CHAPITRE II
Ëlat du calliolicisme.
Italie.
Toutes les nations ont été données à Jésus-Christ en héritage; il est écrit qu'il les gouvernera (^). d
j (2, Ps., U,8,<J.
DES MAUX DE L'ÉGLISE
c*est en yertu de ce décret de son Père, qu'avant de remonter vers lui , après avoir accompli sa mission terrestre et consommé sur le Calvaire la rédemption du genre humain , comme il avait été envoyé luimême (1), il envoya ses apôtres, leur disant : Allez^ enseignez toutes les nations ^ il nVn excepte aucune , teur enseignant à garder tous les commandements que vous avez reçus de moi (2). Or, Dieu ne parle point en vain; jamais il ne révoque ses promesses; ce qu'il a résolu demeure immuable; et dès-lors il est certain, pour quiconque a foi dans rÉvangile du Verbe incarné , que tous les peuples entendront la bonne nouvelle du salut , et que des quatre vents de la terre ils viendront se reposer à Tombre de la croix , dans le sein de l'Église qu'il a fSondëe. Si, en effet, le christianisme est la dernière loi de rhumanité , s'il renferme le principe de son développement et le germe de sa perfection , il est impossible qu'il ne finisse pas, après une résistance plus ou moins longue , par dompter ce qu'il y a de rebelle à son action dans le cœur des hommes et dans les fausses institutions des sociétés. A peine naissant , il se répandit dans presque tout l'univers connu. Dès le premier siècle, l'Inde au delà du Gange subit son influence aussi bien que les Gaules; et ces progrès rapides , en ces temps d'une si profonde corruption, parmi des races si diverses, prouvent sa secrète afRnité avec la nature humaine. La prodigieuse puissance de civilisation dont il est doué, et que nul aujourd'hui ne conteste, la prouve encore plus ; de sorte que, même la foi mise à part, il feut nécessairement opter entre ces deux hypothèses : le monde s'éteindra dans la barbarie, ou le monde deviendra chrétien.
Cette dernière , la seule qu'une philosophie éclairée puisse admettre, parait néanmoins, au premier coup d'œil, non-seulement loin de se réaliser , mais peu d'accord avec l'expérience de la période sociale qui se termine , ainsi qu'avec la direction présente des esprits et le cours général des choses. Nous montrerons plus tard combien on se tromperait en appréciant la force réelle du catholicisme , et en se hâtant de prononcer sur sa destinée future, d'après une vue superficielle de l'état où maintenant il nous apparaît; état compliqué, et qui d'ailleurs dépend de causes passagères. Cependant on ne saurait se dissimuler que l'époque actuelle est pour lui une époque de souffrance et d'affaiblissement. L'Église est malade, elle languit, elle a cessé d'étendre ses conquêtes : impuissante même à conserver celles des siècles antérieurs, elle ressemble à une mer qui abandonnerait ses rivages. Et o'est, pour ne pas entrer ici dans les explications particulières de ce fait
(1) Joann., XX, 21.
C3) iVo/ZA , XXVIir, 10,20.