‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 187 sur 226 · SU · texte numérisé non relu

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AFFAIRES

était nommé, j*aurais pu continuer de me taire , et e*eùt été le mieux sans contredit. Aussi est-ce à ce |)arti que je m*arrètai d'abord : mais des circonstances inattendues, la crainte trop fondée de voir 8*accomplir immédiatement de déplorables destructions , de compromettre des œuvres utiles , auxquelles jVtais d'ailleurs, de toutes manières, personnellement étranger, me déterminèrent à prendre, quoique j'en prévisse les suites, une autre résolulion. J'écrivis au pape la lettre que voici :

« Très-Saint Père,

M Quelque répugnance que j'éprouve à distraire « un moment Votre Sainteté des graves affaires qui <( sont l'objet de sa sollicitude, il est de mon devoir «: de m'adresser directement à elle (Lms les circontc stances personnelles où je suis placé.

« Lorsque le jugement de Votre Sainteté , sur la «( manière dont moi et mes amis nous avions ente trepris de défendre les droits des catholiques en <( France , nous fut connu , à l'instant même nous «( ]>rotcstâmes publiquement , et dans toute la sin- « cérité de notre âme, de notre soumission pleine •: et entière à la volonté du Vicaire de Jésus-Cbrist ; « et Votre Sainteté daigna me faire dire que ce «I témoignage solennel de notre obéissance filiale «( l'avait également satisfaite et consolée.

« Cependant je vois , Très-Saint Père, avec une «« profonde douleur , par un bref que Votre Sain- «t télé a adressé à M. l'archevêque de Toulouse , et •t que les journaux ont rendu pul>!ic, qu'on avait «t réussi à inspirer à Voire Sainlelé des seutimcnls «: dr drfinuct' îi notre ép.ard. Par quels moyens et «' sur (|ucls fondciucnls? Je rij'uon*. Oucis sont «; CCS hntits rr pondus dnîts lo public, et ({ui ont •: de nouveau eonlrislé voire ed'ur ? Plus . sur ce «; point, j'interroge ma conscience, moins je dé- «i couvre ce qui a pu fournir contre nous le sujet «! d'un reproche. O que je sais avec toute la France, «: c'est (jue 1\//T///V'a cessé <le paraître, (jue 1'./- «c genco catholique a été dissoute, et les comptes «( rerulus aux souscripteurs ; (jue nul d'entre nous «: n'a seulement songé à entreprendre depuis rien «i de semblable, et (ju'ainsi nous avons prouvé «c notre obéissance à Votre Sainteté, non pas seule- «« ment par «h; simples paroles . mais par des actes «c elîeclifs aussi éclatants que le soleil.

•« Toutefois , puisqu'on a rendu de nouvelles cx- 't plicalions nécessaires, je me sens obligé de dé- «i poser derechef, humblenient, aux i)iedsdc Votre •: Sainteté, l'expression de mes sentiuients cpi'on a 'i calomniés près d'elle, et, en conséquence, je •: déclare :

«: Premièrement , que. par toute sorte de motifs , • nuis spécialement parce qu'il n'appartient cpi'au

DE ROME

(c chef de l'Église de juger de ce qui peut lui être (I bon el utile , j'ai pris la résoluUon de rester i l'au venir, dans mes écrits et dans mes actes, totale* u ment étranger aux affaires qui la touchent ;

n Secondement, que personne, grâce à Dieu, M n'est plus soumis que moi , dans le fond du cœur « et sans aucune réserve, à toutes les décîsiont « émanées ou à émaner du saint-sîége apostol'iqoe v sur la doctrine de la foi et des mœurs, aiosi H qu'aux lois de discipline portées par sod autorité H souveraine.

» Tels sont, Très-Saint Père, mes sentimeDts n réels , établis d'ailleurs par ma vie entière. Que «< si l'expression n'en paraissait pas assez nette i « Votre Sainteté, qu'elle daigne elle-même me faire « savoir de quels termes je dois me serTir pour la ({ satisfaire pleinement : ceux-là seront toujours les u plus conformes à ma pensée , qui la convaincroot M le mieux de mon obéissance filiale.

u Je suis , etc.

• L« Cbenale , le 4 août 18S3. »

On trouvera parmi les pièces msérëes à là suite de cette relation la réponse du pape , en forme de bref adressé à H. l'évèque de Rennes, qui mêle communiqua immédiatement. J'étais sur le point de me rendre à Paris. J^e peu d'heures qui me restaient avant mon départ , ma santé alors très-mauvaise, et d'autres graves motifs, m'imposaient la nécessîtéde ne m'occuper qu'après mon voyage de la suite de celle affaire, assez grave, d'ailleurs, pour n'agir qu'avec réflexion. Je me biUai de prévenir 31. l'evéipie de Rennes de ma détermination : il crut J«*voir s'en offenser, le témoigna par des procédés naturels à ses yeux apparenunenl, d'où s'ensuivirent des explications publiques. Cet incident ne mérite I)as (pu; l'on s'y arrèle davantage.

Avant d'aller plus loin , je prie le lecteur de se souvenir (pie, simple historien, je n'attaque ni ne défends (pioi tjue ce soit, me bornant à raconter les faits , et en laissant le jugement à chacun , selon ses idées, ses opinions, ses habitudes d'esprit, et le point de vue particulier sous lequel il peut lui convenir de les considérer.

On lit ces paroles dans le bref du pape : «c Nous «( avons eu un juste et légitime sujet d'être affligé, «; nous voyant trompé dans l'attente que nous avait u inspirée ce premier acte (la suppression de l'-^r^?- »t 7iir et de Wigencv), que nous considérions comme «; un avaul-coureur de déclarations qui monlre- «' raient clairement à l'univers catholique qu'd tient «t et professe fermement et fortement cette saine «t doctrine (pie nous avons exposée dans noire lettre «: à tous les évècpies de l'Église. »

Je ne prétends pas le moins du monde infirmer

AFFAIRES DE ROME

KtS

égation. ralteste lealeincnt , uns craindre e démente, qu'après avoir reçu, par l'entrc-

cardjnal Pacca et du V, OrioU , rassiiranrc 'iplicite de la talisfaction du pape au sujet I première et colleclive déclaration, aucune e directe ni indirecte, aucune insinuation que, n'avait pu me faire soupçonner ^u'il

ou désirât rien de plus.

Qoini, sur les motifs indiqués précédcm-

m'étais empressé de déférer au désir qu'cxle souverain pontife dans le bref à H. l'are de Toulouse. Ou a lu la nouvelle déclara- > je lui présentai. Quelque nette et précise ta, el peul-élre à cause de cela même, ou {ea pas suffisante. On voulait une adliésion linée à l'encyclique , si indéterminée elle- |ii'à s'en tenir simplement au texte , il n'est

sens qu'on ne pût lui donner. Troulilc du

dans la vie tranquille et isolée que je m'é-

, il n'est rien de possible à un homme droit I quoi je n'eusse consenti de grand ctcut-,

ODmelaissdtjouirennn d'un peu de repos, si, ce repos extérieur, jamais je ne l'eusse u prix du repos plus précieux de l'ânie, inede l'estime de soi, et du témoignage que la ice se rend â elle-m^me inlérieuremetil. Or, \t ne pas voir, dans ee qu'on demandait di;

but politique bien plus que religieux? Le ; évequesde Pologne, la lettre explicative linal Pacca, le bref même à l'évëqiie de

excluaient à cet égard jusqu'au plus légir lans le premier , on blâmait sévèrement ks

de leurs magnanimes efforts pour reconur existence nationale ; on réprouvait, dans ie, la liberté civile et politique avec toutes « libertés consacrées aujounrbui par l'opi- I mœurs , comme par le droit public de la E l'Europe; et, dans le dernier enfln, /e Péhuais, poésie de douleur et de pieuse es- , voix plaintive d'un peuple redemandant à

auteb brisés, ses foyers cnvabis et souillés

était appelé un écrit plein de témérilé el X, Pouvait -on se méprendre sur l'intenliafi !? N'était -il pas clair que l'obéissance dont eait la promesse , s'étendait , dans sa vafjue i , aux choses temporelles autant au moins :hoses spirituelles? Un pareil engag<.-nir)it it souverainement à ma conscience. Si la >aducalholicismeen impliquait le principe, ■ jamais été catholique, car jamais je ne dmis, jamais je n'aurais pu l'admcllre.

cas, y souscrire sans conviction iulerni'. J'uice, c'eût été un lâche et odieux minl'univers entier ne l'aurait pas obtenu <le me résolus donc à adresser au pap« une

déclaration qn'on peat réduire à ces trois cheh ;

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