LETTRE CLXXV
COUrLIHBKT À IIOR8BIGKB17& L^BCHkTàQUB BE SABAGOSSB.
MoiïSEIGNEUR,
Qael bonheur î'quelle joie pour moi de revoir votre aimable caractère , et de penser qnp voilà préëentement lés chemins ouverts à notre commerce ! J'ai eu Thbnneur d'écrire cjuelquefois à votre excellence dans les commencemens de la révolte de vos peuples, mais j'ai bien jugé que mes lettres n'avoient pu pénétrer jusqu'à Sar^gosse, et que des gens qui n'étoieut pas fidèles à vous honorer ne seroiènt pas fidèles à vous les rendre. J*ai appris depuis par divers endroits les mouvemens de votre zèle pour la religion et pour le service du roi , la constance que vous avez eue à souflTrir persécution pour la justice , soutenant vos diocésains opprimée par vos secours et par vos conseils, et refusant de fléchir le genou devant des dieux étrangers, et d'entretenir les hérétiques et les rebelles des dépouilles du sanctuaire. Je ne puis assez vous témoigner la douleur que j'ai eue devons savoir entre les mains d'une populace ingrate et indigne d'un si sage et si saint pasteur.
Vous avez eu raison, monseigneur, de réprimer l'audace des prêtres et des religieux qui, contre les règles de leur ordre et de leur sacerdoce, se sont élevés contre le Seigneur et contre son Christ. Vous réduirez tout à la fidélité et à l'ordre. Je me réjouis
^ t DE FLÉGHIER. ^45
de vous voir présentement en état de repos et de paix, et je sais avec tout le respect et la vénération possible, monseigneur, de votre excellence , lé , etc.
ANismes, c«a6juin 1707.