RESTAURATION DE LA
semble de ces rapports , dérÎTés aussi de la nature des êtres qu'ils contribuent à unir, forme ce qu'on appelle l'ordre politique et civil.
Ici commence la théorie exposée parM.de Haller. 11 montre, avec une extrême clarté, comment la société politique s'établit et se développe, sans aucun pacte primitif, par le seul cours naturel des choses, tel que l'histoire le présente partout, dans tous les temps, et tel que la raison nous fait comprendre qu'il a dû toujours exister. Selon lui et selon le bon sens, un souverain n'est qu'un homme fort et possédant des domaines étendus, indépendant par cela même, et en état de défendre son indépendance. Le droit de propriété, droit qui a sa source dans la nature et antérieur à tout contrat, est le fondement de sa puissance ou de sa souveraineté ; et l'on voit les relations sociales en dériver successivement, comme elles se forment chaque jour sous nos yeux au sein même des sociétés anciennes : car tout établissement légitime, toute espèce d'organisation régulière, et spécialement toute famille qui se fonde, offre une image fidèle de cette première création. Riche et puissant, le souverain est entouré d'hommes qui lui prêtent volontairement leurs services, en échange des avantages qu'il leur procure et de la protection qu'il leur accorde, sans que pour cela il acquière sur eux un pouvoir différent de celui qui appartient naturellement à tous les hommes à l'égard de ceux que la naissance, leurs besoins ou leurs intérêts placent comparativement dans une position dépendante; et la justice même que le prince rend n'est de sa p^rt qu'une prestation de secours commandée par la loi divine, Faccomplisseneol d*un devoir de charité envers le faible. Sans naître, puisqu'il est indépendant, nul ne peut lui Imposer des lois, et il a le droit d'en imposer ou de fixer les conditions auxquelles il reçoit, protège ceux qui s'attachent à son service. Des rapports semblables, mais qui supposent tous une supériorité préexistante d'où ils tirent leur origine, s'établissent au-dessous du souverain, entre les divers membres de la communauté; et le propriétaire aussi impose des conditions ou des lois à son fermier, et celui-ci à ses serviteurs, qui ne sauraient lui en imposer aucune. Ainsi se forme la hiérarchie sociale par une suite d'engagements volontaires, tacites ou exprès; et dans laquelle chacun, possédant les mêmes droits essentiels, les exerce seulement, selon le degré de sa puissance native ou acquise, dans une sphère plus resserrée ou plus étendue ; et l'ordre se maintient au milieu de cette société vraiment naturelle par le principe même qui a présidé à sa formation, c'est-à-dire, au moyen de la loi universelle, imprescriptible, de justice et de bienveillance, à laquelle princes et sujets sont également soumis*