TOME
C'est une loi souveraine et sans exception, fondée sur la nature même des êtres, que , dans le monde intellectuel et social , comme dans le monde physique , chaque chose procède d'une autre , suivant un certain enchaînement qui lie les pensées aux pensées , les actes aux actes , de telle sorte que ce qui précède soit la raison logique et le germe effectif de ce qui suit.
Voilà pourquoi jamais la société ne retourne en arrière, ne repasse, non plus que Tindividu, à travers ses états antérieurs , phases successives de sa croissance. H est donc aussi impossible que les peu- ()les , à Tavenir, abandonnent leur actuelle notion du droit, du juste et de Tinjuste, pour la notion moins développée qui leur suffît dans leur enfance, qu'il serait impossiide à la création entière de remonter le cours du temps et de revenir à son origine. Ainsi , le mouvement qui porte en avant la société , les instincts , les sentiments, la substance des idées générales qui le dirigent, rien de tout cela ne saurait changer, et dès-lors il est nécessaire de chercher ailleurs la solution du problème des rapports •futurs de la société et de la papauté.
Les rois et les peuples sont en guerre, nous l'avons déjà dit ; c'est un simple fait. Si la victoire restait aux rois, qu'en résulterail-il?ll en résulterait évidemment le triomplie matériel des principes que Rome et les rois sont unis pour défendre. Les rois domineraient par la force; les nations, courbées sous le sceptre vainqueur, obéiraient par nécessité. Certes, rien de semblable n'arrivera : car ce serait le renversement de toutes les lois régulatrices du monde moral ; lois éternelles, lois immuables, contre lesquelles aucune volonté, aucune puissance ne saurait prévaloir. Mais , cet événement impossible étant admis hypothétiquement, on peut se demander quelle serait alors la position de Rome à l'égard des peuples vaincus.
Ou cède à la force , on ploie sous elle , mais elle n'atteint pas la pensée : TEurope, je crois, en offre aujourd'hui d'assez frappants exemples. Le sentiment du droit qui aurait succombé demeurant plus vif que jamais, Rome, au lieu de recouvrer son autorité sur les esprits , deviendrait l'objet d'une détestation au moins égale à celle qu'inspirerait la tyrannie dont elle se serait rendue complice. En légitimant , au nom du Christ mort pour ses frères, cette exécrable tyrannie, en rattachant au ciel les fers qui flétriraient et meurtriraient la race humaine, elle soulèverait au fond des âmes une indicible horreur; et d'implacables malédictions troubleraient seules le silence du désert qui se formerait autour d'elle.
Dans le cas inadmissible où la lutte actuelle se terminerait par l'asservissement des peuples, la
AFFAIRIS DE EOW.
paptuté te trouTerait donc , à IVgard de ceux-ci, . dant une poûlioD telle que tout espoir, nous ue ' disons pas d'exercer sur eux un ascendant quelconque , mais de se faire seulement supporter par eux, disparaîtrait sans retour. Législalrice de la senritude qui les écraserait, et la premi^, dès-lors, parmi leurs ennemis, elle serait aussi et pour toujours la première dans leur haine.
Remarquons, en outre, qu'en perdant toute influence possible sur les peuples, elle n'en acquerrait aucune sur les princes. Leur mépris serait le salaire assuré de ses ser? ices, car ils ne croient pas en elle; pour eux elle n'est qu'un pur instrument, et le moindre intérêt suffirait après la victoire pour les décider à le briser. Cet intérêt se présenterait bientôt. Un rouage superflu est toujours gênant dans la machine politique. Et puis la confoilise : on se hâterait de dépouiller le cadarre.
La dernière hypothèse, et, selon nous, la seule qu'une raison éclairée puisse admettre, est cdle du triomphe des peuples. Qu'ils ponriennent à réaliser, dans les institutions et dans les lois, le droit qu'ib ont conçu , à établir la liberté sur les ruines des ▼ieux despotismet , à renouTcler l'ordre social d'après les maximes pour lesquelles ils combattent depuis un demi-siècle; que fera Rome? Persbterat^lle dans les doctrines à l'aide desquelles cHe a pris à tâche d'arrêter le mouTement qui entraîne le monde ?s'obstinera-t-elle à condamner les principes Tainqueurs , à maudire les hommes affranchis par eux? Ce serait mettre le dernier sceau a la séparation si avancée déjà , s'excommunier de la race buluaine ; et que resterait-il après cela au pontife solitaire, qifa se creuser une tombe à Fécart avec un tronçon de sa crosse brisée ?
Rome, au contraire, renoncera-t-elle à ses doctrines présentes ? donnera-t-elle une tardive sanction à celles que la victoire des peuples aura consacrées, et qui, de plus en plus affermies dans la raison et la conscience universelle , formeront une sorte de foi sociale? Mais, nous le demandons, qui croirait à la sincérité de ce changement? Qui n'y verrait pas bien plutôt, ainsi que nous l'avons déjà dit, un honteux calcul d'intérêt, variable au gré des éTénements comme cet intérêt même ; une hypocrite dérision du juste et du vrai? Quel avantage, dès-lors, la pnpauté retirerait-elle d'un pareil acte? Aurait-il d'autre effet que de l'abaisser encore plus dans l'opinion, et, en ajoutant le mépris qu'inspire la lâcheté à l'amertume des anciens souvenirs, d'effacer dans les âmes jusqu'à la dernière trace de respect et de pitié même?
D'ailleurs, s'y résignât-elle, cet acte lui serait impossible. Comment pourrait-elle renoncer à des doctrines qu'elle a déclarées appartenir à la tradition
des qpdtrea et te Pèrei, cC par cottaéqoent i h lé- ▼élation dBfîae? Ce aérait de an pnrt wm &poâmm. Dirail^lle qn'eile s'en trmipée sv eclta réfélattsa, qo'clle l'a mal comprise? Ce aerdl abjurer aan ai* torité. Qui s'est trompé une fols peut se trampv denx, peut se tromper toé^èwrfl. Cherdimil-Aè éluder, par des loterprétaCiMieéfaaivct, aespro^wi décisions? Impossible encore : le aens «■ calCrsf cla veinent fixé par l'enseaiMe de sa cwadrtia, par le but aroué qu'elle a Toaln actdadrc. Cette loâa* tire Tiendrait éeiioiier contre le pino atefle bsn sens. Prélendrait^m qne ces déeisloiio nasfMfll dn caractère auquel on reconnaît , aekMi karè^ catholiqoes, on enaeignettoit uiiligrtairt et on Jn* gemeni irréfonnable? Mais qnl sait ■ifigmBams ce qui constitue un irréfomable jvgcsent, et qri peut dooter raisonnablenieHt que sa veionlé ritéli de rendre tel œhii qui noos oecnpeTQm aerÉcHt, an reste, de ridicales cMcaneosor deafonaes qatacmie loi de l'Ég^e ne flxe rigoorcnaciaent, apto l'adhésion expresse on tadle de lYpiaflopat art»? Revenir en anémie aaaniire aw des actes aasals»lennels , abandonner vn point qneiaswqne de h doctrine prodanée, an non de JésnaOïrist, du lail de la chaire principale, et adoptée par les éfèfnSi dont pas un seul n'a Arit entendre mn seid snlds réclamation ; dire aux cbréfiens : Yons fWinMfiB tenant rejeter eomme ffrasae cette.doctrineqaeltf déclarée être la pore expreasioo de la férilé elle-même, pour laquelle j'ai exigé de soumission d'esprit illimitée , absolue ; ce langage, qu'on ne sait comment qualifier, équivaudrait évidemment à une complète négation de la base far la<|uelle repose la hiérarchie catbolique. Or, unpouvoir ne se détruit pas lui-même ; il peut mourir s*il est mortel, mais il ne se suicide pos. La papauté est donc irrévocablement liée au système qu'elle a cru devoir embrasser dans ces derniers temps, et, quoi qu'il arrive , il lui faut en accepter toutes ks conséquences.
Diaprés ce qui vent d'être dit, on ne saurait se dissimuler que l'avenir n'ait pour elle un aspect sinistre. Mais serait-il moins rempli de dangers, et cet dangers seraient-ils moindres, quand on fermerait les yeux pour ne les pas apercevoir? La prévoyance, en toute conjoncture, est la première condition de salut : on ne s'irrite contre elle que lorsqu'on juge le mal déses))éré.
Dans cette intime conviction , nous n'hésiterons point à signaler aux catholiques, et à Rome surtout, un autre péril.
Le présent a toujours sa racine dans le passé : il en est, pour user de ce mot , l'expansion ; il sort df lui comme de son germe par un naturel développement. Or, le passé des peuples de l'Europe , c'est
AFFAIRES DE ROME
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'e cfamliaDisme. Formés par lui , il a présidé à leur vie tout entière ; il les a, dès le berceau, pénétrés de son esprit : leurs sentiments les plus intimes, leurs croyances, leurs mœurs , sous divers rapports le fends même de leurs institutions et de leurs lois, leur poésie , leur science , ils lui doivent toutes ces choses; et, comme il n'est rien qui n'en dérive, d*une manière plus ou moins directe , dans Thomme et dans la société, ces peuples nourris de la sève chrélicnne n*ont pu , à aucune époque de leur durée , «Toir de mouvement que celui dont le christianisme était le primitif principe , ni marcher dans une dii^ction différente de celle qu'il leur imprimait. 11 est donc certain, avant même tout examen ultérieur, que, loin d*ètre étranger à la révolution qui s*opère au milieu de nous, il en est, au contraire, le moteur et la cause première.
Qu'est-ce, en effet, que le christianisme dans ses relations avec la société humaine ? Quel en est le caractère? Quel ordre de pensées et de sentiments a-t41 développé dans le monde ? Sur quelles idées fondamentales de droit et de justice a-l-il établi les rapports des hommes entre eux , et par conséquent riostitution , quelle qu'en soit la forme variable en toi , qui organise ces rapports?
11 a d'abord montré à l'homme un but qui n'est autre que la perfection infinie elle-même : Soyez parfait comme Dieu est par/ail; et il lui a commandé de tendre sans cesse à ce but dont il doit approcher toujours et qu'il n'atteindra jamais. Ainsi aa première loi est une loi de progrès , et son premier précepte un précepte d'activité incessante, pour avancer, pour se dilater perpétuellement dans le vrai et dans le bien.
Mais se dilater dans le vrai, c'est développer l'intelligence ; se dilater dans le bien , c'est développer l'amour. Or, l'amour cl l'intelligence ont pour antagoniste, pour ennemi commun, la force, puissance brute, sous l'empire de laquelle nul progrès. Le droit delà force, qui n'est jamais réclamé, exercé que par l'égolsme et en sa faveur, est donc contradictoirement opposé au droit chrétien. La base de celui-ci est, au contraire, la subordination radicale et absolue de la force à l'intelligence ; et, en effet, il est évident que , le but proposé à l'homme ne pouvant être connu que de celle-ci , elle seule peut lui en indiquer la route, et le guider dans cette route où il ne doit s'arrêter jamais.
En ce qui touche ensuite les relations réciproques des hommes , le christianisme enseigne qu'égaux devant Dieu , égaux par leur origine et leur An commune , s'il existe entre eux des différences naturelles d'où dépend en partie le progrès général , il n'existe aucune différence ni de droits ni de deroirs ;que, nativement, dès-lors, indépendants les
uns des autres , leur règle ce n'est ni la pensée, ni la volonté d'aucun d'eux, mais la sainte, l'immuable, l'universelle loi qui doit librement les régir tous.
Et cette loi qui unit ce que la liberté diviserait , ou laisserait isolé sans elle , qui , par le dévouement volontaire , ramène les individus au tout, en fait comme un seul être animé d'une même vie, consiste, selon la simple et profonde expression de TÉvangiie, à aimer Dieu par-dessus toute chose et ses frères comme soi-même : à aimer Dieu , source et type vivant de la perfection sans limites , parce qu'il faut aimer sa fin pour y tendre; à aimer ses frères comme soi-même , parce que l'égalité de nature implique l'égalité d'amour , et que l'égalité d'amour peut seule réaliser l'unité humaine dans laquelle s'accomplit le progrès continu ou l'union toujours plus intime avec le principe infini de l'être , et par cette union , qui commence ici-bas et s'achève ailleurs, la possession la plus parfaite du vrai et du bien qui sont Dieu même.
Du précepte général de l'amour découlent deux autres préceptes , qui renferment tous les devoirs de l'homme à l'égard de l'homme : Ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait; faire pour eux ce que nous voudrions qu'ils fissent pour nous.
IjC premier, en retenant chacun dans les bornes de son droit, prévient le mal, c'est-à-dire, l'envahissement du droit d'autrui , et constitue ainsi la justice. Le second réalise le bien par la communication réciproque de tout ce qui peut être conçu sous cette notion ; il opère la fusion des individualités que la justice défend et conserve ; il les unit , par le libre don de chacune d'elles , aux autres ; il constitue enfin proprement la charité, qui n'est que l'amour le plus élevé , le plus étendu , le plus pur, la vie universelle éternellement inépuisable.
Sous le point de vue où nous avions a le considérer, voila le christianisme. Or, descendez au fond des choses, dégagez le principe puissant qui fermente sans interruption au sein de la société en< tière , des mobiles pensées , des opinions fugitives et vaines qui s'y mêlent accidentellement; que trouverez-vous , sinon le christianisme même ? Ce que veulent les peuples, ce qu'ils réclament avec une persistance que rien ne lasse , avec une ardeur que rien ne refroidit , n'est-ce pas l'abolition du règne de la force , pour y substituer celui de l'intelligence et du droit? n'est-ce pas la reconnais* sance effective et la réalisation sociale de l'égalité, liée d'une manière inséparable à la liberté , dont la condition nécessaire et la forme essentielle , dans l'organisation de la cité, est l'élection, premier féndement de la communauté chrétienne?
AFFAIRES DE ROMB.
Que veulent encore les peuples, que demandentils? ramélioration du sort des masses partout si souffrantes, des lois de protection pour le travail , d'où résulte une plus équitable distribution de la richesse commune; que quelques-uns n'exercent plus une influence exclusive, à leur profit, dans Fadministration des intérêts de tous; qu'une législation sans entrailles, refuge éternel du privilège que vainement on s'efforce de déguiser sous des noms menteurs, ne repousse plus de toutes parts le pauvre dans sa misère ; que les biens destinés par le Père céleste à tous ses enfants lui deviennent accessibles ; que la fraternité humaine cesse d'être un mot dérisoire et vide de sens. En un mot, suscités de Dieu pour prononcer à la vieille société son dernier jugement, ils l'ont citée à comparaître, et, rappelant les siècles écoulés, ils lui ont dit : » J'ai «< eu faim, m'avez-vous donné à manger? J'ai eu u soif, m'avez-vous donné a boire? J'étais nu , <( m'avrz-vous vêtu? J'étais délaissé, êtes-vous venu » à moi? J'étais en prison, m'avez-vous visité?» Je vous interroge sur la loi : répondez. Et la vieille société s'est tue, car elle n'avait rien à répondre, et elle a levé le bras contre les peuples à qui Dieu avait ordonné de la juger : que peut-elle contre les peuples et contre Dieu? Son arrêt est écrit làhaut; elle ne l'effacera point avec le sang qu'il lui est encore, pendant un peu de temps , permis de verser.
On ne peut donc s'empêcljor de reconnaître dans ce qui se passe sous nos yeux raclion du principe chréli<?n , qui , après avoir, durant un long ÙQVy présidé presque uniquenunt à la vie individuelle, cherche à se produire sous une forme phjs générale et plus parfaite, en s'incarnant, pour ainsi parler, dans les inslilulions sociah's; seconde phase de son développement dont nous ne voyons (pie le premier travail. (^)uelque chose d'instinctif et d'irrésistible pousse les peuples en cette voie, ()uel(picsuns s'étaient emparés de la terre; ils en avaient pris possession, en ravissant aux autres jusqu'à la plus petite j>arl de l'héritaçe commun : eux veulent (pie les hommes vivent en frères selon le commandement divin. Us combattent pour la jusli«e et la charité, ils combattent pour la doctrine que Jésus-Christ est venu annoncer au monde, et qui le sauvera , malgré les puissances du monde.
Cependant ces nulles peuples semblent i)artout se détacher du christianisme. Le i)rèlre, en beaucoup de lieux , reste seul dans le temple désert : ses enseignements ne sont plus écoulés, sa parole est stérile ; fort, ou cru tel, il excite la haine, parce qu'on redoute sa domination ; faible, il passe à travers la foule , sous la sauvegarde de son indifférence et de son mépris. Serait-ce donc qu'en
effet le christianisme eût accompli ses destinées, qu'il eût cessé d'être en harmonie avec les besoins de la nature humaine et de répondre à ses sympithies? Ne le croyez pas. Ce qu'on repousse, ce n'est pas le christianisme véritable, mais je ne sais quel système étroit et matériel qui a pris son nom et qui le déshonore ; ce qui meurt , ce n'est pis l'arbre divin, mais l'écorce desséchée qui le recouvre.
Observez l'état des esprits : après une époque de doute, effet inévitable de causes désormais assa connues, ils se sont sentis mal à l'aise dans le vide. 11 faut à l'homme quelque chose de plus que la simple science circonscrite en des bornes qu'on rencontre si vite. Une éternelle aspiration versTinfiol, c'est-à-dire vers la cause à jamais incompréhensible de tout ce qui est , constitue l'instinct religieux impérissable en lui. Cet instinct , réveillé de nos jours au fond des âmes, où il s'était comme endormi passagèrement , les inquiète , les tourmente ; elles éprouvent , dans ce qu'elles ont de plus intime et de plus élevé, une de ces inénarrables douleurs qui saisissent les êtres lorsqu'une des premières lois de leur nature est violée. De là ces tentatives non moins vaines qu'ardentes, ces eiForts inouïs pour créer une religion nouvcllt , comme si l'on créait une religion , comme si la religion n'était pas, tout ensemble, et l'invariable loi et l'énergie vivante qui unit entre eux les êtres créés en les unissant à leur auteur. On a échoué et Ton devait échouer, parce que le christianisme , quelles que soient les apparences contraires, n'a point cessé de dominer les peuples; qu'ils ne peuvent pas plus se séparer de lui (pie se séparer d'eux-m^mes ; (]u'il renferme, et renferme seul , ce qui satisfera les désirs dont ils sont travaillés ; qu'en lui est le principe réel de leur développement futur, aussi bien que celui de leur développement passé; que , dans son essence , exj)ression parfaite des lois de rhuinanilê, l'humanilé ne l'épuisera jamais. Le monde, (jui maintenant semble le méconnaître, reviendra dooc à lui , car c'est lui qui agile le monde : Ve/is agitai 7nolcm,.,
Mais, si les hommes, pressés de l'impérieux besoin de renouer pour ainsi dire avec Dieu , de combler le vide immense que la religion, en se retirant, a laissé en eux , redeviennent chrétiens , qu'on ne s'imagine pas que le christianisme auquel ils se rattacheront puisse être jamais celui qu'on leur présente sous le nom de catholicisme. Nous avons expli(iué pouripioi , en montrant, dans un avenir inévitable et déjà près de nous , le christianisme conçu et l'Évangile interprété d'une manière par les peuples , d'une autre manière par Rome ; d'im cùté le pontificat, de l'autre la race humaine : cela dit tout.
AFFAIRES DE ROME
Ce ne sera rien non plus qui ressemble au protestantisme , système bâtard , inconséquent , étroit , qui , sous une apparence trompeuse de liberté, se résout, pour les nations ^ dans le despotisme brutal de la force, et, pour les individus, dans FégoYsme.
Nul ne saurait prévoir comment s'opérera cette transformation, ou, comme on voudra rappeler, ce mouvement nouveau du christianisme au sein de rhumanité; mais il s'opérera sans aucun doute, et de grandes masses d'hommes j seront entraînées : non par une impulsion soudaine , ce qui ne serait qu'un signe de perturbation passagère. Ce sera d*abord comme un point qu'à peine on apercevra, une faible agrégation dont on se rira peut-être. Peu
à peu ce point s'étendra, cette agrégation se dilatera , on y affluera de toutes parts , parce qu'elle sera un refuge à tout ce qui souffre et dans l'âme et dans le corps ; et l'humble plante deviendra un arbre dont les rameaux couvriront la terre , et sous le feuillage duquel viendront s'abriter les oiseaux du ciel. Voila ce que nous n'bésilons pointa annoncer avec une conviction profonde. Ceux qui se flattent de ramener le genre humain en des voies qui le détournent de son but, se trompent bien dangereusement. Mais il faut que ce qui doit arriver arrive , et que chacun aille où il doit aller. Gloire A Dieu dans les hauteurs des cieux, et paix