‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 200 sur 226 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Aux autres causes d'amertume et d'inquiétude qui nous tourmentent et nous affligent principalement dans le danger commun , se sont jointes certaines associations et réunions marquées, où Ton fait cause commune avec des gens de toute religion, et nièine des fausses , et où , en feignant le respect pour la religion, mais vraiment par la soif de la nouveauté, et pour exciter partout des sétlitions, on préconise toute espèce de liberté, on excite des troubles contre le bien de TÉglise et de l'État, on détruit l'autorité la plus respectable.

C'est avec douleur sans doute, mais aussi avec confiance en Celui qui commande aux vents et ramène le calme , que nous vous écrivons tout ceci , vénérables Frères, afin que, vous couvrant du bouclier de la foi , vous vous efforciez de combattre courageusement pour le Seigneur. C'est à vous surtout qu'il appartient de vous montrer comme un rempart contre toute hauteur qui s'élève en opposition à la science de Dieu. Tirez le glaive de l'esprit qui est la parole de Dieu , et que ceux qui ont faim de la justice reçoivent de vous le pain de cette parole. Appelés à être des ouvriers diligents dans la vigne du Seigneur, ne songez , ne travaillez tous ensemble qu'à arracher du champ qui vous est confié toute racine amère , à y étouffer loute semence vicieuse, et à y faire croître une moisson abondante de vertus. Embrassant dans votre affection paternelle ceux qui s'appliquent aux sciences ecclésiastiques et aux questions de philosophie , exhortez-les fortement à ne pas se fier imprudemment sur leur esprit seul, qui les éloignerait de la voie de la vérité et les entraînerait dans les routes des impies. Qu*il$ se souviennent que Dieu est le guide de la sages te et le réformateur des sages y et qu'il ne peut se faire que nous connaissions Dieu sans Dieu , qui apprend par son Verbe aux hommes à connaître Dieu. C'est le propre d'un orgueilleux , ou plutôt d'un insensé , de peser dans une balance humaine les mystères de la foi qui surpassent toute intelligence , et de se fier sur notre raison , qui est faible et débile par la condition de la nature humaine.

Que nos très-chers fils en Jésus-Christ les princes favorisent , par leur concours et leur autorité , ces vœux que nous formons pour le sahit de la religion et de l'État. Qu'ils considèrent que leur autorité leur a été donnée , non-seulement pour le gouvernement temporel , mais surtout pour défendre l'Église, et que tout ce qui se fait pour l'avantage de l'Église, se fait aussi pour leur puissance et pour leur repos. Qu'ils se persuadent même que la cause de la religion doit leur être plus chère que celle du trône , et que le plus important pour eux ( pouvonsnous dire avec le pape saint Léon ) est que la cou^ ronne de la foi soit ajoutée de la main de Dieu

PIÈGES JUSTIFICATITBS.

*ilî qaaii pirente» et totoret popnlorum, Teram, - coDstantem, opulenlamlUquietem parienl,ft Iran- '.qaiiliUltein, si ineanpotissimùin curam fncumhant,

ut incolumis ait religio et pîetaa in Deum , qui ha-

bel Scriptum în femore : Res regum et Dominu»

àtoMinQHnuMm

Sed , ut omnia hmc prospéré ac féliciter eveniant , leremus oculos manusque ad sanctissimam Yirgineni Mariaœ , qu» sola universas hsreses interemit, nostraque maxima fiducia , Ini6 tota ratio est spd nostrsB (1). Suo ipsa patrocinio , in tantà Dominict gregis necessitate, studiis, consillis, actionibusque Dostris exitus secundissimos imploret. Id et ab apostolonim principe Petro , et ab ^us coapostoh) Paulo tenlittiviece 'eilagiteinusi ut stetisomnes pro muroy ifeMIpdsincntuni aliud ponatur prêter M V quod positum est. Sâc jucundé spe freti , confiditnus auctorem eonsammatoremqne fidei Jesum Christnoi «onsolaturnm tandem esse nos omnes in tribalationibus, qu« invenenint nps nimis, ccslestisque auxilli auspieem apostolican benedicUonem, vobis, TenerabUes Fratres, et o? ibus teslra cura traditis peramanter impertimur.

Ditum Rom» apud S. Mariam Mijorem , XVI 11 kakndas septembris , die solemni Assumptionis ejusdem B. V . Mari» , anno Dominfcae incarnationis MDCCCXXXII, pontificatûs nostri anno II.

(1) Ex «. Bernardo, Serm.de Nativ. B. M. V. % 7.

— M. le cardinal Tacca ayant , par ordre du pape, envoyé à M. de La Mennais des exemplaires de la lettre encyclique , celui-ci , et les autres rédacteurs de X Avenir j adressèrent, en conséquence, aux journaux la déclaration suivante :

ti Les soussignés, rédacteurs de VJvenir, membres du conseil de Y Agence générale pour la défense delà liberté religieuse, présents à Paris,

« Convaincus, d'après la lettre encyclique du souverain pontife Grégoire XVI, en date du 1 8 août 1 832, qu'ils ne pourraient continuer leurs travaux sans se mettre en opposition avec la volonté formelle de celui que Dieu a chargé de gouverner son Église ,

u Croient de leur devoir, comme catholiques, de déclarer que, respectueusement soumis à l'autorité

à leur diadème. Placés comme pères et loteon des peuples, ils leur procureront une paix et une tranquillité véritables , constantes et prospères, Ch mettent tous leurs soins à maintenir intactes h religion et la piété envers Dieu , qui porte écrit sur son vêtement: WÀ du r&iê et Sefgmmtrdet setgmeurBm

Mais , afin que tout cela arrive heureusement, levonsles feux eties mains vers la très-sainte Vierie Marie, qui seofla a anéanti toutes les hérésies, et qui ferme notre plus grand sujet de confiance , oo phitôt qui est tout le fondement de notre espérance. Qu*au mflieu des besoins pressants du troupeau da Seigneur, die fan[dore par sa protectîoo une iisae favorable pour nos efforts , pour nos dessdnt et pour nos démarches. Nous dcuiandoDS instamaert et par d'humUes prières, et i Pierre, prince dn apôtres, et à Paul, son collègue dans rapostdal, que vous empèchlei avec une formeté inâmnlaUe qu*on ne pose d'autre fondement qoe eelui qniaéié établi de4)iett même. Nous avons donc celte daoee espérance , que Tauteur et le consommateur densfet fèi , Jésus-Christ, nous consolera enfin dans les iibulaKonsqni nous sont survenues de toutes parti, et nous vousdonnotts^ffiectueusemcnt , à vous, lénérables Frètes , et «uz brebis confié^ A voire ssii, la bénédiction apostolique, gage du secours eâcne.

Donné i Rome, près Sahite-Marie-M^cun, le 18* jour avant les calendes do aeptendiro,JsBr solennel de TAssomptlon de la bienheureuse Vierge Marie, an de rincarnalion MDCCCXXXII, et le deuxième de notre pontificat.

suprême du Vicaire de Jésus-Christ , ils sortent de la lice où ils ont loyalement combattu pendant deux années. Ils engagent instamment leurs amis à donner le même exemple de soumission chrétienne.

u En conséquence,

(( 1 . V Avenir, provisoirement suspendu depuis le 15 novembre 1831, ne reparaîtra plus ;

« 2. V Agence générale pour la défense de la liberté religieuse , est dissoute à dater de ce jour. Toutes les affaires entamées seront terminées, et les comptes liquidés dans le plus bref délai possible.

«( Paris, le 10 septembre 1832.

«( F. DE La Meknais, Pn. Gerbet, C. dk Ceux, comte Ce. de Mortalembeet , U. Lacordaire. m

PIÈCES JUSTIFICATIVBS.

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VCNKIABILI FBATBI PAULO THEEESLB DlVIbl , ARCHIEPISCOPO TOLOSA!fO,

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