BREF DU PAPE
AUX iVÊQDES DE POLOGNE (1).
TinitABUu vaâuM, mut n Bénincnoii wotrougvt.
Nous ayons étéinfèrmé de la misère affreuse dans laqueBe ce. royaume florissant a été plongé Tannée dernière ; nous aTons appris , en même temps , que cette misère avait été causée. uniquement par les menées des malveillants, qui, dans ces temps malheureux , se sont , sous le prétexte de rintérétdela religion, élevés contre la puissance des souverains légitimes , et ont précipité dans un abtme de maux leur patrie, en brisant tous'les liens de la soumission légale. Prosterné devant Tautel du Tout-Puissant, nous, son indigne représentant sur la terre, avons versé des larmes abondantes sur les malheurs terribles qui sont venus fondre sur cette partie du troupeau que la Providence a confié à nos soins faibles, mais dévoués. Dans Thumilité de notre cœur, nous nous sommes efforcé, par nos prières et nos soupirs, d*apaiser la colère du Père des miséricordes , en le suppliant de nous envoyer des consolations par la pacification de votre malheureux pays , déchiré par la guerre civile pour s'être révolté contre Pautorité légitime. A cette époque, vénérables Frères, nous vous envoyâmes un bref pour vous faire savoir que vos malheurs avaient gravement affecté notre cœur: nous voulions ainsi vous consoler et vous raffermir dans vos devoirs , afin que vous défendissiez avec un zèle infatigable la vraie doctrine, et exhortassiez le clergé et les fidèles à la soutenir.
Nous avons appris que des obstacles résultant des circonstances avaient empêché que ce bref ne vous
(I) Nous n'avons pu nous procurer le lexle de ce bref. La IraducUon qui suit est celle que les Jouroaux ont publiée.
parvint. Maintenant qu'afec h grâce de Dieiili tranquillité et Tordre sont rétablia, noot fMsai- Trons de nouveau notre cœur , et noua tous csk^ tons encore plus ▼ifement à ftiire tons tos cMi pour détourner du troupeau qui Toua eal eoBlé ki causes des malheurs passés. Le devoir vouteHie à veiller, avec le plus grand soin, à cequedcsboBmes malintentionnés, des propagateurs de taMi doctrines, ne répandent pas parmi tos troupean k germe de théories corruptrices et meosoDgères. Gn honunes , prétextant leur zèle pour le bien poUk, abusent de la crédulité des gens de bonne fai , qiî, dans leur aveuglement , leur servent dlnstruments pour troubler la paix du royaume, et y renverser Pordre établi. 11 convient que, pour Pavantage et Phonneur des disciples de Jésus-Christ , la perfidie et la méchanceté de pareils prophètes de mensonge soient mises dans leur jour. Il convient de réfuter leurs principes trompeurs par la parole immuable de PÉcriture , et par les monuments authentiquet de la tradition de PÉglisc. Ces sources pures, auxquelles le clergé catholique doit puiser les principes de ses actions et de Penseignement qu*il doit aux fidèles, font voir clairement que la soumission au pouvoir institué par Dieu est un principe immuable, et que Pon ne peut s'y soustraire qu'autant que ce pouvoir violerait les lois divines et de PÉglise. u Que tout homme , dit Papùtre , soit soumis à la puissance établie ; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu. Or, les puissances existantes u sont instituées par Dieu. Ainsi, quiconque leur résiste , résiste à Dieu. Ainsi, il faut se soumettre, non-seulement pour éviter la colère de Dieu, mais u aussi a cause de la conscience. » ( Ép. de S. Paul aux Romains, xiii.) L'apùlre saint Pierre dit aussi: «( Soyez soumis à tout pouvoir humain , pour u Pamour^de Dieu, au prince comme chef suprême, u aux chefs comme étant sesdélégués. Tel estPordre
PIÈCES JUSTIFICATIVES
« que Dieu doBDe , pour rendre muelle Tignorance « des hommes imprudents, n (I. Épltre ii, 15^15.) Les chrétiens de la primitive Église étaient tellement fidèles à ces principes , qu'ils obéissaient aux empe* reurs romains , môme au milieu des terreurs de la persécution , et travaillaient ainsi à la gloire de Fempire. Comme J.-C. , ils ne reconnaissaient d'autre souverain que celui du ciel; ils ne confondaient point le Souverain éternel avec le souverain temporel, et obéissaient au dernier par amour du premier. Les saints Pères ont toujours enseigné cette doctrine, et c*est aussi celle de TÉglise catholique. Ces principes ont guidé les premiers chrétiens; et leurs légions ne se souillaient jamais par la trahison , qui était si commune parmi les troupes païennes. Écoutons ce que dit Tertuilien : « On nous calomnie « auprès de l'empereur ; cependant les chrétiens M s'ont jamais été les partisans d'Albin, de Niger M oude Cassius. 11 n'y a eu d'infidèles que ceux qui, « la veille , avaient juré fidélité devant les dieux du « paganisme, et leur avaient offert des sacrifices, «c au lieu de prières , pour le salut de Tempereur. « Le chrétien ne peut jamais être ennemi. Non- M seulement nous ne sommes pas les ennemis de « l'empereur, mais nous savons, en outre, qu'il est « établi par Dieu, et que nous sommes obligés de le « chérir , de l'honorer et de désirer son bien-être. »
En rappelant cet principes, vénérables Frères, nous ne supposons pas qu'ils tous soient inconnus, et nous sommes convaincu que vous les propagerez avec zèle ; mais nous désirons que ce bref vous serve de preuve de nos intentions à votre égard, et de notre ardent désir que le clergé de votre royaume se distingue autant par la pureté de sa doctrine que par une conduite exemplaire, afin que vous soyez exempts de blâme à tous les yeux. Votre magnanime empereur vous accueillera avec bonté , et entendra nos représentations et nos prières dans l'intérêt delà religion catholique, qu'il a toujours promis de protéger dans ce royaume. Certainement les gens raisonnables vous loueront, et vos ennemis seront forcés à garder le silence.
Dans cette attente, et levant les mains au ciel, nous prions le Dieu tout -puissant de vous enrichir de ses bienfaits célestes , et nous vous exhortons à faire notre joie en vous pénétrant d'un seul sentiment, d'un seul esprit et d'une même concorde. Propagez les bonnes doctrines , veillez au dépôt qui vous est confié , et priez Dieu ! Pour gage de notre sollicitude, nous vous donnons notre bénédiction, ainsi qu'au troupeau confié à vos soins.
Donné à Rome, près l'église de Saint-Pierre, le... juillet 1832, la seconde année de notre pontificat.
SANCTISSIMI DOMINI NOSTRI