LE PAPE GRÉGOIRE XVI
A TOUS LES PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQrSS
ET ÉVÊQOES.
GRÉGOIRE PAPE XVI» DU NOM
VBNBBABLBS PBBBBS, SALUT ET BÉ.ofBDlCTlON APOSTOLIQUR.
Vous VOUS étonnei peut-être que, depuis que la charge de toute l'Église a été imposée à notre faiblesse, nous ne vous ayons pas encore adressé de lettres , comme le demanilaient , et un usage qui re-
PIÈCES justificahyes.
nostra postolasset. Erat id quldem nobis maiimè in votis, ut dilataremua illicè super toi cor nos- Inim, atque in communicalione spiritùs ta vos adloqueremur Toce , qui coofirmare fratret in per» aonâ beati Pétri Jussi fkiimua (1). Yerùm probe nostis , quénam malorum sBrumnarumque procellâ prîmis pontificatAs nostri momentis in eam subite altitudinem maris acti fùerimus, in qui, nisidextera Dei fecisset ?irtutem , ex teterrimi impiorum conspiraiione nos congemuissetis demersos. Refugit animus tristissimâ toi discriminum recensione susceptum indè mœrorem reAricare ; Patrique potiùs omnis consolalionis benedicimus, qui, disjectis perduellibus , praesenti nos eripuU periculo, atque, turbulentissimâ sedatâ teropestate , dédit à metu respirare. Proposuimus illicè Tobiscum communicare consîlia ad sanandas contritiones Israël; sed ingens curarum moles, quibus in conciliandâ pu* blici ordinis restilutione obruti fuimus, moram tune nostr» huic objecit ?oIuntati.
Nova intérim accessit causa silentii , ob fMtiosorum insolentiam , qui signa perduellionis iterùm attollere conati sunt. Nos quidem tantam hominum pervicaciam , quorum effrenatus furor impunitate diuturnâ , impenssque nostrae benignitatis indulgentiâ non deliniri , sed ali potiùs conspiciebatur ; debuimus tandem , ingenti licet cum mœrore, ex collatA nobis divinilùs auctoritale , virgâ compesccrc (2) : ex quo, prout jàm probe conjicere potcstis, operosior in dies instanlia nostra quotidiana facta est.
Ast cùm, quod ipsiim iisdcm ex causis distuleramus , jàm posscssionem ponlificatùs in Lateranensi basilicâ ex more instituloque majorum adiverimus, omni demùm abjectà cunctalione, ad vos properamus , venerabilcs Fralres , tcslemque nostrae erga vos Yolunlalis epistolam damus laelissimo hoc die , qiio de Virginis sanctissimae in cœlum assumptae triunipho solemnia festa peragimus , ut quam patronamac sospitam inter maximas quasque calamitaies persensimus, ipsa et scribentibus ad vos nobis adstct propilia, menlemque nostram cœlesti aiflalu suc in ca inducat consiiia , quae christiano gregi fulura sint quàm maxime salutaria.
Mœrentes quidem, animoque trislitià confeclo venimus ad vos, quos pro vestro in religionem studio, ex tantâ, in quâ ipsa versatur, temporum acerbitate maxime anxios novimus. Verè enim dixerimus ho-
(1) Lue., XXIÏ,32. — (2) ICor., IV, 21.
monte aoz premiert ffmpa,cC notre UieavdlaHe pour TOUS. Un de nos pins ardents déain était de TOUS ouvrir sur-le-champ notre cosur, et, damli communication du même esprit, de vons Mrecatendre celte voli arec laqoelle il nont a élé esn* mandé , en la personne du btenhenreui Pfem, de confirmer nos frères. Hais Yoas saTet aaaei pn quelle tempête de désastres et de donlenrs nsai nous troufâmes , dès Jes premiert moacnis et notre pontificat. Jeté tout i coup dans la harte mer, dans laquelle , si la droite de Dieu ne sTétait signalée , roua nous eussiet tu submergé par Met d'une noire conspiration des méchants. Nonartépagnona i renouveler nos Justes doulcnra psr m triste retour sur tant de périls; et noua plutôt le Père de toute consolation , qui, les coupables, nous arracha à un danger ImmlniBl, cl, en apaisant une eflVi^bie tbnrmenle, nous pnÉ de respirer. Nous nous propoaèmea anHle-eiiBBipée vous communiquer nos vues pour guérir les mbi d'Israël ; mais l'immense todeau d'aflhires dunlawi fûmes accablé pour ménager le rétabliasemmlde Tordre public, apporta quelque r^ard A nsin dessein.
Une nouvelle cause de notre ailencc vint de n^ science des ^tienx , qui s'efforcèrent de kicr an seconde f6is l'étendardMe la révolte. New dlMi enfin, quoique avec une profonde tristesse, mar de l'autorité qui nous est confiée d'ra haut, cl réprimer sévèrement l'extrême opiniâtreté de cm dont la fureur effrénée paraissait non pas adoucie, mais plutôt fomentée par une longue impunité, et par un excès d*indulgence et de bonté de notre part: de la , comme vous avez pu le conjecturer , aolrc tâche et notre sollicitude journalière sont devenues de plus en plus pénibles.
Mais, comme nous avons, suivant l'ancienne coutume, pris possession du pontificat dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran, ce que nous avions différé pour les mêmes causes, nous venons à vous, vénérables Frères , et nous vous adressons cette lettre en signe de nos dispositions pour vous, dans ce jour heureux où nous solennisons le triomphe de TAssomption de la très-sainte Vierge dans le ciel, afin que celle qu*au milieu des plus grandes calamités nous avons reconnue comme patronne et comme libératrice, nous soit aussi favorable au moment où nous écrivons , et que, par son souffle céleste, elle nous inspire les conseils qui peuvent être les plus salutaires au troupeau chrétien.
Ccst avec le cœur percé d*une profonde tristesse que nous venons à vous , dont nous connaissons le zèle pour la religion , et que nous savons fort inquiets des dangers des temps où nous vivons. Nous pouvons dire avec vérité que c'est maintenant ]*beure
rain nnnc esse poieslatis tenebrarum, ad cribrandos, sicut triticum, filios electionis (1). Yerè tuxity et defluxit terra,... infecta ab habitatoHbus sufSy quià transgreesi sunt leges^ mutaverunt jusy dissipaverunt fœdus sempttemum (2).
Loquimur, venerabiles Fratres, qu» vestris ipsi oculis conspicilis, quse communibus idcircô lacrymis ingemiscimus. Alacris exultât improbitas, scienlia împudeDs, dissolutalicentia. Despîcitur sanctitas sacrorum, et qu» magnam vim, magnamque ncces- •itatem possidet, divin! cultt^s majestas ab hominibus oequàm improbatur , polluitur, habetur ludibr io. Sana hïnc peryerlitur doctrina , erroresque omnis generis disseminantur audacter. Non leges sacroram, non Jura, non instituta, non sanctiores quaelibet disciplina tutae sunt ab audaciâ loquentium inîquâ. Yexatur acerrimè romana hsec noslra beatissimi Pétri sedes, in quâ posuit Christus Ecclèsiae llnnamentum ; et vincula unitatis in dies magis la> befectantur, abrumpuntur. Divina Ecclèsiae auctoritas oppugnatur , ipsiusque juribus convulsis , tubslemitur ipsa terrenis ralionibiis , ac per summam injuriam odio populorumsubjicitur, in turpem redacta servitutem. Débita episcopis obedientia infringitur, eorumque jura conculcantur. Personant horrendum in modum academiae ac gymnasia novis opinionum monstris, quibus non occulté ampliùs et cuniculis petitur catholica fides, sed horrificum ac nefarium ei bellum apertè jàm et propalàm infiertur. Institutis enim exemploque prsceptorum , corruptis adolescentium animis , ingens religionis cladeSy morumque perversitas teterrima percrebuit« Bine porrô freno religionis sanctissimae projecto, per quam unam régna consistunt, dominat()sque fit ac robur firmatur , conspicimus ordinis pulilici exitum, labem principatûs, omnisque legilimae potestatis conversionem invalescere. Quae quidem tenta calamitatum congeries ex iliarum in primis conspiratione societatum est repetenda, in quas qiiidquid in hsresibus et in sceleratissimis quibusqae sectis sacrilegum, flagitiosum, ac blasphemum est, quasi in sentinam quanidam, cum omnium sordium concretione confluxit.
lise , Tenerabiles Fratres , et alia complura , et Fortassis etiam grayiora, quae in prsesens percensere loDgum esset, ac vos probe nostis, in dolorecsse noi jubent, acerbo sanè ac diuturno, qiios in cathedra principis apostolorum constitutos zelus uni-
(1) i.U€., XXIf,53 —(2; /*., XXIV. 5.
TOMK II.
de la puissance des ténèbres , pour cribler, comme le blé, les enfants d'élection. Oui, la terre est dans le deuil y et elle périt; elle est infectée par la corruption de ses habitants^ parce qu'ils ont riole les lois, changé les ordonnances du Seigneur, rompu son alliance étemelle.
Nous vous parlons, vénérables Frères, de ce que vous voyez de vos yeux, et de ce dont nous pleurons et nous gémissons ensemble. C'est le triomphe d'une méchanceté sans retenue , d'une science sans pudeur, d'une licence sans bornes. Les choses saintes sont méprisées, et la majesté du culte divin, qui est aussi puissante que nécessaire , est blâmée , profanée, tournée en dérision par des hommes pervers. De là, la sainte doctrine se corrompt, et les erreurs de tout genre se propagent audacieusement. Ni les lois saintes, ni la justice, ni les maximes, ni les règles les plus respectables , ne sont à l'abri des atteintes des langues d'iniquité. Cette chaire du bienheureux Pierre , où nous sommes asxis , et où Jésus-Christ a posé le fondement de son Église , est violemment agitée, et les liens de l'unité s'affaiblissent et se rompent de jour en jour. La divine autorité de l'Église est attaquée, ses droits sont anéantis; elle est soumise à des considérations terrestres, et réduite à une honteuse servitude; elle est livrée, par une profonde injustice, à la haine des peuples. L'obéissance due aux évèques est enfreinte, et leurs droits sont foulés aux pieds. Les académies et les gymnases retentissent horriblement d'opinions nouvelles et monstrueuses, qui ne sapent plus la fol catholique en secret et par des détours, mais qui lui font ouvertement une guerre publique et criminelle : car, quand la jeunesse est corrompue par les maximes et par les exemples de ses maîtres , le désastre de la religion est bien plus grand , et la perversité des mœurs devient plus profonde. Ainsi, lorsqu'on a secoué le frein de la religion par laquelle seule les royaumes subsistent et l'autorité se fortifie, nous voyons s'avancer progressivement la ruine de l'ordre public, la chute des princes, le renversement de toute puissance légitime. Cet amas de calamités vient surtout de la conspiration de ces sociétés , dans lesquelles tout ce qu'il y a eu , dans les hérésies et dans les sectes les plus criminelles, de sacrilège, de honteux et de blasphématoire, s'est écoulé , comme dans un cloaque , avec le mélange de toutes les ordures.
Ces maux , vénérables Frères, et beaucoup d'autres et de plus fâcheux encore peut-être, qu'il serait trop long d'énumérer aujourd'hui, et que vous connaissez très-bien, nous jettent dans une douleur longue et amère, nous que le zèle de toute la maison de Dieu doit particulièrement dévorer , placé que nous sommes sur la chaire du prince des apôtres.
PIÈCES JUSTIFlGAtimS.
Tersa domùt Del comedat pnei csteris, opu8 est. Yerùm cùm eo nos loci positos esse agoascamiiSy qno deplorare dumtaiat innumera htec mala non sufficiat, niai et ea con?elIere pro yûribus connîtamur ; ad opem fidei festne conftigimus, ?estramque pro catholici gregis aalule sollicitudinem adfocamus, TenerabilesFratreSy quorum apectata ?irtus ac relîgio et singularia prudentia et tedula aaaiduitas animot nobts addit , atque in tantA rerum asperîtate afBictoa consolatione suatentat peijucundâ» Noatranim quippè est partium, ?ocem toUere, omttiaque conari , ne aper de ailfâ demoliatur rineam, nere lupi mactent s^regem : noatruro eat, ores m ea dumtaxat pabula compellere, quas aalutarîa iisdem aint, nec yel tenul suspîcione pemîciosa. Abaît, chariasimi, absît, iit,quand6 tantapremantmala, tanta impendeant diserimina , auo détint munerl paatorea , et perculsi metu dimittaut ovea, vel , ab- Jectâ cura gregia, otio torpeant ac deaidîA. Agamua kicircè in unitate apiritùs conununem noatram, aeu ▼erîùa Dei canaam, et contra communea hoatea pro totiua popuU aalute una omnium ait rigilanlia , una contentio.
Id porrè apprimè pr«8tabitia, ai, quod Teatri muneris ratio poatulat, attendalia Yobia, et dootrîn», illod aaaiduë rcTolTcntea animo, tmiversaiem Ecciesfam quâcumque novitate puhari (1), atque ex S. Agathonis poDtifîcis monitu (â) ni/ni de ns, quœ sunt rcgularitcr definitOy minui debere , nihil mutariy nihil adjici y sed ea et verdis et sensibus illibata esse cusiodienda. Immota indè consislet firmitas unitalis , quœ hAc B. Pelrî calhe- (Irâ suo veluli fiindamcnto continclur, ut undè in ecclesias omnes venerandaî communionis jura dimanant, ibi um ver sis et muf^s sU, et securilaSy et portus expers fluctuton, et bonorum thésaurus innumerabilium (3). Ad corum ilaque rctnndcndam audaciam , qui vel jura sanctae Iiujus sedis infringcrc conantur , vel diriinere ecclesiarum cum ipsà conjunclionem , quà unà eaîdem nituutur et vijjent, maximum fidei in eam ac venerationis sincerœ studium inculcale, inclamantes cum S. Cypriano (4), falsà confidere se esse in Ecctesid, qui cathedram Pétri deserat ^ super quam fundata est Ecclesia,
In hoc ide6 elaborandum vobis est , assiduèque
(1) s. cœl est. pp. Ep. XXI ad Eplsc. GaUiar.
(2) S. Agatb. PP. Ep. adJmp. apud. Labb.,l.IX, p.233,cd.Man8l. <Sj S. Innocent.rpp. Ep. XI, apud Constant.
(4) f^.Cypr,d€ unitate Eeelet.
Mala, comme nooa nwwntiataaomqpeJmaecUe é* tuation il ne anffitpaade déplorer deaBauzânoaih breoz , maia que noua devôna noua efforcer de ki arracher autant quTfl eaC en noua, noua reoomm à votre M comme i une aide aalutabe, et uomm appdonaà votre soUcitiide pour le aalntdutroapcai catholique, fénërablea Irèrea, dont la vertu et h religion é|vouTéea , la pmdenee aiognlière et biigilance anidue, noua donnent an nouvencoanii et noua aoutiennent, noua eonaolent et wmi lé^ créent au milieu de drconatiuicea ai dorea et drfr fiigeantea. Car il eat de notre devoir f âever la vrix et dp tout tenter pour que le aang^ier aortt de h férèt ne ravage paa la vigne, et pour que lealaap n'immolent paa le troupeau. Ceat â noua à ne enduire lea brebla que dana dtea pàCbragea qui ior aoient aalutalrea, et qui aolent à Tabri da^laal aoupçon de danger» A Dieu ne plaiae, noa trèadma Frèrea, qu'accablée de tant de maux* et menaeéidi tant de périla, lea paatenra manquent i leur ehm^et que, frappée de crahite, lia abaudonncut liaiû dea brelûa, ou a'endorment dana un lâche wtfmi Déféndona donc, dana r nnRé du même caprit, nabe cauie commune, ou plutôt la cauae de ]Kea,ct réuniasona notre vigilance et noa eSorta cari» l'ennemi commun pour le aalut de tout le prn^
Voua remplirex ce devoir, ai , comme le votre office, voua veillei aur voua et anr la trine, voua rappelant aana ceaae que PÈgÊin verselle est ébranlée par quelque nouveauté qm ce soit, et que, suivant Tavis du pape saint Agalboo, rien de ce qui a été défini ne doit étrt retranché, ou changé ou ajouté, mais qu^Ufauth conserver pur et pour le sens et pour rexpression. Qu*elle soit donc ferme et inébranlable, celle unité qui réside dans la chaire du bienheureux Pierre comme sur son fondement , afin que, là rohne d*oii découlent pour toutes les églises les avantages d*une communion précieuse, se trouvent /Knir An» un rempart, un refuge assuré , un portàtahri des orages, et un trésor de biens sans nombre. Ainsi, pour réprimer Taudace de ceux qui s*effiH^ cent d*cnfreindre les droits du saint-siége ou de rompre l'union des églises avec ce siège, union qui seule les soutient et leur donne la vie, incalquez un grand zèle , une confiance et une vénération sincères pour cette chaire érainente, vous écriant, avec saint Cyprien, que celui-là se flatte faussement d'être dans l'Église , qui abandonne la chaire de Pierre sur laquelle r Église est fondée.
Vous devez donc travailler et veiller sans cesse â conserver le dépôt de la foi au milieu de cette conspiration d'impies que nous voyons avec doulenr avoir pour objet de le ravager et de le perdre. Qne tous se souviennent que le jugement sur la saine
PIÈCES JUSTIFICATIVES
vigilandum , ut fidei depositiim custodiatur in tanlâ faominum impiorum conspiralione , quam ad illud diripieudum perdendumqiie factam lamentamur. Meminerint omnes, judicium de sanâ doctrine, quâ populi imbuendî sunt , alque Ecclesiae univers» regiraen et administrationcm pênes romanum pontificem esse, cui plena pascendiy regendi, el guhemandi nniversalem Ecclesiam potestas à Christo Domino tradita fuiiy uli Patres Florcntini concilii diserte declarârunt (1). Est autem singulorum episcoporum cathedrse Pétri fidelissimè adbaerere , depositum sanctè religiosèquc custodire , et pascere, qui in eis est, gregem Dei. Presbyteri vero subjecti sint, oportet, episcopis, quos tt/Z^inimcp parentes suscipiendos ab ipsis esse , monet Hieronymus (2) : ncc unquàm obliviscantur, se vetustis etiam canonibus vetari, qutdpiam in suscepto iDÎnisterio agere, ac docendi et concionandi munus sibi su mère sine sententiâ episcopi; cujus fidei populus est creditus , et à quo pro animabus ratio exigetur (3). Certum deniquè firmumque sit, eo8 omnes, qui adversiis prsestitutum hune ordinem aliquid moliantur, statum Ecclesiae, quantum in ipsis est , perturbare.
Nefas porrô esset, atque ab eo renerationis studio prorsùs alienura , quâ Ecclesiae leges sunt excipiendae, sancitam ab ipsâ disciplinam, quâ et sacrorum procuratio , et morum norma , et jurium Ecclesi» , ministrorumque ejus ratio continetur , Tesanâ opinandi libidine improbari; vel ut certis juris naturae principiis infestam notari, vel mancam dîci atque imperfectabi , civilique auctoritati sub- Jeclam.
Cùm autem , ut Tridentinorum Patrum yerbis ntamur, constet, Ecclesiam eruditam fuisse à Christo JESU, ejusque apostolis, atque à Spiritu sancto Uli omnem reritatem in dies suggerente edoceri(i)y absurdum plané est, ac maxime in eam iDJuriosum , restaurationem ac rcgenerationem quamdam obtrudi, quasi nccessariam, ut ejus incolumitati et incremento consulatur, pcrindè ac si censeri ipsa possit vel defcctui , vel obscuralioni , ▼el aliis hujuscemodi incommodis obnoxia; quo quidem molimine eo spectant novatores, ut, recen- Hs hutnanœ institutionis Jacianturfundamenta, illudque ipsum eveniat, quod detestatur Cyprianus, m, qua» divina res est , humana fiat Ecclesia (y). Perpendant verù , qui consilia id genus macbinantur, uni romano pontifia, ex S. Leoriis lesli-
(l) Conc.Flor.seM. \\\, In définit, apud. Ubb., lom. XVIII, cel.528, edit. \eiict.
(2} 8. Hlcron. Ep. Il ad Xepol. a, I, 2i.
(3) Kl Cao. Jp. l\x\ 111 , apud Labb., lom. I . pag. 3S, eUll. ■as kl.
(4) Cooc. Trid. «CM. X III, dccr. de Eucharftl In ira m. (S; S. Cypr. Ep, LU. edlt. Baluz.
doctrine dont les peuples doivent être instruits, et le gouvernement de toute TÉglise, appartiennent au pontife romain, à qui la pleine puissance de paître y de régir et de gouverner r Église universelle y a été donnée par Jésus-Christ y comme Pont expressément déclaré les Pères du concile de Florence. C'est le devoir de chaque évéque de s'attacher fidèlement à la chaire de Pierre, de conserver religieusement le dépôt, et de gouverner le troupeau qui lui est confié. C'est un devoir pour les prêtres d'être soumis aux évèques, que saint Jérôme les avertit de considérer comme les pères de leur âme; et ils ne doivent jamais oublier que les anciens canons leur défendent de faire rien dans le ministère , et de s'attribuer le pouvoir d'enseigner et de prêcher, sans la permission de révcqucy ù la foi duquel le peuple est confié y et auquel on demandera compte des âmes. Qu'il demeure donc constant que tous ceux qui trament quelque chose contre cet ordre établi, troublent , autant qu'il est en eux , l'état de l'Église.
Ce serait, sans doute, une chose coupable et tout à fait contraire au respect avec lequel on doit recevoir les lois de l'Église, que d'improuver par un dérèglement insensé d'opinions la discipline établie par elle, et qui renferme l'administration des choses saintes,' la règle des mœurs, et les droits de l'Église et de ses ministres; ou bien de signaler cette discipline comme opposée aux principes certains du droit de la nature , ou de la présenter comme défectueuse, imparfaite, et soumise à l'autorité civile.
Comme il est constant , pour nous servir des paroles des Pères de Trente , que l'Église a été instruite par Jésus-Christ et ses apôtres y et qu- elle est enseignée par l'Esprit saint qui lui suggère incessamment toute vérité, il est tout à fait absurde, et souverainement injurieux pour elle, que l'on mette en avant une certaine restauration et régénération comme nécessaire pour pourvoir à sa conservation et à son accroissement ; comme si elle pouvait être censée exposée à la défaillance, à l'obscurcissement, ou à d'autres inconvénients de cette nature. Le but des novateurs*, en cela, e%iàe Jeter les fondements d'une institution humaine récente, et de faire, ce que saint Cyprien avait en horreur, que l'Égli-se , qui est divine, devienne tout humaine, Que ceux qui forment de tels dessein, considèrent bien que c^^Xau seul pontife romain , suivant le témoignage de saint Léon , que la dispensation (les canons a été confiée y et qu'il lui ajq>artient à lui seul, et non à un particulier, de prononcer sur les règles anciennes y etainsis,
PIÈGES JUSTIFICATIVES
monio, cananum diêpêmaHomem esse credHam^ ipnosque dumtaxat esse, non verè privatî homînis, de paiemarum reguUs sanciionum çuHfyiam decef'fure , atque îtâ , quemadmodùm scribit S. Geiasîus (1), décréta canomtm iîàrare, decesêorumque prœcepta metin, ui cm» nécessitas tempofmm restaurandis ecciesiis relaxanda deposcitf adhibitd considerationê di^enti, temr perentmr.
Bleautem Tcstram volumus exdlaUm pro relîgione eonsUnliam adversùs todissimam in clericalen coelîbatum conjurationem, quamnostisefferrescere in dies laliùs, connitenlibus cum perdîlissimis nostri œvi pbilosophis nonnullis eliam ex Ipso ecclesiastico ordine, qui persone obliti, manerlsque SQi,ac blandittis abrepti voluptatum, eo licencia prorupenint , ut publicas etiam atque iteratas aliquibus in locis ausi sint adbibere prlncipibus pos» tulallones ad disciplinam iUam. sanclissimam per» fringendam. Sed piget de turpissimis hisee conatibus longo Tos sermone distinere, festreque potiùs reliçioni fidentes committimusi ut legem maxlmî momenti, in quam lasciTienlium tela undiquë sunt intenta, sarlam tectam custodiri, vindicari, defendi, ex sacrorum canonum praescripto , omni ope conlendatis.
Honorablle deindè christianorum connubium, quod sacramenhim magnum nuncupa?it Paulus
in ChristoetEcclesià (S), communes nostras curas ifflagitat, ne quid adversùs ipsius sanctitatem, ac (le indissolubili ejusdem vinculo minus rectè senliatur, vcl tentelur, induci. Impensè id jàra commendârat suis ad vos litleris fclicis recordationis praBdecossor noster Pius Vill ; adhùc taraen infesta cidem molimina succrcscunt. Docendi itaque sunt sedulèpopuli, nialrinionium semel rite initum dirimi ampliiis non possc , nexisque connubio Deum indidisse pcrpetuam vita; socletatem, nodumquenecessitudinis, qui exsolvi, nisi morte, non possit. Mcmores sacris illud rébus adnumerari, et Ecclesia; proindè subjici , prxstitutas de ipso ejusdem Ecclesiae leges habeant ob oculos , iisque pareant sanctè, accuratèque, ex quaruni exccutione omninô pendel ejusdem connubii vis , robur, ac jusla consocialio. Caveant, ne quod sacrorum canonum placilis, couciiiorumquedecretis officiai, ullâ ralione adniittant, probe çnari , cxitus infelices ilia babilura esse conjugia quie vel adversùs Kcclesiae discipliuam, vel lion ]>ropilialo priùs Deo, vcl solo xstu Libidinis jungautur, ({uin de sacramento. ac de mysteriis, ({ua; illo significantur, idla tcneat sponsos cogitatio.
^i; s. GGlasiutPP. In Ep ad Epttcop. Lucantœ. \1) y4df£ebr.,Xnï,A.
eommt VéctitmitùiGfSas»9àepê9»rl$sdiGrHsiÊ$ canons f et d'apprécier tes rifff§$meniê dêsespré^ décesseurSf panr tea^térer, après tut swsmm canvenaMs, ceusausf^fdslm néesssMdmkaips et PinêMt des ^Uses dàmamâsni fusiqnss < cissements.
Noos TOuIoDi id exeiter TOire xHe poorltNigf on contre une ligne bontenae fomée A Végiet éi célibat ecclésiastiqiie, ligne que fous wvei s^^gitar et 8*ëtendre de plut en pins; qpielqoea ceeiMiitiques Joignant pour cda leurs cftarU A eenx ta philosopbes corrompnt de noire tiède, onfelal leur caractère et leurs deroirt, et te Witaaltiln^ ner par TappAt det Toloptét Jutqa*A ce potaldc licence, qnlls ont osé en quelques Ueni aux princes det prièret paUfqQcs léilén anéantir cette tainte dltdplîDe. Malt il nout etîpé> nible de ? out entretenir loogtempt de cet I tentatifet, et nout nout conilont pinlM tur religion pour ? out charger de conterrer, de nageti de défendre de toutet ? ot Ibreet , talTtutiet riglii det taintt canont, une loi tî importaole, et est laquelle let traitt det libertine tont dirigés de liUki partt.
L'union honorable det chrétiens , que stiat tal appelle un grand sacrement en Jésus^Christ et dans V Église y demande nos soins communs pour empêcher qu*on ne porte atteinte, par des opinioBS peu exactes, ou par des efiForts et des actes, à la sainteté et à l'indissolution du lien conjagil. Pie Ylii, notre prédécesseur d*heureuse mémoire, vous Tavait déjà instamment recommandé dans ses lettres ; mais les mêmes trames funestes se renouvellent. Les peuples doivent donc être instruits avec soin que le mariage une fois contracté suivant les règles ne peut plus être rompu , que Dieu oblige ceux qui sont ainsi unis à Tëtre toujours, et que ce lien ne peut être brisé que par la mort. Qu'ils se souviennent que le mariage , faisant partie des choses saintes, est soumis par conséquent à l'Église; qu'ils aient devant les yeux les lois faites par rÉglise sur cette matière , et qu'ils obéissent religieusement et exactement à celles de l'exécution desquelles dépendent la force et la vertu de l'alliance conjugale. (Qu'ils prennent garde d'admettre, sous aucun rapport , rien de contraire aux ordonnances des saints canons et aux décrets des conciles, et qu'ils se persuadent bien que les mariages ont une issue malheureuse quand ils sont formés contre la discipline (le rÉglise, ou sans avoir invoqué Dieu, ou par la seule ardeur des passions, sans que les époux aient songé au sacrement et aux mystères qu'il signifie.
Alteram nunc persequimur causam malorum uberrimam , quibus afflictari in praesens comploramus Ecclesiam, indifferentismum scilicet, seu pravam illam opinionem , quœ improborum fraude tx ODQDi parte percrebuit, quâlibet fidei professione aeternam posse animae salutem comparari , si mores ad reeti bonestique normam exigantur. Al facili sanè negotio in re perspicuâ, planèque evidenli, errorem exitiosissimum à populis vestrae cur» coocreditis propellelis. Admonente enim apostolo (1) , unum esse Deum, unam fidem, unum baptisma, extimescant , qui è religione quâlibet palere ad portum beatitudiois adilum comminiscuntur, reputentque animo ex ipsius Servatoris testimonio , esse se contra Christum, quià cum Christo non suni (2), seque ioMiciter dispergere , quià cum ipso non colllgUDt , ideèque absque dubio œtemum esse périturos, nisi teneant cathoUcam fidem, eamque mtegraniy inviolatamque seî^averint (3). Hieronymum audiaot, qui, cùm in très partes schismate scissa esset Ecclesia , narrât , se tenacem proposili, quand6 aliquis rapere ipsum ad se nitebatur, constanter clamitasse : Si cathedrœ Pétri jungilur^ meus est (4). Falsd autem sibi quis blandiretur, quod et ipse in aquâ sit regeneratus. Opportune enim responderet Auguslinus (5) : Ipsam formam habet etiam sarmentum, quod prœcisum est de vite : sed quid illi prodest formai si non vivit de radice?
Atque ex hoc putidissimo indifferentismi fonte absurda illa (luit ac erronea sententia , seu potiùs deliramentum , asserendam esse ac vindicandam cuilibet libertatem conscieniiœ. Cui quidem pestilentissimo errori viam slernit plena illa , atque immoderata libertas opinionum, quae in sacrae et cÎTilis rei labem latè grassatur, dictantibus per summam impudentiam nonnullis, aliquid ex eâ commodi in reiigionem promanare. At quœpejor mors animœ , quàm libertas erroris ? inquiebal Auguslinus (6). Freno quippè omni adempto, quo homines contineantur in semitis veritatis , proruenle jàm in praeceps ipsorum nalurâ ad malum inclinalâ , verè apertum dicimus puteum abyssiÇl)^ è quo vidit Joannes ascendere fumum , quo obscuratus est sol, locuslis ex eo prodeunlibus in vastilatem terrœ. Indèenim animorum immutationes , indè adolescentium in détériora corruptio , indè in populo
{\)jidEphe*f IV, 5 — (2)Zuc., Xl,23.
(3) JCrmfr. S. jilhanas.
j4j 8. Hier. Ep. LViii.— (5) 8. Aug. in Ptal. contra part. Donat
(«î, S. Aug. Kp- CLXVI. — (7; ^poc,, IX, 3.
Nous 'arrivons maintenant à une autre cause des maux dont nous gémissons de voir TEglise affligée en ce moment , savoir , à cet indifférentisme ou cette opinion perverse qui s*est répandue de tout c6té par les artifices des méchants, et d'après laquelle on pourrait acquérir le salut éternel par quelque profession de foi que ce soit , pourvu que les mœurs soient droites et honnêtes. 11 ne vous sera pas difficile , dans une matière si claire et si évidente , de repousser une erreur aussi fatale du milieu des peuples confiés à vos soins. Puisque Tapôtre nous avertit quY/ n'y a qu'un Dieu, une foi, un baptême, ceux-là doivent craindre qui s'imaginent que toute religion offre les moyens d'arriver au bonheur éternel; et ils doivent comprendre que , d'après le témoignage du Sauveur môme, ils sont contre le Christ, puisqu'ils ne sont point avec lui, et qu'ils dissipent malheureusement , puisqu'ils ne recueillent point avec lui ; et , par conséquent , qu*?/ est hors de doute qu'ils périront étemellemenl , s'ils ne tiennent la foi catholique , et s'ils ne la gardent entière et inviolable. Qu'ils écoutent saint Jérôme , qui , dans un temps où l'Église était partagée en trois par un schisme , raconte que , fidèle à ses principes , il avait constamment répondu à ceux qui cherchaient à l'altlrer à leur parti : Si quelqu'un est uni à la chaire de Pierre, je suis avec lui. Ce serait à tort que quelqu'un se rassurerait , parce qu'il a été régénéré dans les eaux du baptême ; car saint Augustin lui répondrait à propos : Un sarment coupé à la vigne conserve encore la même forme ; mais à quoi lui sert cette forme s'il ne vit point de sa racine ?
De cette source infecte de \ indifférentisme découle cette maxime absurde et erronée ^ ou plutôt ce délire , qu'il faut assurer et garantir à qui que ce soit la liberté de conscience. On prépare la voie à cette pernicieuse erreur par la liberté d'opinions pleine et sans bornes qui se répand au loin pour le malheur de la société religieuse et civile , quelquesuns répétant avec une extrême impudence qu'il en résulte quelque avantage pour la religion. Mais, disait saint Augustin , qui peut mieux donner la mort à rame que la liberté de l'erreur? En effet, tout frein étant ùté qui pût retenir les hommes dans les sentiers de la vérité , leur nature inclinée au mal tombe dans un précipice ; et nous pouvons dire avec vérité que le puits de l'abime est ouvert, ce puils d'où saint Jean vit monter une fumée qui obscurcit le soleil, et sortir des sauterelles qui ravagèrent la terre. De là le changement des esprits, une corruption plus profonde de la jeunesse , le mépris des choses saintes et des lois les phis respectables répandu parmi le peuple, en un
PIÈGES JUSTIFIGATIVBS.
•acroram, rerumque, «c kgum sanctissimarum conlempUis , indè uoo ?erbo pestis rei publics pr» quàllbet capitalior, cùm experientiâ teste rel à primé antiquitate ootum ait, cîTitatea, que opibua, imperio, gloriâ floruère, hoc udo malo concîdiase, libertate immoderatâ opinîonum , llcentiâ concio* nuniy rerum nofandaruni cupiditate.
Hùc spectat deterrima illa, ac nunquàin satia eisecrandra et detestabîlis libertat artis librariae ad acripta quelibet edenda io fulgus , quam tanto conricio audent nonnulli eiilagitare ac promorere. Perhorrescimui, feneralûlesFratres, intuentea, quibus monatris doctrinanim , aeu potiùa quibus erronim portentis obruamur , qu» longé ac latè ubiquè disseminaotur iDgenti Hbrorum multiludine , libelUsque , et scriptis mole quîdem exiguis, malitiâ tamen permagnis, è quibus maledictionem egressam illacrymamur super fociem terr». Sunt tamen , proh dolori qui eo impudent!» abripiantur, ut asserant pugnaciter banc errorum colluviem indè prorumpentem satis cnmulatè compenaari ex llbro aliquo , qui in hâc tant! pravilatum tempestate ad religîonem ac reritatem propugnandam edatur. Neftis proféctèest, omnique jure improbatum, patrari daté opéré malum certum ac majus, quiâ spes sit, indè boni aliquid habitum iri. Numqnid Tenena Uberè spargi , ac publiée Tcndi , comportarique , im6 et obbibi debere, sanus quis dixerit, quod remedil quidpiam habeatur, quo qui utuntur, eripi eos ex interitu identidem conlingat?
Veriim lonçè alia fuit Ecclcsiae disciplina in ex> scindendà malorum librorum |)este vel apostoloriim ietate, quoslegimus grandem librorum vim publiée combussisse (1). Salis sit, leges in concilio Lateranensi V in eam rem datas perlegere , et conslitutioncm , quae deinceps à Leone X fel. rec. praîilecessore nostrofuit édita, ne idquodadfideiaugmentuniy ac honarum artium pf^opagationetn saluhriter cal inrcnium , in contrarium convertatur , ac Christi fidelium saliili detrinientum pariât (2). Id quidem et Tridcnlinis Patribus maxima; curae fuit, qui remcdium tanto liuic malo adhibuère, cdito saluberrimo decreto de indice librorum , quibus impura doctrina contineretur, conficiendo (5). Pugnandum est acriter, inquit Clemens XIII,
(1) Acl.Àposl.f XIX.
(2) Act. coiic. Lalcran. V, scjj». X, iibl rcfortiir onsl. I.conls X. Lcgciida estaiilcriur coiii>lilulio Alexaiidt'l VI, Inler muUipliccs, iii quâ muUa ad rem.
<V Conc. Tria. »cs». xvm cl XXV.
mot le fléau k plus mortel pour la apeiété, priique Texpérience a Hit fofar lie Coule antiqQîiéfBe les États qui ont brillé par leora richesses, fir leur puissance, par leur gloire, ont péripsrci aeul mal, la Uberté immodérée des opiBioai,li licence des dncours et.Famour des noufeantés»
Là se rapporte cette liberté ftiiieste»e| dont sa ne peut aroir assex d'horreur, la liberléde la Kbrairie pour publier qudqne écrit. que .ee.asi, liberté que quelques-uns osent solUcîtar et arec tant de bruit et d^ardeur. Noua smumes^ f anté , fénérables Frères, en considérant de ^Mlks doctrines ou plutôt de quelles erreurt moniIrucMi nous sommes accablés, et en Toyant qu'cfies se propagent au loin et partout, par une aanitliuér de Ûrres et par des écrits de toute aorte, qui peu de chose pour le rolume, mais qui aont plis de malice, et d*oà il sort une maiédiciion qai, nous le déplorons, se répand aur la fonde la toit. Il en est cependant , 6 douleur! qui ae laissent entraîner i ce point d'Impudence , qu'ils aouHcnomt opiniâtrement que le déluge d'erreora qui aort dt là est assex bien compensé par un lifre qui,-* milieu de ce déchaînement de perreraité , psnltrait pour défendre la religion et la férité. Or, cM certainement une chose illicite , et cootraireâlouki les notions de l'équité , de iUre, de dessein prén^ dite, un mal certain et plus grand, parce qnlljri espérance qu'il en résultera quelque bien* Qnd homme en son bon sens dira qu'il faut laîMcr se répandre librement des poisons, les fendre et transporter publiquement, les boire même, parce qu'il y a un remède tel , que ceux qui en usent parviennent quelquefois à échapper à la mort ?
La discipline de rÉ(jlise fut bien différente dès le temps même des apôtres, que nous lisons avoir fait brûler publiquement une grande quantité de mauvais livres. Qu*il suffise de parcourir les lois rendues sur ce sujet dans le cinquième concile de Latran , et la constitution qui fut, depuis, doonée par Léon X , notre prédécesseur d'heureuse mémoire, pour empêcher que ce qui a été' sagement invente pour l'accroissement de la foi et la propagation des sciences utiles soit dirigé dans un but contraire y et porte préjudice au salut des fidèles. Ce fut aussi l'objet des soins des Pères du concile de Trente , qui, afin d'apporter le remède à un si grand mal , firent un décret salutaire pour ordonner de rédiger un index des livres qui contiendraient une mauvaise ûocir'me. Il /au t com' battre avec force , dit Clément XllI , notre prédécesseur d'heureuse mémoire, dans ses lettres encycliques sur la proscription des livres dangereux;
PIÈCES JUSTIFICATIVES
fel. rec. praedecessor nostcr , in suis de noxiorum libronim proscriptione'encyclicis litteris {i)ypug' nandum est acriter y quantum res ipsa efflàgitaty etprotnribus tôt Ubrorum mortifera exterminanda pemicies : numquàm enim materia subtrahetur erroris , nisi pravitatis facinorosa elementa in flammis combusta depereant. Ex hâc itaque constant! omnium aetatum soliiciludine , quâ semper sancta haec apostolica sedes suspectos et noxios libros damnare, et de hominum manibus extorquere enisa est , patet luculentissimè , quantoperè ialsa , temeraria , eidemque apostolicae sedi injuriosa , et fecunda malorum in christiano populo îngentium sit illorum doctrina , qui nedùm censuram libronim vëluti grayem nimis, et onerosam rejiciunt , sed eo etiam improbitatis progrediuntur , ut eam praedicent à reeti juris principiis abborrere , jusque illius decernendae habendaeque audeant Ecclesiae denegare.
Cùm autem cfrcumiatis in vulgus scriptis doctrinas quasdam promulgari acceperimus, quibus débita erga principes fidesatque submissio labefaclatur , facesquc perduellionis ubiquè incenduntur ; caTendum maxime crit, ne populi indè decepti à recti semila abducantur. Animadverlant omnes, non esse y juxta apostoli monitum , potestatem nisi à Deo : guœ autem sunt, à Deo ordinata sunt. itaque qui resistit potestati , Dei ordinationi reêistity et qui resistunt, ipsi sibi damnationom acquirunt (2). Quocircâ et divina et humana jura in eos clamant , qui turpissimis perduellionis seditionumque machinationibusà fide in principes dosciscere , ipsosque ab imperio dcturbare conniUintur.
Âtque ht'^c plané ex cuusd , ne tantâ se turpiludinefœdarent vcteres christiani, sœvientihns licel persecutionibus, optimc tamen eos de impcratoribus, ac de imperii incolumilatc meritos fuisse constat , idque nedùm fidc in ils , qiiir sihi mandabantur religion! non contraria , accuratc promptèquc perficiendis, sed et constanti«1, et effuso eliam in pi^a;liis sanguine luculentissimè comprohasse. Miiiles christiani, ait S. Auguslinus (3) , seî^rlenmt imper aiori infideli ; ubi venicbatur ad causam Christi, non agnoscebant , nmilluin , qui in cœlis erat. DistinguebantDomin um œtcrnum à dom ino tempo rail , et tamen subditi eraîit proptcr Domfnum œternum etiam domino tempo rai i, Ha;c quidem sil)i ob oculos proposuerat 31aurilius martyr invictus, legionis tbebanx primicerius, quandè , uli S. Eucberius refcrt, ha;c res|)ondit imperatori (î) : Milites sumus, imperalor, lui, sed ta-
(1) LUI. CIcm. XIII, Chrtstiance, 25 nov. 1760.
(2) jéd nom., XIII, 2.
(3) 8. AUff. in Psalm. CXXIV, n. 7.
C4) S. Euclicr. apud Ruiuart. Act. SS. siM. <le ss. Uaiirit. et S0C.I n. 4.
il faut combattre avec force, autant que la chose le demande , et tâcher d'exterminer cette peste mortelle : car jamais on ne retranchera la matière de l'erreur qu'en livrant aux flammes les coupables éléments du ?nal. D'après celte constante sollicitude avec laquelle le saint-siége s'est efforcé dans tous les temps de condamner les livres suspects et nuisibles , et de les retirer des mains des fidèles , il est assez évident combien est fausse , téméraire , injurieuse au saint-siége , et féconde en maux pour le peuple chrétien, la doctrine de ceux qui non-seulement rejettent la censure des livres comme un joug trop onéreux , mais en sont venus à ce point de malignité qu'ils la présentent comme opposée aux principes du droit et de la justice , et qu'ils osent refuser à l'Église le droit de l'ordonner et de l'exercer.
Comme nous avons appris que des écrits semés parmi le peuple proclament certaines doctrines qui ébranlent la fidélité et la soumission dues aux princes, et qui allument partout les flambeaux de la révolte, il faudra empêcher avec soin que les peuples ainsi trompés ne soient entraînés hors de la ligne de leurs devoirs. Que tous considèrent que, suivant l'avis de Vapùirc, il n'g a point de puissance qui ne vienne de Dieu. Ainsi celui qui résiste à la puissance, résiste à V ordre de Dieu, et ceux qui résistent s'attirent la condamnation à eux-mêmes. Ainsi , les lois divines et humaines s'élèvent contre ceux qui s'efforcent d'ébranler, par des trames honteuses de révolte et de sédition , la fidélité aux princes, et de les précipiter du trône.
C'est pour cela, et afin de ne pas contracter une si honteuse souillure, que les premiers chrétiens, au milieu de la fureur des persécutions, surent cependant bien servir les empereurs, et travailler au salut de l'empire, comme il est certain qu'ils le firent, lis le prouvèrent admirablement , non-seulement par leur fidélité à faire avec soin et promptitude ce qui leur était ordonné, et ce qui n'était point contraire à la religion, mais encore par leur courage, et en répandant même leur sang dans les combats. Les soldats chrétiens , dit saint Augustin, servaient un empereur infidèle ; mais , s'il était question de la cause de Jésus-Christ, ils ne reconnaissaient que celui qui est dans les deux. Ils distinguaient le Maître éternel du maitre temporel, et cependant ils étaient soumis , pour le Maître étemel même , au maitre temporel. C'est ce qu'avait devant les yeux l'invincible martyr 3Taurice, chef de la b'gion Ihébaine, lorsque, comme le rapporte saint Eucher, il répondit à l'empereur : JSous sommes vos soldats, prince ; mais cependant serviteurs de Dieu, nous l'avouons libre-
mm êêTPif qmod ttèerè eamftiemmr, Deil.i Bi nune nom moi hœc miiima Piiœ neceaêiîaê in re^ beilhmem cœgit : tenenm» ecce arma, ei nom rtêtêUmuê, quià mori quàm occidere saiiés vo» iumuê. QuK qaidem ▼eterum christianonim io principes fidet eo etiam îllùstrior effulget, si perpendatur cum Tertulliano (1) , tune tempori^ chrisUanis non defmiêse vim numerormmj et copia-rum j 9i hostes exertoê agere volmssent. ffestemi oumuêf inquit ipae , ei vestra omnia in^levimus, uràeSf insulaSf casteilaf municipia, concilia' àuki , castra ipsa , iriàusy decunas, paiatium^ oenaium, fbrmm... Oui bello non UÎonêij non jprompii /kissemuêf etiam impares copiis, qui tàm iiàenier tmcidamurj sinon apud istam disdpiinam magis occidi liceret, quàm ocddsre!... Si tanta vis hominum in aiiquem oT" àis remotisinum abrupissemus à vobiSj suffkdisset utiqué pudore dominationem vestram tôt quaiiumcumque amissio dvium , imà si ipsà destitutions punisset Procul duàio espaviûeiis ad solitudinem vestram;..^ qurnsissetis, qu^us imperareiis; phêres hostes quàm cites vobis renumsissent : nunc autem pentciores hostss habetis prœ muUitudine càrisHanorum.
Prttclara luec inunobilis tutijectionis in principes «xempla , que ex sanctissimis Christian» rellgionis praeceptis necessariô proflciscebantur, deteslandam illorum insolentiam, et improbitatetn conderanant, qui , projectà effrenatâque procacis libertatis cupidilate œstuautes , loti in eo 8unt , ut jura quaetiue principatuum labefactent, alque conveilant, servitutem sub libertatis specie populis illaturi. Hùc sanè scelestissîma deliramenta, consiliaque conspirArunt Waldensium , Beguardorum , Wiclefitaruin aliorumque hujusmodi fiiiorum Belial, qui humani generis sordes ac dedecora fuère , merilô idcirco ab aposlolicâ hâc sede toties anathemale confixi. Ncc alià profecto ex causa omnes vires intendunt veteratores isti, nisi ut cum Luthero ovantes gratulari sibi possint, liberos se esse ab omnibus : quod ut faciliùs celeriùsque assequantur , flagiliosiora quaelibet audacissiinè aggrediuntur.
Neque Isetiora et religioni et principatui ominari possemus , ex eorum votis , qui Ecclesiam à regno separari , mutuainquc impcrii cum sacerdutio concordiam abrumpi discupiunt. Constat quippè, pertimesci ab impudentissimac libertatis amatoribus concordiam illam, quae semper rei et sacrae et civili fausta extilit ac salutaris.
CI) Terliill. iu Jpolog., cap. xxwu.
PliCES JUSTIFICATIVIS.
memi... Si mtaimtomami màmê iê damgor oà nous sommés do perdre ta vie momouê pousse psMi la révoUe; mous avons dss armes, si nous m rMstons poini, parcs que noms aùmoms mims mourir quo de iuor. Cette fidélité des aHcimi chrétiens Mlle afee bien plos d'éclat, si on !»• marque » afcc Tertullien, qu'alors les chréticBS m manquaient ni par le memtref ni par Is/bm, s'ils eussent voulu se monireremmomisdikBrés. « Nous ne sommes que d'hier, dit4l, et noitt r»plissons tout , Tos filles, fos Iles , vos' farts, tss municipes, ¥os assemUées , tos campa, voa tribm, ¥os déôiries , le palais, le sénat, le fforam... Giah bien n'aurions^nous pas été disposée et prompisl ftiire la guerre, quoique a?ee dea forcée Inépliii nous qui nous laissons égorger ai TokMMlers, î notre religion ne nous oUigcait ptulôl à JBÉmir qu'à tuer !••• SI nous nous hissions aéparéada fi8% si une si grande masse d'hommes ae fltt nlMi dans quelque partie éloignée du monde, la pertede tant de citoyens, quels qu'Us soient, eût eoufcrtdt conAision fotre puissance, l'eût poule mèrnsf ce seul abandon. Sans doute tous eosaiei été épaa- ▼antés de rotre aolitude ;... tous euaslei cherché 1 qui commander; il tous serait reaté plus cPeaMaéi que de citoyens : maintenant tous aTei BBolnsd*CBnemis, i cause de la multitude dea dirétiena«^»
Ces beaux eiemples de soumission luTioUile aai princes , qui étaient une suite nécessaire des sshU préceptes de la religion chrétienne , condamnent h détestable insoleuce et la méchanceté de ceux qui , tout enflammés de Tardeur immodérée d*une liiwrté audacieuse , s'appliquent de toutes leurs forces â ébranler et à renverser tous les droits des puissances , tandis qu'au fond ils n'apportent aux peuples que la servitude sous le masque de la liberté. Cest là que tendaient les coupables rêveries et les dessaos des Vaudois , des Béguards , des Wicléfites et des autres enfants de Bélial , qui furent Técume et l'opprobre du genre humain , et qui ont été pour cela si souvent et si justement frappés d'anathèroe par le siège apostolique. Ces fourbes, qui travaillent pour la même fin , n'aspirent aussi qu'à pouvoir se féliciter avec Luther d'élre libres à regard de tous; et, poury parvenir plus facilemcnletplus vite, ils tentent audacieusemenl les entreprises les plus criminelles.
Nous n'aurions rien à présager de plus heureux pour la religion et pour les gouvernements, en suivant les vœux de ceux qui veulent que l'Église soit séparée de l'État , et que la concorde mutuelle de l'empire avec le sacerdoce soit rompue. Car il est certain que cette concorde , qui fut toujours si favorable et si salutaire aux intérêts de la nation et à ceux de Fautorité civile, est redoutée par les partisans d'une liberté effrénée.
Al ad caBteras accrbissimas causas , quibus sollicilisumu8,et in communi discrimine dolorequoJam angîmur prœcipuo , accessére consociationes qiiaedara , statique cœtus , quibus , quasi agmine faclo cura cujuscumque eliam falsae religionis ac cullûs sectaloribus, simulatâ quidem in religionem pietate, verè tamen novitatis , seditionumque ubiquè proraovendarum cupidine, libertas omnis generis prxdicatur, perlurbationes in sacram et civilem rem excilanlur, sanctior quaelibet auctoritas discerpitur.
H9GC perdolenli sanè animo, fidentes tamen in £o quiimperat ventisct facit tranquillitatem, scribimus ad vos, venerabiles Fratres, ut induti scutum fidei contendatis pneliari strenuè praelia Domini. Ad vos potissimùm pertinet stare pro muro contra omnem altiludinem extollentem se adversùs scientiam Dci. Exerite gladium spirilûs, quod est verbum Dei , habeantque a vobis panem , qui esuriunt juslitiam. Adsciti , ut sitis cuUores navi in vincâ Domini , id unum agite , in hoc simul laboralc , ut radix quaelibet amaritudinis ex agro vobis commisso evellatur, omnique enecato semine viliorum , convalescat ibi seges laeta virtulum. £os in primis affectu paterno complexi, qui ad sacras praesertim disciplinas, et ad philosopbicas qnaesliones animum appulèrc, hortatores, auctoresque iisdem sitis, ne solius ingenii sui viribus freti imprudenter à veritalis semità in viam abeant impiorum. Meniincrint, Deum esse sapieti" Uœ duceffiy emendatoremque sapientium (1), ac fleri non posse , ut sine Deo Deum discamus , qui per Verbum docet homines scire Deum (2). Superbi, seu potiùs insipienlis hominis est, fidei mysteria, quae exsuperant omnem sensum, humanis examinare ponderibus, nostraeque mentis rationi confidere , quae naturae humanae condilione debilis est, et infirma.
Cxterùm, communibus biscevotis proreietsacrae et publicae incolumitate , charissimi in Chrislo filii nostri viri principes suA faveant ope et aucloritate , quam sibicollatam considèrent non solùm ad mundi regimcn, scd maxime ad Ecclesiae praesidium. Animadvertant seduiô , pro illorum imperio et quiète geri, quidquid pro Ecclesiae sainte laboratur; imo pluris sibisuadeant fidei causam esse debcre quàm regni, magnumque sibi esse perpendant (dicimus cum S. Leone pontifice), si ipsorum diadcniati de manu Daniini ctiam fidei addatur corona , Po-
(i; Sap.y Vir,I5.
(2) S. IreiiKU», //6. IV, cap. \.