‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 31 sur 108 · PRÉFACE. LV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LV

pouvoir social conduisoit, sauf rinteryention déjà discutée de l'Église y à identifier la religion j la justice , la morale , arec ses pensées et ses volontés , puisque son droit universel de commandement impliquoit , à Tégard de ceux qui lui étoient soumis y un devoir également universel d'obéissance. De là les efforts des protestans, religieusement et politiquement opprimés y pour déplacer la souveraineté , et la transporter du prince dans le peuple y afin de justifier et d'autoriser leurrésistance au prince. Sans examiner la question relativement à celui-ci y les catholiques aperçurent très bien les conséquences générales que nous venons d'exposer, et les objectèrent aux protestans contre la souveraineté du peuple, qu'ils rejetèrent comme antisociale, anarchique, athée ; comme destructive de toute justice , de toute morale , de toute religion. Ses bases étant admises , et, nous le répétons, elles l'étoient des deux côtés , leur argumentation , qui fut la nôtre aussi , nous parolt péremptoire. Mais personne ne^ réfléchissoitque si elle conclut contre le peuple, elle conclut avec autant de force contre \b

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LYI riiFACE.

prince ; et que dès4ors la sovrenineté, telle qu'on la conœToit , ne poorant être le partage ni du prince ni du peuple , il falloît bien nécessairement on qu'eDe ne fût qu'one diimèrc absurde de l'esprit , ou qu'on s'en fût fait une fausse notion.

Cette dernière conséquence étoit la réritable. La soureraineté, en effet , n'est aucunement le droit de commander , mais la pleine liberté , Tind^ndance complète ; et en Dieu même elle n'est que cela. D est sourerain parce qu'il ne dépend que de lui-même; et comme il dépendroit de quelque chose à quelque degré s'il ne possédoit sur toutes choses un pouvoir infini y le pouvoir en lui se confond avec la souveraineté d'où il découle. Source étemelle du droit , et dès-lors souverainement libre de vouloir, chacune de ses volontés est en même temps souverainement eflElcace.

Dans le sens absolu , Dieu seul donc est souverain ; puisqu'il est seul indépendant. Nulle créature qui ne dépende de lui ; et par conséquent nulle créature qui puisse y à son égard , être dite souveraine. Pour tout être fini il

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