ne pouvons passer sous silence le jour oô se jugea le procès, parce que jamab FÉglise romsiae

ilFFAIRES DE ROME.

n'obtint en France un triomphe si grand. Ses doctrines y furent soutenues pendant une journée entière, aux applaudissements d'un auditoire encombré de jeunes gens du barreau et de toutes les classes de la société. On entendit, dans le palais même des parlements , d'où étaient sortis tant de décrets contre le saint-siége et la liberté de l'Église, une accusation solennelle contre les articles de 1 68â. Et l'acquittement des prévenus par le jury, prononcé au milieu d'acclamations unanimes, termina cette journée qui consommai la ruine des maximes gallicanes en France , et présagea une nouvelle alliance entre le peuple et la religion.

Tout ce que les accusés entendaient dire autour d'eux, dans les intervalles de l'audience, mériterait d'être rapporté ; il n'y avait qu'un doute qui semblait arrêter les esprits, et qui témoignait de l'ascendant exercé sur eux : Est-il bien vrai que ce soit là la religion catholique ? Tel était déjà le fruit opéré par V Avenir au bout de trois mois et demi d'existence.

Cette première victoire sur le gouvernement donna de la joie et de la force aux catholiques. V Avenir continua de marcher avec plus d'indépendance que Jamais dans la route qu'il s'était tracée , et il obtint bientôt une nouvelle preuve de l'élan qu'il avait imprimé pour la défense de la foi, lorsqu'ayant annoncé, au commencement de mai 1831, la difficulté de sa situation financière, il reçut soixante-dix mille frmen de secours, tant de la France que de la Belgique ; car son action s'étendait jusque sur les pays étrangers, et, peu de temps après, il envoya quatre- TÎngt mille francs aux Irlandais, moissonnés par la famine. C'était le produit d'une souscription ouverte dans ses bureaux. Les évèques de l'Irlande occidentale, réunis en synode, délibérèrent de témoigner leur reconnaissance aux rédacteurs , et , dans leur lettre de remerclment, ils appelèrent V Avenir unjournai véritablement chrétien. Il faisait du moins tous ses efforts pour servir la cause chrétienne, et il est Trai de dire qu'il ramena plusieurs personnes à la foi. Un grand vicaire d'A... écrivait que deux habitants de cette ville, l'un athée, l'autre libéral anticatholique, venaient d'être convertis par la lecture de r.^t7en2>. A L..., un médecin distingué, homme jouissant de la plus haute influence sur la partie littérale de la population, avait passé de Tincrédulité à un dévouement si profond pour la cause du catholicisme , qu'il eut la pensée de se rendre à Rome , pour soumettre au saint-père les vues que son zèle lui inspirait.

Eu Suisse, à L , un membre du gouvernement déclara qu'il abandonnerait le protestantisme, dès qu'il lui serait avéré que les doctrines professées par l'^renfr étaient conformes à celles de l'É-

glise catholique ; et , en général , elles produisaient un effet remarquable sur les pays protestants qui bordent le lac de Genève. En Alsace , un paysan , perverti par la lecture des philosophes du dernier siècle, revenu à la foi après avoir lu un certain nombre de numéros de VAvenir^ aussitôt se met à parcourir à pied la contrée qu'il habitait, pour chercher des souscripteurs à Y Agence , et des signataires aux pétitions pour la liberté d'enseignement. Un grand nombre de jeunes gens de l'École de médecine de Paris et des Ecoles de droit de Paris et de Toulouse publièrent hautement leur adhésion aux doctrines de V Avenir et s'associèrent à ses efforts ; et , lorsque ce journal fut suspendu , ils s'empressèrent encore d'exprimer leurs vifs regrets, ainsi que l'espoir que cette suspension serait de peu de durée. Plusieurs même des étudiants de Paris s'adressèrent aux rédacteurs, pour les prier de leur faire des cours sur différentes branches des sciences religieuses et politiques, proposition qui fut accueillie et qui est aujourd'hui en pleine exécution. Une grande influence catholique fut aussi exercée dans différentes parties de l'Allemagne. Les principaux articles de V Avenir y étaient traduits et publiés par plusieurs journaux ; ils contribuaient à y raffermir l'autorité du sainl-siége , ébranlée par de funestes tentatives de schisme.

Ce n'est pas le seul service qu'il put rendre à ces malheureuses Églises; il leur offrit, de plus, le moyen de publier leurs réclamations contre les mesures oppressives des gouvernements, réclamations étouffées sur les lieux par la censure protestante. Des liens semblables se formèrent avec les catholiques d'Irlande et d'Angleterre, et une union plus éfroile encore s'établit avec la Belgique, où tous les articles de V Avenir étaient réimprimés chaque semaiqe et distribués à plus de cinq mille souscripteursf. Ses paroles trouvèrent de l'écho jusque dans le Nouveau-Monde, d'où lui parvinrent de nombreuses marques d'adhésion , depuis la Nouvelle- Orléans jusqu'à Boston. De toutes parts, enfin , on recevait la preuve que les principes professés par V Avenir répondaient aux besoins et aux idées de populations nombreuses, au milieu desquelles le catholicisme apparaissait de nouveau avec un caractère de grandeur et de force , et je ne sais quoi de généreux qui dissipait les préjugés répandus contre lui par l'impiété de Tautre siècle.

agence générale pour la dé fente de la liberté

religieuse.

V Avenir défendait la religion par la parole : ses rédacteurs voulurent la défendre par une action plus positive encore ; ils pubhèrent, le 18 décembre 1830,

AFFAIRES DE ROME

les statuts d'une association. Voici les principaux objets dont elle devait s'occuper :

1. Le redressement de tout acte contre la liberté du ministère ecclésiastique , par des poursuites de- Tant les Chambres et devant tous les tribunaux, depuis le conseil d'État jusqu'à la justice de paix. Dans les procès les plus importants , des publications de mémoires judiciaires , plaidoyers , devaient être faites aux frais de l'Agence générale, et répandues par toute la France.

3. Le soutien de tout établissement d'instruction primaire, secondaire et supérieure, contre tous les actes arbitraires attentatoires à la liberté d'enseignement, sans laquelle il n'y a plus ni Charte, ni religion.

5. Le maintien du droit qui appartient à tous les Français de s'unir pour prier, pour étudier, ou pour obtenir toute autre fin légitime également avantageuse à la religion , aux pauvres et a la civilisation.

4. L'Agence générale était destinée à servir de lien commun à toutes les associations locales déjà établies en France , ou qui s'y établiraient dans le but de former une assurance mutuelle contre toutes les tyrannies hostiles à la liberté religieuse.

Extrait du prospectus de t'Jgence générale,

L'Agence générale était composée d'un conseil de neuf personnes, dont M. l'abbé F. de La Mennais était le président , et de donateurs associés. La do-< nation était de 10 francs par année. Les fonds de l'Agence se sont élevés, pour l'an 1831, à la somme de 3 1,515 francs. Dès que rAgencc fut établie , elle présenta des pétitions aux chambres pour rcclamor la liberté d'enseignement stipulée dans la Charte de 1830. Elle engagea les catholiques t Timiter, et près de trois cents pétitions furent adressées successivement à la Chaml>re des Députés et couvertes de plus de quinze mille signatures; et, comme la liberté d'enseignement n'était pas seulement promise, mais établie , TAgence générale résolut d'en user. Elle annonça , le 29 avril 1831 , qu'elle ouvrirait une école, sans l'autorisation de rUniversilé. Trois de ses membres, MM. de Coux, l'abbé Lacordaire et le comte de Montalembert , se chargèrent des fonctions de maître d'école. Vingt pauvres enfants, recueillis par eux , recevaient de leur bouche les premiers éléments d'instruction religieuse et littéraire, lorsque les agents du puuvoir vinrent expulser de force les maîtres et les écoliers. Les maîtres furent traduits devant le tribunal de |)oIice correctionnelle, qui les renvoya devant la cour d'assises. Tendant ces débats sur la juridiclion criminelle qui devait connaître du j)rétendu délit, M. de Montalend)ert fut appelé à la pairie par la niort de son père, et il réclama la juridiclion de Li

Chambre où il venait d'entrer. Ce fut donc à la barre de la plus haute cour du royaume que les trois maîtres de l'école libre rendirent témoignage à leur foi. Ils furent condamnés ; mais le langage catholique avait été parlé devant le premier corps de l'État , et la cause de la liberté d'enseignement gagnée dans l'opinion publique.

Pendant le cours de ce procès, l'Agence générale encouragea la fondation de plusieurs écoles libres dans les provinces, et vint à l'aide de quelques instituteurs victimes du monopole universitaire. Des persécutions d'un autre genre avaient également attiré sa sollicitude et donné lieu à d'autres procès. Le commandaut d'une division militaire ayant voulu interdire aux capucins d'Aix de paraître en public avec leur costume, l'Agence s'empressa de le poursuivre, à ses frais et au nom des vénérables Pères, devant le conseil d'État. Elle ne s'est désistée de cette poursuite qu'après que le lieutenant général eut été transféré au commandement d'une autre division militaire, et sur la prière des Pères eux-mêmes, rétablis dans la jouissance de leurs droits.

Plus tard , et lorsque V Avenir était déjà sur le point d'être suspendu , les trappistes de l'abbaye de Melleraye , en Bretagne , fournirent à l'Agence une nouvelle occasion de défendre la liberté des congrégations religieuses. I^ â8 septembre 1831, six cents hommes à pied et à cheval avaient entouré i'abbaye, et le sous-préfet de l'arrondissement était venu signifier au père abbé que la communauté était dissoute , et qu'il apportait à tous ses membres des passe-ports pour se retirer. Sur les réclamatloos courageuses du père abbé, un délai lui avait été accordé pour écrire au ministère ; mais, sept jours après . seize gendarmes à cheval , et le sabre nu , s'étaient précipités au galop dans la cour de l'abbaye , et avaient chassé la plus grande partie des religieux français. Le reste des habitants, parmi lesquels se trouvaient soixante-dix religieux anglab, fut garde à vue par des soldats. Kous taisons d'autres détails horribles : l'emprisonnement du père abbé, l'expulsion de soixante-trois religieux anglaii», leur embarquement forcé sur la frégate V/Iébé, et mille traitements pleins d'indignité. Avant mèoie qu'ils fussent tous connus, l'Agence écrivit au père abbé et lui proposa de se charger de sa défense. Le véntrable religieux, qui s'est conduit jusqu'à la fin avec un courage et un sang-froid dignes d'admiration , accepta avec empressement les offres de l'Agence. Trois actions judiciaires flirent aussilùl dirigées contre les auteurs de cet attentat : Tiine criniintlle, les deux autres civiles. Le procès occupe en ce moment même l'attention de la France; et il a déjà eu pour effet la rentrée du père abbé et à\m€

AFFilllEb DE ROME.

partie de ses religicui dam l'abbaye, qù lout a rc- |iris Tordre accoulumé.

Sous d'autres rapports, l'Agence générale rendit cDcorcquelque» services nia cause catholique. Ainsi, lorsque M. l'abbé G , nommé par le gouvernement & l'érecbédcB , cul contribué au scandale

qui environna la sépulture de M. l'abbé Grégoire, l'Agence seconda de toutes ses forces l'énergique résistance du diocèse de tt , et clic doit d'autant plus revendiquer la part qu'elle y a prise que le souverain poniife, répondant â l'espérance filiale de l'Église de France, l'a préserfée d'un des plus grands mnlhcurs dont elle fDt menacée.

Nuuspassonssoussilenced'autres faits, qui pourtant ne sont pas sans importance , tels que la fonilalion, dans plusieurs grandes villes, et de journaux et d'associations catholiques se proposant le même but que l'Agence générale, et en relation avec tlle. Le journal Vl'nion publié à Nantes, le Correspondant de Slraabourg écrit en allemand, le Courrier Lonain et VAssociulion Lyonnaisf , devraient surtout être mentionnés avec quelques détails, si l'on ne craignait d'enlever au souverain pontife des momenlssi précieux â la chrétienté. Les catholiques qui a'êlaienl associés pour la défense des droits de leur» frères, croient avoir fait de leur part tout ce qu'ils avaient promis et tout ce qu'ils ont pu. Simples instruments des opprimés , Us étaient d la dispoailiou de tous ceux qui avaient besoin de justice; et , s'ils n'ont pas fait davantage, c'est que plusieurs ont cru dangereux ou inutile de résister à la persécution , et ont sacrifié volontairement leurs droits.

Tel est le récit abrégé des actes de VAeenir et de \' Agence générale pour la défense de la liberlé religieuse. Les princi|)aux articles de V Avenir ont été réunies sous le titre de Mélanges cal/tolrques ; le procès de V Avenir et celui ite l'école libre ont été également publiés dans des brochures séparées. Ces divers ouvrages sont déposés aux pieds du père commun, afin que Sa Saioleté pu iise connaître par ellc-m('nie et juger ce qui a été fait.

Hfeii.i

il roncoDtréc let ri^daciciiri de

Il semble que tant de travaux entrepris avec bonne foi ]iour la cause de l'Église, dans un temps difficile oii les plus courageux se taisaient, auraient da ne pas trouver d'ennemis ; loulefois. pendant qu'une portion nombreuse du clergé et des fidèles les rrgardaieiil comme une voie de salut ouverte à la rrligtun , d'autres les poursuivaient comme cou- |i.iblrsi Les noms de révolu liounaires, d'hérétiques, de scl^sRialiqucs , furent prudigués aui rédacteurs

de V Avenir. Plus leur dévouement se manifestait par leurs œuvres, plus l'opposition prenait à leur égard un caractère injurieux. La lecture de leur journal fut défendue dans plusieurs diocèses; on éloigna des Ordres les jeunes gens qui paraissaient pencher pour leurs doctrines ; l'entrée du séminaire fut même interdite à quelques-uns. Sur le seul soupçon qu'ils partageaient plus ou moins les doctrines de VAreftir, des professeurs furent privés de leur chaire , et des curés destitués.' Eu un mot , une inexorable et vaste persécution fut ourdie contre les œuvres dont le tableau vient d'être mis sous les feux du chef de l'Église, et contre ceux qui étaient susjiecls de s'y inléresserr^lu sieurs journaux, et particulièrement l'un d'eul, intitulé VAmi (/e/nAe/t]?(on,s'allaebaient à dénaturer les pensées, les phrases et jusqu'aux intentions des rédacteurs de V Avenir ; et, plus d'une fois même, ils ne craignirent pas d'altérer leurs paroles, pour donner plus d'apparence aux accusations que chaque jour ils imaginaient contre eux. On alla jusqu'à noircir leur vie privée. Enfin , dans un livre imprimé à Avignon avec la permission du maître du sacré palais , ils ont été traités comme des novateurs â la façon de Luther ; el l'auteur y déclare qu'il ne faut pas interpréter leurs (wnsées d'après leurs paroles, parce qu'elles manquent de sincérité.

Cependant, et ceci est digne de remarque, tandis que chaque jour les rédacteurs de V Avenir d>:veloppaient leurs pensées, tandis que chaque jour leurs ennemis accusaient leurs doctrines et leurs inleniions, pas une seule proposition ne fut notée par un évéque.llsemblait, d'une pari, que l'Église fût menacée , et, d'une autre pari , nulle voix ne signalait aucun danger précis.

Tour expliquer cette étrange situation , il faut remonter aux causes de l'opposition rencontrée par les rédacteurs de V AvenirijX y en avait deux principales : l'une politique, l'aulre théulogique. Les partisans de la branche des Courbons tombée du Irdne , en voyant paraître un journal qui défendait la religion , sans défendre rancTenoc dynastie , qui même s'expliquait avec franchise sur les fautes de la Iteslauration , se persuadèrent qu'il serait un obstacle â leurs desseins. Ils eurent peur que leur cause ne perdit l'appui du clergé ; et, comme cet appui leur semblait essentiel, ils apportérent,3 ruiner V Avenir dans l'upiition, lout le soin et toute l'ardeur que mettent les partis à renverser un obstacle. De là cette haine inconcevable cl poussée à celte extrémité d'appeler hérétiques et schismaliques des hommes qui ne cessaient de prouver leur attachement à l'imité , et dont plusieurs l'araienl prouvé par des travaux précédents durant de longues années. D'un aulrc côté , quoique le gallicanisme

/dogmaliqiie Ml déliiiit an France dans la grande I m^oritédudergé, il en retUdi encore des tracée ; / el, de pins, le gaOicaniune pratique, c*est4-dire b / longue hal^de d^in certain ordre social fondé sur h théorie gallicane, hkiéi que eeui même qui a? aient sacrlUé logiquement le principe , tivaient encore août Tempire des choses qui! aralt créées. Or, la séparation de rÉglise et de l'État attaquait le gallicanisme pratique ; c'était la mise en action des doctrines romaines dans une société où des doctrines contraires araient régné pendant plusieurs siècles , et Tenaient A peine de périr sous une con-> troîerse de dix années.

Gomment une telle tentative n*aurait-elle pas souleré des pa«sions théologiques déJA aigrtos? Il s'agissait de Toir la pratique changer après les principes, et Ton pouvait espérer, dans un dernier combat, de regagner ce qui ardt été perdu. De U cette persécution exercée , dans Fomhre des séminaires, non pu seulement contre la partie politique des doctrines de VAvênir^ mais, il fout le dire hautement /contre toutes les doctrines soutenues par M. Pabbé de La Mennaài De U ces accusations étonnantes de schisme, d'hérésie, afin que la haine qu*on appelait sur la personne de Fauteur, retombant sur ses écrits, tous fussent également réprouvés. Nous l'affirmons, il n'y a ai^rd'hul en France qu'une seule question , une question où tout est indirisible, les choses et les personnes ; et cette question la voici : l^a société île Louis XIY, et les doctrines gallicanes qui en sont la suite et la base , ressusciteront-elles, oui ou non?

Les rédacteurs de V Avenir, affligés de Topposition qu'ils rencontraient , mais effrayés et affligés à cause de l'Église et non à cause d*eux , firent ce que la foi et de saints exemples leur inspiraient. Dès le S février 1831, le jour même que le choix de Dieu donnait à l'Église Grégoire XVI , ils signèrent à Paris une exposition des doctrines professées par eux. Elle devait être immédiatement envoyée à Rome, et mise aux pieds du saint-père. Elle fut, en effet , confiée par un Député à M. Sébastiani, ministre des affaires étrangères, qui s'était engagé à la faire parvenir par l'ambassade. On n'a su que très- tard qu'il n'avait pas jugé convenable ou possible de faire cet envoi. Lorsque les rédacteurs de V Avenir tn furent instruits , leur position était encore devenue plus grave ; car on parlait de condamnations , et mille bruits circulèrent auxquels on ne craignait pas de mêler le nom du souverain pontife. Était-ce avec ou sans fondement ? Les rédacteurs de V Avenir résolurent d'éclaircir ce doute et de venir à Rome même, aux pieds du successeur de saint Pierre, en chercher la solution. Après treize mois de combats pour la religion, ils suspendirent avec douleur,

AFFAIRES DB BOMB.

mab afeo eonianee en Men, h pnMfciihwi de V Avenir; et noua quittons, diaaial Ma anrcalhaliquea de France , noua quittoM u tnataat k dbamp de bataille pour nn «vtro detnir pressant : « Le hiton d« vof agenr i knoua ocheminerona vers la chain élenMBe« ^'1^ prosternés au pieds du poBltfs que MaoMMit a préposé pour gàde et poormaitra àMidiad|lH, nous hii dirons 1 0 père I daignciakaiaaervooieîmii sarqnelquaa«nsd*eiitre les demiera dte f ua aniM<i| qu'on accuse d*ètre rebelles à vnCre faiihlBMa et douce autorité. Les voilà devant vMMt Bmi' leur âme ; il ne sY trouve lieBqnlIa vonUsat' cher. Si une de leura penaées , WM aeMle , des vôtres, ils la déuvouent , ite rUjiiriBC. Y< êtes la règle de leurs doelrinea;Janiaia, nnn^ ib n*en connurent d'autres. 0 pèie I sur eux la parole qui donne la vie., panse qpMIe donne la lumière, et que votre main aTétendoi bénir leur obéissanoe et leur naoor. a (j|i lAfltfisotwMdrslSSl.)

f n. CoMhuiaB.

De ce qui vioit d'être dit U réaolle:: t.Qae,aaM Faction des catholiques indépendants de tnnl paUi politique et de toute influence de pouvoir, gion catholique serait privée en Fnneed*» de déftmae dmit elle a besoin dana les présrates. Car les évèquea, daaa l'étal dlsoicnnt, de dépendance et d'asservissement où on les a plaoés, n'osent pas, et pourraient à peine oser, prêter â b religion ce genre de secours que la situation actuelle réclame. Elle se verrait donc abandonnée aux attaques sacrilèges et aux envahissements du pouvoir, à la haine de la majorité des Français et au danger d'un schisme futur.

2. Que la position de ces catholiques indépendanis, heureuse à Tégard du pouvoir qui ne peut absolument rien contre eux , est devenue , au contraire, difficile, à Tégard de ceux sur lesqueb ib doivent exercer leur action , attendu que les intrigues gallicanes , jointes aux intrigues purement politiques, ont réussi â les rendre suspects a l'autorité religicnK. En deux mots , l'action des rédacteurs de V Avenir, ou , si l'on veut, de toute autre association agissant dans le même sens , est indispensable pour le maintien du catholicisme eu France , et cette action ne peut obtenir un vrai succès, si elle nVst pas soutenue par le saint- siège. C'est donc dans le seul intérêt de la religion catholique , et non dans aucun intérêt personnel , que les rédacteurs de V Avenir ont entrepris le voyage de Rome , et sont venus aux pieds de Sa Sainteté. Ils ne demandent rien que de pouvoir se dévouer , au prix de tous les sacrifices , à la

AFFAIRES DE ROME

Page 1