‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 85 sur 226 · SIS · texte numérisé non relu

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ÉDUCATION PUBLIQUE

« Trois élèves, représentant la philosophie, la rhétorique et la seconde, ont successiTement, dit ce journal , récité à Sa Grandeur des vers latins de leur composition. Monseig^neur a paru les écouter avec plaisir, et a daigné leur dire : « Bien que je ne u sois pas étranger à la langue de Virgile, je ne saute rais m'en servir aussi bien que vous; mais je la 4c connais assez pour applaudir à vos heureux essais. <( Je jouis d'autant plus de vos succès et de vos sente timents, que Louis*le-Grand est aussi ma patrie ; (c et si , en visitant un autre collège de cette capi- «( taie , j*ai pu dire avec plaisir : Vive le collège t( Henri IV! je dis maintenant avec plus d*enthouu siasme : Vive le collège Louis-le-Grand!,,. »

<c Après avoir accordé deux jours de congé , Sa Grandeur s*est retirée en témoignant à M. le proviseur, à M. Faumônier et à MM. les professeurs, toute sa satisfaction , et Tespoir qu'il concevait pour la religion, le roi et la France, d'une jeunesse tenue sous une aussi sage discipline, et qui parait animée de si louables sentiments. »

« Nous nous occupons de rassembler des renseignements authentiques sur l'état des écoles de l'Université, état trop ignoré généralement, et qu'il importe de foire connaître , pour l'intérêt des pères de famille. Comme il est impossible de penser que M. le grand maître veuille leur inspirer une sécurité qu'il ne partage certainement pas, et dont il sait mieux que personne combien les suites pourraient être funestes , nous n'hésitons pas à croire que la relation de la Quotidienne est inexacte sur beaucoup de points. Lorsque l'on a la preuve , et nous ravons , que le collège de Louis-le-Grand se distingue entre tous les autres par Tirréligion des élèves , et par tout ce qui est une conséquence naturelle de l'irréligion , il n'est assurément pas possible que monseigneur l'évéque d'Hermopolis se soit écrié avec enthousiasme : Vive le collège Louis-le Grand! Il n'est pas possible qu'il ait parlé de la sage discipline sous laquelle est tenue cette malheureuse jeunesse , qui , dans les trois jours de retraite qui ont précédé la première communion , n'a pas môme été dispensée des classes, et à qui, dans la retraite de Pâques, on ne permettait de lire aucun livre de piété hors des heures consacrées aux exercices religieux. Il n'est pas possible enfin qu'un évèque justement respecté ail témoigné toute sa satisfaction aux chefs d'un établissement composé de cinq cents élèves , parmi lesquels à peine s'en est-il trouvé une cinquantaine qui aient rempli le devoir pascal. Nous ne voyons pas troi> ^^^^^ espoir monseigneur d'Hermopolis pourrait concevoir de là pour la religion , le roi et la France , ni ce qui aurait pu exciter son ent/t ousias?ne fiour une jeunesse animée de si louables sentiments.

«( Au lieu de chercher h jeter ud yoile rar des désordres portés à l'extrême, mieux vaudrait s'occuper de les réformer. Nous ne doutons pas que ce ne soit le désir de M. le grand maître; mais un désir n'est pas une volonté. Qu'il veuille fortement , et le bien se fera (1).»

Cependant ¥• Paumônier du collège de Loui8-I^ Grand , blessé des révélations que l'intérêt des fn milles nous avait forcé de faire , essaya de justifier l'établissement auquel il appartenait. Le silence eût mieux valu ; il préféra recevoir cette réponse :

u M. l'abbé N.-J. G. nous écrit pour réclamer en foveur du collège de Louis-le-Grand, qui 9e dêstmgue entre tous les autres^ avions-nous dit, par Virrèligion des élèves , et par tout ce qui est um conséquence naturelle de Virrèligion. Il est tout à fait dans l'ordre que le premier aumônier de cet établissement , et de plus , comme il nous Pi^ prend dans sa lettre , chanoine honondre d» Notre-Dame y professeur d'éloquence sacrés dans la Faculté de théologie de Paris , prédioth leur ordinaire du rdf ait été sensible i un reproche si grave, et nous Pen félicitons sincèremeiit. // me suffit j dit-il, d^ attester que le reproche d'irréligion ne peut être fait atuc élevée de cetis maison sans la plus insigne fausseté. Mais mw , en vérité , cela ne suffit pas , et nous n'en croirons pas plus M. l'aumônier sur sa parole , que nous œ demandons à être cru sur la nôtre. Les faits parlent : est-il vrai que, sur cinq cents élèves, à peine cinquante aient fait leurs pâques? Nous l'affirmons , et M. le professeur d'éloquence ne le nie pas ; et nous le défions de le nier. Or, que M. le prédicateur ordinaire du roi nous dise si l'on peut sans irréligion violer une des lois les plus sacrées de la religion?

Nous pourrions entrer à ce sujet dans des détails plus étendus , que nous voulons bien lui épargner, persuadé que nous sommes qu'il s'en afflige autant que nous ; nous voulons bien même ne pas faire remarquer qu'il se tait prudemment sur ce que nous avions dit des conséquences naturelles de rirréligion parmi les élèves du collège de Louis-le-Grand; il nous répugnerait d'être contraint de nous expliquer là-dessus davantage. Quant aux de%im allèga^ lions que M. l'aumônier déclare être absolument controuvées, savoir, que, a dans les trois jours de (( retraite qui ont précédé la solennité , les jeunes (( gens qui devaient être admis à la sainte table n'ont «c pas même été dispensés des classes; et que, durant u la retraite de Pâques , il ne leur était permis de u lire aucun livre de pieté hors des heures consau crées aux exercices religieux : » nous affirmons à notre tour, sur la première a//^^^/ibn , que les

(i; Drapeau blanc du n iuln 1S23.

ÉDUCATION H devaient être admis à la sainte laMe n'ont été dUpvnsé» des classes que dans l'apris^iDJUî des deuK dcroiers jours, parce qu'enliu bUail-il bien qu'où leur permit de se confesser ; et, uir la seconde , <iii'elle est Fondée sur des léinoignages auxquels M. l'abbé G*** nous piTmettra d'ajouter autant de conlîance qu'au sien : d'autant plus que les faits dont il s'agit ont pu et ont Uil raëtne te passer à son insu. Après tout, ce ne sont là que des circonstances assez légères en comparaison du reste ; et il faut se sentir bien faible pour les relever iitc tant de chaleur et d'ostentation.

« Cependant, pourétre juste, nous devons avouer (|ue le Conslitutionnel u'a pas été moins empressé que M. l'aumdnier de Louis-le-Grand d'altesler que le reproche d'irréligion ne peut être fait aux élève» de cette maison sans la pivs insigne fausteté; c'est un point sur lequel ils sont parfaitement d'accord , et nous nous plaisons â reconnaître tout ce qu'a d'imposant l'union de ces deux autorités. Le Cifmtitutiûnnel embrasse dans une m^me jusli- ScatioD et les anciens lycées et les collèges royaux, qui représentent , dit-il , l'enseignement mutuel à UQ degré supérieur; et, bien entendu, il ne manque pas cette heureuse occasion d'attaquer les frères des écoles chrétienne». Qu'en dira M. l'aumônier, prédicateur du roi? Le journaliste exprime quelques regrets touchants sur la destructign de l'école normale, qui estimait plus, iXil-iX, le grec de Platon queceiui de saint Chrysoslômi'. Qu'en pense M. le professeur d'éloquence sacrée? Enfin le ConslUulionne/ ose croirequeTA.\'èvÈt{Ucd'Rtrjaopo[issera de son avis , et qu'il ne prêtera pas l'oreille à des vonseiU écidemntcnt destructifs de toute dduratinn forte et nationale. Il nous accuse , en même temps , A'aroir traité ce prélat respectable avec peu d'égards : nous doutons qu'il soit plus flatté des égards du Constitutionnel {\). »

C'était assurément quelque chose d'assez étrange [|ue les attestations de piété et de bonnes mœurs accordées si libéralement par le Constitutionnel aux collèges de l'Dniverslté. A défaut d'autres preuves, celle-là seule aurait suffi pour justifier nosacrusalioni; et nous en fîmes la remarque.

» L'd court article inséré dans te Drapeau blanc » jelc l'alaraie dans le sein de l'Université , qui , depuis quelque temps , vivait tranquille sous la protection du silence. Les journaux libéraux et ministériels se sont croisés, comme de raison, pour défendre certains collèges royaux, lesquels représentent l'enseignement mutuel à un degré supériatr, selon la juste expression du Constitutionnel, qui a cru devoir donner acte de sa satisfaction

(l> Vraptim dUnc Ui

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