PRÉFACE^ LXI
' OU à la consenration de son droit , lequel se résout dans sa liberté ? Et c est^ en effet ^ une maxime universellement reçue y que le peuple n'existe pas pour le pouvoir , mais le pouvoir pour le peuple.
Nous ne faisons pas en ce moment un traité de la société , nous indiquons seulement les points de vue négligés par nous dans les controverses où nous nous sommes trouvés engagés ; nous complétons quelques idées, nous en rectifions d'inexactes; nous nous critiquons enfin nous-méme, selon nos lumières présentes, tout prêt également à déférer aux critiques d'autrui , lorsqu'elles nous parottront fondées.
Au reste nous avons toujours reconnu aux peuples des droits imprescriptibles , quoiqu'ils ne fussent pas nettement définis dans notre esprit ; toujours nous ^vons hautement protesté contre le despotisme et repoussé la tyrannie avec une profonde horreur. Si nous ne nous trompons , chacun de nos ouvrages marque quelque progrès fait dans la route où nous marchons aujourd'hui d'un pas plus ferme; parce qu'elle est pour nous mieux
L%m wïïmïïèol
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élaUir, ailinidefaliliCTté ns^psnblede fardre^ ioit raaardbie de Unb, soit la poisiaaee arbitraire d'à» seid : et certes, qoele 4|ae îàl b T^dev réele de la théorie q«e mm» déretoppioat , nos paroles à cet égard reafermoient on fonds de yérité iocootestable.
f )éfeoseor eowlaot de la liberté religicvse étroitemeot liée à eefle d^eose^nenieiit , pendant qoinze ans noos n'arons cessé de demander compte ao pooroir de leur continodie riirfation ; sans noos allier cependant à ses ennemis politiques, qoi, loin de comprendre mienx que loi ces libertés premières, le ponssoient sans relâdie à les attaquer de plus en plus* Tous les partis présentoient alors quelque chose de complexe , une double face , en quelque sorte , Tune desquelles attiroit , et
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l'autre repoussoit les hommes attachés à la fois à la liberté et au christianisme. Nous étions de ceux-ci. Parmi ces partis y les uns vouloient le christianisme sans la liberté; les autres, la liberté sans le christianisme; et nous pensions, nous, comme nous le pensons encore , que le christianisme et la liberté , inséparablement unis dans leur racine commune , sont la condition nécessaire Tun de l'autre : et , de fait , en tant que le parti libéral étoit hostile au christianisme il rétoit à la liberté, et en tant que le pouYoir étoit hostile à la liberté il tendoit à détruire radicalement le christianisme ; car ce n'étoit pas le christianisme que la religion officielle , la religion bâtarde , avilie et asservie , qu'il fabriquoit par ses ordonnances, par ses oppressions et ses faveurs même. Nous nous trouvâmes donc en même temps , sous des rapports inverses , en opposition avec lui et le libéralisme , en opposition même avec une partie du clergé, et spécialement avec la majorité de Tépiscopat. Car Tépiscopat étoit gallican ; il Tétoit par une suite de l'enseignement donné autrefois dans les écoles
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théolûgiqiies , par amour-propre et préjugé national . par intérêt , et « à quelque degré , par un sentiment rrai des diflElcultés qu'offre la doctrine contraire. Or. indépendanunent de ses inconséquences . le gallicanisme nous choquoit , et nous l'avons assez répété dans le cours de la controverse dont nous venons de faire sommairement Thistoire, à raison de Tesprit de servilité qui lui est inhérent. Frappé de Tesprit opposé qui resplendit dans la grande ère ou les papes défendirent si énei^iquement, contre la force brutale des empereurs qui menaçoit de prévaloir, les droits sacrés de Tintelligence y les droits des peuples et de l'humanité (1), nous crûmes que ce glorieux passé
(1) Nous ne prétendoDS pas que les papes se soient directement proposé ce bat; qu'ils aient en général songé à antre chose qn'à U consenration de leur propre puissance : mais la conserration de leur puissance se trouva liée alors à celle des droits dont nous parlons Jamais un pouvoir, quel qu'il soit, ne s'occupe que de lui-même, ne s'intéresse qu'À lui-même. Il étoit impossible que les papes échappassent plus que d'autres à cette loi imiverselle. Celui d'entre eux qui nous paroit avoir conçu avec le plus de grandeur la politique de la papauté et, avoir eu dans l'ame les sentimens les plus généreux , est sans contredit Grégoire VII. Il semble que par-delà sa cause particulière comme pontife , il ait
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pouYoit renaître , et que le christianisme , appliqué au monde social par la papauté, pouvoit encore lui épargner une infinité de maux, en régularisant le mouvement politique que rien n'arrêtera , en opérant enfin la magnifique alliance du principe d'ordre et du principe progressif , de la foi et de la science , de la religion et de la liberté. Nous nous trompâmes , nul doute ; on nous en a , tout le monde le sait , assez solennellement averti ; mais l'erreur peut-être étoit pardonnable.
L'état des choses devenoit cependant de jour en jour plus grave. Après une révolution depuis long-temps préparée dans l'esprit public y et qui y pénétrant jusqu'au fond de la société y avoit changé les lois , les mœurs , les habitudes , la position de chacun , ses relations ^.ses intérêts ; au bout de vingt-cinq années d'une existence nouvelle, l'ancien pouvoir reparut, ramenant avec lui les idées
cnirevu la cause immense de rhumanitë, et les ait unies dans uu même amour. Ses dernières ])aroles, en mourant fugitif à Sa leme , sont sublimes : Dilexi justiliam et odivi iniquiialem , proptereà morior in exilio.