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unira également les peuples. Les maximes impies qui les divisent, qui fondent leurs relations sur des principes étrangers et souvent contraires à ceux de la morale , les barbares maximes qui les supposent naturellement ennemis les uns des autres, seront rejetées avec horreur.
Déjà ils commencent à comprendre que, loin d'être opposés, comme le disent ceux qui les trompent pour les diviser et les divisent pour les maîtriser plus sûrement, leurs intérêts sont identiques; déjà un vif instinct les porte à se rapprocher, à se reconnaître pour frères. Bientôt ils s'appuieront, s'aideront mutuellement. Ce qui les séparait chancelle et crotde ; les distances même s'effacent. On entrevoit dans le lointain des âges l'époque heureuse où le monde ne formera qu'une même cité régie par la même loi, la loi de justice et de charité, d'égalité et de fraternité , religion future de la race humaine tout entière, qui saluera dans le Christ son législateur suprême et dernier.
Les maux sans nombre qui dérivent des vices des gouvernements, diminueront à mesure qu'au principe de domination, sur lequel ils reposent, la raison publique, surmontant l'opiniâtre résistance des préjugés et des intérêts , substituera celui de Tassociation libre, immédiate conséquence de la souveraineté du peuple, la seule réelle, la seule qui ait un fondement solide , inébranlable , dans le droit.
Ce changement , certain tôt ou tard , suffira pour anéantir les causes générales de guerre. Qu'est-ce qui pourrait troubler profondément la paix lorsqu'il n'y aura plus ni guerres de conquête, ni guerres de succession , ni guerres commerciales?
Or, les guerres de conquête , funestes aux vainqueurs comme aux vaincus, ont constamment pour cause l'ambllion d'un chef Insatiable de pouvoir et de richesses. Que le chef, quel qu'il soit, au lieu de commander ol>éisse au peuple , dont il n'est et ne peut être légitimement que le simple mandataire : les guerres de conquête, et les désastres et les calamités qu'elles traînent après elles, cessent, à l'instant même , de désoler l'humanité ; car le peuple qui attaquerait la liberté d'un autre peuple, ses droits , son existence, renoncerait à sa propre liberté, à ses propres droits, et se condamnerait lui-même à mort.
Les guerres de succession d'où viennent-elles? que sont-elles? Une conséquence du droit monstrueux qui fait d'un pays , d'un peuple , la propriété d'une famille , sa possession héréditaire. Ces guerres disparaissent donc avec le droit qui les engendre.
Des entraves apportées aux communications des peuples entre eux , à l'expansion de industrie et aux lois naturelles qui tendent à établir partout l'équilibre entre la production et les besoins, non d'une nation, mais de toutes les nations; de ces
LE LIVRE DIT l'EUPLE.
entraves arbitraires, dont le flsc profile seul aux dépens de la prospérilé publique , naissent les guerres comnierciules, si Fréquentes dans les temps modernes. Elles n'auront plus de cause possible, quand la parfaite liberté de eommerce aura cou- \ jvnné les autres lit>ertês.
Délifrées du fléau lie la guerre , à laquelle suecëdera d'abor dune coneurrence transitoire, les nations comprendront l'intérêt qu'elles ont toutes à coordonner leurs efforts, è organiser leurs travaux, afin de tirer de l'Iiérilage commun , du patrimoine universel, tout ce qu'il peut fournir pour satisfnire les besoins des hommes , pour multiplier leurs jouissances; et, de cet ensemble de travaux dirigés à la même lin, sortira une masse incalculable d'utiles productions, que la science, en se développant,
I augmentera sans cesse, tandis que le dévclop|iement moral en déterminera une plus équitable ilisinbu-
Ainsi peu h peu croîtra le bien-^trc de ebacun, étroitement lie au bicn-f tre de tous ; ainsi, de proclic en proche, le mal ira s'affaiblissant , par une suite naturelle du progrès général. Sans doute il ne sera
jamais ici-bas détruit entièrement; sans doute il y aura toujours des souffrances sur la terre. Et c'est , ne l'oubliez jamais , que tout ne finit pas sur la terre; que la rie présente , pour le genre bumain comme pour l'inditidu, chargés d'accomplir une œuvre laborieuse, mais grande elsaînle, n'est qu'une préparation nécessaire i une exialcnce plus parfaite.
Peuple, garde-toi d'incarner tes sublime:» espérances dans la boue que tu foules aux pieds. Duranl ee court passage tu n'es entouré que de fanlâmri. d'ombres vaines : les réalités te sont invisitilcs. l'œil de chair ne peut les saisir; mais Dieu, quico a donné l'invincible désir à l'homme, en a mis aatsi dans son cœur l'infaillible pressentiment.
Lève les yeux ; ici est le travail , la lâche à remplir ; ailleurs est le repos , la vraie joie , la récompense certaine du devoir accompli Jusqu'au lioul.
I.orsqu'aprés les fetigiics de la journée le laboureur voit le soir venir, il rentre en paix dans ta chaumière, songeant à la moisson cacbcc dans 1« guérèts , que les nuées humecteront de leurs tiéd» ondées , que le soleil mûrira ; car il sait i[ue la ouil ne sera point étemelle.