‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 100 sur 181 · LETTRE CLIII · texte numérisé non relu

LETTRE CLIII

COXI'LIHBST A M. Lt MARECHAL DUC DB TILLAKS; SDK. 8BS HBURBOX BOCcis.

J'atois Inen toujours cru , monâear , que vous alliez ouvrir à votr.e ordinaire une brillante campagne, et que les ennemis ne tiehdroient pas devant ▼0U9. Nous apprenons en qflfet que les AUmaads fuient à votre approche , qu'ils ne se croient pas en

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sûreté dana leurs places, qa'ils abandonnent leurs lignes, qu'Us coupent leurs ponts de peur d'être poursuivis , et que le Rhin ne leur paroît pas une assez bonne barrière pour les mettre à couvert de Farm^e du roi que vous commandez. On nous fait espérer que vous n'en demeurerez pas là , et l'on ne sait où votre courage et votre fortune vous mèneront. Vous savez, monsieur, que personne n'est plus alten-» tif que moi , ni plus sensible à tout ce qui regarde votre satisfaction et votre gloire. Il s'en faut bien que les conquêtes de ces quartiers- ci aillent si vite que les vôtres. Le siège de Barc^Ionne qous tient dans de grandes inquiétudes. Le Montjouy pris, nous comptions que la ville seroit bientôt forcée de se rendre ; cependant nous apprenons la retraite de M. le comte de Toulouse à Toulon , l'arrivée de la flotte ennemie, le débarqueknent de quelques bataillons anglois et hoUandois «, notre armée étonnée , les attaques molles, la résistance plus vigoureuse, les troupes rebelles grossiers et encouragées par les secours prochains ; notre artillerie mal servie, beaucoup de malades, peu de vivres. Nous ne doutons pas que la première nouvelle qui viendra de là ne soit la levée du siège. Dieu veuille que ce ne soit que cela, et que le roi d'Espagne soit du moins heureux dans sa retraite;! Dans le malheur de cette expédition, monsieur , nous nous consolons par le bon suc-i> ces des vôtres, et nous allons demain chanter le Te Deum à votre intention. Nous savons de plus qu'Haguenau s'est rendu ^ et que, si l'on vous croit ,•

aao LETTRES

le misërable Landau est en grand danger. Je prie le Seigneur qu'il vous continue ses bénédictions, qu'U commande à la victoire de vous suivre toute cette campagne , et qu'il nous donne lieu de lui rendre de fréquentes actions de grâces sur votre compté. Je vous prie de .croire que personne ne s'acquittera plus volontiers que moi de cette espèce de religion , pacce que personne n'est avec un plus sincère et plus tesrpectueux attachement, monsieur, votre, etc,

A Nismea, ce t6 mai 1706,

LETTRE CLiy.

»X PIBTB A XAl>£IIÛI9B|;i.'B.DB MÛHCLAU LAfAlB, S0& Sa VOCJ^TKnr AUX UOSPITAuiâBS.

Vous savez bien, mademoiselle, le désir ardent que j'ai toujours eu de vous voir solidement heureuse. Vous étiez faite pour vous faire vous-même votre bonheur par votre sagesse, à quelque état que vous fussiez destinée ', mais vou$ avez mieux aimé le chercher en Dieu et le tenir de lui , en suivant ses inspirations et les mouvemens de sa grâce , que de le recevoir des hommes , ou de le partager avec eux par les engagemens avantageux et honorables que le monde vous a si souvent proposés. Quoique la résolution que vous avez prise de vous consacrer à Dieu ne me fiât pas encore connue , je n'ai pa^ laissé d'entrevoir en vous depuis plusieurs années , au milieu de tant de partis que vous refusiez , le parti que vous aye%.

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pris; Vos incertitodes me rendoieat ciertàin , et je trouvois toujours dans toutes les affaires sur lesquelles vous vouliez bien me consulter qu'il n)anquoit quel* que chose à vos désirs et à mes conseils. Vous voilà donc, mademoiselle, déterminée, et qui plus est déclarée pour un institut où Ton s'emploie entière* ment au service dé Dieu et à celui des pauvreis malades. Grande charité , grand mérite ; mais aussi grand dégoût et grand rebut pour la nature. 11 est bon de vous éprouver et de connoître si vous allez où le Seigneur vous appelle, et s'il vous a donné autant de force que de courage pour soutenir une règle moins austère dans ses souffrances que désa« gréable dans ses fonctions. Venez donc examiner et voir ce que c'est qu'une hospitalière 5 vous verrez si vous serez satisfaite de leur charité, de leur régn*. larité et même de leur gaîté; Je vous attends avec impatience, et suis avec une affection particulière, mademoiselle, votr^, etc.

A Nismes , ce 39 mai 1 706.

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