‹ Œuvres complètes de F. de La Mennais (volume 2)Chapitre 87 sur 226 · AU SUJET DE L*UNIYER8ITÉ · texte numérisé non relu

AU SUJET DE L*UNIYER8ITÉ

Quand les peuples, conduits dans det Toies trompeuses , s'éloignent de l'ordre éternel qui est la Tîe des nations. Dieu ne manque Jamais de les arertir autant qu'il est néeessaire , pour qu'ils ne puissent accuser qu'eux-mêmes de leur peiie. Il été le sens i ceux qui gou?ement , et trouble leurs conseils. Alors il arrife des choses si extraordinaires , si éfidemment oj^MMées i la Justice et é la raison, qu'il est impossible , même aux areugles , de continuer à s'abuser. Et souTcnt c'est une circonstance, ou ftuble en eUe-mème, ou imprévue, qui réTde tout é coup é la société ce qu'elle ignorait et ce qu'il fallait qu'elle sût ; car Dieu, qui lient en sa main tous les événements , les fait servir comme il lui plaît à raccomplissement de ses desseins. Ainsi , pour nous renfermer dans le fait particulier qui nous suggère ces réflexions , un ministère qui ne trouvait encore quelque appui dans la saine partie du public que parce qu'on le supposait invariablement attaché aux intérêts de la religion , de la morale et de la monarchie , se déclare hautement le protecteur d'un système d'éducation antimonarchique, immoral, irréligieux ; des hommes, irrités qu'on signale les énormes abus qui résultent de ce système d'éducation, prennent soin de donner un nouvel éclat aux réclamations qu'on a faites , aux vérités qu'on a publiées : ils voudraient, pour tout au monde, en détruire Timpression , en effacer le souvenir, et ils fixent sur elles l'attention de tous les esprits ; poussés par une force supérieure qui les domine à leur insu , ils appelleront devant les tribunaux, non pas le crime , mais la conscience qui l'accuse , comme s41s désiraient que sa voix fût mieux entendue , et que dans le sanctuaire de la justice elle eût un carac* tère plus solennel et plus saint. Il faut bien le reconnaître : Digitus Dei est hic.

Considérez cependant , vous qu'aucune passion

n'anime, la diMrenee des temps el les contadfe- Uons des hommes. Lorsque les Bourbons eoRtft recouvré leur antique héritage , un cri s'ékfa es toutes parts eontre l'Unifersîté. A cette ipoqni comme ai^ourd'hui nous crûmes de nolie devsir de montrer quel était rexoès du mal , el de I une réforme trop nécessaire. Qu'il wm de citer ce que nous écrifions :

« Chaque lycée a son aumônier, je le sds; « Je sais aussi que les hommes respectables qpn sa « dévouent à cette pénible fonction gémissent ds « l'inutilité de leurs soins mal secondés, qndqneu fois même ouvertement contrariés , et qui trop « souvent ne leur procurent que des dégoûts et da u outrages, il y en a, el j'en connais, qui ont été tt contraints de renoncer à leur place, parce que, « insultés grièvement , ils n'avaient pu obtenir une « légère réparation.

«( Presque partout les exercices religieux n'étt talent qu'un scandale de plus. Dans une école u spéciale , pour concilier les bienséances pubhques « avec la commodité particulière, on avait imaginé « l'expédient de faire assister les élèves à la messe tt par députation. Ailleurs, on a vu avec une sorte tt d'épouvante presque tout un lycée , les chefe à la « tête , approcher à jour fixe de la sainte table, et tt recevoir le corps d'un Dieu sur cette même lantt gue qui , la veUle, prêchait l'athéisme. C'est ainsi u qu'on prétendait répondre au reproche d'irréliu gion.

u Si je voulais peindre les mœurs des lycées , Je tt dirais des choses efi^royables. Un enfant de quinze tt ans écrivait à son frère : Je ne connais pohii u {Tautres dieux que Fénus elBacchus. Tel est le tt symbole et le culte des écoles impériales. Jamais tt dépravation précoce n'offrit de spectacle phis u hideux... Ce ne sont pas seulement des abus par-

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