‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 33 sur 226 · QUE LA PHILOSOPHIE L'EN SÉPARE · texte numérisé non relu

QUE LA PHILOSOPHIE L'EN SÉPARE

Il semble que la philosophie ait épuisé l'erreur, comme le christianisme a épuisé la vérité ; et il n'est pas difficile d'en découvrir la raison. Dieu est vérité , et toute vérité découle de Dieu , est immuable comme Dieu. De là vient qu'indépendante de nos conceptions , la vérité est la même pour toutes les intelligences. Nous pouvons l'ignorer, l'obscurcir , comme nous pouvons étendre un voile entre nos yeux et le soleil ; mais nous ne saurions l'altérer en soi , encore moins la détruire. Elle est hors de nos atteintes ; et il n'est pas plus en notre pouvoir de faire que ce qui est essentiellement vrai cesse d'être vrai, que d'anéantir ce qui existe essentiellement. Dieu même n'a pas ce pouvoir; toutes les vérités nécessaires forment , pour ainsi

(I) Ep.adGalai.,ll\^\\.

[T, Luc, XVIII, 8.

parier, une portion intégrante de son être : en les anéantissant , il s'anéantirait lui-même.

Ainsi, connaître la vérité, c'est connaître Dieu; et toute vérité connue est une révélation ou une manifestation partielle de l'être divin. Par quelque voie que s'opère cette révélation , l'existence en est certaine pour quiconque raisonne et croit en Dieu ; autrement les idées seraient arbitraires : il y aurait autant de vérités différentes que d'intelligences diverses. Donc plus on connaît Dieu , plus on connaît de vérités : et réciproquement. Tout ce qui nous rapproche de Dieu, nous rapproche de la vérité , comme tout ce qui nous éloigne de Dieu , nous éloigne d'elle et nous enfonce dans l'erreur, qui n'est que la privation de la vérité , et n'a rien

(3) Etquitte d'un tableau hUtortque de* proifrét de retfHt humain.

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