XII PRÉFACE
n'existe , à cet égard , aucuns degrés , aucunes différences d'individu à individu. En fait^ il oblige à déclarer également vraies les affirmations les plus contradictoires , c'est-à-dire qu'il détruit radicalement la notion du vrai ^ qui est un y ou qui n'est point.
D'après un troisième système , particulier à quelques catholiques , et qui originairement appartient à Pascal , la certitude auroit une autre origine que la raison y incapable d'y arriver par elle-même , soit qu'on la considère dans l'humanité entière , soit qu'on l'envisage dans chaque homme individuel. Elle reposeroit exclusivement sur la révélation consignée dans l'Écriture sainte , conservée par l'Église divinement inspirée , et qui perpétuellement la promulgue et l'interprète.
On a imaginé ce dernier système à cause du danger qu'on a cru voir dans les deux autres. On a dit, et avec raison à notre avis, que l'hypothèse de la certitude individuelle renversoit les bases de toute religion conçue comme obligatoire pour chacun indépendamment de son jugement propre ; qu'elle n'étoit, en un mot, que
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le protestantisme pur. On a dit , en second lieu ,
que le système qui place la certitude dans la |
raison commune n'étoit qu^un protestantisme
plus vaste , un protestantisme universel y puisque ,
dans ce système , toute croyance quelconque ,
la croyance à FÉglise , la croyance à l'Écriture
sainte , la croyance même en Dieu , dépendoit
originairement de la raison , qui en étoit la pre- \
mière base ; ce qui sembloit contradictoire avec . i
l'existence d'une autorité en dehors de cette • 1
même raison et supérieure à elle. i
Nous nous bornons à reproduire ce qui a été dit, sans le discuter, sans faire observer même qu'en le disant c'est la raison humaine qui s*est adressée à la raison humaine, apparemment pour obtenir son acquiescement à des conclusions qui lui contestent précisément le droit * j d'intervenir dans la question que l'on traite. '.' < Quoi qu'il en soit, le système proposé pour éta- î blir le catholicisme , semble avoir des consé- I quences graves : car il en résulte , en premier i lieu , que le catholicisme est radicalement en dehors de la raison humaine ; qu'ainsi l'on doit y croire , croire à l'Écriture , croire à l'Église ,