PRÉFACE. LUI
autres conséquences ^ oblige à nier Dieu ; ou à le rendre complice de toutes les tyrannies, même les plus exécrables !
Quelques uns y se fondant sur des faits assez nombreux durant le moyen-âge, et sur une théorie d'unité qui, au premier aspect, ne manque pas d'une certaine grandeur, ont prétendu que le pouvoir civil , inférieur à la papauté et soumis à sa direction , devoit recevoir d'elle son investiture. Cette opinion , qui se forma tard et que personne aujourd'hui n'oseroit soutenir, appartient aux siècles où les papes , après avoir glorieusement défendu contre la force brutale les droits de l'intelligence , fondement sacré de la liberté morale et sociale , se laissèrent induire à un système de théocratie qui l'auroît non moins complètement détruite. L Église dominant le monde par sa puissance souveraine, sous laquelle toute tète se seroit courbée ; et cette puissance divine , qui eût embrassé dans sa sphère les deux sociétés religieuse et civile désormais confondues, impliquant une obéissance explicite, sans examen , sans discussion , sans bornes aucunes.
fe mot même de liberté , dépoomi de sens , eAt dimani des laninies homaÎBes.
S'fl étoit cependast néceanire d'opter entre deux despotismes, le despotisme spirituel de la papauté ^ le despotisme matérid de la force brute, le premier aoroit TaTantag^ tel quel de reposa sur un j^rincipe moins igndble , lequel finiroit oqiendant, et bientôt , par se matérialiser aussi lui-même.
Pour bien entendre ce qui suirra , il est à prqpos de s'arrêter quelques instans sur une question Tirement agitée depuis deux siècles , la question de la soureraineté. Elle se lie d'ailleurs intimement aux sujets que nous Yencms de traiter* Selon la noUon que Ton s'en formoity la soureraineté ne différoit en aucune manière du pouroir ; elle étoit le pouvoir même, ou le droit de commandement. Et conmie le droit de conunandement , qui constitue le pouvoir civil indépendant par son essence , s*étendoit, de l'aveu de tous, à des choses de l'ordre moral , à l'ordre entier de justice , et à la religion même dans son existence extérieure y l'idée absolue en soi de la souveraineté ou du