TOME
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évèques. Que s*3 ea est êimsi sous des princes très Iwis catholiques da reste, od De dira point qw sous une dynastie acatholique on doive être en sécurité, lorsqu elle prétend exercer son influence sur rinstruction. Mais que sera-ce lorsque, non contente d'avoir écarté de tous les établissemens publics toute autre influence que la sienne, elle a encore la prétention de s'iBmiscer jusque dans les dernières ramification de finstructioD particulière , ytsquk interdire que la même personne instruise dans deux maisons différentes sans V être autorisée?
» Nous ne soutenons nullement que le gouvernement ne puisse étaUir un enseignement public sur des bases aussi étendues qu'il le voudroit; cette immense influence , la nation ne peut y échapper ; mais en vertu de quel droit veut-on entraver un père qui préfère une autre instruction? Quel homme, quel corps, quel prince a le droit révoltant d'imposer, en celte matière et en son nom privé, sa volonté propre à un autre homme? de s'interposer entre un père et son fils? A Dieu seul appartient ce droit et à ceux qui peuvent prouver évidemment qu'ils ont mission de lui : et encore n'est-ce pour ceux-ci que par persuasion et non par contrainte , à moins qu'il ne s'agisse d'empêcher un désordre positif et évident; et ce dernier point est le droit ou plutôt le devoir de tout gouvernement.
ce Si un père, un fils ou un instituteur commet quelque délit , punissez-le ; c'est votre droit , mais non d'imposer ou vos méthodes, ou votre science, ou vos
DES CATHOLIQUES nELGRS. 115
opinions, ou vos doctrines , ou vos maîtres, ou quelque mesure préYentive que ce soit , fût-ce même par une loi : elle seroit une usurpation , contraire à la loi divine et à la loi naturelle , et sans autre valeur que celle de la force. Dans ce royaume cette loi seroit absolument contraire à la Loi fondamentale et par conséquent invalide aussi de ce chef.
» Ce qu'il est illicite de faire contre un père et son fdSy il est illicite de le faire contre cent mille , et par conséquent nous avons le droit de former des établissemens d'instruction pariiculière en tel nombre et sur des bases aussi larges que nous le trouverons convenable.
» Les catholiques en face du terrible péril de voir l'instruction de leurs enfans et , par des lois sur la presse, l'instruction de tous les âges livrée au bon plaisir de l'homme , les catholiques ont pu et ont dû chercher des garanties. Au siècle où nous sommes il étoit impos^le d'en trouver d'autres que la liberté. Sans la liberté de l'enseignement, il ne leur resteroit pkis de possibilité de transmettre à leur enfans leur foi dans toute sa pureté ; sans la liberté de la presse, il ne ne leur resteroit plus de possibilité de défendre leur croyance et leurs actions, ni d'exposer leurs principes suivant l'exigence des temps , ni de résister à l'arbitraireet au despotisme; en6n sans la libertédes opinions religieuses, ils devroient se courber sous le joug des opinions de tous ceux qui parviendront successivement au pouvoir. Les catholiques ne sauroient être libres seuls ; la liberté de tous est devenue la condition né^
!I0 EXPOSITION DES 6ENTIMENS
cessairc de leur liberté. Du reste ils ne demandent aucune liberté nouvelle ; celles auxquelles ils prétendent sont gravées profondément dans toutes les nouvelles constitutions d'État, et très explicitement dans la Loi fondamentale de ce royaume. Dieu Ta permis ainsi; il prépare toujours ce qui est nécessaire suivant les temps pour la conservation de la foi chez les peuples qui en restent dignes.
» hes libéraux demandent les mêmes libertés que nous 9 sans que leur but soit le même que le nôtre ; il est toutefois fort louable dans leur aversion du despotisme et dans leur juste horreur du joug que Ton cherche à imposer aux peuples , et en cela nous les aidons de grand cœur. En résistant <ivec nous, ils obéissent à un sentiment inné au cœur de l'homme , et, sans le savoir, à Tantique impulsion du christianisme, à qui le genre humain a dû son aiTranchissement. Aussi croyons-nous que leur éloignement de la religion n'est point invincible. Au contraire depuis que le véritable esprit de TÊglise a été remis dans un plus grand jour, et dégagé des interprétations tout humaines qui n'^voient malheureusement que trop prévalu dans certaines écoles , depuis lors les libéraux ont dépouillé une grande partie de leurs préventions anticatholiques et se sont rapprochés de nous. Nous marchons ainsi de conserve, nous prêtant un mutuel appui; mais que Ton n'imagine point que rien dans le monde nous engage jamais au plus léger sacrifice de nos principes, nous rejetterions plutôt tout secours humain : car sans l'approbation divine nous n'espérons rien.
» En prélendant avec tant de vivacité jouir de la liberté, les catholiques offrent en même temps une ga-rantie bien rassurante contre Tanarchie et la licence. G est seulement dans les dogmes et les préceptes de rÊglise que se trouvent réunies toutes les notions des droits et des devoirs, autrement dit, de Tordre; et comme TËglise exige des catholiques une soumission absolue de Tesprit à ses dogmes et à ses préceptes, elle a un moyen beaucoup plus e£Bcace d'obtenir d'eux la soumission de fait, ou l'ordre réalisé, que ceux qui sont réduits à employer la force au lieu de la conviction. L'enseignement des calholiques, dans aucune science ni dans aucun âge, ne peut être soustrait à la critique de l'Église, infaillible en tout ce qui peut importer au maintien de l'ordre voulade Dieu. Et contre les abus de la presse, quelles garanties dans le système de l'Église ! — L'auteur a le moyen de s'assurer avant la publication de son écrit , s'il ne contient rien de contraire à la parole de Dieu, c'est-à-dire, à l'ordre; et l'État verra les vrais catholiques s'abstenir de la lecture des ouvrages que l'Église leur interdira : car ils ont la conviction qu'ils doivent lui obéir, et ils lui obéissent volontairement , librement et avec amour. L'histoire, semblable à un thermomètre, indique à quel degré les peuples ont été pénétrés de l'esprit de l'Eglise et dociles ou récalcitrans à sa voix , suivant que ses pages constatent des degrés d'ordre ou de désordre.
» Les catholiques et les libéraux, disons mieux, les peuples veulent la liberté ; de jour en jour ce sentiment si justi* et si noble prend une nouvelle énergie
118 EXPOSITION D£S SëNTIMENS
et se développe avec rapidité. Partout de jour en jour, les voies les plus éloquentes en démontrent mieux la Ugttimilé et la nécessité; et pour confirmer leurs démonstrations , d'o£Bcieux ministres ont soin chaque jour de rendre le despotisme plus haïssable. Qu'il faut ignorer les choses de ce monde pour nourrir l'espoir d'arrêter un tel élan ! Nous serons libres , parce que c'est notre volonté arrêtée. CTest notre droit! Et plus vous aurez usurpé les droits que nous avons sur nos enfansy courbé l'instruction sous votre bon plaisir, imposé votre langue et proscrit la nAtre y réservé les emplois et vos faveurs aux Hollandois et aux pn>testans , renforcé votre inquisition , accumulé les destitutions^ enchaîné la presse, rempli vos geôles; plus vous aurez traîné de prêtres devant vos tribunaux, plus vos juges amovibles auront condamné de citoyens chers i la patrie et absous par l'opinion , plus la liberté s'affermira sur les ruines de vos œuvres. Nous serons libres , et beaucoup de nations des deux mondes seront libres, soit par leur énergie, soit par la libre action de l'Eglise. Malheur à celles qui resteront sous le joug de l'homme ! — Quelle pitié de voir quelques ministres conspirer contre un sentiment déjà trop fort pour être vaincu, et dont la force croît constamment I Quelle pitié de voir des ministres songer à des baïonnettes contre les intelligences! d'autres opposer une ligne de douaniers à la pensée ! Aveugles qu'ils sont ! il ne s'aperçoivent pas que la pensée , que la volonté de la liberté a déjà poussé som leinrs pas d'indestructibles racines !
DKS CATHOLIQUES BELGES. 119
» Résignez-Tous : le nourean np^lème social dans toute la TÎf^ur de sa jeunesse^ s'arance ; reculez , dc disputez point le terrain pied à pied : les peuples yeulent me justice entière ; elle seule pourra rétablir le calme. Le temps des illusions est passé. Ce que tous nous ayez rendu, nous sommes justes, nous le publions hautement; nous sommes généreux, nous tous en rendiMis grâces comme si c'étoil plus qu'une réparatimi. Mais, songez-y bien , tous nous rendrez justice complète ; et si tous mettez trop de mauTaise foi à nous la rendre , tous nous donnerez en outre des sAretés nourelles contre tous. Voili TaTenir (1).
» Dnixelfes, le ftSt féTrier 1S30.
» L. F. DS ROBIÀNO DE BORSBEEIL. »
Que de dignité et en même temps que de Traie sagesse dans ce langage ! quelle mâle et chrétienne fermeté! Et pourquoi faut-il que de pareils exemples trovrent parmi nous si peu d^imitateurs? Nous aimons surtout â les proposer â Mgr Jeân-François-Marie Le Pappede TréTern, conseOIer d'État, évèque de Strasbourg, qui a certes de tout autres idées que les catholiques belges , si nous en jugeons par son mandement de carême que nous aTons en ce moment sous les yeux.
(I) Oo remarque que la GaseUe de France, qui a reproduit Kar- Uclc de M. de Robiano, en a perfidement omis la fin, comme trop libérale pour les gallicant et lei absolutistes du ministère PoUgnac.
{Courrier des Pays-Bas.)
120 EXraSITION DES SENTIMENS
Ce prélat commence par raconter au clergé et aux fidèles de son diocèse , « qu'établi par TEsprit saint » pour les diriger dans les voies du ciel, il s'étoit fait M la loi de rester étranger aux discussions civiles et » politiques (1). » Assurément il y a en France dix mille lois qui ne valent pas celle-là. M. de Trévem y avoit pourtant mis m petto une restriction , et c'est lui-même qui nous Tapprend. « Si le trouble , dit-il , » aUoilj nos très chers frères , à votM enlever la liberté » d esprit nécessaire pour remplir les fonctions de vo-
» tre état y les devoirs de votre profession alors
M nous serions non seulement justifié , mais obligé » même d'opposer à vos alarmes des motife plus pui»- » sans de sécurité et de calme (2). » Or c'est là justement ce qui est arrivé : k trouble est ailé à enlever la Kberté d'esprit nécessaire aux Strasbourgeois pour remn plir les fonctions de leur état. Et cela comment? Par une fermentation artificielle et concertée qui remue un parti considérable de lettrés journalistes , en travail perpétuel dans la capitale (3). » Ces lettrés journalistes, qui aspirent sans doute au mandarinat, ont attaqué les sept ministres que nous avons le bonheur de posséder : et encore en quel style ! « Est-il concevable que , si » près encore du grand siècle, nourris de ses illustres » écrivains, ils en aient si étrangement rejeté la grâce » et la noble décence pour adopter le ton virulent d'une » rudesse antifrançaise? Est-il concevable qu'ils se
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(a) Wd.
» soient abaissés à d'ou(rageuses et indignes exprès- » sions que proscrit Turbanité de nos mœurs, et Va- » bondance d'une langue qui sauroit au besoin allier » la véhémence du reproche , Ténergie de Tinvective » avec les égards dus au rang', à la dignité des per- » sonnes (1)? » Monseigneur, ainsi qu'on le voit, permettroit YinvecUve , même énergique , pourvu qu'elle n'eût pas le Xim virulent d'une rudesse anti française. Voilà ce qui le choque , et avec raison ; car enGn , comme il le dit : « Quand on n'a que le bien public » en vue, on écrit tout autrement (2). » Et là-dessus épanchant sa douleur avec une grave et noble décence, et dans le style du grand siècle : «'0 vous, s'é- )) crie-t-il , N. T. C. F., qui n'ètes'pas encore initiés » dans la langue de votre patrie , vous pouvez au- » jourd'hui vous[féliciter. Du moins vous ne connois- » sez pas encore un genre de souffrance qui pour nous » est un vrai supplice (3). » Je ne crois pas que , depuis l'origine de l'Église , on trouvât dans l'épiscopat un second exemple d'une si vive et si touchante sen* sibilité littéraire.
Toujours pour calmer le trouble qui iroit à enlever à ces diocésains la liberté d'esprit nécessaire pour remplir les fonctions de leur état^ Mgr Le Pappe de Trévem se rend envers euK garant de tous et chacun de nos ministres, dont il a été à portée de eonnotlre personnellement quelques uns, et déjuger les autres par des
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122 EXPOSlTIOlt DES SËNTIMENS
fails (1). Puis vient Télo^j^e de chacno d'eux, et d'abordy comme il est juste^ de M. le président du conseil, qui fera V admiration de la postérili (2). Toutefois un doute pénible obscurcit un instant Tesprit du prélat. « A tous ses mérites, joindra-t'-il dans la tribune celui n de la parole? Nous l'ignorons encore. » Cela est triste, il faut l'avouer : mais voici la consolation. <( Nous savons, quelque sensibles que nous soyons aux » charmes de l'éloquence, nous savons cependant que » l'on ne gouverne pas les peuples par des mots, du » verbiage (3). » Ce qui signifie que qudque sensible que Monseigneur soii au verbiage^ il ne se dé8eq>érera pourtant point dans le cas où M. de Polignac viendroit par hasard à en manquer.
Nous passons sous silence les complimens adressés au ministre qui tient en main le gouvernail de nos flottes (4), ainsi qu'à ses collègues de la guerre, de l'intérieur, de l'instruction publique , de la justice et des finances : car pas un n'est oublié ; et c'eût été en effet dommage , puisque t opinion que le prélat s'est formée d'eux ne peut laisser aucun ombrage sur leurs intentions^ aucune inqmétude sur leurs projets (5).
Je ne blâme ni ne loue cette opinion en 9oi , mais je me demande d'où vient , dans Mgr Le Pappe de Trévem , cette admiration qui , pour me servir d'une de ses expressions , a enlevé son ccmr jusqu'à tenikour-
00 Ibid.
[h) Ibid.
DKS CATHOLIQUES BKLGES. 123
stasme(i). Car enfin Ton sait que le même enthousiasme enlecaii il y a quelques mois également son comr y sous le ministère de MM. de Vatimesnil et Feutrier; qu'il ne voulut jamais adhérer à la protestation des évèques contre les ordonnances du mois de juin, et qu'il s'empressa de les faire exécuter , autant que possible , dans son diocèse.
La conclusion de tout cela est , au reste , un conseil fort sage, a En tous félicitant, dit-il à ses diocè- » sains, sur les arantages temporels dont une proTÎ- >i dence indulgente yousa faYorisés,oous tous dirons : » Soignez, cultivez tos possessions, augmentez-en le » revenu, si vous le pouvez; et si vous en avez le » goût, ajoutez-y les embellissemens dont elles sont » susceptibles (2). » Il faudroit être bien endurci pour résister à de semblables exhortations. Nous pensons mieux des Strasbourgeois , et nous osons promettre à leur évêque que ses paroles ne seront pas perdues.
Le prélat s'adressant ensuite aux protestans assez nombreux sur cette frontière , leur tient tin langage qui paroîlra sévère dit-il : en un mot il leur parle de la nécessité indispensable de rentrer dans ï unité. « Sui- » vez, ajoute Mgr de Trévern , le guide que vous y » trouverez, le guide sans lequel Tunité ne peut être, » et avec lequel il est impossible qu'elle ne soit pas; » ce guide dont le bon sens, la Sainte-Écriture et Ten- » seignement de tous les siècles concourent à prouver » l'institution divine; ce guide enfin qui auroit prévenu
124 IlXroSlTlON DES SEiMIMENS
» lesdissensionSy lesschismes, leshérésiesdansle monde » chrétien , si des esprits emportés et superbes ne Ta- » voient calomnié , pour s'y soustraire; ou qui de nos » jours répareroit encore toutes les brèches^ si les de&- » cendans plus avisés , [Ans calmes que leurs devan- » ciers^ recouroient à son autorité tutélaire(l). »
Cela seroit assez bien ^ si , à ce mot vague de guide, qui n'est ni de TÉcriture ni de la tradition , le prélat eût substitué celui de chef, on, encore mieux, le nom consacré de souverain pontife, qui implique la plénitude de puissance dans TÉglise et sur TÉglise, telle qu'il est de foi qu'elle appartient au successeur du prince des apôtres. Mgr. deTrévern craindroit-il déparier comme les conciles? pousseroit-il le gallicanisme jusqu'à prétendre réformer leur langage et celui de Tunivers chrétien? et sont-ce là les leçons qu'on reçoit dans cette petite Sorbonne qni\ a fondée dans son diocèse, et dont il court de si étranges bruits? Seroit-il vrai qu'elle eût pour principcil but de combattre et de ruiner, dans l'esprit des jeunes prêtres, les doctrines romaines, les doctrines de ce guide sans lequel ïunilé ne peut être et avec lequel il est impossible quelle ne soit pas? Seroit-il vrai qu'un juif récemment converti, chrétien sincère , nous n'en doutons pas , mais sans éludes théologiques, y fût chargé d'un cours sur l'histoire de l'Église dans lequel il apprendroit à ses auditeurs, « qu'après la promesse faite au premier hoomie, » l'humanité devint enceinte du Rédempteur ; que le » temps qui s'écoula jusqu'à la venue du Messie fut
» celui de la grossesse et de la gestation; que dans la » plénitude des temps y lorsque Thumanité /ui à son » terme j elle accoucha , etc. ? » Seroit-il vrai que ces scandaleuses extravagances fissent partie de ce qu'à Strasbourg on appelle les hautes études ecclésiastiques ^ d'un enseignement autorisé, protégé par le premier pasteur? Nous aimons à croire que non ; comme aussi nous repoussons Tidée que Mgr de Trévem ait eu rintention de consacrer deux pages entières de son mandement à la satire indirecte d'un prêtre yénérable, d'un vieillard dont la vie, les talens, la fortune, ont été employés à former plusieurs générations sacerdotales, et qui, en ce moment même, occupe encore une des charges les plus importantes du diocèse: nous repoussons, dis-je , d'autant plus cette idée, que cet odieux oubli de toute convenance n'auroit d'autre cause, dit-on, que rattachement de ce prêtre, universellement respecté , au Siège apostolique et à son invariable enseignement.
Mais ce qu'il faut bien croire , puisque nous en avons sous les yeux la preuve , c'est que Mgr Févêque de Strasbourg ait écrit cette phrase dans un mandement : « Nous rappellerons à votre souvenir les be- » soins des deux petits séminaires, asile de vos enfans, » pépinière de votre clergé ^ tous les deux encombrés de » dettes, nécessitées par les constructions de l'un et » par l'acquisition de l'autre d'après les injonctions de » r autorité supérieure (i). >»
Ainsi lorsqu'il s'agit d'un des droits le plus sacré
12G FAPOSITION DES SENTIMENS
de rÉglise , le plus indispensable à sa conservation , d un droit d'où dépend essentiellement la perpétuité du ministère , Mgr Le Pappe de Trévem reconnolt l'autorité supérieure du pouvoir civfl^ et se tient obligé d'obéir à ses injonctions : tant il est vrai que la servilité f poussée jusqu'à l'abandon des premiers devoirs de l'épiscopat , est le caractère natif et indélébile du gallicanisme. Eh! Monseigneur, au lieu d'écrire de déplorables mandemens pour défendre les ministres qui n'ont que faire de vos étranges apologies , défendez l'Église attaquée de toutes parts, défendez vos propres droits scandaleusement envahis, défendez Jésus-Christ contre les complots des princes et des rois de la terre f qui ont rejeté son joug loin d^eux (1); et laissez les hommes à portefeuille se recommander euxmêmes, par leur éloquence et par leurs œuvres, à Y admiration de la postérité.
Voici venir maintenant de l'autre extrémité de la France , Mgr Matbias Le Groing de La Romagère , évèque de Saint-Brieuc. En pasteur qui s'intéresse à rinstruction de ses brebis, il leur apprend « que les » deux plus grandes puissances de l'Europe ont posé >i les armes par suite d'une sage médiation à laqueOe )) la France a pris une part active ; que le commerce, » plus libre à l'extérieur , a donné la facilité de nous » procurer tout ce qui est utile à la vie; que, dans » l'intérieur, aucune révolte, aucune agression étran- » gère n'a troublé la paix de l'État; enGn que des )) moissons meilleures que celles de l'année qui avoit
(!) Pt. II.
» précédé y saus procurer toute Fabondance que nous » pouvions désirer^ ont cependant occasioné une di- » minution sensible dans le prix des grains (1). » Tout seroù donc, N. T. C. iP., continue-l-îl, don* une profonde paix et dans un état aussi heureux que les Français peuvent k désirer y si quelques hommes qui ne
trouveront jamais le bonheur nabmoient pas de la
liberté de la presse , en publiant des opinions antiroija" listes (2). Tout seroit bien sans cela; car^ du reste , de quoi la religion pourroit-elle se plaindre ? qu'a-t-elle à redouter? qu'a-t-elle à réclamer ^ « lorsque notre n église cathédrale ressent aujourd'hui les effets de cette » bienfaisance royale, et qu'elle va voir le matlrei> autel rétabli avec une magnificence digne du pre- >; mier temple du diocèse (3)? » La béatitude épiscopale de Mgr Le Groing seroit donc complète sans les opinions antiroyalistes. Toutefois il ne veut pas qu'on s'inquiète beaucoup; et la preuve qu'on a tort de craindre une révolution , c'est qu'il y a déjA eu une révolution , que la Providence y a mis fin y et que dès lors il est impossible qu'on en revoie jamais une autre. i< Pourrie:&-vous , s'écrie-t-il , oublier les merveilles ii qu'elle fit éclater quand elle mit fin, dans le dernier » siècle, à l'horrible persécution qui avoit fait proscrire » tout le clergé catholique , et périr sur l'échafaud le n roi, tout ce qu'il y avoit de grands, de riches et sur- » tout d'hommes religieux et vertueux (4) ? »
(1) MandeiMnt pour te Carcme, i>. 3 ol 4. (5) P. 4 cl 6.