PRÉFACE. VII
pés, et quelquefibis gravement. C'est pourquoi, dans te calme de la solitude , libre autant qu'on peut l'être de tout engagement de parti , de toute passion y de toute prévention y nous voulons nous juger nous-même, et, sans aucun retour sur ce qui nous est personnel , avec la même impartialité que s'il s'agissoit de quelqu'un qui nous fût étranger de toute manière , examiner ce qu'il y a eu de raisonnable et d'irréfléchi dans nos efforts, de vrai et de faux dans nos pensées.
A l'époque où commence ce recueil , une question philosophique d'une importance fondamentale , la question de la certitude , étoit vivement agitée , surtout parmi les catholiques. Ayant à établir, dans Y Essai sur V Indifférence ^ la vérité de la religion chrétienne , nous avions dû rechercher d'abord quel est pour l'homme le caractère distinctif du vrai , ou , en d'autres termes , s'il lui est possible de le reconnottre certainement, et à quels signes il le reconnott. Car, supposé qu'il n'existât aucuns moyens de parvenir à cette connoissance certaine , il est évident que le doute , le doute universel , absolu, seroit logiquement le seul état raison-