‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 43 sur 108 · PRÉFACE. LXXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXXXIII

elle perd son caractère propre, elle n'est plus y et ce ne sont pas des roligions que ces établissemens qui, assujettis au pouToir civil, dirigés, contrôlés par lui , ne vivent que sous son bon plaisir, n'ont d'action que celle qu'il leur prescrit ou qu'il leur permet. Aussi cet état d*asservissement a-t-il constamment pour effet d'affoiblir la foi dans le cœur des peuples ; et quand la religion , soumise au gouvernement qui dispose d'elle sous prétexte de la protéger, devient l'auxiliaire du despotisme, ce n'est plus seulement de l'indifférence , c'est de la haine qu'elle inspire , ou , ce qui lui est plus funeste encore , un inexprimable mépris! Ces deux causes réunies concouroient à ruiner le catholicisme en France. Nous essayâmes de l'affranchir en le séparant de l'État ; et en effet cette séparation lui eût assuré , selon l'esprit et la lettre même de notre loi fondamentale , une pleine liberté de culte , de discipline et d'enseignement. Délivré ainsi de la servitude administrative, lié par ses intérêts aux intérêts vraiment nationaux, il auroit, nous le pensions , recouvré l'influence morale qui appar-

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