LETTRE CXIII
SUR vu COMMEHCEKK.VT DK' TRANQOILI.ITB I>E LA PART DES FÀHATIQDIS.
Vous avez raison, monsieur, de nous féliciter, pour le présent, de la tranquillité dont nous jouissons. On ne tue plus , on ne brûle plus , les chemins sont presque entièrement libres. La plupart des fanatiques
DE FLÉORIER. 169
armés se rendent avec leurs armôs^ Nous voyons venir ici leurs chefs, gens grossiers, ma) faits et féroces, qu^on fait conduire à Genève. IL«n coûte beaucoup de fatigue, d'argent et de patience pour les réduire, car ils ne connôissent ni' bienséance, ni raison, ni religion , et ne savent â^p ni radoucis ni repentans, lors même qu'ils deniandent grâce. 11 reste encore deux chefs qui tiennent la camppgne dans les Gévenne$, Ravanel et ^alés, avec d'assez petites troupes qu'oi) poursuit vivement. Il paroh qu'ils sont sôu* tenus paP'âes gens qui ont in);érét que la révolte ne finisse pas entièrement , et qu'il y ait un reste de feu qui puisse la rallumer^ C'est pour cela que les assemblées recommencent, que les prophètes et prophétesses annoncent le retour prochain de Cavalier , et que les paysans de la campagne , aussi gâtés qu'auparavant 9 attendent encore des secours imaginaires. C'est à ceux qui commandent à prendre les moyens et les précautions efficaces pour délivrer la proviiice des malheurs présens , et la préserver de ceux qui peuvent revenir 5 cependant il faut s'en tenir au calme que nous ressentons. Conservez votre santé, etc.
A Nismes, ce 6 noyembre 1704.