‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 45 sur 181 · LETTRE LXVII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVII

DB ClVJLlTB ET DB PIBTB A M. LB PBLLBTIBR, SVB LA MO&T DB SA riLLE. '

J'ai appris , monsieur, aved beaucoup de tlëplaisir }a mort de madame la présidente d'AKgre , et je ne doute pas que votre cœur, tout détaché qu'il est du monde, n'en ait été sensiblement touché. Son esprit, sa piété, sa sagesse , qui la faisoient honorer de tous ceux qui avoient l'honneur de la connoître , étoient les principales raisons qui votis la faisoient aimer 5 et jamais fillç faite comme elle n'a mieux mérité la tendresse d*im père fait comme vous. Vos affections étant toutes renfermées dans votre famille , vous en rés^nteiî plus vivement les pertes, que vous y faites , et Dieu vous àfllige véritablement lorsqu'il vous prive des seules consolations que vous vous êtes réservées pour votre retraite Cependant , monsieur, vous avez dans la mort de madame votre fille tout ce qui peut adoucir votre douleur -, sa vie toujours chrétienne et conforme S l'édiicàtion qu'elle avoit reçue de vous 5 sa maladie où elle a* possédé son âme dans sa résignation et sa patîe^nce, et toutes ies apparences de son salut et.de son repos éternel. Ces. tristes sé-

parations pourroient dégoûter de ce monde ceui^ qui n'en sont pas, déjà dégoûtés , mais du moins elles nous font voir qu'il ne faut s'attacher qu'à Qieu qui ne finit point , et qui seul doit remplir les vides qui sç font dans nos cœurs par la perte des personnes qui nous sont chères. Je vous prie, monsieur, de me pardonner cette petite moralité qui m'est échappée. Je sais que les sentimens de la religion prévalent en vous à ceux du sang et de la nature , et qu'on ne peut rien ajouter aux réflexions que vous avez faites et que v/)us faites tous les jours sur le^ fragilités et les misères de cette vie. Je ne puis que vous assurer que je prends part à votre perte , que je compatis à votre douleur, et que je suis toujours avec un sincère et respectueux atttachement , monsieur, votre , etc.

A Nismesy ce lo octobre 170a.

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