‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 34 sur 181 · LETTRE XLVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLVIII

REPOHSB A Lk SUPBRIEUAB ET AUX RELIOIBUSBS DB SOMHIERBS, POrE UN COMPLIMENT DE CONDOLEANCB SUR. LA MORT DB H SON IRBRl.

' J'ai vu par vos lettres, madame, et par f^usieurs autres , la bonté que vous avez toutes de prendre part à la perle que j'ai faite et de compatir à ma douleur. Vous voulez bien que, comme votre charité est commune, je vous témoigne aussi ma reconnoissance en commun. J'ai ressenti comme je devois la mort d'un frère que j'aimois, et qui avoit pour moi non-seulement toute l'amitié, mais encore tonte la déférence que je pouvois souhaiter. Il avoit de la probité et de la vertu , et la raison m'unissoit autant à lui que le sang et la nature. Le besoin qu'en avoit encore une nombreuse et jeune famille me faisoit désirer que Dieu voulut prolonger ses jours. 11 étoit revenu plusieurs fois des portes de la mort par une e^ce de miracle. Il meurt assez promptement. Il faut se soumettre à la volonté du Seigneur, et se confier à

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sa providence. Nos douleurs, quoique justes, doivent toujours être modérées ; chaque chrétien doit savoir tirer du fond de sa religion les consolations qui lui sont propres, et un évéque doit savoir se dire à lui-même ce que son ministère Tengage de dire aux autres dans ces tristes occasions où il faut relever le cœur et le ramener à Dieu, qui mortffie et vivifie quand il lui plaît. Ce qui me console encore dans la perle de feu mon frère, c'est sa vie chrétienne et sa mort soutenue d'une grande foi, et des plus tendres sentimens de résignation et de piété qui nous laissent des espérances solides de son salut. J y ajoute encore la confiance que j'ai en vos prières que vous m'offres avec tant d'affection pour son repos éternel. Je vous les demande et pour lui et pour moi , et je vous prie de croire que je vous en serai très-obligé , madame , à vous et à toute" votre communauté, etc.

A Nismes , ce 3 avril 1701.

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