PRÉFACE. CV
amèneroit le fédéralisme. Libre au dedans , forte au dehors , la France , gouyernée- par elle-même , auroit pu porter une réforme sérieuse dans ses finances trop long-temps exploitées par d'avides intrigans , détruire progressivement les monopoles qui écrasent, dans l'intérêt de quelques privilégiés , son agriculture et son commerce ; alléger l'impôt, l'asseoir sur de meilleures bases , et le répartir plus équitablement. C'est alors qu'on se seroit occupé avec fruit de l'amélioration du sort du peuple ; car la loi , cessant d'être l'expression des intérêts de quelques uns, n'auroit plusétouffé, de sa dure et impérieuse voix, ce que l'humanité dit au cœur de quiconque possède une âme d'homme. Nos idées, nos vœux de ce temps-là sont encore nos idées , nos vœux d'aujourd'hui. La réflexion ne les a modifiés qu'en un seul point. Plutôt afin de rapprocher des opinions sincères, que par une réelle persuasion, nous nous montrâmes indifiérent sur la grande question de l'hérédité du pouvoir , pourvu que ce pouvoir couronnât un ensemble d'institutions vraiment libres. Nous déclarâmes enfin la mo-