LETTRE XLIX
DE REHEECÎMBITT SVlL UN COHPLIHBNT DB COUDOLÉASCB RBÇU,^
▲ M. bbkoît, auditeur de rote.
Je n'ai point douté, monsieur, que vous ne fussieztouché de la perte que je viens de faire. Je connois la bonté de votre cœur, je sais l'attachement que vous avez bien voulu conserver depuis long-temps pour notre famille, et vous aviez d'ailleurs des liai-
sons si (étroites avec feu Xùotx frère qu*en amitié vous avez presque autant perdu que moi. La confiance qu'il a voit en vous dans ses affaires /les secours qu'il tiroit de vos conseils^ k plaisir qu'il avoit de me faire savoir combien il vous étoit obligé, éloîent des marque» de l'union* sincère qui étoit entre vous ef lui; il mérite que vous le regrettiez un peu, et que sa mémoire ne vous soit pas indifférente. Faitesmoi la grâce de croire que , de mon côté , je n'oublierai pas les bontés que vous avez eues pour lui , et que je serai toute ma vie parfaitement, monsieur, votre, etc.
Du i6aTril 1701.
DI CIVILITÉ AU PBEE VIGNES, QUI AVOlT PRIS PART A LA MORT DB M. son FRBRK.
. Je n'ai pas douté, mon révérend père, que vous n'eussiez la bonté de prendre part à mon affliction quand elle vous seroit connue. Vous connoissez le frère que j'ai perdu, et vous l'avez regretté. Vous avez de l'amitié pour moi, et vous avez compati à la douleur que j'ai eue de le perdre. Je vous prie de lui accorder le secours de vos prières , et de me croire * autant que je le suis , mon révérend père , votre , etc.
ANismes^ce la mai 1701.
DE FLÉCHIEB. "JJ
A M. DS fi.... TOVCUÂNT UN EQCLESIàSTIQUB QUI AYOIX ,QUITTI CBT ■ktATj ET QUI T BTOIT EEKTaÉ APIlàs QUELQUES DiÉSORORES.
Il y a long-temps, monsieur, que je n'aie» FhoRneur de vous ëcriré sur le sujet de M.... que vous avez eu la bontés de me recommander. Il y a de si grands changemens à* faire en lui pour le mettre en état d'être un vertueux ecclésiastique, après là vie qu'il a menée , qu'il ne faut pas croire que cela puisse arriver si tôt. Il vit assez retiré dans sa* maison -, il voit peu de monde ^ et peu de monde le voit. Je n'ai point ouï parler d'aucune débauche de femme ou de vin. Il montre quelquefois un zèle ardent pour réformer tous les abus qu'il voit ou qu'oQ lui dit 5 ce qui fait souhaiter qu'il se serve de ses lumières, et qu'il devienne aussi exact à se régler lui-même qu'il l'est à régler les autres. La passion du jeu, auquel il a souvent voulu^ renoncer, n'est pas encore passéer en lui. Il a peine à réprimer ses emportemens ^ et à retenir cette liberté qu'il avoit accoutumé de se donner de parler des personnes qui lui déplaisent. 11 promet de se corriger de tous ceS défauts. Je crojs même qu'il en a le dessein 5 mais l'habitude qu'il a prise et la vivacité que la nature et l'âge lui donnent ne lui permettent pas de Ée fixer dans ses résolutions. Il m'assure souvent qu'il étudie, et il seroit bon qu'il eût auprès de lui quelque bon docteur qui prît la
conduite de ses éludes. Vous pouvez penser que personne n'a plus d'envie «de le servir que moi. Il a de bonnes choses; je suis persuade quil a de bonnes intentions; mais son naturel l'entraîne malgré lui... Je vous dir^i avec confiance que j'ai beaucoup de peine à le voir quelquefois dans une espèce de nécessité peu convenable à sa naissance.il a fait , au commencement, des dépenses pour se loger et pour se faire une maison composée d'un certain nombre de domestiques. Il n'a pas 'eu de quoi subsister ; il doit h plusieurs personnes; il manque de beaucoup de choses; et, soit qu'il n'ait pas eu l'ordre qu'il faut dans ses affaires , soit qu'il ait attendu de plus grands secours de sa famille, il se trouve quelquefois fart embarrassé. Je crois, de plus, qu'il perd en ce paysci un temps qu'il emploieroit plus utilement dans quelque séminaire par les ordres et sous les yeux de M. leC... , son archevêque, qui voudra satts doute l'éprouver lui-même avant que de le recevoir aux ordres , et s'assurer de sa vocation par la connoissance qu'il aura de ses pratiques • ecclésiastiques. Quelque déférence qu'il témoigne avoir pour mes sentimens et pour mes conseils, il aura plus de circonspection et d'exactitude sous l'autorité de son pasteur naturel. J*ai l'honneur d'en écrire à son excellence , et de irons assurer que personne n'est avec plus de respect que je le suis, etc.
A Carcassonue, ee 3 septembre 1701.
DE FtÉCRIER. JQ
à M. LB C. DB K. SCB LB HBMB 8IIJBT.
VoTBB ëminence sait que M.... est venu àNismes il y a près d'un an. M... me fit l'honneur de m'écrire qu'il venoit avec Tagrément de... dans le dessein de se remettre dans la profession ecclésiastique qu'il avoit quittée, et me pria de l'assister de mes conseils, ce que j'ai fait avec plaisir dans les occasions. J'ai vu d'abord en lui un grand empressement à recevoir les ordres, soit pour faire connoître la résolution qu'il avoit prise de s'engager dans TÉglise, soit pour avancer les établissemens et les bénéfices qu'il'croit avoir Heu d'espérer dans la suite. J'ai toujours tâché de le modérer là-dessus, et je lui ai souvent représenté qu'il devoit attendre avec patience -, qu'après la vie qu'il avoit menée il avoit besoin d'un assez long temps pour se défaire des mauvaises habitudes qu'il avoit prises, et pour se confirmer. dans les bonnes qu'il devoit prendre ] et que , pour les ordres après lesquels il soupiroit, il falloit plutôt se rendre digne de les recevoir que de les demander comme il faisoit avec instance. Je l'ai toujours assuré que votre éminence ne l'ordonneroit qu'après de longues épreuves et une connoissance certaine de sa conversion , par la pratique constante des vertus ecclésiastiques conformes à la profession qu'il a embrassée , d'autant plus qu il l'avoit déjà abandonnée. 11 com-
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mence à connoîlre ce que plusieurs personnes sages lui ont dit aussi bien c|ue moi-, et, comiKie il perd le temps qu'il passe çn ce pays-ci, je supplie votre émiuence de lui assigner quelque séminaire de son diocèse , où il puisse sous ses yeux doïiner des marques de ses bonnes intentions, 0t prei^re l'esprit ecclésiastique dans quelque retraite et sous une Autorité co^me la vôtre, sous laquelle il axira plus d'ordre dans ses affaires, plus de vérité dans' ses discours , plus de règle daûs. sa conduite. Il avoit dit et même écrit que je lui avpis donné les ordres^ que je Pavois fait mon grand- vicaire,* qu'il avoit prêché plusieurs fois et fait des missions dans mon diocèse ; ce qui est si éloigné non-seulement dq la vérité, mais encore de la vraisemblance, que je n'ai jamais cru devoir me justifier sur cela. Si votre éminence l'àppeloit ou à Notre-Dame des Vertus, ou à quelque autre de ses séminaires , elle verroit elle-même les progrès qu'il feroit dans la piété. J'ai cru d'être obligé, monseigneur, de vous rendre ce compte, d'apprendre vos volontés et vos ordres sur ce sujet , et de vous assurer, etc.
A Carcessonne, ce 3 septembre i^oi*