‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 58 sur 226 · RÉFLEXIONS SUR LA CENSURE ET SUR LTSIVERSITE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LA CENSURE ET SUR LTSIVERSITE

qu'en effet on le toullnl, même sans choquer la censure ; mais on ne s'étonnerait pas non plus apparemment que Dous eussions quelque peine à nous laisser convaincre.

Çu'a fait pour elle l'ancien ministère, ou plutôt que n'a-t-ilpas fait contre elle ! Satarianl let factieux des débris de l'Église, chaque Jour il démolissait ce que Bonaparte même avait conservé. Quatre millions de bots, faible débris de l'antiqne domaine du clergé, existaient encore sous Bonaparte : qu'en a fait l'ancien ministère, et à quels hommes a-t-il cru en devoir le sacrifice? Sous Bonaparte on res[>ectait extérieurement la religion : il ne soutfraiL pas qu'où l'insuUât chaque jour dans les Feuilles publiques el dans une multitude de pamphlets ; qu'on provoquât sur elle et sur ses ministres le mépris et la haine du peuple par des gravures infâmes : que s'est-il passé depuis? Bonaparte protégea toujours les frères des écoles chrétiennes: n'a-t-on pas lente d'abolir celte institution vénérable , pour y substituer des écoles d'anarchie et d'irréligion; des écoles avec lesquelles le triomphe de la démocratie était assuré, disail un homme qui s'y connaît , et qui , revf tu d'une charge importante, favorisait de tout son pouvoir, pour le plus grand bien de la monarchie, la propagation de l'enseignement mutuel ?

n'atotiMious pas vu l'épùcopat prés de s'éteindre! La piété durai a provisoirement arrêté les progrés de ta destruction; mais le noml/re des sièges , qu'il était indispensable d'augmenter, est demeuré le même , tnalgré le traité le plus solennel. Le pape el le roi ont reconnu que quatre-vingt-douze évCques sont nécessaires en France ; pourquoi n'en avons-nous que cinquante? Pourquoi le concordat n'est-il point exécuté ? On parle d'embarras des finances ; ce prétexte n'est pas supportable, puisque les Fonds qu'exige l'érection des nouveaux sièges ont été volés dans un budget antérieur. Mais , en fùlil autrement , qui empêche au moins d'accorder des évéques aux villes qui ont offert , qui offrent encore de pourvoir aux frais de leur établissement? Que demandent, d'ailleurs, les évèques nommés? une seule chose . la permission d'aller évangéiiser leurs troupeaux. Qu'on s'occupe moins de leurs intérêts, et un peu plus des besoins du peuple. Faudrait-il donc se passer de pasteurs, s'il plaisait un jour au gouvernement de dire : Je nepuis les payer? Au fond , ce n'est pas à cause de ces futiles motifs d'économie que l'on prolonge la vidutté de quarante-deux églises ; le véritable obstacle h l'exécution du concordai , c'est que l'opinion, à ce qu'on prétend , s'est prononcée contre. L'opinion de qui? des catholiques ? Non , mille fois non ; eionle sait bien. L'opinion des impies, des factieux?

Oui , sans doute. C'est donc à ces foctieux qn'oB sacrifie la religion de l'Étal? Et l'on nous viendra dire qu'elle n'est point opprimée ! Il dépend du minislère qu'elle ne le soit pas pbis longtemps; il dépend du ministère de remplir les vœux de vingtquatre millions de Français ; il dépend du ministère de dégager la parole du roi. Que fera-t-il? Je l'ai déjà dit, il laisse subsister toutes les espérances et toutes les craintes.

Les écoles ecclésiastiques, destinées à repeupler le sanc{uaire,n'ont pas cessé d'être en Initie aux persécutions de l'Université, Il est Daturel que ce reproche ait contristé les inspecleurs de l'Univcrsilé, membres du jury de censure. J'en suit Lien aise pour eux : il y a de l'espoir quand la conscience parle; mais il ne faudrait pas s'efforcer d'imposer silence à ceux qui parlent comme ellt. Si k fait que nous avançons est vrai, i\ est de notre devoir de réclamer en faveur de la religion qu'on opprime ; s'il est faux, il ne sera pas difficile de le réfuter. Que l'Université s'explique donc, qu'elle réponde .

Est-il vrai que , sauf quelques rares excepllotis, elle ne permet d'établir qu'un petit séminaire pir département? Est-il vrai que partout où il existe un lycée ou un collège communal, c'est-à-dire presque partout OLi les pelits séminaires sont établis, elle leur défend de recevoir des élèves externes? Noui attestons hautement cesdeux faits : qu'elle les nk, ou, si elle est obligée de les avouer, qu'elle cesse de se plaindre qu'on t'accuse de persécuter les écoles ecclésiastiques; car je ne sache guère d'autre moyen de persécuter une école que de lui dler set écoliers.

Hais, pour bien comprendre quels sont lescffeH d'une pareille persécution, il faut savoir, première* ment, qu'un calcul appuyé sur une expérience da quinze années démontre l'insuffisance absolue d' école ecclésiastique par dèparlcmenl pour repeupler le sanctuaire ; deuxièmement, que la plupart des enfants qui se destinent au sacerdoce, appartenant à la classe indigente, étudiaient comme etlerntl dans les petits séminaires trop peu vastes pour la recevoir et trop pauvres pour se charger de le«r entretien. Nous avons vu un grand nombre de malheureux enfants, dans un département de l'oueal de la France, forcés d'abandonner leurs étudett parce que l'école ecclésiastique, qu'ils ne pouvaient' plus fréquenter comme externes, ne pouvait ellentéme commencer à les secourir avant qu'ils Fussent parvenus en quatrième; et remarquez que dans le mttne temps le recteur de l'académie défendait aui curés des campagnes, sous les peines les plus giavei, de leur enseigner les premiers éléments de la langno latine.

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