LETTRÉ CIX
DB EBCIVOIB LES SACBEMESTS DAK8 LBUBB MàLàDIBA. '
} ;ivM , >. .^ . • . ' "
J'iz la avise beaucoup de p]atgtrvgl({)édi|iij^iof^; moiMeîgiieur ^ la lettre (sastorftle qtk ^tûiv^ ^xcettéueè & fait publier cknâ k>n diocèse au sujet des Qiàlëdesf qui différent de recevoir l(^s aacpremens j))6^ù'à i%Ti^ trëmité de leurs. mala^jles, et'i^cwêi «t des itk^àecinâ qui les laiésènt idaiiss ceueiiulgUgéiiee; c'e^t un abusqu'ob ne saocoit bsbcql dépldrer^ les chrëtieff» simt si peu touches delà colistddratioiïi'de^ leur sihiti qui est pourtant leur nttéiitfe «ss^ittiellé, qiï'ik ti'y pensent que lorsqu'il n*est presque pl^^ témpsf à'4 penser* ils ne veulent aé prëpaf oi^ à la moti qc^e t5^sN- ^u'ils sont près de mourir, et se flaitedt tôujotu^ dans leors maladies de vaines^ esiiéraïu^e» de gu^ri^soa^ ils éloignent les secours que rÉgUse iM^dÊté, et risquenl leur éternité à laqUeUe ils touchent^ Le^ curés et les médecins, par une iausse eomplaisatice pour le nialade qui veut ignorer ses dangers , ou pour les parens qui ne veulent pas qu'on Teffraie et qu'on jette une crainte, quoique salutaire, dans une conscience assoupie^ manquent; fiOtt.vent de €OitF»ge ou d'attention , et se rendent coupables de la perte des âmes qui leur sont commise^ ou recoffimàtld^eâ.
Yolre extbllence tepi^end ceesbus avec un Kèle apostoUf|M et nne chanté pakemellei Pétiétréè 4vl
l64 ' LETTRES
dësir qu'elle a de conduire ses ouailles au port du salut, elle leur mpi^jre les écoeits quil faut éviter lorsqu'on approche du terme de son voyage «, elle exhorte ks infirmes à regarder les sacrem'ens comme des gageas de salut, non pas comme des présages de mort, et leur apprend à mettre à profit un reste de viç quirpetft. devenir: le commencement de Tautre. Je rends de très^immbks grâces à votre excellence de cette admirable lettre, qui est le irait de. sa piété et de sa vigilance épiscopale. . Nous, attendons avec àmpatjen'ce les: nouvelles de la jonction de M. le mapéchal de Talard avec M. le duc de. Bavière. L'Allemagne ^ mondée de troupes produira quelque grand événement. M. le duc de Savoie est fort embarrassé depuis la prise.de VerceiL La guerre recommencera bii&ntôt en: Portugal aussi glorieuse pour le coi catholique qu'auparavant. Je souhaite à votre excellence , pour le progrès de la religion et pour le bien de TÉglise, une^ longue et heureuse vie, et jsui& avec un très-profond respect, monseigneur, de votre excellence, le, etc.
. A IHismes, ce 17 aoAt 1704.
LETTRE ex.
Un petit voyage que j'ai été obligé de faire , moasieurt a été la cause: du retardement.de. mes lettres en céponse de voi» di^rnièrett*. Vous ne pouviez me
DE F&iGHI£]l. i65
faire on plus grand^ plaisir que de fnîe= faire part. de radimrable eithori:ation d^ son exic0llêticê à tous les curés et confesseurs de sou dioeése ,'«ar)a conduite qu'ils doivent tenir à Tëgard des malades de lênrs^ paroisses. On voit dans cçtte ordonnance sa sagesse, sa piété , son zèle , et toutes ses qualités apostoliques briller à Fenvi Tune de l'autre. Il n'y a rien de si utile, de si important, de si nécessaire que d'ap« prendre aux chrétiens de ce temps à bien mourir, et de leur former des conducteurs fidèles pour les mener de cette vie^pa3sagèreàoelle qui est immoi<l6^lei Heureui[ sont les peufdes qui sont aussi bien. g^Bvemét que les vôtres ! Heuteux les prêtres qui Teçoiventia science et l'esprit de îa loi d'un pontife aussi vigilant et ayssi éclairé que celui que nou^honoroBS également vous et moi!
J'ai lu aussi comme un. très -«agréable divertissement les vers que vous m'avez fait la grâce de m'envojec. Il y a de l'esprit, du feu, de l'imagination ; la plaisanterie y est poussée d'un bout à l'autre ; le ^ n'y est pas épargné', nos adversaires y sont traités satiriquement , comme ils méritent. Cette inHi"gnation qui paroît partout sur le papier vient de la iidélité, qui est dans les cœurs.
La guerre va recommencer che% vous. Nous apprenons que M. de Takrd a joint M. de Bavière. M, de Savoie est découragé depuis la prise de Verceil. Nos fanatiques sont un peu déconcertés. Cavalier, un de leurs chefs , s'est rendu.. Roland, qui nV voit pas voulu se soumettre, vient d'^fbe tué^ et nous
â^pf^pps i^0Îr'Jr» fib ou :iQ*sbùl0^fiment de nos ntai- .b^ur^, J'p vpp^'pci^ de micomet^nev toujoars 4'honllMIvdQ yVtf^ ^loiiUé» lét de mè crofre avec tout FaU tj^em^Qt H IWesetioit posàîble, numfiièar, votre, etc.
A WiMnfli,^ i9 91141' 1704.
LETTRE €XÏ.
L'affairb d'Allenuigne , monoiéiir ^ nous a d'abofd . fort ûttMt&càés ^ elle est; en effiet t^rible daii§ ses .tiaibeuraf et paut Fétre encore par les snites; ui|e artoiée presque eatîère de merts, de blesses ou de pHispnaiwi^ Cependant les nouvelles s'acjoudsaent ; la perte diminue tous les jours; plusieurs d^ ceux qui fit^ibnt perdus se retrouvent, les débris des tfOUipe^ dis|)er9defi se rassemblent pour se rejoindre 2IU corp$» C'est jpoprtânt une a^ire très^fftcheuto, et dans Bcm. iDalheur et dans ses suites. Si Ton n^^git vigourensemeni dans le Piëoiont » oq nous fait craindre quelqne nouvelle action par terre et par mer. Je dis craindre , car la perte des bataillei» dans les conjonctures présentes est ruineuse , et les 'victoires mérae.âffbiblisseut. Prions pour la paix. . Quo^oénos fanatiques subsistent encore , ils sonjL un ^eii déconcertés. Ils neluent.plus. Plusieurs viennent se rendre. On poqrsuit les autr^*, et, si nous ne sooimps pas délivrés , nous sommes du moins sou*bgés. Nous n^kissons pas d'être toujours renf<^rmés
DE FI^ÉGHIfiR. l^
d^u^ Q0$ \ilk^y lasuret^ ii'^tant point (fikCOYe k M c^mpagoe. J0 fie yim», i^cm p^^fiiisouv^aioit pour ne v0M^ pai$ charger 4^ ports 4I9* l?Ur##. Je n'en ^yii^ pas moins parfait^n^e»^ fnoosî^BjF , v^if^^ ete,
LETTRE CXU.
* «w son VBTK^, «lift 1.4 «SftOlDTIOXf ^O^Dlf AJOTAK Mt MM HSVCUx/ POUa EMBUASSE» LA MlOVBSSION DBft ABHBS.
Je djb m'etoîs paf attendu , mpn chef neveu , à h ri^wJution i|uâ Tolre fr^re ^9 prises de'cbaager de pro* fession , et de passer 4e T^tat ecçlé^stique , «w j>vpis tmijowr^ cru qu U s'^toit lie^ti»^, à celui dç la guerre , où vous me waisqui^z qu'il s'iest entière-r mmt déterminé. Vincli^atioa, qu'il a^ypft tém^^gp^ d^ Sun enfance à prendre le Seigneur pour son bé^ ritage , l'éducation qiic nous lui slthw^ fait ilonn^r sur cette espérance , les dispositions qu'il me paroissoit avoir par la bonté et la douceur de son esprit ne m'avoient jamais do^né auisu|i soupçon qu'il voulût prendre un autre parti que celui de l'Église qu'il avoit choisi. Cependant il a dessein de quitter JceU9 voie douce et salutaire pour entrer dans une profession tumultueuse et dangereuse pour le salyt. 4idezliu à faire là-4e«&us dçs réflexiops çsoQvenabilB^^ e> k Wtcii examiner deviWLt Dieu les motifs et |feij.^ojjiséQ^uiQe$ de son changement. Ce n'-^t pas mpu '}n^
lG8 LETTRES
tédtion de le contraindra, ni de lé retenir^ans vocation dans «ne prpfession involontaire, quoique sainte. S'il ne se sent point srppelë, il ne feroit pas honneur à rÉglise, et n'y feroit ^pas a#n salut. Le* seiiyice du roi n'a rien de contraire à celui de Dieu. On peut être homme de bien et se sauver, dans tous les états, et les principes de piëtë qu'on kii a inspires comme à un ecclésiastique pourront Jui seryir, quoiqu'il soit homme de guerre. Il y a pourtant une grande différence dans ces conditions, soit pour l'âme » soit pour le corps ; c'est ce qu'il doit mûrement considérer. A mon égard, je l'aurois plus volontiers élevé et assisté dans le genre de vie qu'il avoit embrassé , y nyant pour moi plus d'occasions et même plus de consolation et plus d'honneur à lui faire du bien ^ cependant je ne l'abandonnerai pas.. Qu'il me mande sa résolution, ses vues , ses besoins , ses espérances. Vous qui aveï pris la meilleure part , servez-lui de frère', d'ami, de guide; et croyez-moi, mon cher neveu, votre oncle bien affectionné, etc.
A Nisnfes, ce aS octobre 1704.