L'EMPEREUR ADRIEN
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ÂDniEN ëtoitfils d^unesœur deTempereur Trajan. A Fâge de dix ans il perdit son père. U fut mis sous la tutelle de Trajan, nourri à sa cour, et élevé dans sa maison. Dès qu'il entra dans l'adolescence , il s'adonna à l'étude des lettres humaines, apprit parfaitement la langue latine et la greî;que, et joignit à l'étude des sciences celle des arts libéraux.
U prit plaisir à savoir tous les ordres et toutes les règles de l!architecture -, il s'étudia à bien peindre au crayon et au pinceau, et à portraire au naturel.
Jl fit 011 son temps pla^iears oraisons latines et grec* queg ; il compqsa de fort beaux vers^u, l'honneur des personnes qu'il honoroiii.o^ qu'il aimoit, et devint si universellement savant .qu'il fut surnommé Q^œ-sulus.
Trajan lui ayoit su bon grë de quMques.yers qu'il avoit faits à sa loq^age , et louoit la beauté de son esr prit; mais Plotine l'hoiiorôit de ses bonnes grâces et l'appuyoit de son crédit; l'un reconi^oissoit son mér jite , l'autre lui préparoit sa Fortune. Il étoit estimé de Tempereur / il étoit aimé de l'impératrice.
Elle persuada à son mari de lui donner sa nièce Sabine en mariage ^ lui procura les grandes charges , et lui obtint toutes les grâces et les faveurs qui pou^ yoient faire accroire au peuple que l'intention secrète de l'empereur étoit- de l'adopter pour son fils et sok successeur. Trajan , de son coté, ilaisoit. entendre qu'il vouloit vivre •et mourir libre ^ et qu'à l'exemple du graiyl Alexandre, il ne vouloit point faire d'élection ; étendant il jetoit les yeux sur Priscus Neratitts. Plotine éloignoit de tout sompouvoir ce concurrent et favorisoit son ami. Cette princesse avoit beaucoup de douceur et de dignité; elle gagnoit les cœurs par ses paroles et par ses manières obligeantes^ Montant un jour au palais, elle se tourna vers le peuple, et protesta qu'elle ne seroit jamais coupable d'avoir fait porter la robe de deuil à un seul citoyen romain. C'él,oU elle qui disoit à l'empereur que son fisc étoit comme la rate du corps de l'empire, qu'à mesure qu'elle s'enfloit ce grand corps se séchoit. Elle liK
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remontroit aussi quHl ne deVoit jamais dormir en repos qu'il iieût^pre^sé comme des. éponges celte sorte de gensiqui déyorei^ Jes peuples^
JLa passion secrète, que sous le voile de^tant de vertus royales elle nourrîssoit pour Adrien , la porta souvent à. parler poqr luif quoique sans succès, ^fais ce que ses soUieitations et ses conseils ne purent faire pour Adrien pendant la vîe Je Trajan , son industrie et aa fortune Taccomplirent après sa mort. Car enfin, après ravoir fait deux fois consul et lieutenant général des armées dans les provinces, elle le fit enfin empereur.
Il commandoit larmée à Antioche de Syrie , lorsque Trajan mourut dans la Cilicie en Asie. Plotine trompa tous 1/es prétendans à Tempire qui ploient à là suite de l'empereur, dont elle tint la mort quelque temps cachée • cepei^dant elle envoya des lettres à Rome , où elle avoit contrefait fe seing de Trajan , et somma avec autorité le sénat deoreconnoitre Adrien pour son successeur, et dépêcha vers lui en même .temps pour se faire reconnoître pour tel dans son armée; ce qui fut fait d\m commun consentement.
« U ne faut pas s'étonner , après tant et de si grands bienf|iits reçus , s'il a laissé des monumens si éclatans de sa reconnoissance pour son illustre bienfaitrice. * ^
Ou sait que , dès qu'Adrien fut le maître , il songea à ramener toutes choses ^ leur origine , à maintenir ses États en paix , à soulager les peuples, et à relever
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la dignité de Tempire. Pour rendre sa domination agréable , il gagna le cœar même de seê ennemis par se^gratifications et par ses caresses, et «racheta même à force d'argent la paix et la tranquillité, publique des peuples qui pouvoient la troubler.
Jamais prince n'a plus voyagé que lui ; tout son règne se passa à visiter les provinces de Fempire, et à laisser partout des traces de sa gran4eur et de sa magnificence. Il fit deux voyages en France : au premier, il partit de Rome ; et, au second, de la grande Bretagne; ce fut alors qu'il passa parle Languedoc, et qu'il vint à Nismes , où , ayant appris la mort de Piotine , il porta pendant neuf jours la robe de deuil, lui fit ériger un temple , et fit chanter des vers à sa louange.
IL eut'Une grande passion pour les bâtimens. Partout où il passa, comme on voit par un ^and nombre de ses médailles , il fit bâtir des viUes , élever des théâtres, fonder des jeux publics, construire des citadelles, planter des bornes perpétuelles, édifier des palais pour les vivans , des sépultures pour les morts ; ceindre les villes de murailles , construire des aqueducs et réparer les monumens' anciens qu'il trouvoit ruinés dans les provinces.. Il dressoit luimême des plans , et mettoit en œuvre les plus habiles architectes. On prétend qu'il fit faire la Maison carrée, et qu'il donna les prix faits des autres édifices qui furent faits de son ordre pour la célébration des honneurs funèbres de Piotine.
On demandera peut-être pourquoi son nom ne
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paroit dans aucun de ices ouvrages aactens ; ce fut iin effet de s^ trop grande retenue.-^ Pour éviter Taffectation de Trajan qui faisoit mettre son nom partout^ il toittba dans un autre excës^ et ne permit qu'on mit le sien qu'au seul, temple qu'il éleva à Tbonneur de cet empereur qui TavoU adopté ; et sa reconnoissance pour cette fois l'emporta sur sa mo^ destie.
Il adopta Antoninu§ Pios, natif de la ville de Nis'mes ^et fit honneur à son méate et à son pays..