LETTRE VIII
A M. CLAUDE PBLLETJSt, llimflAB jî^itkt ET AHCIKR PEKSIDBKT A MORTIER AU PàRLEMEHT DE PARIS.
Je ne sais, mon»ear , si c'est troubler le repos de votre solitude et xot^rompre vq» iQ^rcices de pûité dans le «aii^t temps de carême , que de vouj» faire part d'une lettre pastorale adi^essée ans curé» et wx prêtres 4fe mon diocèse au ;iujet de b fiersécotîoo des f(inatic}u^. Dans la néce«^ où j^'ai été de lewr procurer quelque sûreté , de les instruire de leurs devoirs, de les fortifier, dfi le» consoler, j'ai parlé à ceux: qui sont autour de moi , j'ai écrit k cens qui 3ont réfugiés dans de$ retraites fékngnées^ et j'ai cru que vous preniez tnop d'intérêt à tout oe qui itegarde l'Église pour ne pas vouloir entrer , non par curiosité , mais par religion, dans les triiwlatioas qui ^ l'affligent. JNous sommes toujours dans les mêmes agitations dans ce pays, et nous avons grand suj^ de déplorer nos maH^ears et de craindre même qu'ails n'augmentent , ^i Dieu n'apaise «a colère. Lesumssacres des catholiques , le brûiement des églises ne oes-sent point , et nous avons besoin des pnères de tous
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les gens de bien ; je ootnple sur les VQtKs, et vous , renouYcMe eu même temps rattachement sincère et respectueux avec leflpiel je sois, monsieur, votre, eic A Kîsmes, ee lo fifmer i*^o4- c
A M. L^ABDB BBIIOÎT.
Je m'étois attendu, moosieur, ^ae vous viendriez voir iios états encore cette année, et que j'anrob l'honneur de vous recevoir ici -, mais vos affaires vous en ont peut-être empêché, et vous me tiendrez compte de mes désirs et de mes bonnes intentions. Si mes occupations me le permettaient , j*irois vous rendre une visite^ mais le temps est mauvais, et j'ai ici un troupeau que je ne veux pas quitter. Je ne sais quand les affaires de votre pays finiront, je souhaite que te soit bientôt , et je n'ose pa3 Fespérer. Dieu , qui tient en ses maias les cœurs des princeS;, ieii tournera peut-être à la paix. Aimez-moi toujours^ monsieur, et croyez que personne n'est pliis vérMablement votre, etc.
A Pfûmes , ce lo d^mbre.
Ao .wàmt.
Il faut vous féliciter , monsieur , du pape que Oieuvient de donner à lIÉglise, dont on looe fort la
sagesse y la piëtë et la modestie. Comme noiis son»» mes nés dans une province dont il est le prince et le maître, nous devons prendre plus de part que d'au-* très à son exaltation , et lui souhaiter plus ardemment«cet esprit de bonté et de prudence dont il a -besoin pour le gouvernement temporel de son État, et pour la conduite spirituelle de tant de peuples qui composent le royaume de Jésus-Christ. Je vous remercie des services que vous venez de rendre à mon frère , et vous prie de me croire autant que je le suis, monsieur, etc.
A Nismes, ce 3.i mars 1701.