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SUR DN OUVRAGE INTITULÉ DU PAPB
pnfittdevérffablecArùlianixme, et que nul /wnnéttf homme chrétien, sépanê de lui, ne signera lur iOK honneur {s'il a quelque {science ) une Itro/ession de /bi clairement circonscrite {]).
Celle proposilion a deux parlies ; l'une desquelles riatil prouvée, l'au Ire l'est égalemenl. Car, s'il n'y a point ût véritable christianisme sans le pape , il n'y i poiat sans lut de véritable foi , et par i:onséi|uenl lout« profession de foi est aécessaireioenl arbitraire ; tl si nul chrétien , sépare du pape , De peut raison nablrmeiK signer une profession de foi clairement rirronscrite, r*est-à-dire s'il ne peut s'assurer de ce qu'il doit croire, il n'y a plus de christianisme, â moins qu*élrc chrétien ce ne soit ignorer et douter.
Réduite i ces termes. la question devient, pour peu qu'on s'entende, extrêmement facile à résoudre. Ne veut-on voir dans le christianisme qu'un sysleme de philosophie , des opinions sur llieu cl sur rbomine. sur ies rapports qui les unissent, sur les devoirs ^ etc., un pape n'est pas plus nécessaii'c aux chréUens qu'aux stoïciens : mais aussi les croyances Jrs chrétiens, toujours incertaines, pourront éternellement varicrcomniecelles de* stoïciens. Le clirislisnisme est-il , au contraire, une société qui ait sa ransUtulion, ses lois, sa hiérarchie, sa poUce. il faut etideromenlun pouvoir dans celle société, cl un pouvoir un pour qu'elle soit i^ne, perpétuel pour qu'elle toil perpétiidle elle-même, permanent pour qu'elle soit permanente.
Hais, si le christianisme est véritable, le christianisme est une société, même la seule vraie société, en ce sens qu'il est la seule société parfaite , et que toutes les autres nesubsistent qu'àl'aide dequelquesuiKsdes vérités qui le composent. Enelfel,la société est une des conditions et la première de l'existence des tires inlelligenis ; donc d existe nue société des êtres intelligenis, ou une société spirituelle, que l'on appelle re%tfin.Maispoinldesociélésans pouvoir et sans devotrs,sans commanilement et s ans obéissance ; donc i] existe un pouvoir et des devoirs spirituels , une autorité ayant droit de commander aux esprits , qui sont tenus de lui ot>éir. Voilà l'Église cl son chef, et ses dogmes et ses préceptes; voild la Foi, qui n'est <| Ile l'obéissance de l'esprit, et la raison de la Foi, qui rr se trouvequc dans l'autorité. Çui ne voit pas cela ni incapable de rien voir. (,>ui n'admet pas un pouvoir souverain, perpéluel et permanent, ou nes'entrnd pas , ou nie l'Eglise ; qui nie l'Église et croit en Diru , esl un insensé ; qui ne croit pas en Dieu , ne jn-nl, s'il est conséquent , croire à rien ; ce n'est pas Hrulemenl un insensé, c'est un monstre parmi les inleltigences, unje ne saisquoi d'inerte et de vide, qui ii'adenomdansaucunelangue;inf<>rme production
i moitié aoriiedu néant et que le néant rappelle àlui.
Ces considérations ne nous ont point éloigné de l'ouvrage de H. de Maisire. Comme il ne s'adresse qu'à ceux qui admettent le vérité du christianisme, elles justifient déjà pour eux sa proposition principale ; obligé , en la développant, d'examiner, parmi les questions relatives au gouvernement de l'Église, celles que les passions ont le plus obscurcies , ou essayé d'obscurcir, il les Iralle avec une clarté et une Force deraisonqui sembleraient devoir dissiper beaucoup de préjugés. Mais l'homme , qui se détache si aisément de la vérité, parce qu'elle appartient à Ions, n'abandonne pas de même ses préjugés; il y liant parce qu'ils sont à lui.
M. de Maistre a divisé son ouvrage en quatre parties. Il y considère le pape dans ses rapports avec l'Église catholique, avec les souverainetés temporelles, avec la cirilisation et le bonheur d peuples, avec les églises nommées sc/iismatiquet^ I Ce serait une grande erreur que de penser qu'il eùlf^ mieux valu les taire , pour le bien de la )>aix, L« silence n'est pas la paix : et le temps est venu où il faut que toute vérité iott dite, parce qu'il faut que toute vérité soit crue; laissons parler l'illustre auteur.
« l.e protestantisme, le philosophisme, et mille •1 autres sectes plus ou moins perverses on extravan ganles, ayant prodigieusement diminué les p#« " riU's parmi les hommes (9). le genre humai»! " ne peut demeurer dans l'élat où ii se trouve. H r " s'agite, il est eji travail, il a honte de lui-mCnie, " et cherche, avec je ne sais quel mouvement con- H vulsif, à remonter contre le torrent des erreurs , 1. après s'y être abandonné avec l'aveuglemenl sys- " lématique de l'orgueil. A celte époque mémo- « rable il m'u paru utile d'exposer dans toute sa •I plémlude une théorie également vaste et impor- •' tante, et de la débarrasser de tous les nuages >L dont on s'obstine à l'envelopper depuis si long- '■ temps. Sans présumer Irop de mes efforts, <i j'es)>ère cependant qu'ils ne seront pas absolu- <t ment vains. Un bon livre n'est pas celui qui 'I persuade tout le monde ; autrement U n'y aunrit' \ >i point de bon livre : c'est celui qui satisfait coiiK"'fl Il plétement une certaine classe de lecteurs à qui T Il l'ouvrage s'adresse particulièrement, et qui, da 1 •I resle, ne laisse douter personne ni de la boum | ir foi parfaite du l'auteur, ni de l'infatigable travail i •i qu'il s'est imposé pour se rendre maître de sosi » sujet, et lui trouver même, s'il était possible, <i quelques faces nouvelles. Je me tlalle naïvement Il que, sous ce point de vue, tout lecteur équitable ' • jugera que jesuisenrëgle.Jecruisqu'iln'ajaiaaiS' .
SUR US ouvhack intitulé du pape.
u tftêpIusnécesaaired'eiiTiroiinerdelous les rayons " Je l'éTidence une vt-Hlp du premier ordre, et je ■i crois de plus que la vérité a besoin de la France. " J'espère donc que la France me lira encore une « fois avec bonté; el je m'eslimerais beureux sur- •• loul M ces grands perïOnDageg de tous les vr- <i drei , en réftécbissant sur ce que j'attends d'eux , u Tenaient à se faire une conscience de me réfu- .. ter (1).-
Combien, dans un temps où le plus parfait accord entre les chrétiens est si nécessaire, combien ne serait-il pas à désirer que tous les rrats enfants de rÉglise, Ions ceux qui onl à cœur le» JntérËlsde cette religion sur qui reposent les deslias de la société, l'ordre général et le boabeur des peuples, déposant eutfn toute prévention, s'unissent de bonne foi et avec un zèle que Dieu bénirait sans doute, pour éclaircir de concert les difficultés qui embarrassent encorequelques-uns d'eux, et pour terminer â jamais ces dangereuses querelles d'opinions , source de tant de maux et qu'on ne saurait trop s'empresser d'éteindre, quand leur plus funeste effet serait d'agiter et d'aigrir les esprits , d'altaiblir la confiance et la charité !
Ne devrait-on pas savoir aujourd'hui que toute doctrine qui éloigne du centre est mauvaise, parce qu'elle sé|iare ; que borner sans nécessité l'autorité légitime, c'estboriier la certitude, la paii, la vcrité ; qu'il n'existe pour aucune Église, comme pour aucun peuple , de privilège de raison , et que la véritable liberté n'est pour tous qu'une parfaite obéissance '/
Au reste, en rendant compte d'un ouvrage dont l'auteur défend, avec une si noble franchise, ce qu'U croit être la vraie tradition , nous regarderions comme une basse et coupable faiblesse de dissimuler nos propres s^-'Utiments. Nous n'hésiterons point à le déclarer, ils ne dilfcrenl en rien d'important de ceux de H. de Haistre. L'Église, nous le savons, ne l^t à personne une obligation absolue de les partager : elle a cru jusqu'à présent devoir accorder, aftn de prévenir de plus grands maux , un certain degré de tolérance à des opinions qu'elle réprouve, et que leurs partisans mêmes désavouent dans la pratique. Que ceux-là donc à qui cette tolérance suffit en profitent si leur conscience le leur permet ; cela ne regarde qu'eux. Pour nous, qui ne craignons point de nous montrer trop docile à l'autorité surémincnte des successeurs de l'apAtre à qui Jésu^ Christ disait : J'ai prié pour toi, afin que ta foi
ne défaille point (t), jamais noui n'aurons U présomption, insupportable â nos yeux, de prétendre , en quoi que ce soit, réformer leur doctrine ; et plus notre soumission sera profonde, plus nous noui croirons en droit de répéter ces admirables paroles du jgrand Bossuel : « Sainte Église romaine, mère det " Eglises et mère de tous les fidèles , Église choisie « de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi « et dans la même charité, nous tiendrons toujotvt <i à ton unité par le fond de nos entrailles. Si ja " t'oublie, Église romaine, puissé-Je m'oublier n moi-même! Que ma langue se sèche et demeure Il immobile dans ma bouche, si tu n'es pas tout
I jours la première dans mon soutenir ; si je u ne le mets pas au commencement de tous met « cantiques de réjouissance (3)! »
Nous avons vu que , l'Église étant une société, il existait nécessairement un pouvoir souverain dans l'Église, ou, ce qui est la même chose, une aulorilé infaillible : car i Vinfaillibililé dans l'ordre spirîu tuel, et la soueerain'eté dans l'ordre temporel,
II sont deux mots parfaitement synonymes. L'un et " l'autre exprunent celle haute puissance qui les » domine toutes, dont toutes les autres dérivent; IL qui gouverne et n'est pas gouvernée, qui juge X et n'est pas jugée (4). »
Celte puissance suprême , et , ainsi que l'obseive H. de Haistre , absolue par «a nature , existe daiii la république comme dans la monarchie. Premîéff condition de la société, puisqu'on ne trouve qu'en elle la raison de l'obéissance, elle est le lien qui uni) tout, et la volonté à qui tout cède. Sans un dernier tribunal dont les décisions soient irréfurmabic», jamais nulle contestation ne finirait ; et, dans l'Église, la doctrine serait éternellement incertaine coi les devoirs. En vain l'on condamnera ceux qui co^ rampent la foi ou violent lu discipline; les Un appelleront à leur raison, les autres kJésus-Chrittet à la très-sainte Trinité : et il y a de» exemples de ces appels ['&), les premiers qu'où ait imaginét pour se soustraire à l'autorité du sainl-siége.
Mais en qui réside la souveraineté , ou , en d's très termes, quel est le souverain? Pour résoudre cette question , il suffit desavoir de quelle nature eit le gouvernement de l'Église. S'il est démocratique, la souveraineté appartient au peuple ou au corpc entier des fidèles ; elle réside , s'il est aristocratique, dans le concile; s'il est munarcLiique , le souveraJB'H c'est le monarque ou le pape.
L'opinion qui attribue la souveraineté au corps
tqaiiiwnJc|<at«,)'UM surant Itpud'dDïptreiua alnvAiiBceT
SUR UN OU\*nAGE ISTITDLé DU PAPE.
ntier des fiiJèlFsa été pluskurs foii condamoée comme héréti(|ue.
Ceux qui veulent que le gouyernemcnt de l'Église *oil arislDcratique sont également condamnés à Rome el en France, dit Flpury(l)-
Il semtde qu'aiu^ cela l'on devriiil conclure que l'Eglise est une monarclije . et que la souverainelë apparlien t au fiurerotn pontife. Mais il n'en va pas ainsi; et, tout ce que nous venons dédire subsistant, on a trouvé le moyen ile remettre en question ce qui paraissait clairement et irrévocablement décidé: tant l'homme déFend avec opiniâtreté son indépendance! Sans nier direclcmrnt la monai-chie du pape di. on a prétendu que, dans toutes les causes qui intéressent la foi et la discipline, le dernier jugement appartenait à l'Église entière ou au concile ijui la représente, en sorte que le pontife romain tni-méme est soumis à son autorité : ce qui est évidemment transporter la souveraineté dans le concile.
Nous essaierons de montrer . avec H. de Maistre, qae ce système plein d'embarras et de contradictions ne saurait se soutenir, et qu'il répugne également à b raison et i la tradition. Quelques courtes observations sur la déclaration de 1^2 mettront, nous recpérans , cette vérité dans tout son jour.
Le second article porte « que la plénitude de
■ puissance que le salnt-siége apostolique el les
• successeurs de saint Pierre, vicaire de Jésus-
■ Christ, ont sur les choses spirituelles, est telle,
■ qtie néanmoins les décrets du saint concile cccu-
• tténique de Constance louchant l'autorité des •I conciles généraux , décrets contenus dans les ses- < sioas i^atrièroe et cinquième , approuvés par le
■ saïnl-siége apostolique, confirmés parla pratique ' de toute TÉglise et des ponliFes romains, et ob-
■ serves religieusement dans tous les temps par
■ réglise gallicane . demeurent dans leur force et
■ vertu , et que l'Église de France n'approuve pas
■ Toplnion de ceux qui donnent atteinte à ces dé-
• crelE en disant que leur autorité n'est pas bien
■ établie , qu'ils ne sont point approuvés, ou qu'ils B Bc regardent que le temps de schisme, n
Les décrets dont il est parlé dans cet article porteot en substance que le concile légitimement as- KDtblé à Constance , ou tout autre concile général, liciH immédia le ment de Jésus-Christ une puissance i laquelle toute personne, de quelque dignité qu'elle ■i>il rriéiue. mime papale, doilt/ée'f/-, e» ce qui
l'iceme la foi , l'extirpation du schisme , et la
ri'formation de l'Église de Dieu , dam son chef et dans ses membres (3).
Nous ne parlerons point ici du troisième article, qui n'a qu'un rap|iorl indirect è la question présente. Le quatrième est une conséquence naturelle du second. Il y est dit que, •< quoique le pape ait la II principale part dans les questions de foi , et que >[ ses décrets regardent toutes les Églises, et cha- " que Église en particulier, son jugement n'est <i pourtant point irréformable , à moins que le " consentement de l'Église n'inlervienne. "
II est clair, en effet, que, si le pape doit oôdir au concile en ce qui concerne la foi , il existe dans l'Église une puissance au^Iessus de la sienne, une puissance qui peut réformer ses décrets, lesquels par conséquent n'acquièrent une complète autorité que lorsqu'ils ont été raliKés par ce dernier tribunal. Ainsi, \e plein pouvoir que , suivant le concile de Florence et toute l'antiquité, Jésus-Christ a donné à Pierre, et en lui à ses miccesseurs , de pat'tre, régir et gouverner VÉgtise univers selle (4), est tel que néanmoins le souverain pontife ne laisse pas d'être soumis à un pouvoir supérieur Investi du droit de réformer ses jugements; de sorte que la plénitude de sa puissance se réduit, en cas de contestation, au devoir A'obéir. On ne nie pas que le pape possède une autorité suprême , â Dieu De plaise ! on dit seulement qu'elle est suprême en ce sens qu'il existe une autorité audessus d'elle.
Au reste, après avoir lu les deux articles que nous venons de citer , Il se présente d'abord à l'esprit une réflexion. Le concile de Constance déclare former un vrai et légitime concile général, et tenir immédiatement de Jésus-Cfarist un pouvoir qui s'élève au-dessus de tout ; et en conséquence il ordonne , dispose, statue, définit et décerne, ce sont ses propres termes, que tous sans exception , et le pontife romaio lui-même , lui doivent obéissance , ainsi qu'à tout autre concile général , en ce qui concerne la foi et la réfbrmation de l'Eglise.
L'assemblée de I6S2 reconnaît, de son côté, ce concile pour œcuménique ; elle déclare que ses décrets contenus dans la quatrième et ta cinquième session onlété approuee'spar te saïnl-siége apostolique, et confirmés par la pratique de toute l'Église et des pontifes romains ; ce qui leur donne assurément le plus haut degré d'autorité qu'aucune décision puisse avoir dans l'Église (S). Qu'y a-t-N , en effet, de plus solennel, de plus irréformable, que
iflpDiIoUcom -C
Sun UN OlîVRAGE ISTITUI.É DU PAPE.
les d^Kta d'un concile œcuménique approuvés du sainl-siége et de toute l'Église, et contirinés, en outre, par une pratique universelle? Et cependant l'assemblée de 1682 se borne à avenir qu'elle n'approuve point ceux qui portent atteinte à ces décrets: et Bosauel tinil par dire : " Que la [Icclaralion Il devienne ce qu'elle pourra ; car j'aime à répéter u que je n'ai poinl entrepris de la défendre, pourvu « que rancienneopinionderëeoledel'arisdemeure Il exempte de censure (1). i> Il Faut avouer qu'il n'y a point de prétentions plus modestes. Les uns déclarent qu'ils n'approuvent pas qu'on rejette les décisions d'un concile œcuménique , c'esl-à-ilire qu'ils n'approuvent pas qu'on se mette en état de rébellion ouverte contre I'ÉbUsc , ou qu'on cesse d'être catholique; et Bossuel, plus facile encore, est content pourvu qu'on ne censure pas ceux qui se soumettent à ses décisions. Ko eAt-il dit autant des décrets de Nicée et de Trente, lui qui, dans sa célèbre Dëgocialton avec Leibnilz , ne voulait pas même consentir à ce queces derniers demeurassent un seul moment en suspens? Et, pour ne parler ici que du concile de Constance, suFRrail-d de dire qu'on n'approuve ^loint ceux qui portent atteinte aux décrets qui condamnent les erreurs île Wiclef el de Jean Hu>, et qu'en recevant ces décrets, tout ce qu'on demande, c'est d'être exempt de censure? H f a donc une conlradiclion manireste dans le langage de la Déclaration. Ou l'on regarde les décrets contenus dans les quatrième el cinquième sessions du concile de Constance comme des décisions d'un concile œcuménique, et alors il n'est permis à personne de s'en écarter : ébranler leur autorité, c'est se séparer de l'Église, c'est nier son ioftillibililé , et passer dans les ranges de l'hérésie et du schisme : ou l'on ne regarde pas ces décrets comme des décisions d'un concile œcuménique , et
I, prlaa ma tenleMia Pariilen
l'tgliM n'ivilll •■ ICle qu'un pape ilm
lori Ctrc CDni4il«rei cnniinii uns dCc
il(lU3,parle oarillnil LUu.) (a; rfMVT«idiiiiaSp/raaiaaeleeeiigrn<UaleiHlmt.iei
Ae}t>a ae ptvi «tn râlorqué canin let ih«ali>|len><|ul, nule-
la Décltiralion
alors il faut elFacer le second article de !a Déclar»< tion, et avouer qu'il est aussi faux qu'absurde (2).
Si l'on abandonne les décrets de Constance con décisions dogmatiques, et qu'on n'y veuille voir qu'une approbation donnée à une opinion particulière, on contredit le concile même qai gtatu^, définit, décerne au nom du Sl-Esprit (3). Jamaâ concile général a-i-il dit: Je statue, définis, déclare que telle est la vraie doctrine . laquelle néanmoiti* reste douteuse? Ces saintes assemblées sonl-ellei aKsistées du Saint-Es|irit pour enseigner des opinions, ou ])Our promulguer le dogme catholique?
De quelque manière qu'on interprêle la déclart> tion de 1682 , il est donc clair qu'on ne s'entend pas. Le souverain pontife, considéré à part du concile, est-il tenu de lui obéir? Un concile général a-t-il, selon vous , décidé cette question affirmativement ? Dites donc anathème !t quiconque le nie ; et ne vout bornez pas à ne point approuver qu'on rejette une décision de l'Église universelle, ^'esl-ce à vosyeoi qu'une opinion libre , adoptée par le concile? Ne nous partes donc plus de décrets d'un concile œcuménique approurés par le saint-siège , et confirmés par la pratique de toute l'Ègdae et des pontifes romains (4).
Au fait, on est Lien obligé, pour ne pas anatbématiser le souverain pontife et la plus grande partie de l'ÉgUse , c'esl-à-dire pour ne pas tomber dans le schisme, d'avouer qu'on ne défend qu'une simple opinion; mais dès-lors tout le monde est maître de la rejeter. En adoptant l'opinion contraire, le pape rentre dans tous les droits que voui lui contestez ; et, quand il lui plaira d'en user, tl vous refusez de vous soumettre, ce se*dêclarer que votre opinion particulière , opinion libre selon vous, doit prévaloir sur celle du saint-siêge et faire loi pour l'Église entière, ce qui ne serait riea
SOR IIN OIJVRAGE INTITULE DU PAl'E.
i TOUS arroger [a primauté. Mais jiourluivons.
SuÎTant le qualrifme arikle, dans lesquestirmi de foi le jugement du pape n'est pas irréformable , à moins que le consentement de l'Église n'inlerciennc, cmuiH^mfifi tréiM;)airenieut que les jugemcnls du pape peuvent èlre réformés. Or, un jugcmeat ne saurail être réformé que par un autre jugement. Supposons ilouc que lepape rende, en matière de foi , un jugement qu'il soit nécessaire de réformer; qu 'arrivera-!- il 7 Comme rÉglide, dispersée, ne p«ut prononcer de jugement, puisqu'elle ne forme point un tribunal , il y aura d'abord des oppositions particulières. Un évèque, aiir»» avoir reçu le décret du jiape, décidera que le pape s'est trompé, et par conséquent jugera le pape; mais son Jugement ne sera pas non plus irréfortuable. Us opgiositions particulières se multipliant , et la question restant indécise, it faudra qu'un concile général s'assemble, chose aujourd'hui si aisée, comme chacun sait; et jusque-là, dans une question de foi débattue entre le souverain pontife et le* évéques , l'Église ignorera ce qu'elle doit croire.
Enfîn les obstacles sont surmontés : je ne sais qui convoque le concile, de tous les points de la terre les évéi]ues y arrivent pour juger le pape; et. puisque le coDciie juge le pape et que le pape doit lui obéir, il faut donc qu'il soit au-dessus du pape? Or. quelles sont les conditions que doit réunir un roncjie pour être invesit de cette suprCme autorité? Écoulons Bossuct : " La puissance qu'il faut recon- •• naître dans le saint-siége est si haute et si émi- •• Dente, si chère et si vénérable à tous les fidèles, •' qu'il n'y a rien au-dessus que toute l'Église calbo- • Uque ensemble (!}." Le concile qui sera au-dessus du pape devra donc représenter toute l'Église catholique ensemble. Or, un concile sépare du pape représentera il-il itMie l'Église catholique ensemlle ? Est-ce que le souverain pontife ne fait pas partie de l'Église catholique? Ainsi donc, séparé du pape , le concile ne peut rien contre lui; uni au pape, ce serait le pape qui se jugerait et se réformrrait lui-même, puisque, en quittant le concile, il le dissoudrait en tant que général.
Bossuet lui-même reconnaît en termes formels que, d'après tes anciennes .règles , les conciles géndraux tenus sans le pontife romain sont nuls et dénués di? toute autorité (2). Il eiceple , à la vérité . le cas oîi le pape serait tombé dans le schisme ou dans l'hérésie. Mais comment savoir, autrement que par la sentence du coucile, si le
souverain poutire est réellement tombe dans rbérêsie ou dans le schisme ? La puissance du concile demeure doncdouieuse jusqu'à ce qu'il ait prononcé son jugement , et c'est de la nature du jugement que dépend l'étendue de la puissance : si le concile décide que le pape est hérétique , il est infaillible ; il ne l'est pas, s'il déclare que le pape n'est point hérétique. Tout-puissant pour condamner, il est sans pouvoir pour absoudre ; et , à moins que le pajw, se joignant au concile , ne se juge lui-même , et ne dise : Je déclare que je suis orthodoxe , la sentence qui le justifierait, et le tribunal qui aurait prononcé celte sentence, seraient nuls, de toute Dullilé , nullas et irritas.
Voilà ce qu'on soutient sérieusement. El encore l'idée d'un concile supérieur au pape dans un cas quelconque, d'un concile séparé du pape, età qui le pape doit obéir, paraît si étonnante à ceux m#mc quise sont engagés à soutenir celte étrangedocirine, que Bossuet, répondant à cette question : » Lep8)>e " obéiradoncauconcilecomme àsonsupérieur?« s'écrie : '< Gardez - vous de prononcer cette parole Il abominable ! » Le pape , selon Bossuet . ne sera donc point tenu d'obéir? Pardonnez-moi, llobéiraa larérilé réréléeau concileparle Sainl-EspriUS); ce qui lève toute difficulté , comme on voit.
Toujours rèsulle-t-il de ce passage que Bossuet n'a pas osé mettre formellement la souveraineté dans le concile. Sa raison , ordinairement si droite, répugnait à concevoir l'Église sous l'absurde notion d'une société privée habituellement du pouvoir souverain. Quel état pourrait subsister sans un tribunal suprême , perpétuel , et juge en dernier ressort de» contestations qui peuvent naître et naissent, en effet, à chaque instant? Oi'i en serait-on si charun avait le droit d'appeler des décisions et des ordres du monarque à une puissance supérieure qui ne se montre que de loin en loin? Au lieu d'un gouvernement , on aurait l'anarcbic la plus profonde. C'est la souveraineté qui fait la société : donc la souveraineté doit être permanente comme la société. Une souveraineté intermittente est, comme l'observe fort bien M. de Maislre, une contradiction dans les termes. Or, les conciles sont, de leur nalure, nécessairement intermittents , et il y a trois siècles qu'on n'a vu de concile général dans l'Église.
Il faut lire les excellentes réflexions de M. de Maislre sur ces grandes assemblées, qui ne sont et ne peuvent êlre que le parlement ou les étals-généraurdu christianisme rassemblés par l'autorité el sous la présidence du souverain.
SUR UN OUVTIAGE INTITULÉ DU PAPE
•I Partout où il y I un louvi^rain , et dans le << STilème catholique le souvcrainest incon testa Me , « il ne [teut y avoir il'assenililécs nniionales ei lêji- H times sans lui. Dès qu'il a dit vt-to, rassemblée est >i dissoute , ou sa force colégislalrice est suspendue ; » si elle s'obstine, il y a révolution.
H Cette nolioii si simple, si incontestable, et « qu'on n'ébranlera Jamais , expose dans lotit son X jour l'immense ridicule de la question si debat- <■ tue , si le pape est au-dessus du concile ou le « concile au-destus du pape ; car c'est demander K en d'autres termes si le pape est au-dessus du " pape, ou le concile au^essus du coniile.
« Je crois de tout mon coeur avec Lcibnitz que " Dieu a préserve' Jusqu'ici les conciles vdriln- M blement œcuméniques de toute erreur con- •i traire à la doctrine siilutaire ; je crois di; |>liis " qu'il les en préservera toujours : mais, puisqu'il Il ne peut y avoir de concile cEcuméniquc sans « pape , que signifie la question s'il cil an-dessus '■■ ou au-dcssons du pope? La demande est préci- « sèment ce qu'on appelle en an;;li<is un non-sens.
H Au reste, quoique je ne pense nullement A a contester l'éminenlc prèro^jative des conciles gé- » néraux , je n'en reconnais pas moins les incun- <i vénients immenses de ces |;randes assemblées, et " l'abus qu'on en fil dans les premiers siècles de » l'Église. Les empereurs grecs , dont la ra^e Ihév- « logique est un des grands scandales de l'bistoire, » étaient toujours prêts à convoquer des conciles ; " et, lorsqu'ils le voulaient absolument, il Fallait ■1 bien y consentir ; car l'ÉsIise ne doit refuser à " la souveraineté qui s'obstine rien de ce qui ne fait ■( naître que des inconvénients. Souvent l'incrédu- <c lité moderne s'est plu à feire remarquer l'in-
• fluence des piinces sur les conciles , pour nous Il apprendre à mépriser ces assemblées, ou pour
• les séparer de l'autorité du pape. On lui a ré- •I pondu mille et mille fois sur Tune et l'autre de ces •I dusses conséquences; mais, du reste, qu'elle dise Il ce qu'elle voudra sur ce sujet : rien n'est plus in- •I différent à l'Église calboIique,qui ne doit ni ne peut 'I être gouvernée par des conciles. Les empereurs, « dans lespremiers siècles dcl'Église, n'avaient qu'à " vouloir pour assembler un concile , et ils le vou- •■ lurent trop souvent. Les évèques, de leur côté , Il s'accoutumaient û regarder ces assemblées comme « un tribnnal permanent, toujours ouvert au zèle 'I et au doute ; de là vient la mention fréquente Il qu'ils en font dans leurs écrits, cl l'extrême im- « portante qu'ils y attachèrent. Mais , s'ils avaient
i l'iiii»
1 l'Kkii»,
<i vu d'autres temps , s'ils avalent réfléchi aur lea " dimensions du globe, et s'ils avaient prévu ce >i qui devait arriver un jour dans le monde, ils u auraient bien senti tju'un tribunal accidentel, « dépondant du caprice des princes , et d'une rëu- •1 nîon excessivement rare et difficile, nepouvdt u avoir été choisi pour régir l'ÉsIise éternelle el « universelle. Lors donc que Bossuct demande, u avec ce ton de supériorité qu'on peut lui paru donner, sans doute, plus qu'à tout autre homme, Il pourquoi tant de conciles, si la décision de» « papes suffisait à l'Église (I) , le cardinal Or« <i lui répond fart é propos :— Ne le demaudei point Il é nous , ne le demandez point aux pa()es Damase, « Cclealin, Agalhon, Adrien, Léon, qui ont fou- » droyp toutes les hérésies, depuis Arius jusqu'l " EuLyeliès . avec le consentement île l'Eglise, OU ' >' d'une immense majorité, et qui n'ont jamais ima- <i giné qu'il fût besoin des conciles œcuméniques " pou>' les réprimer : demamlez-le aux etupereun >t Qrecs , qui ont voulu absolument les conciles, " qui les ont convoipiés, qui ont exigié l'asscnti- " ment des papes, qui ont excité inulilement tout ■1 ce fracas dans rÉjjHse iS).
" Au souverain pontife seul appartient essentîel- •I lement le droit de convoquer les conciles géné- H raux... Hais comment les hommes subordonnéi « â une puissance . puisqu'ils sont convoqués pir ■ elle , pourrai en t-jls être , quoirjue séparés d'elle , « au-dessus d'elle? L'énoncé seul de cette propo- « sition en démontre l'absurdité...
<i Ouest Id souveraineté dansles longs intervallet Il qui séparent les conciles ceeumêntques?... Si les <i besoins de l'Église appelaient une de ces grandes " mesures qui ne souffi'ent pas de délai, comme " nous l'avons vu deux fois pendant la révolution 1 frLtnçaise, que fouirait-il fiiire 7 Les jugementsdu " pape ne pouvant être réformés que par le concile ■I général, qui assemblera le concile? Si le pspes^ •I refuse, qui le forcera ? et, en attendant, comment li l'Église sera-t-elle gouvernée? etc., etc..
« Plus on examinera la chose atlenlivemeal , et ■1 plus on se convaincra que , malgré les conciW » et en vertu même des conciles , sans la monar- •I chie romaine il n'y a plus d'Église (3). »
On doit ajouter que , s'il y a une puissance audessus du pajie, si l'on peut appeler de ses jugements, et le juger lui-même, il n'y a plus de monarchie, plus d'unité. Les protestants l'ont trèsbien vu; et leurs témoignages, rassemblés avec soin par U. de Maistre, ne sont pas la partie la
lot. Hvg. Ont De Irre/OrmabUl rom.pontlt- Initrflmlt OKlroutrtlUiltiIttlo, l. III, 1, H, op. XI, p. ISS, ISt, MiPn/if.l.I.P.lOeliul*.
SUR L'N OUVRAGE INTITUI-é DU l^APE.
moins curieuse de son livre. McMlieim a écHl une iliwerUlioii pour clabllr que l'appel du pape au futur concile détruit runité vinible (1). Lulber Di^rotiet Calvin, Mélanchlon, Crolius, CasauLwn, SekcoWre, et bcaucou]» il'auties, ont fait tics areux dod moins remarquables. Obligé de nous borner, Dousne citerons quecps ginroles de l'ulfcDilorlf: « Oue le concile mil au^eaaua du pape, c'est
■ une proposition qui doit entraîner sans |>cine
■ l'usenliroent de ceux qui s'en tiennent à la raison
■ et à l'Écrilure (3) : mais i|ue ceux qui regardent
■ le uége de Rome comme le centre de l'Eglise, et « le pape comme l'êvtque Œcuménique, adoptent » kussi le mfme senlinient , c'est ce qui ne doit m pas iembler médiocremeiU absurde ; car la
■ proposition qui met le conrile au-dessus du pape m établit une vcrilaMe aristocratie , et cependant
■ rÉglise romaine esl une monarchie (5J. i>
Les principes que nous tenons de combatlrc, destruelth du çouveruement de l'Église, ne sauraient MUtcnir un examen sérieux , et ceux même qui les dcfcudenL en Ibéonc sont cofilriiinls, pour éritcr le schisme , de les abandonner dans la pratiqae. Apris avoir montre que la raison ne peut les admellre, nous ferons voir qu'ils sont également contraires à la tradition , el principalement â celle de l'Église de France. Tout ce que demandent avec Uossuel lej partisans de ces trisles opinions , c'csl d'flre exempts de censure ; et c'est, en vériiê , demander bien peu pour des catholiques : mais enfin l'on s'en contente. Après cela il nous esl sans doulc jM-nnis dédire, sans craindre d'olfenscr personne , qu'en ce qui concerne le pouvoir du souverain pontife le sfslj'me gallican se réduit à crvire le moins poiiible itins être hérétique, afin d'obéir le noftiM possible satts être rebelle.
On sent bien qu'il est impossible de présentrr ici un tableau complet de tradition sur le pouvoir du HiuTprain pontife, liais, comme les nombreux témoignages que nous pourrions citer se ressemblent tous; qu'ils ont d'ailleurs été rassemblés dans des ouvrages que chacun peut consulter, il suIGt d'en mettre i|uclques-uns sous les yeux du lecteur pour le convaincre que la doctrine défendue par M. de Uaistre n'est que la doetrîuc constamment enseignée dans l'Église depuis son origine.
Nous avons vu que la question se réduit à savoir si le pape esl véritablement souverain. Or, dire que l'tgltsc est une monarchie , ou que le pontife romain poucde une puissance suprême dans l'I^glise,
D» appal. mf ainell. milv. Eeflettrr ant-
OU que nul n'a droit de le juger, ou que ses jugements sont irréformîiblos , ou enSn qu'il est infaillible, c'est, en des termes différents , lui attribuer la souveraineté. On ne doit jamais perdre de vue cette réflexion en examinant les monuments de ta tradition.
Voyons d'abord quelle idée les papes ont eue de leur pouvoir, du n s les premiers siècles. Innocent 1", qui succéda en 401 ou 403 à saint Anastase, écrivait aux évrques d'Afrique: " C'est surtout lorsqu'il M s'agit de la foi que nos frères et eoêvéqucs doi- 'I vent en référer à Pierre seul , c'est-à-dire & l'au- « leur de leur nom et de leur dignité (4) ; « et saint Augustin déclare que le pape •<■ a parlé comme d K convenait, et comme devait parler le chef du u Siège apostolique (Q). »
Vers la fin du même siècle , un des plus grands jmntifes dont se glorifie t'Église romaine , saint Gêlase , défendait ttinsi les <lroils de sa primauté contre quelques rebelles : " Ces hommes qui ne ■• savent ce fiu'jIs disent nous oj>posenl les canons, » et ils commencent par les violer en refusAot 'I d'obéir au premier siège qui cherrbeâ leur inspi- •I rcr des sentiments droits et salutaires. Ne sont-ce • pas les canons mêmes qui consacrent dans toute « l'Eglise les apjiels h ce siège , dont ils ont défendu « que nul appelât jamfiis ? Vav là ils ont voulu Il que , Jtige de toute l'Église , Une fiit lui-même a soumis au jugement de personne. Loin d'or- '1 donner jamais un nouvel examen de ses dé- ■i cisions, ils ont statué que- ses sentences ne « pouraienl être cassées, et qu'on devait obéir d " ses décrets... C'est pourquoi nous ne craignons <> point l'abrogalioD de notre sentence apostolique, « qu'appuient de concert et la voix de Jésus-Christ, •> et la tradition de nos ancêtres , et l'autorité des <i canons. (Qu'ils craignent plutdl eux-mêmes , s'il ••- leur reste quelque sentiment de religion, d'ttrc » condamnés devant Sien et devant les hommes , ■I par une irréfortnable constitution du Siège » aposltrlii/ue (C). t.
Ce témoignage parai t-il assez clair, assez formel? Nicolas s'exprime, s'il est possible, avec plus de force encore : « Il est manifeste , dit-il , que les II jugements du Siège apostolique sont irréforma- II blés , et qu'il n'est permis à qui que ce soit de su Il rendre juge de ses senlcuces, parce qu'il n'y a li point d'autorité au-dessus de la sienne; et c'est •I pour cela que les canons ont vouluque, de toutes " les parties du monde , on appelât à ce Siège
'etcripilt es mwlDi <iui> i !• iDUilileiB, £|>. eLX'
sua UN OUVRAGE
'I éminent, duquel il n'es! permis à personne d'ap- 11 peler (1). "
Veut-on s'en rapporler aux papes de la primilive Église sur ce qui regarde les prcrogalives de leur siège ; la question , dans ee cas , est décidée pnr les textes qu'on tient de lire. liefusera-t-on de les en croire, sous prétexte qu'Us sont parties intéressées; alors, qu'on désavoue et que l'on condamne Bossuet , dont voici les propres paroles : " Je déclare que , sur ce qui concerne la * dignité du saint-siége apostolique, je m'en tiens
■ à la traditioD et à la doctrine des pontifes ro- •I mains (â).>'
EiamJnons maintenant quelle a été, dès l'orîgiDe,cclle de l'Église de France. Selon saint Hilairc et saint Bernard, " Pierre a reçu les cleb d'une ma- " nière qui lui est tellement propre, que ses dé- » crets sont d'avance ratifiés dans le ciel (3). Lt
■ premier disciple parmi les disciples , le premier « maître parmi les maîtres, le chef de l'Église ro- >i maine , il possède tout ensemble la principauté « de la foi et du sacerdoce (4). Pasteur de tous , H il régit , dit saint Eucber, les prélats comme les
■ simples fidèles (S) ; car il était conforme à l'ordre X (]ue la principauté appartint au siège d'oU éma- " nent encore les oracles de l'esprit aposloli- <i çue (6) , " selon l'expression des évéques (^rèce, SaloniuH tl Véranus , daoa leur lettre à saint Léon. Saint Prosper voit dans la puissance du premier apOtre la puissance même de Jésus-LLrist. ■> ^>ui « ne connaît , dit-il , la force de celte pierre , la- « quelle emprunte de la principale pierre , qui est H le Christ , et son nom et toute sa vertu (7) ? * Ose-l-on donner des juges à un pape (8) , même de son consentement , mCme sur sa demande , toutes les Églises des Gaules " se troublent et se sentent <[ ébranlées dans leur chef. S'il y a quelque chose Il à réformer dans les autres membres du sacer- •I doce , on le peut ; mais , si l'on élève des doutes >' sur le pape , siPon se permet de le juger, ce n'est » plus un évéque , c'est Pépiscopat même qui est u chancelant (fJ), parce que Pépiscopat, suivant f saint Césairc d'Arles , a sa source dans la per- " sonne de Pierre ; » d'où le saiut docteur conclut
10 '«iBt profeclo Seiitt tp«>lallw, cujui auelorllalt major non ail, judlcluiii luemlne tore relnctindum, tinjuxculqulin (le eliu llceil ladlcns Juillclo ^ ilquldem «1 IJIani de (lullltiËt
INTITULÉ DU PAPE, que u toutes les Églises doivent recevoircle lui leor <• discipline (10). »
Fidèle à cette doctrine, Ives de Chartres répondait, au nom des évéques de la provincede Chartres, à l'archevêque de Lyon qui les avait invités i se trouvei- à un concile pour discuter la conduite de Pascal I! : 'i 11 ne nous parait point utile de Dont •> rendre à ces conciles, dans lesquels nous ne pnu- « Tonii ni condamner nijuger les personnes contre K qui on procède , parc; qu'il est avéré qu'elles <[ ne sont soumises ni â notre jugement ni â celui » d'aucun homme (11)- "
Selon saint Thomas , >i on doit dire que le pape X a , comme pontife , la plénitude de puissance , u comme le roi dans son royaume; les évèques K sont appelés à partager une partie de sa solUci- * tude, comme des juges préposés dans dea « vmcs(I2). n Saint Adelme (13), Walafrid Slral>oa (t4}, saint Laurent Justinien (19) , enseignent la même doctrine.
Nous la retrouvons , au quatorzième siècle , dans les écrits des théologiens les moinssuspeetsd'eiagé* rer les droits des pontifes romains, u L'Église ro- " maine, dit le célèbre Pierre d'Ailly, représente " l'Église unirerselle ; ce qui n'appartient à au- " cune autre Église particulière , mais seulement » au concile général (16). m L'Église romaine est donc comme un concile général toujours subsistant. '< L'Église romaine , poursuit-ii , possède seule la u plénitude du pouvoir, dont elle communique <t une portion aux autres Églises. De là vient qu'dl« <- peut les juger toutes, et que toutes doivent gaf- 11 der la discipline qu'elle leur prescrit; etcelui-U u est hérétique qui viole ses privilèges (17). " Aprèi avoir remarqué que ce que les canons disent de la plénitude de puissance doit s'entendre de celle de juridiction, il soutient i\a'à proprement parler celle plénitude de Juridiction ne réside que danâ le pape : « car , dlt-il , on doit reconnaître qu'une u puissance est proprement dans quelqu'un, lorv- IL qu'il est libre de l'exercer partout et de la dispen- I' ser aux autres. Or, cela ne convient qu'au pape '. seul , et ne saurait convenir à atKun corps. ■ D'où il conclut que •■ ce n'est que métaphorique-
11} Dtr-<leclaral.Clerlfall (IJ OpT. S. HOar., 001. S)
■ VIII, col. 310.