CONTRE LE DRAPEAU BLANC
b tieb que nons ngnaloi» , c'est un (lêgonlre uni- (* Tersel , un vice radical , une plaie horrible , dé- » goAlanle, qui couTfe et dévore le corps entier ' •■ de riiniïersiié. "
^elqu'unse ptaignit-il de ce langageîquelqu'im réclama-t-il contre ces faits? Le minislère , dont le royalisme ne passait cepenilant pas pour exagéré, prit-il fait et cause pour l'instilulion danBereuse que nnns pensions devoir attaquer? FAmes-nous traduit derant les tribuDaux?On n'y songea même pas; oous ne recueillîmes que des applaudissements.
Plus tard, en 1818, le Conservateur parut. Il était dirigé par M. de Chateaubriand ; IHH. de Villêle et de Corbière y coopéraient : nous étions unis alors ; nous défendions la même cause ; tout se foisait de concert ; pas une ligne n'était imprimée sans qu'on l'eût examinée avec la plus mûre attenlion dans un conseil qui s'assemblait exactement ehaquesemaine. Or, quedisions-noua,ou pluiAïque disaient-ils atec nous ? II faut encore citer. « <^ne B serait une nation qui n'aurait de religion, de
■ morale, de connaissances qu'autant que le vou- - drait son gouvernement, au prix qu'il y mettrait;
■ nue nation dont les croyances , les sentiments
■ dépendraient du caprice d'un ou de quelques
■ bummes, des calculs même de la cupidité; une
■ lulionâ qui on pourrait vendre Dieu?
■ Eaeore, si l'on consentait toujours à le lui ven- " dre; si on ne la forçait pas, sous peine d'igno- " rance , d'acheter l'athéisme , le mépris des de-
■ vmrs, le crime m(me ! £t ceci n'est pas une crainte
■ vaiiw, une cliimérique supposition, La France ne
■ le sait que trop , il y a eu de telles écoles ; et l'on « fa vu des forfaits inouïs jusqu'à nos jours, le
, I '• suicide de l'en fnn ce : on a vu des Catonsdequinze ntans briser la vie comme un mauvais jouet, après M noir, partestament, légué leurâmeaux mânes i^m^dt Voltaire et de J.-J. Rousseau. Or, que la plu-
■ part des pères éprouvent quelque répugnance à
■ «sonsenlrr que leurs fils se pendent, à les envoyer <■ dans des écoles où les élèvesont, de fois à autre , <■ de pareilles ^ntaisies , cela se conçoit , et celte
• /àiàletie semble excusable à un certain point...
■ Que devient la puissance paternelle, si un père
■ peut tin placé dans l'alternative, ou de laisser
■ SOD fils croupir dans une ignorance qui le dégra- » dcra de sa condition sociale , ou de l'exposer à
■ nne dégradation plus funeste , celle du vice et
■ de l'erreur? Toute autorité repose sur des de-
• TOirs ; Met ceux-ci , la raison de l'autorité dis-
■ parait. Ainsi le père, roi dans sa famille comme a le roi est père dans l'Étal, est lié par des devoirs KjBprescriplibles. fondement de son pouvoir et ^de ses droits. Un avoue qu'il doit nourrir ses cn- |.fenls, qu'il doit veiller à leur conservation pby-
" sique : mais ne doit-il pas aussi veiller à leur .1 conservation morale? ne dolt-il pas préserver Il leur cœur, leur intelligence, de la corruption? u Vous le punissez s'il proslilue le corps , et voua « le forcez de prostituer l'âme ; que dis-je ? voua •t le contraignez peut-être de la sacrifier pour ja- •: mais! M
Çhi'on relise la lettre inculpée, y trouvera-l-on rien de plus fort ? Et les mêmes hommes qui applaudissaient il y a cinq ans à nos paroles , qui louaient, qui encourageaient notre zèle pour la vérilé, la religion, les mœurs, nous en feront un crime aujourd'hui ! Ils demanderont aux tribunaux de flétrir ce qu'il y eut de noble dans notre conduite commune, de punh- en nous leurs vertus passées ! Où en sommes-nous? el comment se peut-il qu'un reste de pudeur ne les ait pas arrêtés?
Hais examinons en elle-même cette lettre, objet de leur courroux. L'homme vénérable à qui nous l'avons adressée était, plus qu'eux, digne de la comprendre. Sôr de nos sentiments comme nous sommes sûr des siens, il y aura vu l'expression d'une douleur qu'il partage, et le désir qu'on l'investisse d'une autorité suffisante pour qu'il puisse enfin , de concert avec les hommes estimables que l'Université possède dans son sein, mettre un terme aux désordres qu'il déplore avec nous.
On demande la preuve decesdésordres,enmème temps que l'avocat du roi déclare que le ministère eeWwn«^rw»ptei/^'M/0ff.D'oii vient celle étrang;e bâte, s'd désire réellement être instruit? La chose est Hssez grave, ce nous semble, pour ne pas la traiter si légèrement. Il s'agit de l'avenir de la France et du bonheur des familles. Qu'on ordonne une enquête ; que des magistrats zélés , tels qu'il sera facile d'en trouver un grand nombre dans nos cours, procèdent â la recherche des faits avec la sollicitude de la conscience et le calme de la loi : alors on saura si nous avons , en effet , exagéré le mal ; alors on croira que le ministère souhaite véritablement d'être informé.
Il demande des preuves : nous lui en donnerons ; car la notoriété publique en est une aussi, et même la plus forte.
Ildemnndedespreuves: qu'illise dans les journau\ révolutionnaires les éloges qu'ils prodiguent d l'L'' niversitéetà l'éducation qu'on reçoit dans ses écoles.
H demande des preuves : qu'il parcoure les mandements des évêques (1 ) el tes délibérations des conseils de département, qui presque tous répèlent les mêmes plaintes que nous , et réclament le même remède aux mêmes maux.
Il demande des preuves: qu'il interroge les jeunes
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SDH LA POUnSUITE JUDICIAIDE
gens dont les sentiments et la conduite honorent encore noire pays; ils lui diront que c'est au sein de leurs familles el dans les enseignements particuliers qu'ils ont puis^, avec ces sentiments généreux , la force oécessaire pour triompher des doctrines professées dans les écoles publiques.
Il demande des preuves : el toute la France sait que rOniversité elle-mfme, effrayée de l'état d'un de ses collèges, celui de Marseille, vient de le dissoudre complètement, ne voyant pas d'autre moyen de remédier à la corruption que de renvoyer jusqu'au dernier élève.
Il demande des preuves : qu'd s'adresse à M. le grand maître , qu'il le supplie de déclarer s'il est vrai qu'il règne de graves désordres dans la plupart des écoles; nous souscrivons d'avance à ce qu'il répondra.
Il demande des preuve» : qu'enlend-il jiarlà? Voudrait-il, au moment même où il nous accuse de diffamation . nous forcer de diffamer personnellement tel individu, tel )Kusionnal, tel collège? C'est ce qu'il n'obtiendra jamais de nous : notre devoir est d'avertir et non pas de dénoncer.
Ne devrait-il pas d'ailleurs savoir, pour employer les propres expressions d'un bureau d'administration collégiale (!) , " qu'il serait peu convcnalile et ■I même frustratoire de faire ici la censure de tels u de HH. les professeurs, puisque, d'une part, il y ■I aurait injustice à les accuser personnellement u sans les admettre à justification, et que cette jus- H liHcation serait impraticable, attendu qu'il n'existe II aucune forme de procéder légalement en matière u si délicate; que, d'autre part, à moins de con- M Taincre lesdits professeurs de délits positif et u graves, l'Université ne consentirait pas à leur fl changement, mais qu'en tout cas ce qui accuse Il d'une manière générale et suffisante l'établisseu ment tel qu'il existe, c'est la répugnance bien H déclarée qu'ont les parents d'y j)lacer leurs en- « fants à demeure? n
El d'où vient celle répugnance? quelle en est la cause? Nous la trouvons encore indiquée légalement dans la même délibération : u c'est que les enfants « rentrent dans leurs familles beaucoup moins bons " qu'ils n'en sont sortis ; que leurs préjuges el leurs Il mauvaises doctrines réagissent le plus souvent •1 sur des parents faibles, sans autorité, ou, en tout •I cas, disposés à défendre ces enfants trop cbers u du mépris des gens de bien qui les poursuit bJen- H tôt, et que c'est après de tels commencements u que s'achève dans les académies, et sans survcil- ■I lance directe, une éducation qui porte le trouble u dans la société, et qui l'alarme justement pour Il Tavenir. «
Que le ministère qui nous sollicitons une réforme dans l'éducation publique, accuse donc aussi les bureaux d'administration, les conseils de déparlement, les évCques, la France entière , qui forme le même vœu et tient le même langage.
Ce que nous avons dil, notre devoir nous obligeait de le dire ; il nous obligeait d'instruire les famuiei de ce qu'il leur est si important de savoir, Hoini que personne nous ignorons qu'il y a des rérîléi importunes; mais, si elles blessent certains hommei, loin que ce soit une raison de les tenir captives, c'en est une, au contraire, de les proclamer plus hautement. Les ministres, après les rapports qui ont existé entre eux et nous, devraîeut avoir appris! nous connaître. Se pourraïL-U qu'ils eussent espéré nous intimider par des violences d'apparat? Ils ne savent donc pas ce que c'est que la conscience , a que c'est que la religion, ce que c'esl qu'un prêtre? Eh bien ! ils l'apprendront.
Au reste, notre causeest celle de Dieu, des mmun et de la société, el dès-lors il est impossible qu'elle ne triomphe pas devant des magistrats français. Chréliens et pères de famille, ils recoimaltront leurs pensées et leurs désirs dans les nùtres. Que voulons-nous, sinon qu'en réformant les vices d'une institution publique, dont une longue expérience i prouvé le danger, on les aide à transmettre à leurs enfants , dans toute sa pureté, le noble héritage de leur foi et de leurs vertus? Les ministres ont vu un délit dans nos efforts pouratteindre ce but ; eux, ils y verront l'accomplissement d'un devoir sacré du sacerdoce.
Mais quand, ce qu'il serait injurieux à la magistrature de craindre même un seul instant; quand, poursuivi par le pouvoir aveuglé el iuquiel de luimême, nous aurions parcouru sans succès tous le* degrés de juridiction de la justice humaine, nous ne serions point encore ébranlé, nous ne cesserions point encore de combattre , tant que subsistera le mal que nous avons signalé : car, au-dessus de tl justice bumaine,il y a une autre justice , étemellct immuable, qu'on ne saurait abuser ni séduire , el i laquelle on n'échappe point; il y a un grand Dieu qui a dil : Je jugerai les Justices mêmes; Ego justilias Judicabo (3).