LETTRE CLXXVIII
BB C0UPLIMB;«T BT DB SÔUTELLBS, a m. LB maréchal DB VltLAKS.
, J'aurois eu l'honneur , monsieur , de vous écrire quelquefois durant le cours de votre glorieuse campagne -, mais vous étiex si loin de nous que nous vous avions presque perdu de vue. Il eût fallu vous faire tous les jours de nouveaux complimens , et vous aviez bien d'autres opcupations,que de lire des lettres inutiles. Vous savez d'ailleurs que personne ne s'intéresse plus que moi à votre gloire. Je laisse là vos grands et heureux succès, et je me réjouis avec vous, monsieur, du don que le roi vient de faire à madame votre sœur, de l'abbaye de Chelles, sœur que je sais
DE FLÉGHIER. a49
que VOUS aimez tendrement ; abbaye poa$ë4^ aiitrefois etpfëseotèment même désirée par des princesses. Mais, daos T^tat desafiaifes prései^es , vous êtes un 4wgereux concarrent , et Les gi âices dti roi ne peuvent plus raisonnaj^lement tomber que sur vos services.
Lç* dpc de Savoie , après nous avoir fait pe«]^, a eu peur aussi \ il a décampé la nuit du« vingt et un au vingt -deux, ne pojiVapt prendre Tot^on; pour sa consolation il Ta bombardée ; et, n'étant pas en état de faire le mal qu'il vouloit , il a fait celui qu'il a pu. S'il fût venu huit jours plus tôt , nous étions mal dans nos affaires^ mai3 il .a donné le temps aux précautions et au renforceiQent des troupes ; et, faute de diligence et de bonnes mesures , il a manqué ^on coup. M. de Medavi suit cette armée dans sa retraite* Je sais bien que pareille ajrmée îroit bien vite devant vous , et qu'il lui en coûteroit pour le moins son arrière-garde. On nous dit ici que vous n'êtes pas loin des emiemis ^ cela nous fait espérer quelque victoire. Je vous la souhaite, et suis avec un véritable et respectueux attachement , monsieur , Votre , etc.
A Nismes^ ce !i4 ^^^^ 'y>7-