‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 215 sur 226 · A LA POLOGNE · texte numérisé non relu

A LA POLOGNE

Dors , 6 ma Pologne, dors en paix , dans ce qu'ils appellent ta tombe : moi^ je sais que c*est ton berceau.

Lorsque, délaissée, trabie, rendue de fatigue « épuisée de combats, ton front pâlit, tes genoux chancelèrent, ils tressaillirent d'une joie féroce et poussèrent un long cri, un cri sauvage, aigu, comme le cri de Thyène qui , la nuit , faitfrissonner le voyageur sous sa tente.

Dors, 6 ma Pologne , etc.

Tel que ces cheyaliers qui sommeillent , revêtus de leur armure , sur les vieux tombeaux , le géant était là couché sur la terre : ils jetèrent sur lui un peu de cette terre trempée de sang , et dirent : 11 ne se réveillera plus !

Dors, 6 ma Pologne, etc.

Tes fils dispersés ont porté dans le monde les récits merveilleux de ta gloire. Ils ont raconté comment , tout à coup brisant le joug de tes oppresseurs, tu te levas semblable à l'ange que Dieu envoie , armé de son glaive , pour punir ceux qui se rient de la justice ; et le cœur des tyrans s'est troublé.

Dors , 6 ma Pologne , etc.

Puis, quand ils ont dit tout ce que virent tes yeux avant de se fermer, Findomptable courage des hommes, l'héroïque fermeté des plus faibles femmes, Fardeur sainte des jeunes vierges , le dévouement

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