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i'euple, écoute ce quMIs l'ont dit, et à quoi ils t'ont comparé.
Ils ont dit que tu étais un troupeau, et qu'ils en étaient les pasteurs : loi, la brute; eux, l'homme. A eux donc ta loison , ton lait , la chair. Pais
sous leur houlette, et multiplie, pour réchauffer leurs membres, étancher leur soif, assouvir leur faim.
Us ont dit aussi que la puissance royale était celle d'un père sur ses enfants toujours mineurs, toujours en tutelle. Sans liberté dès-lors et sans propriété, le peuple, éternellement incapable déraison, incapable de juger de ce qui lui est bon ou mauvais, utile ou nuisible, vit dans une dépendance absolue du prince , qui dispose de lui et de toutes choses comme il lui plaît. Servitude encore et misère.
Quelques-uns ne reconnaissent que la force pour arbitre de la société. Au plus fort le pouvoir , au plus fort le droit. Pauvre peuple , on te foule, on t'opprime ; c'est le sort du faible : de quoi te plains-tu ? Dans ta candide simplicité, tu demandes à la tyrannie ses titres. Est-ce que partout tu ne ks vois pas ? est-ce que tu ne vois pas ces baTonnettei qui luisent au soleil, et ces canons braqués sur ks places publiques ?
D'autres ont imaginé que le pouvoir appartenait de droit à quelques races d'une nature plus parfaite; ou que Dieu le conférait immédiatement, soit à des individus choisis pour certaines fins particulières, soit a des familles destinées à le posséder perpétuellement. Perpétuellement donc les peuples leur devraient une obéissance entière, aveugle. Car la volonté du chef établi de Dieu , étant, à l'égard des sujets, la volonté de Dieu même, serait toujours présumée juste ; et, en tout cas, aucun abus, aucao excès, ni les crimes même les plus énormes, n'autoriseraient à secouer le joug de sa puissance oppressive.
Ils ont appelé cela le droit divin.
Peuple, ferme l'oreille à ces mensonges. Laisse l'impie blasphémer le Père du genre humain, et apprends à connaître ses lois véritables, à connaître ton droit pour le conquérir.
Tous les hommes naissent égaux, et, par conséquent indépendants, les uns des autres : nul, en venant au monde, n'apporte avec soi le droit de commander. Si chacun originairement était tenu d'obéir à la volonté d'un autre, il n'existerait point de liberté morale, ou de choix libre dans les actes ; il n'existerait ni crime ni vertu, car la vertu dépend du libre choix entre le bien et le mal.
Or, l'indépendance personnelle et la souverainelé ne sont qu'une même chose; et ce qui fait que l'homme est libre à l'égard de l'homme, ou souverain de lui-même, est ce qui fait de lui un être moral, responsable envers Dieu, capable de vertu. Sublime attribut de l'intelligence, la souveraineté de soi, ou la liberté, forme le caractère essentiel qui le distingue de la brute soumise à la fatalité et em)>ortée par elle dans la sphère de son existence aveugle.
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comme les corps célestes dans leurs orbites rigoureusement déterminées.
Aucun homme ne peut aliéner sa souveraineté , parce qu'il ne peut abdiquer sa nature ou cesser d*étre homme ; et de la souveraineté de chaque individu natt , dans la société , la souveraineté collective de tous ou la souveraineté du peuple, également inaliénable.
Lorsque la sympathie rapproche les hommes, et que l'utilité réciproque établit entre eux une association de secours mutuel et de travail commun, de qui dépendrait cette association, si ce n'est uniquement d'elle-même ?
Tous y apportent des droits égaux, avec des facultés inégales et des aptitudes diverses. Leurs relations, fondées sur l'invincible instinct qui les pousse à s'unir et sur les avantages de cette union, dépendent de leur libre consentement et des règles qu'ils s'imposent eux-mêmes. Nul ne saurait être engagé contre sa volonté ; et, quand la volonté commune de s'unir à certaines conditions a créé le peuple, la volonté du peuple, ou la volonté générale de la société, en ce qui ne blesse point l'ordre moral essentiel et immuable, ou la justice et la charité, constitue la loi. Ainsi, loin de détruire ou d'altérer la liberté primitive, la loi n'est que Texercice même de cette liberté, dirigé vers une fin utile à tous par la raison de tous.
Que si un ou quelques-uns tentaient de substituer leur volonté particulière à la volonté commune, leurs prescriptions , quelles qu'elles fussent , ne seraient pas des lois , mais une violation du principe même de la loi , un acte illégitime et subversif de toute vraie société.
Quand donc, renversant la base naturelle de l'égalité dans l'organisation de l'JÉtat, on investit exclusivement certaines classes privilégiées de l'autorité législative, qu'on en fait une attribution de la naissance ou de la richesse , il y a désordre et tyrannie; car l'association véritable est changée en domination. Les uns commandent, et pourquoi? les autres obéissent , et pourquoi? Qui a soumis ceux-ci à ceux-là? Qui a dit à des frères : Vos frères se courberont sous votre main ; soyez leurs maîtres , et disposez d'eux et de ce qui est à eux, de leur travail et du produit de leur travail comme il vous plnira?
Toute loi à laquelle le peuple n'a point concouru, qui n'émane point de lui , est nulle de soi.
On vous parle du souverain , du prince , des pouvoirs publics : on vous abuse avec des mots. Je vous l'ai déjà dit , le souverain , c'est vous , c'est le peuple, essentiellement libre. Le pouvoir, qu'il soit exercé par un ou plusieurs, dérive de lui. Simple exécuteur de la loi ou de la volonté du peuple , il n'a pokit d'autre fonction. 11 est choisi, délégué
uniquement pour cela, non pour commander, mais pour obéir ; et , s'il cesse d'obéir au peuple , le peuple le révoque comme un mandataire infidèle : voilà tout.
Il faut encore que vous sachiez ceci. Lorsque l'excès de la souffrance vous inspire la résolution de recouvrer les droits dont vos oppresseurs vous ont dépouillés, ils vous accusent de troubler l'ordre, ils vous traitent de rebelles. Rebelles à qui? 11 n'y a de rébellion possible que contre le véritable souverain , contre le peuple ; et comment le peuple serait-il rebelle au peuple? Les rebelles,, ce sont ceux qui se créent à ses dépens des privilèges iniques; qui, de ruse ou de force, parviennent à le soumettre à leur domination; et, quand il brise cette domination , il ne trouble pas Tordre, il le rétablit, il accomplit l'œuvre de Dieu et sa volonté toujours juste.
Vous qui portez le poids du jour, hommes de labeur et de douleur , pauvres déshérités de cette terre si féconde et si belle , pourquoi , quand tout dans la nature se réveille et sourit au matin, que les petits oiseaux , secouant leurs ailes humides de rosée , gazouillent sur la branche l'hymne de joie que les insectes murmurent dans l'herbe; pourquoi cette tristesse dans votre regard, ce silence sur vos lèvres? Pourquoi la douce lumière qui s'épanche de rOrient , lorsqu'il s'ouvre comme une fleur céleste , ne dissipe-t-elle jamais les ténèbres de votre front ?
L'abeille a sa ruche pour s'y retirer, et vous n'avez point d'asile qui soit à vous ; la mite a son vêtement de soie qui la protège contre la froidure, et vos membres sont nus; le plus chétif vermisseau trouve sur sa plante natale un abri et la nourriture, et vous manquez de l'un et de l'autre.
Ce n'est point que la Providence ait été plus dure envers vous; mais ce que Dieu vous donne, les hommes vous l'ùtent. Que vous a-ton laissé de ce qu'il prodigue à tous? Même une goutte d'eau de la mer, on vous défend de la prendre ; elle est au fisc, elle n'est pas à vous.
Vos maux , encore un coup , viennent des vices de la société , détournée de sa fin naturelle par l'égoïsme de quelques-uns , et jamais vous ne serez mieux tant que ceux-ci feront seuls les lois. Si vous aviez quelque chose à attendre d'eux , s'ils ne désiraient et ne cherchaient, selon la justice, que le plus grand bien de tous , s'élèveraient-ils au-dessus de tous? se réserveraient-ils si exclusivement l'administration des affaires de tous? Est-ce par zèle pour vos intérêts qu'ils vous en interdisent lesoin? Est-ce pour eux ou pour vous , pour votre avantage ou
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pour le leur, qu'ils réclament la domination? Si pour le leur , à quel titre , et (l*où ce privilège ? Si pour le vôtre , ils vous jugent donc incapables de discerner vous-mêmes ce qui vous est bon ou mauvais? Vous êtes donc des brutes, suivant eux?
Nous sommes tous enfants du même père , qui est Dieu , et le Père commun n*a point asservi les frères aux frères ; il n*a point dit à Tun : Commande , et à Taulre : Obéis. Ils se doivent mutuellement aide et secours , et justice et charité , rien de plus ; et la société , que les passions insensées et désordonnées , que l'orgueil et la convoitise, ont rendue si pesante à la race humaine presque entière , n'est, dans son essence , et ne doit être de fait ^ que l'union des forces et des volontés pour atteindre plus sûrement le but de l'existence , que l'organisation de la fraternité.
Y avait'il des rois, des nobles, des patriciens et des plébéiens avant qu*il y eût des peuples? Et, si le peuple égal et libre préexistait à toute distinction , toute distinction, si elle n'est pas le fruit de la violence et du brigandage , dérive donc du peuple , de sa volonté indépendante , de son impérissable souveraineté. Hors de là , rien de légitime. Patriciat, noblesse, royauté , toute prérogative, en un mot, qui prétend ne relever que de soi , se soustraire à la volonté , à la souveraineté du peuple , est un attentat contre la société , une usurpation révolutionnaire , un germe au moins de tyrannie.
Le peuple ne fait point de classes, il ne crée point de privilèges , il délègue des fonctions ; il ronde tel soin à celui-ci , tel autre soin à celui-là ; il les charge d'exécuter ses décisions , ce (pi'il a réglé pour le bien coninuin selon les formes établies par lui, et (pi'il peut toujours modifier, changer.
Hypocrites , qui vous dites chrétiens , ouvrez la loi chrétienne, vous y lirez : «< Les princes des na- •t lions dominent sur elles; et ceux-là sont plus «t grands qui exercent sur elles la puissance. Il n'en •! sera pas ainsi entre vous: mais que celui de vous «( qui voudra être le plus grand serve les autres; et •: que celui qui voudra être le premier parmi vous «: soit le serviteur de tous. )«
Donc , à qui <|ue ce soit qui osera se dire votre maître , répondez : Non. Ne vous laissez ni opprimer par les hommes de violence ni tromper par ceux <pii vous prêchent la servitude au nom de Dieu, <{ui s'efforcent de vous plonger dans l'ahrulissemenl de l'ignorance , et disent ensuite : Le peuple manipie de lumières et de raison; il ne saurait se conduire lui-même, il faut, pour son intérêt, (]u*il soit gouverné.
\ otre droit , au contraire , est (pie nul ne vous gouverne , ne vous impose des lois à son gré ; qu'elles émanent de vous seuls; que le dépositaire du pou-
voir public exerce un simple office révocable , qu'il soit votre serviteur^ et rien de plus.
Quand vous aurez reconquis votre droit, si vous en usez avec sagesse , le monde changera de face; il y aura moins de larmes, et les larmes seront moins amères. Peu à peu le contraste de TopiileDce extrême et de l'extrême indigence cessera d'affliger rhumanité. La faim hâve et morne ne s'assiéra ploi à votre foyer. Tous auront l'aliment du corps et celui de l'esprit. Partagés comme ils le doivent être entre des frères , les biens que la Providence nous a départis se multiplieront par le. partage même. Les enfants ne demanderont plus en pleurant k leur père , lorsqu'il rentre le soir exténué de fatigue, le pain qui leur manque : ils n'élèveront plus leurs petites mains innocentes au ciel que pour le bénr de ses dons. Le sourire renaîtra sur les lèvres maternelles; et le vieillard rassasié de jours, es voyant vers l'automne le soleil, à demi voilé parles nuages du couchant , dorer de ses derniers rayons les feuilles jaunissantes et l'herbe flétrie, se réjouin dans le pressentiment intime et mystérieux d'os nouveau printemps et d'une aurore nouvelle.
Il ne suffit pas de connaître vos droits , il hvX aussi connaître vos devoirs ; car la pratique da devoir n'est |>as moins nécessaire que la jouissaooe du droit au maintien de l'ordre voulu de Dieu, et hors duquel vous n'avez rien à espérer sur la terre.
Le droit est la garantie de votre existence individuelle et de votre liberté ; il est votre liberté même; il fait que vous êtes une personne , et non une pure chose dont le premier venu est maître d'user à sa fantaisie.
Mais est-ce tout que d'exister? est-ce tout que d'être libre ? Rien ne subsiste isolément dans l'univers , ne s'appuie sur soi , ne se nourrit de soi. On donne pour recevoir, on reçoit pour donner, et la vie tarirait de toute part sans ce don mutuel et incessant de tous à chacun et de chacun à tous.
Oui pourrait se passer entièrement de l'aide et du secours d'autrui? Nous en avons besoin dans l'enfance, nous en avons besoin dans la maladie, nous en avons besoin en tout et toujours. Représentez-vous un homme seul , sans relations avec ses semblables , n'en recevant rien , ne leur rendant rien : ce serait le sauvage au milieu des bois; ce serait bien moins que le sauvage, car le saunage vit en famille, en société; ce serait bien moins que l'animal qui a sa femelle et ses petits dont il prenl soin . et , souvent encore , est associé , soit pour la défense réciproque, soit pour un travail commun, avec des individus de même espèce. L'homme isolé
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des autres hommes, dépourvu dès-lors et de langage , et d'intelligence , et d'amour, serait , au sein de la création, une sorte de monstre sans origine, sans lien , sans nom , un je ne sais quoi indéfinissable qu'on regarderait avec effroi.
Or , si la sympathie , l'instinct , rapprochent les animaux selon leurs lois propres , le devoir coordonne et unit les créatures libres. Il est la base de la société , l'indispensable condition de l'existence commune.
Le droit concentre chacun en soi : car , ayant pour but immédiat la conservation de l'individu , tout droit, par son essence, est individuel ; et le peuple , sous ce rapport , n'est qu'un individu collectif. Réclamer un droit , c'est demander quelque chose pour soi. Le pur droit , séparé du devoir , serait l'égoïsme pur , et par conséquent , selon le ▼îeil axiome, la suprême injustice. Qu'est-ce, en effet , que l'injustice , sinon la préférence absolue de soi aux autres ou le sacrifice des autres â soi? Commettre un meurtre, un vol, un délit quelconque, ce n'est que cela ; c'est sacrifier autrui à sa l>assion, à sa convoitise, à son intérêt exclusivement individuel.
Le devoir, au contraire, porte chacun au dehors de soi; car il a pour but la conservation, le bien de tous. Accomplir un devoir, c'est faire quelque chose d'utile à autrui. Le devoir pur est le pur dévouement, ou la justice et l'amour suprêmes. Qu'est-ce, en effet , que la justice , et qu'est-ce que l'amour, •Idod la préférence des autres à soi, ou le sacrifice de soi aux autres?
Le droit est sacré , puisqu'il est le principe conserrateur de l'individu , élément primitif de la société et sa racine nécessaire.
Le devoir est sacré, puisqu'il est le principe conservateur de la société, hors de laquelle nul individu ne se développerait ni ne subsisterait.
Oh ! que la terre serait heureuse, et que le genre humain avancerait rapidement dans la voie où il ne doit s'arrêter jamais , si le droit était respecté toujours et le devoir toujours accompli !
Cet ordre merveilleux , ces belles et touchantes harmonies qui nous ravissent dans la nature , d'où viennent-elles? de ce que tout y est à sa place et 8*y maintient invariablement. Chaque être, obéissant, avec une ponctuelle régularité, aux lois générales et à ses lois particulières , remplit fidèlement la fonction que lui assigna le Créateur. Du soleil, d'où s'épandent d'intarissables fleuves de lumière et de vie , jusqu'à la source qui tombe goutte à goutte du rocher, tout est ordonné pour une même fin, et tout y concourt par une infinie variété de voies , que la pensée admire d*autant plus qu'elle les contemple davantage. H n'est pas dans l'univers
une action , un mouvement , qui , de proche en proche , ne coopère à la croissance d'une mousse ; et les mondes , après avoir parcouru comme elle les phases de leur développement, se décomposent comme elle, nourriture préparée pour d'autres mondes.
Nulle créature dont l'existence ne dépende des autres créatures. 11 faut , pour qu'elles subsistent , qu'incessamment il s'opère entre elles une transfusion de leur être. Qu'est-ce que vivre ? Recevoir. Qu'est-ce que mourir? Donner. La vie, dans sa condition première, est un sacrifice, une communion perpétuelle et universelle.
Ce que les corps bruts , les plantes , les animaux sans raison , et soumis dès-lors à la nécessité , font aveuglément, par une impulsion fatale et irrésistible, l'homme doit le faire librement ; il doit, se subordonnant au tout dont il est membre , aimer ses frères comme il s'aime lui-même, vouloir leur bien comme il v/^ut son bien , se réjouir de leurs joies , s'affliger de leurs peines, les aider, les servir, s'identifier à eux, se dévouer pour eux, et travailler ainsi, par une union sans cesse croissante et des iudividus et des peuples, à consommer l'unité sainte du genre humain.
Le devoir s'étend à tous les êtres , car tous ont leur place dans l'univers, tous y remplissent, selon les vues de la Sagesse suprême , des fonctions qu'elle défend de troubler ; tous jouissent du don divin et ont droit d'en jouir. En détruire un seul par pur caprice , ou lui infliger d'inutiles souffrances , est un acte mauvais , un acte opposé aux lois de l'ordre.
Respectez Dieu dans ses moindres œuvres, et que votre amour embrasse , comme le sien , tout ce qui respire et vit.
Si, en douant l'homme d'intelligence, il a fait de lui le roi de la nature, il n'a pas voulu qu'il en fiU le tyran. Son œil , à qui rien n'échappe , a aussi un regard de père pour le pauvre passereau qui palpite sous votre main.
Nulle société possible sans le devoir, car sans lui nul lien entre les hommes. 11 comprend , comme vous l'avez vu, la justice et la charité.
Ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'autrui nous fit, voilà la justice.
Faire pour autrui, en toute rencontre , ce que nous voudrions qu'on fit pour nous , voilà la charité.
Un homme vivait de son labeur, lui , sa femme et ses petits enfants ; et , comme il avait une bonne santé, des bras robustes , et qu'il trouvait aisément
LE mvue du peuple.
à s'employer, il pouvait sans trop de peine poui-coir i t» <uli»tsUDce el h celle des ïIcds.
Mais il arrira qu'une grande gène étant surrenuc ilans le pays, le travail y fut moins demandé parce qu'iln'oiïrsilpIusdebênélîceB à ceux qui le payaient, el en même lemps le prix des choses nécessaires à la Tic augmenta.
L'homme de labeur et sa famille commencèrent donc souffrir beaucoup, Aprèsavoir liienlOl épuisé ses modiques épargnes, il lui fallul Tendre pièce à pièce ses meuliles d'abord , puis quelques-uns même de ses vélemenls ^ et, quand il se fut ainsi dépouillé, il demeura, pri*éde toutes ressources. Face à fece avec la faim. Et la faim n'élail pas entrée seule en son logis : la maladie y était aussi entrée avec elle.
Or, cet homme avait deux voisins, l'un plus riche, l'nulre moins.
Il s'en alla trouver le premier, et il lui dit: <i Nous manquons de tout , moi , ma femme cl mes cn^nts : ayci pitié de nous. »
Le rtcfaclui répondit : « Que puis-je à cela ? Quand vous avez travaillé pour moi , vous ai-jc retenu votre salaire ou en at-je différé le paiement? Jamais je ne fls aucun tort ni h vous ni i nul autre : mes mains sont pirres de toute iniquité. Voire misère m'amige. mais chacun doit songer à soi dans ces lemps mauvais : qui sait combien Ils dureront ? »
Le pauvre père se tut, et, le cœur pleio d'angoisse, il s'en retournait lenlemenl chez lui , lorsqu'il rencontra l'autre voisin moins riche.
Celui-ci , le voyant pensif et triste , lui dit : V Qu'avez-vous? il y a des soucis sur votre front cl des larmes dans vus yeuK. m
£l le pèi-e, d'une voix altérée, lui exposa son infortune.
Quand il eut achevé : ■< Pourquoi , lui dit l'autre , vous désoler de la sorte ? Nk sommes-nous pas Frères ? et comment pourrais-Je délaisser mon Frère en sa détresse ? Venez , cl nous partagerons ce que je liens de la bonté de Uieu. <•
La famille qui souffrait fut ainsi soulagée, jusqu'à ce qu'elle put elle-même pourvoir à ses besoins.
Plusieurs années passèrent , après lesquelles les deux riches comparurent devant le Juge souverain des actions humaines.
Et le Juge dit au premier : •• Mon œil l'a suiii sur la terre : lu l'es abstenu de nuire à autrui, de violer son droit ; lu as accompli rigoureusement la loi stricte de justice ; mais , en l'accomplissant , lu n'as vécu que pour toi; Ion âme sèche et dure n'a point compris la loi d'amour. El maintenant , dans ce monde nouveau où lu entres pauvre et nu, il te sera fait comme tu as fait aux autres. Tu as réservé iwur toi seul les biens qui l'avaient été dé-
partis ; lu n'en as rien donna & tes frères : H neU sera rien donné non plus. Tu n'as songé qu'a loi, lu n'as aimé que loi : va , el vis de toi-même. »
El , se tournant vers le second , le Juge lui Jit ; i< Parce que tu n'as point été seulement juste, cl que la charité pénétra Ion cœur ; parce que ta mm s'ouvrit pour répandre sur tes frères moins hrurtia les biens donl lu étais dépositaire , et qu'elle ettaji les larmes de ceux qui pleuraient , de plus grandi biens le seront donnés. Va , cl reçois la récompen» de celui qui a pleinement accompli le devoir, la lai de justice et la loi d'amour. »
Il est des devoirs de plusieurs sort«s, des devcin j;ênéraux et particuliers, Ceux-l.^ forment le liai universel des hommes ; ceux-ci dérivent des rdàlions diverses qu'établissent entre eux la naturtH la société.
Interrogez partout la raison qu'aucun préjofé n'altère , et la conscience qu'aucun inlérêt , aucsM passion n'a corrompue : elles vous répondront qw riiomme est sacré pour l'homme ; que l'aUaqoff dans sa personne , sa liberté , sa propriété, t'et renverser la base de l'ordre , violer les lois mMhf conservatrices du genre humain ; c'est cooiffleltn un de CCS actes qui , dans tous les siècles, chef tous les peuples, ont reçu le nom terrible de ciudi .
Il y a une voix au dehors de vous , imrauaU*, élcrnelle, et une voix au dedans de vous-m^nie ; et ces deux voix disent :
Tu ne tueras point, tu ne dérolieras point, U ne flétriras point la vertu de l'épouse ni \a jniâtia de la jeune vierge; ta pensée même sera pure de ces abominations.
Celui qui verse le sang de son frère est mandK sur la terre et maudit au ciel.
El maudit encore est celui qui , par ruse on ti^ lencc, lui ravit , 'soit sa liberté , soit une portioa quelconque de ce qu'il possède lé^ilimemeJit;qin porle dans sa famille le désordre, avectouslcs maux que le désordre engendre , la honte , Il Alcorde, les angoisses du cœur, la défiance, lahsiof, et la ruine souvent.
Les piaules des champs étendent , l'une prêt it l'autre, leurs racines dans le sol qui les nourrît toutes, et toutes y croissent en paix. Aucune d'elles n'absorbe la sève d'une autre, ne flétrit sa Reiir, u'en corrompt le parfum. Pourquoi l'homme esl-H moins bon envers l'homme 7
Bannissez de voire cœur les désirs mauvais et In pensées mauvaises ; car se complaire dans la pensée et dans le désir du mal , c'est avoir déjà accompli le mal.
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11 y a des paroles qui tuent : veillez donc sur votre langue, et que jamais elle ne soit souillée par la médisance et la calomnie.
L*enyie , la colère , la vengeance , la haine , dévorent Tâme qui les recèle , et cette âme tourmentée esl perpétuellement comme en travail pour enfanter le meurtre.
Vous a-t-on offensé, pardonnez pour qu*on vous pardonne. Qui n*a besoin de pardon ? et qui peut se dire: Nul ne saurait équitablement se plaindre de moi?
Ne marchez point en des voies tortueuses , et que votre parole soit toujours vraie; que jamais elle n'alarme Toreille pudique , ni ne blesse le respect que Thomme doit à Thomme et se doit à lui-même.
Il se doit encore d'éviter tout ce qui le dégrade et Favilit en le rapprochant de la brute , tous les excès des sens , les habitudes funestes qui usent le corps, hébètent Tesprit, et font qu*en le voyant, ne reconnaissant plus la créature intelligente , on détourne de lui les yeux avec dégoût.
En nous sont deux êtres , Tanimal et Tange ; et notre travail est de combattre Tun pour que Tau Ire domine seul, jusqu'au moment où , dégagé de son enveloppe pesante , il prendra son essor vers de meilleures et plus hautes régions.
Ainsi faisant , vous ne nuirez à personne , vous aérez juste; mais d'autres devoirs encore, de grands el sacrés devoirs , vous resteront à remplir.
Est-ce que celui qui s'est simplement abstenu de mal, qui n'a fait au prochain aucun tort, aucun bien non plus, est quitte envers lui et parfait devant Dieu? En déposant au fond de notre cœur le germe de l'amour et de la pitié , de tous les sentiments sympathiques , le Père céleste ne nous a-t-il |ias commandé d'autres vertus , et plus élevées et plus fécondes?
Voyez cette pauvre créature humaine gisante au coin de la rue dans la défaillance du besoin, ou qu'un accident vient d'atteindre. Un homme la regarde , la plaint, et passe. Suis-je cause , se dit-il, qu'elle soit en cet état , et qui m'a chargé d'elle? Cest bien assez d'avoir à songer à soi.— Un autre la regarde aussi , et son âme s'émeut. Il s'approche , la prend dans ses bras , la porte en sa maison , la couche sur son lit, et la veille et la soigne comme le frère soigne son frère et l'ami son ami.
De ces deux hommes , lequel a vraiment accompli son devoir?
Toujours il y aura des maux sur la terre, et ces maux devront être soulagés toujours.
Votre frère a-t-il faim : vous lui devez l'aliment qui lui manque ; est-il nu , sans toit , sans asile : vous lui devez le vêtement et l'abri ; malade , vous lui devez assistance. 11 est votre chair, car vous êtes tous les membres d'un même corps que doit ani-
mer une même âme : traitez-le donc comme votre propre chair.
Il est bien des sortes de faiblesse , et bien des genres de dénûment; et toute faiblesse réclame protection , tout dénûment secours. Que serait sans cela, je vous le demande, la société humaine? que serait le monde? Que deviendraient ceux que l'infirmité, la pauvreté, l'isolement, l'âge, la simplicité d'esprit , l'ignorance , livrent , comme une facile proie , aux pièges du méchant ?
Repoussez l'injustice faite à autrui avec la même fermeté , la même constance, que si elle l'était à vous-même. Etendez votre main entre l'oppresseur et l'opprimé. Votre frère , c'est vous , et , quand on l'opprime, n'êtes- vous pas opprimé aussi?
Que l'orphelin trouve en vous un père , la veuve et le vieillard un appui , l'étranger un hôte secourable ; soyez l'œil de l'aveugle et le pied du boiteux.
Ayez pour les affligés de ces paroles de l'âme qui tempèrent l'amertume des pleurs. Il n'est point de souflFrances que la sympathie n'allège. Les tristesses de la vie se dissipent aux rayons de l'amour fraternel, comme les gelées d'automne fondent, le matin , quand le soleil se lève.
Qui donne à propos un bon conseil, un sage avertissement, une instruction utile, donne plus que s'il donnait de l'or ;- et communiquer ce qu'on sait, répandre la science, c'est semer le grain qui nourrira les générations successives.
Ne croyez jamais trop faire pour garder la paix : la paix , fondement de tout bien , en est aussi le couronnement. Supportez les autres pour qu'ils vous supportent. N'avons-nous pas tous nos faiblesses, nos défauts, nos moments fâcheux? La patience émousse peu à peu les aspérités les plus rudes : que rien donc ne l'épuisé en vous , ni les mots irritants , ni les vivacités provocantes. Soyez comme la vigne, dont le suc est d'autant plus doux qu'elle croit en une terre pierreuse.
Respecter la vie, la liberté, la propriété d'autrui;
Aider autrui à conserver et a développer sa vie , sa liberté , sa propriété :
Ces deux préceptes contiennent en substance les devoirs de justice et de charité. Le détail en serait infini , car ils embrassent toutes les pensées , tous les sentiments , toutes les actions de l'homme , et un seul précepte les résume tous, le divin précepte de l'amour. Aimez , et faites ce que vous voudrez, car vous ne voudrez rien que de juste et de bon. Aimez , dit le souverain Maître , et vous accomplirez parfaitement la Loi.
Outre les devoirs généraux , il en existe de particuliers, et premièrement les devoirs de famille.
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La famille, permanente comme la société, en est Télément primitif. Les relations qui la constituent , antérieures aux lois positives , dérivent directement de la nature même. Un être incapable de se reproduire est un être incomplet : la femme est donc le complément de Thomme. Ils s'appellent, se supposent Tun Taulre, ne forment en deux corps qu'une même unité , et les enfants qui procèdent d'eux ne sont en réalité qu'un prolongement , une continuation de leur être commun ; ils revivent en eux, comme on le dit , et, par les générations successives, se perpétuent indéfiniment.
Ainsi le mariage n'est point une institution arbitraire; il est l'union physique et morale d'un seul homme avec une seule femme, qui se complètent l'un l'autre en s'unissant ; et toute atteinte portée au mariage, à son unité, à sa sainteté, est une violation des lois naturelles, une révolte insensée contre le Créateur , une source de désordres et de maux sans nombre.
Plus d'une fois on a vu se répandre dans le monde d'abjectes et licencieuses doctrines, destructives du lien conjugal. Repoussez avec horreur et dégoût ces hideux renseignements de quelques esprits dépravés , qui voudraient ravaler l'homme au niveau de la brute , et même au-dessous de la brute; car, en plusieurs espèces d'animaux , on aperçoit déjà comme une faible ombre de ce qui devient, en s'élevant , l'union sainte d'où dépend la perpétuité du genre humain.
N'ayez point A rougir devant la colombe fidèle et pudique, et ne dégradez point le sacré caractère imprimé sur votre front par le doigt de Dieu.
Entre l'honime et la femme, IVpoux et l'épouse, les droits sont égaux , les aptitudes et les fonctions diverses.
La femme n'est point la servante de Thomme, encore moins son esclave ; elle est sa compagne, son aide, les os de ses os, la chair de sa chair. A mesure que le sens moral se développe ciicz un peuple, elle croit en dignité et en liberté ; en cette sorte de liberté qui n'est point l'exemption du devoir et de la rèj^le, mais ralfranchissemenl de toute dé[>endance servile.
Mari, vous devez à votre femme resi)ect, amour et protection ; femme, vous devez à votre mari déférence, amour et respect. En lui donnant la force. Dieu l'a charge des i)Ius rudes travaux ; en vous donnant la grAee , et la tendresse, et la douceur, il vous a départi ce (pii en allège le poids, et fait du labeur même une intarissable source de joies pures.
Lorsque votre main essuie sou visage mouillé de sueur, toutes ses fatigues ne sont-elles pas à l'instant oubliées ; lorscpie son âme est triste et sa pensée soucieuse, une de vos paroles, un de vos regards ne
ramène-t-il pas le calme en son cœur fi le sourire sur ses lèvres ?
L'homme seul est un roseau dont les souffles divers qui l'agitent ne tirent que des sons plaîntifi.
La nature pour vous est pleine d'enseignements : ouvrez les yeux , et les plus frêles créatures vom instruiront. Quand les flots , tourmentés par ks vents d'hiver, écument et grondent, le pauvre oiseau de mer et sa compagne , réfugiés an creoi d'un rocher, se pressent l'un contre l'autre, et s'abritent et se réchauffent mutuellement. Il y a bien des tempêtes dans la vie : prenez exemple sur l'oiseau de mer , et vous ne craindrez ni les veatt glacés ni les vagues qu'ils soulèvent.
Mais la fin du mariage n'est pas seulement de rendre aux époux la vie plus facile et plus douée : son but principal est de perpétuer , par la reproduction des individus, la grande famille humaine.
Pères, mères, qui de vous pourrait expriner l'inénarrable joie dont vous tressaillîtes lorsque, pressant sur votre sein le premier fruit de votre amour, vous vous sentîtes comme renaître en loi?
De nouveaux devoirs viennent à ce moment se joindre aux devoirs primitif^ destinés à unir répon et l'épouse. Autrement que deviendraient les faibles créatures qui tiennent d'eux Texistence? Ia mère leur doit son lait et les soins assidus et le dévouement infatigable d'où dépend leur conserratioo dans les premières années. Le père leur doit, arec si tendresse et sa protection vigilante, le pain et le vêtement; il doit pourvoira tous leurs besoins jusqu'à ce qu'ils puissent y pourvoir eux-mêmes.
Or, comment y pourvoira-t-il, s'il s'abandonne à l'oisiveté, ou si, dominé par ses convoitises, il dissipe , pour les satisfaire, le produit journalier de son travail?
(ielui que l'habitude et la passion entraînent à île pareils désordres, qu'esl-il sinon le meurtrier de^ siens? Savez-vous ce (pi'il boit dans ce verre qui vacille en sa main tremblante d'ivresse? 11 boit les larmes, le sang, la vie de sa femme et de ses enfants.
Les animaux s'oublient eux-mêmes pour ne songer qu'à leurs petits : voudriez-vous descendre dans l'abrutissement plus bas que les bêtes des forêts?
yuand vos enfants auront reçu de vous la nourriture du corps, ne croyez pas avoir rempli tous vos devoirs envers eux. Vous avez a en faire des hommes; et qu'est-ce que l'homme, si ce n'est un être moral et intelligent ? Qu'ils apprennent donc de vous à discerner le bien du mal, à aimer l'un el^ l'accomplir, à fuir l'autre et à le délester.
Reprenez-les de leurs fautes, mais sans colère ni violence brutale, avec une fermeté affectueuse et
LE LIVRE DU PEUPLE
calme. Qu'ils ne trouvent, par vos soins , qu*amer« tiune sur la route du vice.
Cultivez , dès le plus jeune âge, et développez en eux , les instincts élevés de notre nature , sur lesquels se fonde Texistence sociale, le sentiment de la justice et de l'ordre , de la commisération et de la charité.
L'enseignement donné sur les genoux d'une mère, et les leçons paternelles, confondus avec les souvenirs pieux et doux du foyer domestique, ne s'eCFacent jamais de l'âme entièrement.
Et ne vous figurez pas que les discours soient tout : les discours ne sont rien sans l'exemple. Quels que soient vos conseils et vos exhortations , ils demeureront stériles si vos œuvres n'y répondent.
Vos enfants seront tels que vous , corrompus ou vertueux selon que vous serez vous-mêmes vertueux ou corrompus.
Gomment seraient - ils probes , compatissants , humains , si vous manquez de probité , si vous êtes sans entrailles pour vos frères? comment réprimeraient-ils leurs appétits grossiers , s'ils vous voient livrés à l'intempérance? comment conserveraient-ils leur innocence native, si vous ne craignez point de blesser devant eux la pudeur par des actes indécents ou par d'obscènes paroles?
Vous êtes le modèle vivant sur lequel se formera leur nature flexible. Il dépend de vous de faire d'eux ou des hommes ou des brutes.
Et comprenez encore ceci. Nous naissons tous dans Fignorance, et l'effet de l'ignorance est la misère et l'abaissement. Celui qui ne sait rien,qu'est-il en ce monde et qu'y peut- il être? A quoi est -il propre? 11 n'a que ses bras , il n'a qu'un simple instrument matériel, pour lui en partie stérile; car la fèrce physique n'a de valeur que celle qu'elle emprunte de Tintelligence qui la dirige. L'homme ignorant est donc à peu près une pure machine entre les mains de ceux qui l'emploient pour leur intérêt personnel. Or, voudriez-vous<que telle fût la condition de vos enfants? voudriez -vous qu'à jamais déchus de la dignité humaine, ils végétassent dans un labeur aveugle et presque sans fruit, semblables au bœuf qui creuse son sillon au profit du maître qui Texcite et le guide?
Encore, au retour des champs, le bœuf est-il sûr de trouver le couvert et la nourriture; et cette assurance , l'as-tu , pauvre peuple , qui ?is chaque jour du travail incertain du jour?
Vousdevezdonc à vos enfants l'instruction comme TOUS leur devez le pain , l'aliment de l'esprit aussi bien que l'aliment du corps. 11 est vrai que, dans le triste état de la société présente, ce devoir vous est souvent difficile à remplir. I^es nécessités matérielles