‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 111 sur 181 · LETTRE CLXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXVI

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àachbvâqcb d'avigno».

Mon

SEIGNEUR

Vos dames sont les plus obligeantes du monde ; votre excellence leur a inspiré des sentimens d'une reconncKssance que je n'ai pas méritée. Elles m'ont fait Thonneur de m'écrire des lettres honnêtes, agréables, telles qu'elles seroient si vous les aviez dictées. Mais, quoiqu'elles m'aient fait plaisir par leur politesse, leurs remercimens n'ont pas laissé de me causer quelque confusion. L'affaire que votre excellence a eu la bonté de me recommander, qui regarde un jeune homme de cette ville qu'on poursuit criminellement, est assez difficile à accommoder. Des coups de bâton donnés à un homme glorieux et bien apparenté, ne se pardonnent pas si tôt ni si aisément. 11 faut laisser un peu châtier l'insolence de l'un et calmer les ressentimens des autres , après quoi je m'en mêlerai. J'ai déjà pris quelques mesures pour cela... Pour les réQexions morales et politiques , monseigneur, sur les conjonctures présentes des guerres et des divisions de l'Europe, c'est une matière bien ample et bien triste. Le duc de Vendôme et milord Marl-

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borough se regardent : chaLCun voudroit, mais aucaa n'ose. Le marécjiàl de Villars parcourt et ravage na^ partie de rAllemagne ; tout cela tend conjointevieat avec le roi de Suède à rétablir les électeurs de Bavière et de Cologne. M. le duc d'Orléans et le maréchal de Barwik assiègent Lérida , et prétendent réduire la Catalogne et ramener le Portugal. Ces guerres- là sont desacheminemensàla paix... Ce qui nous touche le plus,e*t de plus près, ce sont les projets du duc de Savoie et du prince Eugène, deux généraux braves, rusés , .portés par inclination à nous nuire. Us Tauroient fait plus sûrement, s'ils eussent commencé plus tôt. Tout étoit «consterné^ mais je voiâ par les nouvelles que j'apprends que tout se rassure. Nous aurons bientôt à quoi il faudra nous en tenir ^ on se prépare partout... Pour ce qui regarde les désordres que les Allemands font dans Rome et aux environs , vous en savez sans doute plus de nouvelles que nous. Le saint père a toujours été si bon , si indulgent, si attentif à éviter la partiaFité et à ménager les droits des couronnes ! Sa dignité et sa sagesse , jointes à sa piété, dévoient lui attirer plus de vénération et de repo9. Plusieurs croient qu'on n'auroit pas mal fait de se précautionner contre ces passages de troupes féroces, et que des contributions qu'on a levées pour elles on auroit pu lever de bonnes troupes pour les arrêter. Pardonnez^moi mesraisonnemenrs, et eroyezmoi avec tout rattachement et le respect possibles , monseigneur, votre, etc.

A Nismes, ce 8 juillet 1707.

DE FLfiCHIÇR. 34^

LETTRE CLXXVIl.;

A M». CpUTHlB^I , AltQftVÂQl^t^VliïnoIl, feOR ON BBUIT DBSàyàKTA«BQX QU^OZf AVOI^ péPA^I)U. COKTUi LUI.

OI!fSEl«If&UK.

J,'ai appris avec diagrin les mauvaises impressions que des gens mal intentionnés ou mal informes ont voulu donner de la^ conduite de votre excellence en faveur di|- duc de Savoie contré les intérêts de la Franoe. J*en ai parlé à M. le duc de Roquelarure et à JA. de Basville , qui logèrent hier chez moi , d'une manière à leur ôter tout soupçon d'une partialité factieuse ni même indiscrète , et je tes ai trouvés entièrement prévenus de votre zèle pour le bien public , et de votre sagesse pacifique. Aussi je puis vous assurer qu'ils n'ont aucune part aux lettres qu'on a écrites à la co^ir là -dessus. Je leur ai fort représenté , monseigneur y que vous n'étiez capable ni de tenir des discours , ni de former des desseins qui ne fussent convenables à votre épiscopat, dont vous remplissez si dignement toutes les fonctions ^^ qu'il ne faudroit pas s'étonner, si étant né sujet du duc de Savoie , vous aviez pour lui quelque affection particulière , mais que cela n'alloit ni à vous mêler de ses guerres , ni à porter préjudice au pays ni aux princes qu'il veut attaquer ^ que vous n'avez que des pensées de paix ; et que votre caractère , autant que je l'ai pu connoître, est un caractère de douceur et de prudence

apostoliques. Je suis assuré que tout Avignon leur dira la même chose, lis ont pourtant des ordres de la cour qui feront peut-être quelque peine à ceux qui gouTernent. Je suis persuadé que tout cela s'adoucira. Le siège de Toulon n'avance point. Nos troupes ont eu le ^temps à» s'assembler. La ville est bien munie , et résolue à se bien défendre. La guerre cessera, et nous n agirons plus tous ces embarras, doutai faut espérer que la miséricorde de Dieu nous délivrera. Je prie votre excellence d'être persuadée de la part que je prends à tout ce qui la regarde ^ du désir quej'aurois de la servir, et du respectueux attacheiVient avec lequel je suis , monseigneur ^ de votre excellence , le , etc.

A Nismes, ce ii août 1707»

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