‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 188 sur 226 · SoumîsiioD d'esprit aux décisions de foi · texte numérisé non relu

SoumîsiioD d'esprit aux décisions de foi

S. Soumission de fait aux lois de discipline;

3. Oistinclion des deux sociétés spirituelle et tem •' porelle, et, dans celle-ci , indépendance à Fégard de la puissance ecclésiastique.

Je dois mettre la lettre entière sous les yeux du lecteur.

u Très-Saint Père,

1 II me suffira toujours d'une seule parole de Il Votre Sainteté , non-seulement pour lui obéir en « tout ce qu'ordonne la religion , mais encore pour « lui complaire en tout ce que la conscience permet.

<i En conséquence , la lettre encycliiue de Votre « Sainleté,endatedu1!(aoûtl833, contenantdes •1 choses de nature diverse, les unes de doctrine,

■ les autres de gouvernement , je déclare :

u 1 , Qu'en tant qu'elle proclame, suivant l'eipres- 11 sion d'Innocent I"', la tradition apostolique,

■ qui , n'étant que la révélation divine elle-même K perpétuellement et inhilliblement promulguée u par l'Église , exige de ses enfants une foi parfait». « t\abio\Me,i'yaAhiTeuniquementeXabsolument, » me reconnaissant obligé , comme tout catholique, u è ne rien écrire ou approuver qui y soilcon- « traire;

« i. Qu'en tant qu'elle décide et règle différents u points d'administration et de discipline 'ecclésiasu tique, j'y suis également soumis sans réserve.

V Mail, afin que, dans l'état actuel des esprits, ■I particulièrement en France, des personnes pas- >i sionnées et malveillantes ne puissent donner i la •I déclaration que je dépose aux pieds de Votre « Sainteté de fausses interprétations, qui, entre " autres conséquencesque je veux et dois prévenir, « tendraient à rendre peut-être ma sincérité sus- II pccte, ma conscience me fait un devoir de déclarer u en même temps que , selon ma ferme persuasion. Il si , dans l'ordre religieux , le chrétien ne sait B qu'écouler et obéir, il demeure, â l'égard de la « puissance spirituelle , entièrement libre de ses

■ opinions, de ses paroles et de ses actes, dans " l'ordre purement temporel.

« En implorant à genoux sa paternelle bénédic- « tion, j'ose supplier très-fa umble me ni le Vicaire de <i Jésus-Christ, auteur el consommateur de notre Il foi, de daigner accueillir avec bonté l'hommage « du profond respect avec lequel je suis » etc.

Quelles que pussent être les vues politiques de Rome, je croyais, je l'avoue, ma déclaration tellement conforme aux maximes catholiques universellement reçues , qu'il me semblait presque impossible qu'on refusât de s'en contenter. La dernière claUK

AFFAIRES DE ROME

seule pouvait déplaire ; mais la repousser , c*eût été clairement poser le principe derunion des deux puissances dans la personne du souverain pontife , en vertu de Hnstitulion de Jésus-Christ, et, par une conséquence nécessaire , ramener la vie politique et civile tout entière sous la juricdiction extérieure de rÉglise, investie, dans Tordre temporel comme dans Tordre spirituel , de Tautorité première et suprême. Or , bien à tort sans doute, ainsi que la suite l'a montré, je m'étais de bonne foi persuadé que le catholicisme n'impliquait rien de semblable. Que si cependant, de droit ou de fait, le pape décidait le contraire , c'était évidemment , pour les catholiques, une obligation rigoureuse de se soumettre à sa décision , provisoirement au moins, et même définitivement , si aucune réclamatipn ne s'élevait du sein de Tépiscopat ; car, suivant les maximes gallicanes mêmes, la simple adhésion tacite de l'Eglise dispersée sufRsait pour imprimer aux décisions pontificales le sceau de l'infaillibilité. En ce cas donc, chacun, averti de son devoir, instruit de ce qu*il devait pratiquer, et conséquemment admettre ou rejeter sur un point de doctrine si important, saurait nettement à quoi Tengageait la qualité de catholique, chose désirable pour tous.

Je me trouvai vers ce temps en relations avec M. l'arche vê(|ue de Paris , et il m'est doux de dire combien j'eus û me louer de ses procédés , de sa bienveillance, et du zèle plein de sagesse avec lequel il s'employa pour terminer une affaire dont il était, il Ions i'j;arils , plus fiirile do prévoir les inconvénitMits que de comprendre les avantages. Je lui exposai IVauriienicnt mes pensôcs , ma posilion, mon iuvin('i!>le rt'puijnance à dépasser, dans Taiic de souuiis>i()n qu'on <'\i;;oail de moi, les limites ((ue nie fixaient mes coiiviflions cL ma conscience. J'insistai parliculièrcnieul sur le danger de confondre les deux ordres spirituel et tem[)orcl. dont la distinction et l'indépendance récijMoipie avaient é-lé tant de fois soh'nnellenient reconnues, qu'à moins de s'exposer au re])roclie de variation dans la doctrine, ou devait les rei;ar«ler comme une maxime à jamais iuébraidal)le de l'KpJise callioliijue : il me le semblait du moins, et M. l'archevêque parut sur ce point partager ma i)ersua.sion. H me conseilla de tenter près du pape une diTuière démarche, de lui adresser un Ménnure qu'il se cliargea de faire parvenir. Je m'en occuj)ai sur-bî-cliainp; et, après m'êlio aidé de ses avis, je le lui renns pour qu'il voulût bien , selon son olfre oltIiî>,eanle , Tacbeminer à sa destination, h) m'étais apj)li(iué à y éviter tout ce qui aurait pu allénuer l'elîet des observations qu'il eî)nlenait. en irritant le moins du monde les susceptibililés romaines. Y avais-je réussi?. le l'iijjnore. On en vaju[;:er.

MÉMOIRE

AU PAPE y

ADRESSÉ PAR L'iNTERVÉDUmE DE M. L^ABCHEYÈQCE

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