‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 60 sur 226 · A L'OCCASION · texte numérisé non relu

A L'OCCASION

d'un discours prononcé par le ministre de l'intérieur, le «I NOVEMBRE IMO , LORS DE LA POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE.

Sur la fin du règne de Louis XIII , un simple prêtre institua la Congrégation des Sulpicieus , qui a rendu , pendant près de deux siècles , de si importants services à l'Église, et dont le primitif esprit ne s'est pas affaibli un seul instant. Elle fut , depuis son origine jusqu'à nos jours , comme le sanctuaire de toutes les vertus ecclésiastiques , de la modestie , de la piété , aussi bien que des plus pures doctrines. Unissant à l'humilité , à l'abnégation chrétienne , une science pleine de sagesse et de réserve , on l'a vue constamment fuir avec soin toute espèce d'éclat , faire le bien sans ostentation , sans y mêler aucune vue , même éloignée , d'intérêt et de gloire humaine. On dirait, au contraire, que l'oubli des hommes est à ses yeux la plus douce récompense d'un zèle et d'un dévouement que, malgré sa frivolité, le monde même n'a pu s'empêcher d'admirer.

On sait que Fénélon fut élevé au séminaire de Saint-Sulpice , par M. Tronson , qui obtint toute sa tendresse , comme il avait mérité la confiance de Hossuet ; et le nom de cet homme vénérable se soutient encore près de ces grands noms : tant la vertu a de force par elle-même !

Que de saints évêques , et de prêtres dignes de les seconder dans leurs fonctions apostoliques, la France n'a-t-elle pas dus à cette pieuse congrégation ! Mais le moment vint où elle tomba avec toutes les institutions religieuses , et l'Église gallicane et la monarchie. Quand les fureurs de la révolution parurent s'être un peu calmées , un homme capable de concevoir de grands desseins et de les exécuter entreprit de faire sortir Saint-Sulpice de ses ruines,

et il y réussit. Il sut trouver des coopérateurs animés du même zèle , et qui doivent partager avec loi la reconnaissance qu'inspirent aux amis de la religion des travaux chaque jour mieux appréciés. Parmi ces ecclésiastiques respectables, que nous n'osons nommer dans la crainte d'a£Bliger leur modestie , il en est un que ses rares talents ont porté dans une autre carrière ; et il nous est permis d'indiquer au moins l'auteur de ces célèbres conf^érenees qui attirent chaque année un si nombreux concours d'auditeurs, qu'on ne se lasse point d'entendre, et que Dieu ne se lasse point de bénir.

L'ancien séminaire de Saint-Sulpice ayant été démoli , M. Émery fût contraint d'acheter dans le voisinage une maison trop peu spacieuse pour servir longtemps de séminaire diocésain. La santé des jeunes gens entassés dans cet étroit espace souffrait tellement par le défaut d'air, qu'on a enfin reconnu, la nécessité d'un local plus vaste ; et le roi , suivan en cela les glorieux exemples de ses ancêtres ton

jours attentifs à pourvoir aux besoins de la religion

a daigné donner des ordres pour hâter la construc tion d'un nouvel édifice , dont la première pierr a été posée le 21 novembre , jour de la Présentatio de la sainte Vierge. M. le ministre de l'intérieur présent à cette pieuse cérémonie , a prononcé u discours qu'il nous serait agréable de pouvoir lou^sans restriction ; mais la conscience ne le soufli^ pas : et, puisque M. le ministre de l'intérieur a cr ^ convenable de donner , avec plus de zèle que éà ^ bonheur, des instructions théologiques aux jeun^^^ élèves qui l'écoutaient, nous croyons convenable aussi de relever ce qu'il y a d'étrange dans so*^

Page 1